Archive pour la catégorie ‘Union Européenne’

Le scénario d’une croissance molle se précise

Dimanche 29 août 2010

Le scénario d’une croissance molle se précise

© Le Monde

ENTRETIEN

Le ralentissement de la croissance de l’économie américaine se confirme. Le département du commerce à Washington a révisé, vendredi 27 août, le produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre à 1,6 % en rythme annuel contre 2,4 % en première estimation. Le redressement de l’économie américaine est « loin d’être achevé », a estimé le président de la Réserve fédérale (Fed) Ben Bernanke lors d’un discours à Jackson Hole (Wyoming), ajoutant que la Fed était « prête » à prendre des mesures supplémentaires pour la soutenir.

Michel Aglietta, professeur d’économie à l’université Paris-Nanterre, analyse l’ampleur de la détérioration de l’économie américaine, les risques que ce ralentissement fait planer sur le reste du monde.

Washington vient d’annoncer une révision significative du PIB américain pour le deuxième trimestre. Que doit-on en penser ?

Cela signifie que le ralentissement de la croissance arrive plus vite que prévu. Le rebond de l’économie en début d’année n’a été que le résultat du restockage et du plan de relance budgétaire. Aux Etats-Unis, le marché de l’immobilier ne s’est pas redressé, les prix baissent, les saisies de maisons se poursuivent. Il faudra deux ou trois ans pour que les effets délétères des subprimes, ces emprunts hypothécaires dont les défauts s’échelonnent, s’estompent.

Nous avons traversé une crise d’une telle ampleur, en sortir prend nécessairement du temps. Ce fut un tremblement de terre, et comme dans tout tremblement de terre, il y a des répliques.

Faut-il craindre comme l’évoquent certains économistes un « double dip », une nouvelle récession ?

On peut le craindre. Mais le scénario d’une croissance molle, inférieure à 2 %, est le plus probable. Autrement dit celui d’une reprise très faible qui maintiendrait le chômage autour de 10 %. Pour les Etats-Unis, où le modèle économique est celui du plein-emploi, cela soulève une interrogation : pourront-ils le supporter ? Les allocations chômages ne sont pas adaptées à un tel phénomène.

Et si l’on ignore sa probabilité, le risque d’un double dip n’est pas à écarter. La Fed a des marges de manoeuvre étroites pour soutenir l’économie. Ses taux d’intérêt directeurs sont déjà à 0 %, le système financier reste fragile. On est dans le piège japonais.

Le premier risque viendrait d’une croissance trop faible avec une consommation flageolante qui supposerait de relancer l’économie par le commerce extérieur. Et donc de faire baisser le dollar pour faciliter les exportations. Mais une chute brutale du billet vert pourrait provoquer une panique financière qui ferait plonger le pays dans la récession.

L’autre danger serait que le gouvernement mette en place un nouveau plan de relance. Or, son déficit est déjà autour de 10 % du PIB. Un nouveau stimulus budgétaire pourrait effrayer les détenteurs de dettes américaines qui sont en majeure partie des non-résidents. Ils pourraient alors exiger une rémunération plus élevée, ce qui ferait remonter les taux d’intérêt. Cela tuerait la croissance avec, en outre, un effet boule de neige sur la dette publique.

Ce constat signe-t-il l’échec des politiques de sortie de crise menées par le gouvernement et la Réserve fédérale ? Les gouvernements ont sans doute trop tardé à agir en ne prenant la mesure du problème qu’en septembre 2008 (au moment de la faillite de la banque d’affaire américaine Lehman Brothers). Mais la Fed comme les autres banques centrales a fait ce qu’il faillait faire.

Si les mesures adoptées (baisse des taux d’intérêts, injection de liquidités) n’avaient pas été prises, le pays serait entré dans une véritable dépression comme dans les années 1930. Quelles solutions peuvent encore être apportées ?

La Fed ne peut plus agir sur les taux pour stimuler la croissance. Elle part donc avec un gros handicap. Mais elle dispose encore de moyens. Elle peut utiliser des outils non conventionnels, racheter des dettes souveraines américaines, faire marcher la planche à billets, pour maintenir les taux d’intérêt à long terme à des niveaux suffisamment bas. C’est la mesure nécessaire pour éviter qu’une croissance trop faible ne se traduise par une baisse des prix et des salaires, un scénario déflationniste, qui ferait monter les taux d’intérêt réels même si les taux nominaux restent faibles. La Fed peut l’éviter, mais cela a un coût.

Quels risques le ralentissement américain fait-il planer sur l’Europe ?

Ce que l’on observe aux Etats-Unis se manifestera d’ici à six mois en Europe. Toutes choses égales par ailleurs, on peut s’attendre à une croissance au deuxième semestre en zone euro inférieure à 2 % et de l’ordre de 1,5 % en 2011. Il n’y a que les gouvernements qui pensent encore autre chose.

Surtout si le ralentissement est trop prononcé, on peut redouter une nouvelle crise de dettes souveraines. Les pays qui ont prévu des remèdes de cheval pour résorber leurs déficits ne pourront pas les tenir. Cela inquiétera le marché. Les dettes grecques et espagnoles pourraient alors être attaquées de nouveau.

Pourtant certains pays en Europe comme l’Allemagne s’en sortent bien… L’Allemagne connaît une croissance forte aujourd’hui mais il ne faut pas oublier qu’elle a traversé une récession parmi les plus violentes en 2009 du fait de sa dépendance au commerce extérieur. Elle tire partie de ses exportations vers la Chine et vers les autres pays émergents. In fine l’Allemagne ralentira sans doute moins que les autres pays de la zone euro mais elle ne sera pas épargnée.

Ce ralentissement peut-il et doit-il inciter les Etats à retarder la mise en oeuvre de politiques de rigueur ?

La plupart des Etats en Europe ont pour objectif de résorber une grosse partie de leurs déficits en 2013. Ce n’est pas le bon horizon. Pour résoudre un problème d’endettement de cette ampleur, il faut au moins huit à dix ans. A la fin de la seconde guerre mondiale l’endettement des Etats-unis dépassait 100 % du PIB, celui du Royaume-Uni atteignait 250 %. Il a fallu attendre le milieu des années 1950 pour que les dettes reviennent à un niveau acceptable.

Ce que les Etats peuvent faire, c’est modifier la structure des recettes : imposer une taxe carbone pour encourager l’innovation dans les énergies renouvelables, réduire les cotisations sociales. Ainsi l’on abaisse les coûts salariaux sans faire reculer les salaires. Si l’on présente un programme de réduction des déficits qui tienne la route, le marché peut accepter une échéance plus longue.

La Chine et les pays émergents peuvent-ils « sauver » la croissance mondiale ? La Chine comme le Brésil font partie de la solution. Le modèle de croissance chinois est en train de changer. Les salaires progressent, la consommation intérieure se développe. Mais la transition vers cette nouvelle forme de développement prendra du temps. D’ici là la Chine doit parvenir à éviter la surchauffe, les dérapages dans l’octroi de crédits et la bulle immobilière. Si, à moyen terme, la Chine comme le Brésil sont les vecteurs de la sortie de crise, il n’est pas impossible que ces pays traversent à court terme encore quelques trous d’air.
Propos recueillis par Claire Gatinois

Bruxelles autorise la vente de six maïs transgéniques

Jeudi 29 juillet 2010

Bruxelles autorise la vente de six maïs transgéniques

© L’Expressstrong>

Ce maïs est destiné à l’alimentation humaine et animale.

De guerre lasse, la Commission européenne a tranché. Six maïs transgéniques destinés à l’alimentation humaine et animale seront finallement autorisés à la commercialisation dans l’Union, a-t-elle annoncé hier mercredi 28 juillet. Une proposition prise par Bruxelles faute d’un accord entre les Etats membres sur le sujet.

« La Commission fait une proposition pour autoriser la commercialisation. Les Etats doivent [ensuite] se prononcer à la majorité qualifiée et s’ils ne parviennent pas à s’entendre pour ou contre, la Commission est obligée de les autoriser », explique ainsi un des porte-parole de la Commission, rappelant les règles en vigueur au sein de l’UE.

Autorisé à la commercialisation mais pas à la culture

Les maïs concernés, essentiellement destinés à l’alimentation animale, seront autorisé à la commercialisation -et non à la culture- pendant dix ans sur le sol européen.

Face à cette décision finale, les réserves sont nombreuses. Le parti des Verts dénonce un  » passage en force » . L’eurodéputé libéral Jean-Luc Bennahmias a qualifié lui de « grossièreté » le feu vert de Bruxelles.

Une décision prise « pour sortir de l’impasse », souligne la Commission. Bruxelles avait en effet fait une proposition pour le moins étrange aux états le 13 juillet dernier. Elle consistait à laisser les mains libres aux Etats en matière de culture OGM, une fois les autorisations données au niveau européen. Une suggestion qui avait elle aussi provoqué toute une série de réactions violentes.

Afghanistan: le fondateur de Wikileaks ne craint pas d’être arrêté

Jeudi 29 juillet 2010

Afghanistan: le fondateur de Wikileaks ne craint pas d’être arrêté

© AP

MADRID — Julian Assange, le journaliste fondateur du site Wikileaks qui a diffusé des milliers de documents militaires secrets sur la guerre en Afghanistan, a déclaré dans une interview publiée jeudi qu’il ne craignait pas « d’être arrêté ».

« Je n’ai pas de problème et je n’ai pas peur d’être arrêté » a-t-il dit au journal espagnol El Pais après la publication dimanche sur son site de milliers de documents confidentiels ayant notamment trait aux pertes civiles en Afghanistan.

Le Pentagone a vivement critiqué la diffusion de ces archives secrètes, affirmant qu’elle mettait en danger la vie d’informateurs afghans et menaçait de saper le travail de renseignement dans ce pays.

Le président Barack Obama s’est dit « inquiet » de ces fuites, susceptibles de « menacer des personnes ou des opérations » sur le terrain.

« Nous étions préparés à une réaction de ce genre. Il fallait s’attendre à ce qu’ils veuillent détourner l’attention du public de leurs responsabilités sur ce sujet », a expliqué Julian Assange à El Pais, selon des propos traduits en espagnol.

Cet ancien hacker et informaticien australien souligne que « l’unique motivation » de Wikileaks dans cette affaire est de réaliser un travail de « service public ».

Il précise que l’information diffusée dimanche « vient de l’intérieur du Pakistan et de l’Afghanistan ».

« Les informateurs sont en relation avec les unités sur le champ de bataille et avec les ambassades. Il y a tout une série de raisons pour qu’ils passent l’information. Premièrement pour l’argent. Deuxièmement par intérêt personnel, pour profiter de quelque-chose. Troisièmement pour que la vérité se sache ».

Le site internet d’information Wikileaks, fondé en 2006 et spécialisé dans le renseignement, a diffusé dimanche près de 92.000 archives secrètes jetant une lumière crue sur la guerre en Afghanistan, avec des révélations notamment sur les victimes civiles et sur les liens supposés entre le Pakistan et les insurgés.

En mai dernier, Julian Assange s’était vu brièvement confisquer son passeport par les autorités australiennes et ses avocats lui ont recommandé en juin de ne pas se rendre aux Etats-Unis.

Biotechnologies : l’importation de six nouvelles variétés OGM est autorisée dans l’UE

Jeudi 29 juillet 2010

Biotechnologies : l’importation de six nouvelles variétés OGM est autorisée dans l’UE

© Le Monde

Faute de majorité au sein des Etats membres, la Commission européenne a autorisé, mercredi 28 juillet, l’importation au sein de l’Union de six nouvelles variétés de maïs OGM, essentiellement destinées à l’alimentation animale. « La procédure suivie est normale, commente Anne Furet, chargé de la veille juridique du site spécialisé Infogm.org. On constate une accélération des autorisations d’importation ces derniers mois. »

En France, les Verts ont dénoncé le « passage en force » de la Commission, estimant qu’une « majorité d’Etats » ne veut pas poursuivre « la fuite en avant vers la contamination génétique de l’agriculture et de l’alimentation ». La commercialisation d’une quarantaine de plantes transgéniques est désormais autorisée en Europe.

Le même jour, le Haut conseil des biotechnologies (HCB) français a rendu un avis sur la pomme de terre Amflora de BASF, dont la culture a été autorisée le 2 mars dans l’Union. Selon le comité scientifique du HCB, Amflora « ne constitue pas un risque singulier pour l’environnement et la santé ». De son côté, le comité économique, éthique et social souligne que cette variété transgénique « ne présente qu’une utilité limitée pour les acteurs de la filière féculière et papetière ». Aucun industriel n’envisage pour l’instant de l’utiliser en France.

Gaëlle Dupont

Un député européen voudrait rendre publiques les archives concernant les rencontres avec des O.V.N.I

Samedi 10 juillet 2010

Un député européen voudrait rendre publiques les archives concernant les rencontres avec des O.V.N.I

© Zigonet

Un parlementaire européen italien a appelé les gouvernements des pays de l’U.E à dévoiler leurs secrets d’états sur les OVNI, affirmant que les gens ont besoin de savoir la vérité sur les rencontres du troisième type.

Un membre du Parlement Européen d’origine italienne, Mario Borghezio, a déclaré que l’Union Européenne devait posséder ses propres archives “X Files” que chacun pourrait consulter à propos des OVNI, notamment les informations rassemblées par les militaires.

Ouvrir ces fichiers n’est pas une première. L’année dernière, plus de 4000 pages ont ainsi été publiées en ligne en Angleterre sur plus de 800 supposées rencontres avec des aliens à travers les années 80 et 90. Durant ces trois dernières années, le ministère de la Défense britannique avait déjà révélé des secrets concernant les OVNI après avoir été confronté aux défenseurs du droit à la liberté d’information.

M. Borghezio a également déclaré à la presse qu’il était essentiel d’établir un centre de recherche scientifique dédié à l’étude des objets volants non-identifiés. Enquêter sur le phénomène pourrait selon lui apporter énormément sur les plans scientifique et technologique.

Selon le principe de transparence, d’après Mario Borghezio les états de l’Union Européenne ont pour devoir de rendre publiques et disponibles toutes les données scientifiques sur les OVNI qui seraient à l’heure actuelle partiellement ou complètement tenues secrètes. Il rechercherait actuellement le support des autres membres du parlement européen afin soutenir son projet, mais jusque là n’a récolté que 18 signatures.

SWIFT : L’UE valide le transfert massif d’informations bancaires aux US au nom de la lutte anti-terroristes

Samedi 10 juillet 2010

SWIFT : L’UE valide le transfert massif d’informations bancaires aux US au nom de la lutte anti-terroristes

© LeMagIT

L’Union Européenne et les Etats-Unis ont signé hier un nouvel accord portant sur l’accès par les autorités fédérales US aux transactions bancaires effectuées via le système européen SWIFT dans le cadre des enquêtes anti-terroristes. L’accord donne la possibilité au Trésor américain de requérir de vaste quantité de données de la part de Swift mais prévoit à terme un mécanisme de filtrage de ces données. Seul problème. le développement du mécanisme de filtrage pourrait prendre jusqu’à cinq ans. L’accord est quant à lui signé pour une durée de cinq ans…

L’Union Européenne et les Etats-Unis ont signé hier un nouvel accord portant sur l’accès par les autorités fédérales US aux transactions bancaires effectuées par le système européen SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) dans le cadre des enquêtes anti-terroristes. La signature de l’accord a été effectuée par le ministre espagnol de l’Intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba et par le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis auprès de l’UE, Michael Dodman.

Le nouvel accord prévoit un filtrage des données côté européen afin de répondre aux critiques du Parlement Européen en matière de protection de la vie privée des citoyens européens. Mai il n’est pas assuré que ce nouveau mécanisme signifie la fin du parcours du combattant pour l’accord SWIFT. Ce dernier doit en effet encore être ratifié par le Parlement Européen qui avait déjà bloqué un accord similaire le11 février dernier par 378 voix contre 196. Le texte sera présenté aux députés européens entre le 5 et le 8 juillet prochain et il devra reccueillir une majorité des voix pour entrer en vigueur.

Alors que l’accord SWIFT précédent, conclu après le 11 septembre 2001, avait permis aux américains d’accéder en toute inpunité aux données SWIFT, le nouvel accord prévoit quelques garde-fous. « Nous considérons qu’il s’agit là d’un excellent accord, qui reflète bien les inquiétudes relevées lors des débats au sein du Parlement européen, avec lequel nous sommes parvenus à dialoguer » explique diplomatiquement Alfredo Pérez Rubalcaba tout en se disant « satisfait » d’avoir conclu « un bon accord » avec Washington. Côté américain, Michael Dodman indique « qu’il s’agit d’un accord très solide et nous souhaitons qu’il soit pleinement opérationnel, car il est important pour la sécurité de l’UE et des États-Unis ».

War on dollars…

L’ accord permettra dans la pratique au département du Trésor des États-Unis de recevoir des informations de nature financière en provenance de l’Union européenne afin d’approfondir leurs recherches, d’identifier et de poursuivre des terroristes présumés et les personnes qui les financent. En théorie, cette recherche s’effectuera tout en veillant à ce que ces informations soient protégées de manière adéquate. Selon l’UE, « les résultats d’analyses d’informations effectuées par les États-Unis [dans le cadre de l'accord initial] ont été partagés avec les États membres de l’UE et ont permis de mener des recherches efficaces et de prévenir des attentats terroristes, y compris des attentats contre des citoyens de l’Union européenne.

Le nouvel accord prévoit la possibilité de sélectionner et de filtrer des données des citoyens européens avant leur transfert aux États-Unis, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Ce système est censé garantir le respect de la confidentialité et des libertés individuelles. Dans l’attente de sa mise en oeuvre (qui pourrait durer jusqu’à 5 ans, soit la durée de l’accord – on ne rit pas, NDLR-), des fonctionnaires européens contrôleront le prélèvement de données effectué par les Américains sur les serveurs du réseau bancaire international Swift. C’est Europol, l’office de police européen, qui contrôlera les demandes de renseignements provenant des États-Unis, en filtrant et en supervisant les transferts pour qu’ils répondent aux garanties exigées.

Le contrôleur européen de la protection des données émet ses doutes

Reste que le communiqué de l’UE de ce jour ne répond pas à certaines des questions posées par le contrôleur européen de la protection des données le 22 juin dernier. Ce dernier évoquait, certes, la nécessité d’éviter des transferts de masse et de filtrer les données, mais il demandait aussi la réduction de la période de conservation des données par les Américains, la mise en place d’une autorité judiciaire publique pour évaluer les demandes d’informations du Trésor américain, ainsi que le renforcement des mécanismes de supervision de l’accord. Sous-entendu, ce n’est pas parce que les préoccupations légitimes de lutte antiterroriste justifient certaines limitations aux libertés, que l’on peut se permettre n’importe quoi…

Bruxelles veut plus de flexibilité pour les OGM en Europe

Samedi 5 juin 2010

Bruxelles veut plus de flexibilité pour les OGM en Europe

© Reuters

Une plus grande flexibilité dans la culture et le commerce des OGM pourrait être rapidement introduite dans l’UE si une proposition que la Commission européenne vient de finaliser était adoptée. Lire la suite l’article

Selon une série de documents obtenus par Reuters vendredi, l’exécutif communautaire espère dégonfler l’opposition aux organismes génétiquement modifiés en Europe en offrant à chaque Etat membre d’interdire la culture sur son sol d’une semence approuvée au niveau européen.

« La Commission européenne considère que l’introduction d’une clause de retrait permettant aux Etats membres de décider de la culture des OGM (…) est nécessaire », est-il indiqué dans l’une de ces documents.

Cette faculté, précise la Commission, ne doit cependant pas remettre en cause le principe d’approbation des semences au niveau européen ainsi que le libre-échange de ces produits au sein du marché intérieur.

« La liberté des Etats membres concerne uniquement la culture des OGM, mais pas le libre-échange des semences OGM autorisées qui doit demeurer sans entraves dans le cadre du marché intérieur », est-il encore écrit dans le texte.

Les services du commissaire à la Santé et à la Politique des consommateurs, John Dalli, espèrent ainsi que « les Etats membres (adoptent) une attitude plus positive lors de l’évaluation des risques et (évitent) d’avoir recours à des clauses de sauvegarde pour répondre à des questions non scientifiques ».

Le commissaire maltais a lancé cette semaine les premières consultations au sein de la Commission sur sa réforme, inspirée d’une proposition des Pays-Bas de 2009 qui avait été ensuite reprise par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, lors de sa campagne pour un second mandat.

Techniquement, la Commission propose deux choses : interpréter de manière souple les règles en vigueur ; puis réviser la directive 2001/18 sur la dissémination d’OGM dans l’environnement, en y ajoutant une clause de sauvegarde nationale qui aille au-delà des préoccupations liées à la santé ou à l’environnement.

ABOUTIR RAPIDEMENT

De source européenne, on indique que la Commission est cependant optimiste sur les chances de cette réforme d’aboutir dans des délais raisonnables.

Elle compte s’appuyer sur les opinions divergentes des Etats membres, et, en leur sein, sur ces questions pour faire passer son projet, qui doit être approuvé à la majorité qualifiée et validé par le Parlement européen.

Si la nouvelle procédure entrait en vigueur, elle pourrait avoir pour conséquence de faire exploser le volume des cultures OGM eu Europe qui, avec ses 100.000 hectares cultivés fait figure de territoire vierge en comparaison des 134 millions d’hectares cultivés dans le monde entier.

Seules deux variétés d’OGM sont actuellement autorisées à la culture dans l’UE : le maïs Mon810 de Monsanto et la pomme de terre Amflora de BASF.

Le premier – dont la licence décennale est en cours de renouvellement – est surtout cultivé en Espagne et en République tchèque et est frappé par des clauses de sauvegarde en France, Allemagne, Italie, Autriche, Hongrie, Grèce et Luxembourg.

La seconde a reçu le feu vert des autorités communautaires début mars, trois semaines à peine après l’investiture de la Commission Barroso II et quatre pays s’étaient alors montrés intéressés par sa culture : l’Allemagne, la République tchèque, la Suède et les Pays-Bas.

Beaucoup avaient alors vu dans ce calendrier le retour à une stratégie offensive de la Commission sur les OGM.

OPTIONS DIVERGENTES

Contacté par Reuters, le porte-parole de John Dalli n’a pas souhaité réagir à ces informations mais a rappelé que le commissaire maltais a toujours été très clair sur son soutien à cette réforme, qu’il avait promis avant l’été.

« Il souhaite avant tout que les opérateurs du marché disposent d’une base légale claire », a-t-il dit.

Le porte-parole du ministre français à l’Agriculture, Bruno Le Maire, s’est refusé à tout commentaire et a dit ne pas avoir encore pris connaissance du document.

De leur côté, les organisations de protection de l’environnement, tout en accueillant favorablement la capacité offerte aux Etats membres de refuser les OGM sur leur sol, se montrent prudentes.

« Même s’il est bienvenu que les pays aient la possibilité d’interdire les OGM, cette mesure n’est proposée que pour débloquer le processus d’approbation et permettre à plus d’OGM d’être cultivées », fait valoir Adrian Bebb, de l’organisation Friends of the Earth Europe.

Des préoccupations liées au bon fonctionnement du marché intérieur ou à la dissémination des organismes d’un pays à l’autre devraient également se faire rapidement jour.

L’ouverture d’une procédure au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) n’est pas non plus à exclure.

Edité par Wilfrid Exbrayat

Vers une autre Europe ?

Vendredi 21 mai 2010

Vers une autre Europe ?

© Agoravox

C’est définitif, Merkel et Sarkozy ne formeront jamais le couple historique dont l’harmonie et l’entente permettraient à l’Union Européenne de franchir le cap décisif de son émancipation vis-à-vis de l’empire Américain.

Ces deux là ne s’entendent sur rien, en témoigne leurs affrontements sur le sauvetage de la Grèce ou sa sortie de l’Euroland mais aussi la lutte contre les spéculateurs accusés d’attaquer les dettes souveraines et donc les états.

Signe de leur différence, l’une agit avec détermination en annonçant le 18 mai 2010 une décision importante tandis que l’autre gesticule mais soutient plus ou moins discrètement les spéculateurs.

Comment appeler autrement ces deux décisions et ne pas se poser la question sur la volonté réelle du Président de la République – Chef du gouvernement, à agir contre les grandes banques prédatrices.

1) Les 5 et 19 janvier 2010, deux décrets ont été pris par Borloo, ministre de l’écologie mais aussi de l’énergie. Ces décrets autorisent des grandes banques américaines à exercer l’activité de fourniture de gaz pour les fournisseurs et entreprises mais pas pour les particuliers. En clair, l’achat et la vente d’importants volumes par les gazoducs sans contraintes d’investir dans des réseaux de distribution secondaires. Ces décrets instaurent de fait, une concurrence déloyale envers GDF qui est soumis à des missions de service public.

Ces grandes banques, JP MORGAN et GOLDMAN SACHS, sont bien connues pour leurs responsabilités dans la création et l’explosion de bulles financières et dans le déclenchement de la crise financière. Leur sens particulier de l’éthique ont amené le gouvernement américain à leur demander des comptes. Des enquêtes sont en cours.

Le ministre Borloo n’a pas pris la peine d’expliquer les raisons de ces curieux décrets, à moins que la presse française, peu curieuse et avare de commentaires, n’ait pas jugé utile de rapporter des informations qui « n’intéresseraient pas ses lecteurs ».

2) La ministre Lagarde, a averti que la France ne suivrait pas la chancelière Merkel sur sa décision du 18 mai 2010 d’interdire les ventes à découvert à nu, c’est-à-dire la vente de titres que l’on ne possède pas.

Cet artifice financier est l’un des moyens employés par certains spéculateurs pour manipuler les cours. Prenez une grande banque ayant de gros moyens. Cette dernière vend à découvert et à nu des millions de titres d’une entreprise cible, le titre baisse à un niveau anormal attirant l’attention des possesseurs réels des actions. Paniqués, certains vendent pour suivre le marché et limiter leurs pertes. Le mouvement de baisse s’amplifie grâce aux ordinateurs qui contrôlent une grand partie des transactions. Il ne reste plus qu’à « remonter les filets » c’est-à-dire à acheter autant de titres qu’on en a vendus à découvert et à empocher la différence.

C’est ce mécanisme qui est utilisé contre les monnaies et les dettes souveraines.

Les explications de Lagarde sont un brin alambiquées et d’une mauvaise foi évidente. Dans un premier temps, la ministre annonce que la France ne suivra pas l’Allemagne. Dans un deuxième temps, elle affirme que la France avait pris elle-même des mesures similaires et que c’est donc l’Allemagne qui suit notre pays. Et enfin, dans un troisième temps, elle dénonce cette décision unilatérale « dans ses modalités, discutable, car il n’y a pas eu de concertation préalable » avec les partenaires européens.

Cette agressivité de Lagarde rappelle ses déclarations concernant les exportations jugées excessives de notre partenaire. Déclarations qui ont provoqué la colère allemande.

Pour ne rien arranger, cette information publiée par le grand quotidien espagnol « El Païs » selon laquelle Nicolas Sarkozy aurait « tordu le bras de Merkel » en exigeant lors du week-end crucial « un engagement de tous pour que chacun aide la Grèce, en fonction de ses moyens, ou la France réexaminerait sa situation dans l’euro ».

En clair, Sarkozy aurait menacé Merkel de faire exploser l’Euro. Bien que démentie par tous les intéressés mais maintenue par « El Païs », cette révélation sur le nouveau bras de fer entre Paris et Berlin ne présage rien de bon pour l’avenir. En effet, avec ce genre d’argument « nucléaire », la France ne plus être considérée comme un partenaire crédible de l’Allemagne, pays dominant de l’Union Européenne.

Il est illusoire de croire que l’Histoire s’est figée en 1945, que l’Allemagne restera éternellement dans la sphère d’influence d’un empire américain en déclin, que son intérêt vital est de se maintenir dans une Union Européenne poussive, et même qu’elle sera toujours réfractaire à une alliance plus large avec les Russes.

La dernière déclaration de Merkel du 20 mai 2010, « L’euro est en danger, et si nous ne nous prémunissons pas contre ce danger, les conséquences pour l’Europe seront incalculables et les conséquences au-delà de l’Europe seront incalculables » est-elle une réponse de la bergère au berger ? « Tu me menaces sur l’Euro. Je te menace sur l’Union Européenne. »

Une autre lecture peut être faite. Cela peut-être aussi le signe d’une réflexion sur l’avenir d’une Allemagne parvenue à se débarrasser de sa culpabilité. D’autant que la Russie poursuit la reconquête diplomatique des pays de l’ex URSS, amorce une réconciliation avec la Pologne et a besoin d’un partenaire puissant à l’Ouest. Des capitaux, et des machines contre du gaz et du pétrole.

Que restera-t-il de la puissance anglo-saxonne lorsque la dépression économique sera passée ? Un nouvel ordre mondial est en cours d’élaboration et ne pas en tenir compte est une grave erreur historique que Sarkozy ne manque pas de faire. Il faut envisager l’éventualité que l’Allemagne décide de créer à moyen terme un nouvel espace économique restreint qu’elle contrôlerait.

L’incapacité de son « conjoint français » à mettre de l’ordre dans ses comptes, son comportement menaçant, son manque de crédibilité et l’arrogance d’un exécutif inefficace peuvent l’inciter à franchir le pas et à prendre le large avec les bijoux de famille. La France n’aurait d’autre recours que d’essayer de rassembler autour d’elle les pays du Club Med. Il s’agirait bien d’une autre Europe.

Le Parlement européen refuse la « colle à viande »

Vendredi 21 mai 2010

Le Parlement européen refuse la « colle à viande »

© Le Monde

Le Parlement européen a refusé mercredi 19 mai d’autoriser l’usage, en tant qu’additif alimentaire, d’une « colle » permettant d’agglomérer des morceaux de viande pour reconstituer des produits carnés. Par 370 voix contre 262 — soit une voix de plus que la majorité nécessaire —, les eurodéputés ont rejeté une proposition de l’exécutif européen d’autoriser la thrombine, une enzyme issue de sang de bœuf ou de porc, dans la fabrication de produits carnés.

Les députés ont jugé que ce procédé présentait un « risque évident d’induire en erreur le consommateur » et que de plus son innocuité n’avait pas suffisamment été démontrée, notamment en raison du risque accru de contamination de la viande par des bactéries. Juste avant le vote, le commissaire chargé de la Santé, John Dalli, avait argué que l’autorisation de cette « colle » ne visait qu’à « clarifier la situation »: la Commission souhaitait que la présence de l’enzyme soit obligatoirement mentionnée sur l’étiquette des produits carnés concernés.

Elle voulait de plus harmoniser les législations nationales, la thrombine étant déjà autorisée dans certains Etats membres (en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas) comme « élément d’aide à la fabrication » et non comme « additif alimentaire ». En outre, avait fait valoir M. Dalli, la thrombine aurait permis de mettre sur le marché des produits carnés « moins chers », puisque issus de morceaux de viande bas de gamme, ce qui en définitive aurait été « à l’avantage des consommateurs les moins aisés ».

« UN STEAK EST UN STEAK »

Mais les eurodéputés ne l’ont pas entendu de cette oreille. « Un steak est un steak, un jambon est un jambon », a martelé le social-démocrate allemand Jo Leinen. La proposition de la Commission « était franchement scandaleuse », a jugé de son côté la libérale française Corinne Lepage. « On induirait le consommateur en erreur en lui présentant un produit fini alors qu’il s’agit en réalité d’un amalgame de morceaux de viande de qualités disparates et maintenus ensemble par une colle à viande », a-t-elle souligné.

L’idée d’utiliser la thrombine « ne pouvait naître que dans des esprits attirés par le gain à court terme », a jugé de son côté l’écologiste français José Bové, grand pourfendeur de la « malbouffe ». « Que cette proposition des industriels ait été relayée par la Commission européenne est un scandale », a poursuivi M. Bové. Les eurodéputés « se sont majoritairement opposés à ingurgiter [la] cuisine industrielle peu ragoutante » du commissaire Dalli, note-t-il.

Certains députés ont observé que ce veto du Parlement ne pouvait être qu’une « première étape », puisque l’enzyme reste autorisée dans certains Etats membres. En outre, d’autres procédés existent pour agglomérer des morceaux disparates de viande, a relevé la sociale-démocrate allemande Dagmar Roth-Berendt. La Commission « doit présenter d’urgence un projet de loi » pour interdire l’ensemble de ces procédés, a-t-elle estimé.

Les banques supplient la BCE d’acheter de la dette

Dimanche 9 mai 2010

Les banques supplient la BCE d’acheter de la dette

© Le Monde

Jusqu’où les taux grecs peuvent-ils monter ? Et pendant combien de temps l’euro va-t-il baisser ? Les marchés sont engagés dans une course que rien ne semble pouvoir arrêter. Vendredi 7 mai, le rendement des obligations grecques a de nouveau crevé le plafond : plus de 12 % pour les emprunts d’Etat à dix ans et 18 % pour les emprunts à deux ans.

L’euro, a repris, lui, son voyage vers les profondeurs : toute la semaine, il a enchaîné les records à la baisse, passant sous le seuil de 1,26 dollar jeudi 6 mai, son point le plus bas depuis 14 mois. Un désaveu pour les dirigeants de la zone euro qui se réunissaient vendredi pour finaliser le plan d’aide à Athènes.

Ce plan, plus personne n’y croit vraiment. Fonds insuffisants, risque d’explosion sociale, menace de contagion au Portugal et à l’Espagne : la crise semble sur le point de dégénérer. Certains grands économistes commencent même à sonner le tocsin de la monnaie unique.

« L’euro en soi est-il en danger ? En un mot, oui », écrit sur son blog le Prix Nobel d’économie, Paul Krugman, qui n’exclut plus des défauts en série. Un jugement partagé peu ou prou par le très europhile Joseph Stiglitz, autre Prix Nobel : si l’Europe « ne règle pas ses problèmes institutionnels fondamentaux, l’avenir de l’euro sera peut-être très bref », s’inquiète-t-il.

Qu’en dit, le gardien de la monnaie unique ? Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, s’est contenté de messages sybillins, jeudi 6 mai, à l’issue du conseil des gouverneurs. Impuissant à enrayer la chute des marchés.

La semaine n’a pas été facile pour le patron de la BCE, qui a adopté, lundi, une mesure d’urgence inédite : l’annulation pure et simple du seuil d’éligibilité des titres grecs acceptés en échange de crédits. Pour soulager les banques, la BCE est prête à accueillir en dépôt des obligations grecques quand bien même celles-ci seraient cataloguées « pourries ».

M. Trichet avait pourtant assuré trois mois plus tôt qu’il ne prendrait jamais du mauvais papier en pension pour le bénéfice d’un seul pays. A-t-il voulu faire montre de souplesse et de pragmatisme ? Les Allemands, eux, n’ont pas du tout aimé. « Le président de la BCE a sacrifié sa crédibilité et celle de toute la banque centrale. Cette institution censée garantir la stabilité de la monnaie », accusait, dans un éditorial au vitriol, le quotidien Die Welt, mercredi.

Outre-Rhin, les défenseurs de l’orthodoxie sont près d’y voir la cause principale de la glissade de l’euro. Les critiques ont sans doute porté, M. Trichet n’ira pas plus loin. Au moins dans un premier temps. Jeudi, il a refusé tout net d’évoquer l’option d’une intervention de la BCE sur le marché pour racheter des emprunts d’Etats. Une méthode dite du « quantitative easing », consistant à faire tourner la planche à billets pour financer les déficits. C’est ce que les dirigeants de 47 grandes banques européennes l’ont suppliée vendredi de faire : être un « acheteur de dernier recours », selon le Financial Times du samedi 8 mai.

Cette politique contredit le mandat historique de la BCE : celui de la stabilité des prix. Mais la banque centrale pourra-t-elle éviter éternellement de recourir à cette arme « nucléaire » ? Pour certains analystes, cet instrument, utilisé pendant la crise par la Réserve fédérale américaine (FED) et la Banque d’Angleterre, serait seul à même de stopper l’engrenage infernal.

Tous ne pensent pas ainsi. « Si la BCE devait décider, un jour, de monétiser la dette publique>, estime Bruno Cavalier, chez Oddo Securities, on pourra ipso facto signer l’acte de décès de l’Union monétaire. »

Marie de Vergès