Archive pour la catégorie ‘OGM’

Le texte OGM rejeté à  l’Assemblée, le vote reporté à  fin mai

Mercredi 14 mai 2008

Le texte OGM rejeté à  l’Assemblée, le vote reporté à  fin mai

© Reuters – Mardi 13 mai

monsanto tue la sante

PARIS (Reuters) – Coup de théâtre à  l’Assemblée nationale : une motion de procédure déposée par l’opposition lors de l’examen du projet de loi sur les OGM a été votée à  une voix près, entraînant le rejet du texte.

Les députés ont adopté par 136 voix contre 135 une « question préalable » défendue par l’élu communiste André Chassaigne, dont l’objet « est de faire décider qu’il n’y a pas lieu à  délibérer ».

Le projet de loi, vivement critiqué par l’opposition et plusieurs élus UMP et Nouveau centre est donc considéré comme rejeté en seconde lecture par l’Assemblée.

C’est la troisième fois depuis les débuts de la Ve République, en 1958, qu’une question préalable est ainsi adoptée sur un projet de loi.

Les députés s’apprêtaient à  voter définitivement le texte sur les OGM malgré une ultime bataille de procédure et d’amendements menée par l’opposition.

Peu après le vote négatif, le Premier ministre François Fillon a décidé de convoquer une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat afin de présenter un texte qui sera ensuite soumis aux deux assemblées pour son adoption définitive.

« L’ordre du jour de l’Assemblée et du Sénat sera légèrement modifié », a précisé le secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, dans les couloirs du Palais-Bourbon.

Le texte OGM mis au point par la CMP sera selon lui examiné par les deux assemblées « si possible avant la fin du mois de mai ».

La CMP « pourra se réunir dans les 15 jours qui viennent », a précisé le président de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée, Patrick Ollier.

« C’est une péripétie qui est désagréable pour nous mais (elle) ne remet pas en cause la finalité du vote du texte. C’est un bon texte qui doit être voté », a-t-il estimé.

« Je regrette évidemment cet incident de procédure qui a conduit à  interrompre la discussion du texte à  l’Assemblée », a déclaré aux agences de presse Jean-François Copé, le président du groupe UMP. « Cela ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : ce projet de loi est indispensable. La procédure va se poursuivre, comme l’a confirmé le Premier ministre ».

LA GAUCHE EXULTE

A l’annonce du vote, la gauche a laissé éclater sa joie.

« Le gouvernement a été sanctionné. Il n’a pas voulu accepter le dialogue jusqu’au bout sur ce projet de loi concernant les OGM. Il a voulu en catimini conclure un vote à  l’Assemblée », a accusé Jean-Marc Ayrault.

Pour le président du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC), « le gouvernement a été battu clairement, sèchement sur un sujet qui préoccupe les Français. Il aurait dù y penser avant. Quand on veut mépriser l’opposition, on finit un jour par le payer. C’est ce qui vient de se passer ».

André Chassaigne a salué pour sa part le rejet d’un texte où « il y avait trop de zones d’ombre ».

« On n’avait pas la possibilité de le bonifier. Il faudra donc préparer un nouveau texte », a-t-il estimé.

Pour le député Vert Noël Mamère, le vote de cette motion est une « surprise cinglante et terrible pour le gouvernement ».

« C’est un nouveau couac pour lui, un nouvel échec », a-t-il insisté. « Le gouvernement va devoir revoir sa copie et je pense qu’aujourd’hui on peut être fier de siéger à  l’Assemblée nationale. Cette maison est encore le lieu où bat le coeur de la démocratie ».

Outre l’opposition, des organisations écologistes comme Greenpeace ont salué le vote de l’Assemblée et demandé la mise au point d’un nouveau texte.

Mis au point en tenant compte des conclusions du « Grenelle de l’environnement », le projet de loi sur les OGM transcrit une directive européenne de 2001 permettant la coexistence des cultures.

Le texte propose de mieux encadrer les cultures OGM et fixe des règles à  long terme pour les différentes variétés susceptibles d’être autorisées à  l’avenir. Il prévoit la création d’un Haut conseil des biotechnologies et comporte notamment le « délit de fauchage » qui prévoit une peine de deux ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.

Invité du journal de 20 heures de TF1, le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo a déclaré que la France était « le pays qui a mis en place le dispositif le plus strict, le plus précautionneux au monde en matière d’OGM ».

« Ceux qui sont les plus restrictifs ont l’air d’être accusés de défendre des OGM, avouez que c’est un peu surprenant », a-t-il dit.

Emile Picy et Elizabeth Pineau

Carte des risques de pollution OGM

Mardi 13 mai 2008

Carte des risques de pollution OGM

© Alerte-OGM.fr

carte risques ogm

Nous avons actuellement répertorié 72 emplacements où les tests au Mon810 se sont révélés positifs.
Chacun de ces emplacements est une menace pour l’environnement, pour les cultures voisines et pour les abeilles qui vivent à  proximité.

Chacun est indiqué par un petit épi de maïs ; vous obtiendrez ses coordonnées en clicquant dessus ; vous pouvez zoomer soit avec les commandes à  gauche soit avec un double clic (sauf lorsque le curseur de la souris montre un doigt pointé) – un double clic droit permet de zoomer en arrière ; vous pouvez ausi afficher la photo satellite ou un mélange de carte et de photo. (…)

Pour en savoir plus, visitez: ALTERTE-OGM.FR

Ce que l’industrie mettra demain dans nos assiettes

Lundi 5 mai 2008

Ce que l’industrie mettra demain dans nos assiettes

© Voltairenet, par Ursel Fuchs

L’application des nouvelles technologies au domaine alimentaire réserve quelques surprises. Ursel Fuchs passe en revue les dernières trouvailles des multinationales : aliments éternels et sensations factices. Attention : ceci n’est pas de la science-fiction, c’est juste une industrie dont vous êtes déjà  le cobaye.

Le tendanceur Stephan Sigrist, du célèbre Institut Gottlieb-Duttweiler, a rédigé une étude intitulée Food Visionen für übermorgen (« Visions alimentaires pour après-demain »). Des nouveaux désirs des pays riches industrialisés et des innovations de laboratoires de recherches, il déduit certaines tendances fortes en matière d’alimentation. Elles ne se réaliseront certes pas toutes mais sont en principe possibles. Les technologies actuelles, comme la nanotechnologie et le génie génétique, devraient exercer une influence déterminante.

Tout en haut du menu figure l’ultra convenience food. La convenience food, ce sont les plats cuisinés, les plats tout préparés (convenience = commodité). Selon le Rapport allemand 2004 sur l’alimentation, le citoyen moyen ne passe plus que 47 minutes par jour en moyenne à  se nourrir, plus ou moins rapidement. Une « commodité » accrue devrait, selon l’étude, être un des facteurs de croissance les plus importants du marché de l’alimentation, car « les consommateurs recherchent de plus en plus des aliments qui rendent la nutrition plus simple et plus rapide ». Une des grandes tendances consiste dans les aliments que l’on ne mangera plus qu’une fois par semaine, une concession peut-être à  la majorité de plus de 50% des ménages dans lesquels, aujourd’hui déjà , on ne cuisine plus du tout ou au maximum une fois par semaine. En outre, on devrait disposer de boissons et d’aliments sous des formes très variées et correspondant à  tous les goùts. Et pourquoi ne pas chercher de nou­velles sensations fortes avec la« taste, mood & mind foo », la nourriture, issue des laboratoires, qui s’adresse à  tous les sens ? Des agents de sapidité tout à  fait inédits devraient aromatiser des aliments traditionnels. La mind food devrait, par exemple lorsqu’on mange du nasi-goreng, vous apporter toutes les sensations visuelles et olfactives d’un voyage en Indonésie. Jamais encore les voyages en pays lointain n’auront été aussi avantageux. Et le lendemain matin, on est de nouveau au bureau.

Alicaments : les médicaments dans votre assiette

Les progrès de la recherche biomédicale doivent être davantage utilisés dans la confection des aliments et leur prise régulière devrait permettre de traiter des maladies chroniques. Les régimes pourraient être adaptés aux symptômes et la nourriture se rapprocher d’un médicament. Ainsi, les aliments vont acquérir des fonctions de plus en plus spécifiques grâce aux substances souhaitées. Il devrait y avoir des produits contenant des bactéries capables de fabriquer dans le système digestif des vitamines et des médicaments.

L’étude nous promet que les substances nuisibles à  la santé seront, après un festin, éliminées de l’organisme grâce à  des anticorps spécifiques.

L’enhancement food rend jeune, beau et intelligent

Il existera au petit-déjeuner des flocons qui rendent intelligent, à  midi des filets anti-vieillissement accompagnés de tomates à  effet Botox qui, naturellement, effacent toutes les rides. En outre, les aliments « immortels » se garderont presque indéfiniment.

Un bon tuyau : les nanoaliments

De plus, ce que 75% des Allemands refusent depuis longtemps, les aliments génétiquement modifiés ou provenant de cultures OGM ar­rivent dans nos assiettes-laboratoires. Mais ce n’est pas tout, il y a encore les nanoaliments. Ces deux variations de la haute technologie sont destinées à  « permettre la fabrication durable et efficace d’aliments ».

La ministre allemande de la recherche ­Annette Schavan a déclaré, le 6 novembre 2006, lors de la présentation de la « Nano-Initiative – Aktionsplan 2010 » : « Nous allons faire en sorte en Allemagne que les excellents résultats scientifiques en nanotechnologie soient appliqués plus rapidement et plus efficacement aux produits de demain. » Selon elle, l’Allemagne est leader européen dans ce domaine. En 2005, elle a investi quelque 310 millions d’euros dans la recherche et le développement de la nanotechnologie. En 2006, ce chiffre devrait atteindre plus de 330 millions d’euros. Actuellement, 600 entreprises sont spécialisées dans ce secteur et la nanotechnologie est censée avoir créé 50 000 emplois. On prévoit pour 2015 des investissements d’un milliard d’euros dans le monde entier.

Un communiqué de presse du Ministère fédéral de l’éducation et de la recherche du 10 octobre 2006 participe à  ce battage médiatique. Il commence par déplorer ­l’augmentation des maladies liées à  l’alimentation, comme le diabète et l’obésité, pour en venir rapidement à  son sujet central : « Pour lutter contre ces maladies, le Ministère soutient la recherche sur les fondements moléculaires de l’alimentation. Il s’agit de mettre au point des aliments adaptés aux besoins qui améliorent la qualité de vie. Il soutient par conséquent 14 projets de recherches grâce à  un total de quelque 13 millions d’euros. L’industrie est un partenaire important. Les 28 entreprises participantes investissent quelque 4,3 millions d’euros dans ces projets. La recherche sur « l’alimentation fonctionnelle » doit apporter dans les 3 ans qui viennent des données moléculaires qui nous renseignent sur l’interaction entre l’homme et les aliments.

Ces connaissances seront ensuite appliquées à  la fabrication d’aliments adaptés aux besoins afin de prévenir les maladies dues à  l’alimentation. Ainsi, de nouveaux exhausteurs de goùt doivent être trouvés afin de mettre au point des aliments pauvres en sel sans perte de goùt car la consommation élevée de sel est cause d’hypertension. Au centre de ces projets figurent en outre des recherches sur l’influence des bactéries probiotiques sur les inflammations intestinales et la mise au point de propriétés du café bonnes pour la santé. »

L’avenir a déjà  commencé

En Israël, on expérimente le renforcement de l’arôme du café au moyen de sucre et d’acides aminés. Ces deux substances pourraient être enfermées dans des nanocapsules pulvérisées sur les grains de café ; ces capsules n’éclateraient que lorsque l’on verse de l’eau bouillante dessus et les deux substances réagiraient alors avec le café. Ce n’est qu’une des innombrables applications actuelles de la nanotechnologie.

« Nano » vient du grec nanos, qui signifie « nain », mais il s’agit ici d’un ordre de grandeur à  peine imaginable : 1 nanomètre représente un milliardième de mètre, ce qui correspond à  1/50000e du diamètre d’un cheveu.

On sait maintenant que les substances modifient leurs propriétés dans le domaine du « nano ». Ce ne sont plus les lois physiques classiques qui entrent en jeu mais celles de la physique quantique. On observe également des effets biologiques que l’on ne sait pas encore expliquer.

La nanotechnologie trouve déjà  des applications dans la vie courante, par exemple dans les produits d’entretien, les peintures, les tissus résistant aux intempéries, les piles, les lave-linge, les produits cosmétiques pour adultes et même les bains moussants pour bébés.

Jusqu’ici, il n’y a guère eu de débat public

La nanotechnologie permet l’utilisation de méthodes nouvelles servant par exemple à  combiner substances organiques et substances inorganiques. Aux États-Unis, environ 50% des sommes consacrées à  cette technologie vont à  la recherche militaire. Or jusqu’ici, il n’y a guère eu de débat public sur la question. Pourtant Hiltrud Breyer, députée au Parlement européen, met en garde : « Les consommateurs sont utilisés comme des cobayes pour les nanoproduits. Ceux-ci arrivent sur le marché sans être soumis à  des réglementations bien que la nanotechnologie implique des risques importants, comme l’a montré l’opération de rappel d’un nanoproduit d’entretien à  la suite de nombreux cas d’intoxication ».

Pourtant l’avenir des nanoactivités opaques a commencé. Plus de 200 sociétés alimentaires transnationales investissent déjà  dans les nanotechnologies. Excellence in Food, autre document stratégique suisse destiné au secteur alimentaire prévoit l’arrivée sur le marché de « produits alimentaires totalement synthétiques élaborés entièrement par des robots. »

« Nano » à  l’extérieur, « nano » à  l’intérieur

Une viande « totalement synthétique pourrait être fabriquée dans des laboratoires ». A l’aide de « synthétiseurs alimentaires », sortes de tables de mixage, nous pourrions fabriquer des aliments à  partir de matières premières choisies en fonction de leur composition génétique. Des chercheurs universitaires expérimentent de la nanonourriture pour volailles en tant qu’alternative à  l’adjonction d’antibiotiques. Monsanto, Syngenta et BASF expérimentent des nanocapsules contenant des pesticides pour les introduire dans les plantes plus facilement et, si nécessaire, à  retardement.

Dans l’élaboration des aliments, la nanotechnologie est déjà  utilisée dans deux secteurs :
-Le nano outside concerne les emballages. Des symboles colorés indiquent la durée de conservation et changent de couleur quand l’aliment est périmé. On pourrait combiner les étiquettes de prix avec des capteurs de manière à  ce que plus les produits vieillissent, meilleur marché ils soient. Des nanoparticules pourraient également indiquer quand les produits sont devenus inconsommables. Elles pourraient aussi servir à  augmenter la durée de conservation, l’emballage tuant les microbes. Le commerce et l’industrie espèrent que le « nano outside » leur fera faire des économies.

-Le nano inside doit servir à  créer des produits inédits. Il s’agit là  d’introduire des nanoparticules dans des produits. Ainsi, des multinationales agro-alimentaires – Kraft, Nestlé, Unilever – ont déjà  recours à  la nanotechnologie pour modifier la structure des aliments. Kraft planche sur des boissons interactives qui, grâce à  des nanocapsules, changent de couleur et de goùt quand on les secoue. On pourrait aussi imaginer une nanopizza miracle qui, à  différentes températures du four à  micro-ondes, auraient un goùt différent : à  150° « Napoli », à  200° « Funghi », etc.

A vrai dire, depuis des années de nombreuses personnes absorbent régulièrement de petites quantités de nanosubstances et les spécialistes estiment qu’elles sont « suffisamment expérimentées et sans danger ». Il s’agit par exemple d’oxyde de silicium qui, sous forme de particules minuscules, épaissit le ketchup. Nous en absorbons également en mangeant des barres chocolatées Mars : il se trouve dans la couche protectrice. En tout cas, le fabriquant détient un brevet à  ce sujet.

Unilever concocte des nanoémulsions qui rendent les crèmes glacées plus onctueuses. D’autres inventent des nanocapsules qui introduisent dans l’organisme, à  l’insu des consommateurs, des substances nutritives et des arômes artificiels et cela de manière ciblée, rapide et sùre. On appelle ces aliments des « nanoceuticals », ce qui laisse entendre qu’ils ont un effet pharmaceutique.

Ainsi, face au débat sur les risques et les chances du « nano » qui avait commencé en 1998, il a été décidé d’obéir à  la même stratégie que celle adoptée en 1984 dans le débat sur les OGM, c’est-à -dire de « le mener strictement en interne, sinon des débats de fond pourraient s’engager », tout le reste devant être réglé lors d’un débat sur l’acceptation sociale ». Celui sur la nanotechnologie a été mené en 2006 lors d’une « conférence de consensus » par 18 personnes formées au préalable.

La raison donnée par l’Institut fédéral [allemand] d’évaluation des risques (BfR) était la suivante : « La communication prématurée sur les applications possibles et les risques éventuels des nanosubstances dans les produits alimentaires et autres aura une influence décisive sur l’acceptation sociale de la nanotechnologie. »

Les participants à  la conférence estimèrent à  l’unanimité que l’utilisation de la nanotechnologie dans l’alimentaire était un « domaine sensible » et demandèrent à  l’industrie d’agir de manière responsable. Malheureusement aucun représentant de ce secteur industriel n’était présent pour faire valoir son point de vue et participer au débat. Ainsi des questions notamment sur les aliments pour les bébés et les enfants restèrent sans réponse.

On regretta également que dans la promotion de la recherche sur la nanotechnologie en Allemagne et dans l’UE, une part minime soit accordée à  la recherche sur les risques. La conférence exigea l’instauration d’une obligation d’étiquetage « nano » afin que le consommateur puisse faire des choix et ne soit pas induit en erreur. Elle demanda également une procédure d’agrément pour les nanoproduits alimentaires.

900 brevets attribués à  un unique chercheur

Hiltrud Breyer, qui représente depuis de longues années les Verts au Parlement européen, déplore le fait que « les responsables politiques se laissent influencer par le battage médiatique autour de la nanotechnologie sans que l’on sache vraiment où l’on va et [que] l’industrie évite tout débat sur une réglementation. On a ainsi déjà  créé des faits accomplis sans débat public. En ce qui concerne l’analyse des risques, on est en présence d’un énorme trou noir. Alors qu’il y a longtemps qu’on aurait dù faire des recherches sur les risques et réglementer l’étiquetage, on finance de plus en plus généreusement les recherches et on accorde de plus en plus de brevets. Selon des enquêtes du groupe canadien ETC [observateur des développements technologiques], le champion est un Chinois qui détient plus de 900 brevets sur les nanoversions de plantes de la médecine chinoise traditionnelle. »

Mise en garde contre des risques incalculables

Les toxicologues s’inquiètent. Ils mettent en garde contre les dangers incalculables résultant des contacts des « nains miraculeux » avec notre organisme.

Des scientifiques n’étudient que peu à  peu et certainement de manière incomplète pour le moment les risques que peuvent entraîner à  la longue les nanoparticules. Ainsi des chercheurs en médecine environnementale de l’Université de Düsseldorf ont prouvé que certains types de particules, utilisées notamment dans des peintures, endommagent, quand elles sont hautement concentrées, les fonctions du noyau des cellules humaines. A Rochester (USA), des scientifiques ont fait inhaler à  des souris de laboratoire une grande quantité de nanoparticules, ce qui a entraîné des troubles circulatoires. On ne peut pas exclure non plus des dommages au cerveau. Selon Peter Wiedemann, spécialiste du centre de recherche Jülich, « il est certain qu’il existe un risque potentiel. »

Le fait que des grands assureurs comme Swiss Re et Allianz/OCDE insistent pour que s’instaure un débat public et qu’on mette en place une réglementation prouve l’urgence qu’il y a à  évaluer ces risques potentiels. Leurs réflexions approfondies montrent que la nanotechnologie pourrait présenter des risques du même ordre de grandeur que la technologie nucléaire et le génie génétique.

Le grand fantasme des cultures d’OGM est mis à  nu

Vendredi 25 avril 2008

Le grand fantasme des cultures d’OGM est mis à  nu

© Alter Info

Une nouvelle étude de premier ordre montre que le soja modifié produit dix pour cent de moins de nourriture que son équivalent naturel.

ogm

Par Geoffrey Lean, le 20 avril 2008

Sapant l’affirmation répétée de la nécessité de passer aux OGM pour résoudre la croissance de la crise alimentaire dans le monde, une nouvelle étude qui fait autorité démontre en fait que cette technologie controversée réduit le rendement des cultures.

L’étude, effectuée au cours des trois dernières années à  l’Université du Kansas, dans la Grain Belt (ceinture de grain) de Zunie, a constaté que le soja OGM produit environ 10 pour cent de nourriture en moins que son équivalent traditionnel, en contradiction avec l’affirmation des partisans de la technologie, selon lesquels les OGM augmenteraient le rendement.

Le professeur Barney Gordon, de la subdivision agronomique de l’université, a dit avoir commencé cette étude, signalée dans le journal Better Crops, parce que de nombreux agriculteurs passés aux cultures génétiquement modifiées (GM) ont « constaté que le rendement n’est pas aussi élevé que prévu, même en conditions optimales. » Il a ajouté : « Les gens se demandent pourquoi ils n’obtiennent pas de plus haut rendement depuis qu’ils les utilisent. »

Il a cultivé du soja GM Monsanto et une variété traditionnelle presque identique dans le même champ. Les cultures GM n’ont produit que 70 boisseaux de grain à  l’acre [0,4 hectare], comparés aux 77 boisseaux des cultures naturelles.

Ces cultures GM, conçues pour résister au Roundup, le propre désherbant de Monsanto, n’ont été « retapées » qu’après rajout de manganèse, ce qui suggère que l’absorption des éléments essentiels du sol par les plantes est gênée par la modification génétique. Même avec ce complément le rendement du soja GM est égal à  celui du traditionnel plutôt que supérieur.

La nouvelle étude confirme une recherche antérieure à  l’Université du Nebraska, qui a révélé qu’un autre soja GM de Monsanto produisait 6 pour cent de moins que son plus proche parent traditionnel, et 11 pour cent de moins que le meilleur soja non GM.

La nouvelle étude au Nebraska suggère que deux facteurs sont à  l’œuvre. D’abord, il faut du temps pour modifier une plante et, pendant que c’est en train de se faire, de meilleures plantes naturelles sont développées. C’est reconnu même par le Ministère de l’Agriculture zunien ardemment pro-OGM, qui a admis que le retard pourrait conduire à  une « diminution » de rendement.

Mais le fait que les cultures d’OGM soient inférieure à  leurs quasi-identiques homologues traditionnelles suggère qu’un deuxième facteur est aussi à  l’œuvre, et que le processus de modification lui-même abaisse la productivité. La nouvelle étude au Kansas le confirme et montre comment cela se passe.

Une situation similaire semble s’être produite avec le coton GM en Zunie, où la récolte totale du pays a diminué alors même que la technologie GM prenait la relève.

Monsanto a déclaré hier qu’il était surpris par l’ampleur de la baisse constatée par l’étude au Kansas, mais pas par le fait que le rendement ait chuté. Il a dit que le soja n’avait pas été conçu pour augment le rendement, et qu’il était maintenant en train d’en développer un pour ça.

Les critiques doutent que la compagnie y parviendra, affirmant que cela exige des modifications plus complexes. Et Lester Brown, président du Earth Policy Institute (institut des politiques pour la Terre) de Washington, l’un des premiers ayant prédit la crise alimentaire actuelle, affirme que les plantes d’aujourd’hui ont atteint la limite de productivité que leur physiologie leur permet d’atteindre.

Ancien champion cultivateur lui-même, il a fait la comparaison avec des coureurs humains. Depuis que Roger Bannister a couru le premier le mile en quatre minutes il y a plus de 50 ans, le meilleur chrono n’a amélioré ce temps que modestement. « Malgré tous les progrès dans le domaine de l’entraînement, personne n’envisage un chrono de trois minutes au mile. »

La semaine dernière, la plus grande étude de ce type jamais réalisée : l’International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development (évaluation internationale des sciences agricoles et de la technologie de développement), a conclu que les OGM n’étaient pas la réponse à  la faim dans le monde.

Quand on lui a demandé si les OGM pourraient résoudre la faim dans le monde, le Professeur Bob Watson, directeur de l’étude et directeur scientifique du Ministère de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales, a déclaré : « La simple réponse est non. »

Original: http://www.independent.co.uk
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info

Note du traducteur: En France, les sénateurs, des gens non élus démocratiquement, ont torpillé la dernière loi du parlement, qui visait à  empêcher la pollution des cultures traditionnelles par les OGM, au prétexte de deux mensonges : selon eux, les OGM permettent de réduire la faim dans le monde !

Même si les OGM avaient un rendement meilleurs et étaient comestibles, ce qu’ils ne sont pas, ils ne serviraient qu’à  continuer à  paupériser le tiers monde, comme le fait actuellement le dumping des cultures traditionnelles occidentales dans les pays pauvres.

En effet, l’agriculture occidentale est subventionnée pour que ses produits soient meilleur marché que ceux des pays pauvres. Ils peuvent ainsi être déversés là -bas et empêcher ces pays de vivre de leurs propres cultures. Ce qui a pour effet de ruiner les cultures vivrières à  usage local là -bas et de provoquer la paupérisation et la famine.

Le contribuable occidental, quant à  lui, est sollicité doublement : il paye les subventions à  l’agriculture chimique occidentale et l’aide aux pays plongés dans la famine.

OGM: Organismes Génétiquement Mortifères

Lundi 21 avril 2008

« Organismes Génétiquement Mortifères »

© NaturaVox

maïs transgénique

Depuis la découverte de la structure en double hélice de l’ADN par Francis Crick, James Watson et Maurice Wilkins, à  Cambridge en 1953, de nombreux scientifiques n’ont cessé d’affirmer que tout était inscrit dans les gènes, et que le séquençage du génome humain permettrait bientôt d’apporter toutes les réponses aux questions que l’on se pose au sujet du vivant, notamment pour trouver des solutions à  un grand nombre de maladies.

Mais le fait que la mouche drosophile ait près de 55% de ses 13600 gènes en commun avec l’homme et que le chimpanzé partage avec nous 94 à  99 % de nos 26.000 à  35.000 gènes, selon les études, a bien sùr rabattu un peu de notre superbe d’autant que l’on peine à  trouver des thérapeutiques uniquement génétiques, et que des jumeaux homozygotes, ou des animaux clonés, se mettent à  présenter des caractères différents alors qu’ils sont censés être identiques. Tout ceci a fini par faire un peu désordre et jeter le doute dans la population mais aussi chez les scientifiques.

C’est ce qui explique qu’au lieu de se focaliser uniquement sur l’ADN, comme ce fùt le cas durant des décennies, les chercheurs se sont progressivement intéressés à  l’ARN et aux nombreuses protéines présentes pour essayer de mieux cerner l’épigénèse c’est à  dire les mécanismes en jeu, beaucoup plus difficiles à  comprendre que prévus, dans l’activation ou l’inhibition de certains gènes. Le vivant qui était rigoureusement déterminé dans l’hypothèse du primat génétique, devient dès lors un système nettement plus ouvert et complexe, soumis à  des variations perpétuelles dans lesquelles le poids de l’environnement est loin d’être négligeable. Un seul gène, même chez la mouche, n’explique pas grand chose car il en faut environ une centaine pour déterminer seulement la forme de son aile. Difficile après cela de penser que la génétique est aujourd’hui une science exacte en dépit de ses nombreuses découvertes et de sa grande importance heuristique pour la compréhension du vivant.

Il n’empêche que même chez certains scientifiques le mythe du tout-génétique a encore la vie dure puisqu’il ne se passe pas de semaine qu’un chercheur découvre le gène qui est la cause principale de ceci ou de cela (obésité, intelligence, dépression, cancer…etc.) les médias ayant la légèreté de laisser penser que cela discrédite les précédentes recherches sur le sujet. Quant au citoyen lambda, il peine encore à  croire que le génome de la chenille est identique à  celui du papillon, et personne n’a pu empêcher notre Président de déclarer en avril 2007 : « j’inclinerais, pour ma part, à  penser qu’on naît pédophile » (sic).

Tout n’est donc pas gagné dans ce domaine de la génétique dont l’intérêt rebondit en ce moment avec le débat en cours sur les OGM au Parlement. Historiquement les premiers Organismes Génétiquement Modifiés en laboratoire ont été les bactéries Escherichia Coli (1973 Université Stanford Californie) suite aux travaux de Paul Berg (futur prix Nobel de chimie en 1980) qui interrompra finalement ses recherches pour organiser en 1975 la Conférence d’ Asilomar demandant (déjà  !) un moratoire sur les manipulations génétiques afin d’éviter que des bactéries génétiquement modifiées puissent se disperser dans l’environnement. Mais s’il est vrai que les bactéries peuvent s’évader subrepticement des laboratoires pour aller contaminer n’importe qui n’importe où, qu’en est-il des plantes génétiquement modifiées avec leurs pollens ?

Chacun connaît la réponse : les pollens peuvent parcourir avec les insectes (entomogamie), le vent (anémogamie) ou les oiseaux (ornithophilie), pour ne citer que les principaux vecteurs en cause, des distances considérables qui rendent ridicules les mesures de sécurité habituellement préconisées entre les champs transgéniques et les autres. La contamination des plantes traditionnelles par des OGM est un fait malheureusement bien établi, mais avec des caractéristiques spéciales qui rendent ce phénomène particulièrement inquiétant.

Il y a tout d’abord une atteinte possible à  la biodiversité par le risque de compétition envahissante pouvant conférer un même gène à  de nombreuses espèces alors que cette biodiversité qui est à  la base même de la vie sur notre planète diminue déjà  de façon alarmante. La plupart des scientifiques estime en effet que le taux d’extinction n’a jamais été aussi élevé. Pour les seules plantes, une espèce sur huit est menacée de disparition, et le cinquième de toutes les espèces vivantes pourrait disparaître d’ici 2030 ce qui aura des conséquences inévitables sur le cycle de l’eau, de l’oxygène, de la nourriture, et sur le climat. Une espèce génétiquement contaminée affaiblit presque nécessairement le patrimoine originel et peut même le supplanter définitivement.

En outre le « bricolage » génétique des OGM réalisé par nos petits Frankenstein ou Prométhée du dimanche peut très bien se répartir au hasard de façon différente ou imprévue dans le génome de la plante contaminée contribuant ainsi à  créer des chimères végétales c’est à  dire des monstres. Ceci s’explique par le fait qu’un seul gène peut coder plusieurs protéines à  l’intérieur de la cellule, ce que l’on appelle l’épissage alternatif. Dans certains cas un seul gène peut coder plus de protéines que tous les autres réunis ce qui confirme que le dogme associant un gène à  une protéine est dépassé. C’est pourtant ce que nous proposent les laboratoires aux ordres des semenciers, en réalisant une sorte de mécano grossier au niveau de la plante, comme s’il s’agissait d’un objet inanimé et non d’un organisme évolutif et vivant en interaction importante avec son tout environnement.

L’éventuelle toxicité sur les populations de la consommation d’OGM n’est pas rigoureusement démontrée à  ce jour, mais elle n’est pas infirmée non plus, et des doutes existent. Aux Etats-Unis le principe d’équivalence en substance entre les OGM et les plantes traditionnelles (qui laisse donc croire qu’il n’y a pas de différence entre les deux) n’impose pas d’étiquetage particulier. En France le seuil de 0,9 % doit être mentionné, mais il ne l’est pas sur la viande des animaux de plus en plus souvent nourris avec des OGM ce qui fait que pratiquement tout le monde aujourd’hui en consomme. Des craintes existent à  terme sur la résistance aux antibiotiques ou la création de nouvelles allergies en raison des marqueurs utilisés. On se pose aussi la question de l’impact que peuvent avoir sur la santé des végétaux contenant leur propre insecticide dont la toxicité, (ainsi d’ailleurs que celle de plusieurs milliers de produits chimiques très répandus), n’a jamais été sérieusement évaluée.

On sait que cet insecticide est artificiellement fabriqué par la plante grâce à  un gène codant une protéine, toxique pour un insecte donné. C’est ce qui permet à  ce végétal de résister à  ses prédateurs (Maïs Bt pour lutter contre la pyrale, par exemple). Malheureusement on a constaté notamment en Malaisie, au Japon, et à  Hawaii, l’apparition d’insectes résistants à  ces toxines supposées les éradiquer, ce qui n’est pas surprenant si l’on considère que les organismes, même les plus primitifs comme les virus, se défendent souvent grâce à  des mutations … génétiques ! C’est donc le serpent qui se mord la queue. Il existe aussi des gènes de tolérance aux herbicides dont le célèbre glyphosate contenu dans le Roundup fabriqué par Monsanto. La plante génétiquement modifiée peut être arrosée sans dommage pour elle par ce produit pour détruire les mauvaises herbes, ce qui réduit l’épandage des autres pesticides. Du moins au début, car pour la culture du coton en Inde, c’est exactement le contraire qui s’est passé. Le Roundup est devenu de plus en plus inefficace et il a fallu utiliser des doses massives de différents produits toxiques.

Selon les partisans des OGM ceux-ci pourraient contribuer à  diminuer la faim dans le monde. Malheureusement on sait très bien que les quelques 850 millions de personnes concernées sur notre planète le sont principalement en raison de problèmes politiques, de guerres, ou de répartition inégalitaires des richesses ou des territoires résultant de l’accaparement scandaleux de ceux-ci par une minorité. Les plantes transgéniques n’ont jamais réglé ce problème et vont même forcément l’aggraver si la culture des agrocarburants, que certains appellent des « nécrocarburants », continue de se développer au détriment de l’alimentation puisque cela rapporte autant que le pétrole qu’ils sont censés remplacer, tout en contribuant encore davantage à  diminuer la biodiversité.

La réticence des laboratoires non indépendants payés par les semenciers à  diffuser leurs études à  la communauté scientifique pour les vérifier, le trucage délibéré de certaines d’entre elles, le lobbying politique effréné de ces multinationales comparables à  des sectes, le licenciement de certains collaborateurs jugés trop critiques, sont évidemment des faits très préoccupants. Mais le comble de la perversité est que ces multinationales ont réussi à  imposer par contrat à  leur clients le rachat chaque année de leurs semences, alors qu’ils en jouissaient librement auparavant, l’utilisation monopolistique de leurs pesticides et insecticides et la possibilité légale de breveter les organismes vivants créant de fait une dépendance financière abjecte sur ce que la nature nous a toujours donné, tout en rendant illégal la préservation ou l’utilisation des autres semences. Les procès perdus par l’association Kokopelli contre les puissants de l’industrie agroalimentaire encouragés par la FNSEA et certaines personnes du gouvernement actuel montrent bien la gravité de cette dérive.

Bien sùr il peut paraître curieux d’extrapoler les incertitudes scientifiques qui règnent actuellement dans la génétique humaine à  celle des plantes parce que l’on pense a priori que la première est plus complexe que la deuxième. Rappelons cependant que le séquençage d’une petite plante annuelle commune appelée l’arabette des dames, choisie pour sa simplicité, a révélé la présence de 7 781 gènes codant des protéines, sur un total évalué à  26 000 gènes. Le maïs quant à  lui compte près de 2 millions de bases d’ADN et 10 chromosomes. Près de 80 % des segments sont répétés, et l’ensemble code pour 50.000 à  60.000 gènes. La simplicité apparente des plantes n’est donc qu’un grossier leurre. Dans ce domaine comme dans l’autre la génétique ne maîtrise actuellement pas grand chose, contrairement à  ce que certains voudraient nous faire croire.

Il n’est probablement pas exagéré de dire que les OGM sont en réalité des Organismes Génétiquement Mortifères qui signeront vraisemblablement aussi la mort du Grenelle de l’Environnement. Et puisque ceux qui manient ces techniques semblent avoir pour objectif un contrôle de l’alimentation mondiale, comme le montre bien M.M. Robin dans son reportage récent sur Arte et dans son livre, c’est à  chacun de prendre ses responsabilités face aux politiques mais aussi face à  ces apprentis sorciers principalement motivés par des raisons financières et par un violent désir d’uniformisation de la nature qui est en définitive une forme d’eugénisme totalitaire contraire à  la culture, à  tous les sens du mot, comme à  une éthique du vivant.

Source:
http://fr.wikipedia.org/wiki/OGM
http://blogs.arte.tv/LemondeselonMonsanto/frontUser.do ?method=getHomePage

http://tempsreel.nouvelobs.com/dossiers/societe/20040804.OBS0058/les_ogm.html

http://www.agoravox.fr/article.php3 ?id_article=21088

http://www.kokopelli.asso.fr/index.html

http://anti-ogm.info/

http://www.naturavox.fr/article.php3 ?id_article=3208
http://www.moratoireogm.fr/spip.php ?article1

http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n383a13.htm

http://www.spectrosciences.com/spip.php ?breve515
http://www.wikio.fr/news/Pelt ?wfid=50595645

http://www.axelibre.org/livres/jean-marie_pelt.php

Marie-Monique Robin: « On nous ment sur les OGM »

Mercredi 16 avril 2008

Marie-Monique Robin: « On nous ment sur les OGM »

© Lexpress.fr

Le documentaire Le Monde selon Monsanto, cité par le sénateur UMP Le Grand lors de son coup de colère à  propos du débat sur les OGM, connaît un vrai succès populaire. Son auteure, Marie-Monique Robin, répond à  LEXPRESS.fr, alors que le projet de loi est examiné en seconde lecture au Sénat, ce mercredi, dans un contexte houleux.

Le sénateur Jean-François Le Grand, président du groupe de travail sur les OGM du Grenelle de l’Environnement, a dénoncé dans une lettre à  Henri de Raincourt, président du groupe UMP du Sénat, l’attitude de certains de ses collègues de la majorité. Dans ce texte, il cite notamment le titre de votre livre, refusant de céder aux « fatalités et notamment, dans le cas présent, à  celle d’un monde selon Monsanto… » Votre réaction?
Je trouve son attitude très courageuse, comme celle du député UMP François Grosdidier. Car les parlementaires subissent des pressions très fortes. Il y a du lobbying, de Monsanto notamment, mais ça, ce n’est pas illégal. Mais il y a aussi des menaces plus graves de mises à  sac provenant de la FNSEA, dénoncées notamment par Grosdidier (dans cet article de Libération par exemple, NDLR).

Quel regard portez-vous sur le débat entre parlementaires?
Ce qui est incroyable dans cette histoire, ce sont les mensonges qui sont proférés. L’ancien ministre de l’Agriculture Christian Jacob a par exemple dit -on peut le constater sur le site de l’Assemblée- qu’il n’y a pas de contamination par les OGM! (Intervention disponible ICI, NDLR.) Il a répété la même chose sur France-Info, allant même jusqu’à  dire, dans ce débat avec le Vert Yves Cochet, qu’au Mexique, la « coexistence » entre maïs OGM et maïs non-OGM se passait très bien. Comment est-il possible de dire une chose pareille? C’est un mensonge! Au Mexique, justement, les OGM ont été totalement interdits à  cause de la contamination! Le député François Grosdidier a raison de dire que certains de ses collègues sont « intoxiqués »…

Craignez-vous l’issue de la seconde lecture du texte au Sénat?
Rien n’est fait encore, et l’amendement 252 a le mérite de réduire l’impact de la loi… Mais il faut savoir de quoi on parle. S’il s’agit d’encadrer la mise en champ et sur le marché des OGM -c’est à  dire des OGM de Monsanto, puisque ce sont ceux-là  qui nous attendent- alors il faut étudier ces OGM comme ils doivent l’être. Or, les OGM de Monsanto sont des plantes pesticides, donc a priori toxiques, et il convient donc, avant de les autoriser, de faire comme pour tous les produits toxiques: il faut les tester sur trois espèces animales pendant trois mois, puis pendant deux ans sur les rats. Or, cela n’a jamais été fait!

Et que l’on ne dise pas le le maïs BT de Monsanto (le MON 810 et le MON 863) n’est pas néfaste sans l’avoir prouvé: il faut absolument respecter le principe de précaution! D’autant plus qu’il y a un précédent avec le maïs BT d’une autre société, Aventis, qui en 2000 a provoqué de graves problèmes de santé. Le maïs Starlink, très allergène, n’était donné qu’aux animaux, mais il s’est évidemment retrouvé dans la chaîne alimentaire aux Etats-Unis, notamment dans des restaurants tex-mex, et a rendu des gens très malades. Il a finalement été interdit, Aventis a perdu 1 milliard de dollars dans l’affaire. Mais huit ans après, on trouve encore 1% de maïs OGM Starlink dans le maïs américain…

Je pense donc que faire une loi aujourd’hui qui autoriserait la mise sur le marché de tels OGM serait tout à  fait irresponsable. D’accord pour encadrer la recherche sur les OGM en milieu confiné, si cela doit nous permettre de trouver des OGM merveilleux – mais pour l’instant, cela n’existe pas, les OGM merveilleux… Mais pas de mise en champ: on l’a vu partout sur la planète, quand on autorise les OGM, il n’est plus possible de revenir en arrière.

Votre film et votre livre connaissent un incroyable succès. Quelles leçons en tirez-vous?
Dans toutes les villes où je vais présenter mon travail, il y a beaucoup de monde, pas seulement des militants, toutes sortes de gens qui veulent comprendre. C’est un débat citoyen. Sur le Net aussi, il y a ce débat citoyen – je parle des gens sérieux, pas de ceux qui essayent de me dézinguer, il serait d’ailleurs intéressant de savoir qui ils sont, ceux-là … Ignorer ce débat citoyen et passer en force avec cette loi, c’est grave. C’est un déni de démocratie.

OGM : un texte « complètement imbécile » et « purement idéologique », selon José Bové

Vendredi 11 avril 2008

OGM : un texte « complètement imbécile » et « purement idéologique », selon José Bové

© AP

PARIS – Au lendemain de l’adoption à  l’Assemblée nationale du projet de loi sur les OGM, José Bové dénonce jeudi « un très mauvais texte », « complètement imbécile » et « purement idéologique ». Le militant altermondialiste apporte également son soutien à  la secrétaire d’Etat à  l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet.

« C’est un très mauvais texte qui tourne le dos aux engagements forts pris lors du Grenelle de l’environnement. C’est une loi qui protège le fort contre le faible », déclare José Bové dans un entretien au jdd.fr. « En l’état actuel, même si j’attends quand même la deuxième lecture du Sénat, c’est un texte qui décrédibilise complètement tout ce que l’on a pu faire lors de ce Grenelle et trompe les espoirs qui en étaient ressortis ».

L’ancien porte-parole de la Confédération paysanne souligne aussi l’importance de l’amendement 252, déposé par le communiste André Chassaigne, qui ajoute le respect « des structures agricoles, des écosystèmes locaux, des filières de production et commerciales qualifiées sans organismes génétiquement modifiés’ » aux critères culture et de commercialisation des OGM.

« C’est quelque chose de très important car c’est lui qui pose le problème de fond. Sauf que l’impression que j’ai, c’est que la majorité veut, d’une façon ou d’une autre, le faire sauter au Sénat », explique-t-il. « Et, là  encore, on est dans l’idéologie pure et dure ».

José Bové apporte également son soutien à  Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a dénoncé dans « Le Monde » le « concours de lâcheté et d’inélégance » entre le président du groupe UMP Jean-François Copé et Jean-Louis Borloo dans le débat autour du projet de loi sur les OGM, avant de présenter ses excuses.

« Elle a acté ce qui s’est passé et ce qui s’est dit au Grenelle de l’environnement. Elle avait l’ambition et la volonté d’aboutir dans le respect des engagements pris », estime-t-il. « C’est quelqu’un qui a toujours été très clair dans ses prises de position sur le sujet (…) Nous travaillons ensemble depuis dix ans et c’est une femme que je respecte ». AP

Vote de la loi OGM sur fond de polémique

Jeudi 10 avril 2008

Vote de la loi OGM sur fond de polémique

© Vedura.fr

Le projet de loi sur les OGM a été adopté hier soir par une faible majorité à  l’assemblée nationale, 249 voix contre 228. Une centaine de députés UMP se sont abstenus, et plusieurs d’entre eux se sont prononcés contre. La secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet, réticente aux OGM, a dénoncé un « concours de lâcheté » autour de ce projet de loi, et a du s’excuser par la suite sous peine d’être démise de ses fonctions.

La loi OGM a été voté hier soir, en permettant la coexistence des cultures OGM et des cultures traditionnelles.

Un amendement prévoit que les OGM « ne peuvent être cultivés que dans le respect de l’environnement, de la santé publique, des systèmes agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales qualifiées OGM et en toute transparence ».

Un second amendement précise que les OGM ne doivent pas nuire « à  l’intégrité de l’environnement et à  la spécificité des cultures traditionnelles et de qualité ». Le principe de la coexistence avec les cultures non-OGM ne semble pas applicable, sauf en niant la contamination.

L’agriculteur qui cultive des OGM doit souscrire une assurance : il est responsable du préjudice en cas de dissémination accidentelle.

Le délit de fauchage de parcelles OGM sera puni de deux ans de prison et de 75 000 euros d’amende.

Un Haut conseil des biotechnologies est crée : il a pour mission d’évaluer les risques pour l’environnement et pour la santé publique des OGM.

Le Sénat examinera le texte en seconde lecture dès le 16 avril, et reviendra manifestement sur certains amendements, car ce sont les sénateurs qui avait substantiellement modifié le texte d’origine, beaucoup plus fidèle aux principes du Grenelle de l’environnement.

L’« arche de Noé végétale » en Arctique

Vendredi 4 avril 2008

L’« arche de Noé végétale » en Arctique

© Mondialisation.ca, Global Research, 15 Février 2008. Lire aussi Mondemeilleur.over-blog.net, renseignez vous bien sur cette arche de noé végétale, doomsday seed vault. Nous avons recopié l’article intégralement, cet article est fondamental, lisez le.

Dans l’un des lieux les plus reculés du monde, à  Svalbard (près de l’Océan Arctique), Bill Gates investit des millions pour rassembler toutes les semences du monde dans une chambre forte. Ses partenaires sont la Fondation Rockefeller, Monsanto, la Fondation Syngenta et le gouvernement de Norvège. Que cache ce projet d’Arche de Noé végétale ?

S’il y a bien une chose qu’on ne peut reprocher à  Bill Gates, le fondateur de Microsoft, c’est bien la paresse. Il programmait déjà  à  14 ans et il fondait Microsoft à  20 ans, alors qu’il étudiait encore à  Harvard. En 1995, Forbes l’enregistrait comme l’homme le plus riche du monde, le plus gros actionnaire de Microsoft, sa société qui a établi avec acharnement un monopole de fait dans les systèmes informatiques pour ordinateurs personnels.

En 2006, alors que la plupart des gens en pareille situation se retireraient sur une île calme du Pacifique, Bill Gates décidait de consacrer son énergie à  la Bill et Melinda Gates Fondation, la plus grande fondation privée « transparente » comme il dit, avec une énorme dotation de 34,6 milliards de dollars et l’obligation légale de dépenser 1,5 milliards de dollars par an pour des projets humanitaires dans le monde, afin de maintenir son statut d’organisation caritative exemptée d’impôt. En 2006, le cadeau d’environ 30 milliards de dollars en actions de Berkshire Hathaway du super-investisseur Warren Buffett, ami et associé en affaires, plaçait la fondation de Gates dans une catégorie qui dépense presque la somme totale du budget annuel de l’Organisation Mondiale de la Santé des Nations Unies (OMS).

Alors quand Bill Gates décide d’investir dans un projet, par l’intermédiaire de la Fondation Gates, quelques 30 millions de dollars de son argent durement gagné, ça vaut la peine d’y jeter un coup d’œil.

Pour le moment, nul projet n’est plus intéressant que cette curieuse entreprise dans l’un des lieux les plus reculés du monde, à  Svalbard. Bill Gates investit des millions dans une chambre forte pour semences sur la Mer de Barents, près de l’Océan Arctique, à  quelque 1100 kilomètres du Pôle Nord. Le Svalbard est un bout de roche stérile revendiqué par la Norvège et cédé en 1925 par un traité international (voir la carte).

Sur cette île perdue, Bill Gates investit des dizaines de millions avec, entre autres, la Fondation Rockefeller, Monsanto Corporation, la Fondation Syngenta et le gouvernement de Norvège, dans ce qui est appelé « doomsday seed bank » [arche de Noé végétale traduit au mieux cette expression qui combine chambre forte, semences et fin des temps ou apocalypse, NDT]. Officiellement, le projet est appelé chambre forte à  semences mondiales de Svalbard, sur l’île norvégienne de Spitsbergen, qui fait partie de l’archipel de Svalbard.

svalbard

La chambre forte pour semences est en cours de construction à  l’intérieur d’une montagne sur l’île de Spitsbergen, près du petit village de Longyearbyen. Selon leur communiqué de presse, c’est presque « prêt pour le business ». La chambre forte aura des portes doubles à  l’épreuve des explosions, avec des détecteurs de mouvement, deux sas et des murs en béton armé d’un mètre d’épaisseur. Elle contiendra jusqu’à  trois millions de variétés différentes de semences du monde entier, « de sorte que la diversité végétale puisse être préservée pour l’avenir », selon le gouvernement norvégien. Les semences seront spécialement enveloppées pour les préserver de l’humidité. Il n’y aura pas de personnel à  temps plein, mais l’inaccessibilité relative de la chambre forte facilitera la surveillance de toute activité humaine éventuelle.

Avons-nous raté quelque chose ? Leur communiqué de presse déclarait, « de sorte que la diversité des plantes puisse être préservée pour l’avenir ». Quel avenir, prévu par les sponsors de l’arche de Noé végétale, menacerait la disponibilité actuelle des semences, leur quasi totalité étant déjà  bien à  l’abri dans des chambres fortes aux quatre coins du monde ?

Chaque fois que Bill Gates, la Fondation Rockefeller, Monsanto et Syngenta se rencontrent sur un projet commun, cela vaut la peine de creuser un peu plus profondément sous les roches de Spitsbergen, car on y trouve des choses fascinantes.

Le premier point remarquable est l’identité des parrains de l’arche de Noé végétale. Ceux qui s’unissent aux Norvégiens sont, comme nous l’avons dit, la Fondation Bill & Melinda Gates ; le géant étasunien de l’ agroalimentaire DuPont/Pioneer Hi-Bred, l’un des plus grands propriétaires de brevets d’OGM (organismes génétiquement modifiés), de semences de plantes et autres produits de l’agrochimie ; Syngenta, à  travers sa fondation, la principale compagnie suisse de semences OGM et de produits de l’agrochimie ; la Fondation Rockefeller, le groupe privé qui a créé la révolution génétique, avec plus de 100 millions de dollars de semences depuis les années 70 ; le CGIAR, le réseau mondial créé par le Fondation Rockefeller pour promouvoir son idéal de pureté génétique à  travers la conversion de l’agriculture.

doomsday seedvault

LE CGIAR ET « LE PROJET »

Comme je l’ai exposé en détail dans le livre Seeds of Destruction (1), en 1960, la Fondation Rockefeller, le Conseil sur le Développement de l’Agriculture de John D. Rockefeller III et la Fondation Ford, ont uni leurs forces pour créer l’Institut International de Recherche sur le Riz (IRRI) à  Los Baños, aux Philippines. En 1971, l’IRRI de la Fondation Rockefeller, avec son Centre International d’Amélioration du Maïs et du Blé au Mexique et deux autres centres de recherche internationaux créés par les fondations Rockefeller et Ford, se sont associés à  l’IITA pour l’agriculture tropicale, au Nigéria, pour former le Groupe Consultatif International sur la Recherche Agricole (CGIAR).

Le CGIAR a été formé lors d’une série de conférences privées organisées au centre de congrès de la Fondation Rockefeller, à  Bellagio en Italie. Les principaux participants à  Bellagio étaient George Harrar de la Fondation Rockefeller, Forrest Hill de la Fondation Ford, Robert McNamara de la Banque Mondiale, et Maurice Strong, l’organisateur environnemental international de la famille Rockefeller, qui, en tant que mandataire de la Fondation Rockefeller, avait organisé le Sommet de la Terre de l’ONU à  Stockholm en 1972. Pendant de longues décennies, la Fondation avait détourné la science pour la mettre au service de l’eugénisme, une hideuse version des théories sur la pureté de la race, dans le cadre de ce qu’elle appelait simplement « Le Projet ».

Pour garantir un impact maximum, le CGIAR a impliqué l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Banque Mondiale. Ainsi, au début des années 70, grâce à  l’influence soigneusement planifiée de ses ressources initiales, la Fondation Rockefeller était à  même de façonner la politique agricole mondiale. Et elle ne s’en est pas privée.

Financé par de généreuses bourses d’étude des fondations Ford et Rockefeller, le CGIAR a veillé à  ce que les principaux scientifiques de l’agriculture et les agronomes du tiers-monde soient amenés aux USA pour « maîtriser » les concepts de production de l’agroalimentaire modernes, afin qu’ils les ramènent dans leur patrie. Dans l’opération, ils ont créé un réseau d’influence extrêmement utile à  la promotion de l’agroalimentaire étasunien dans ces pays, et plus particulièrement à  la promotion de la « révolution génétique » des OGM dans les pays en développement. Et tout cela au nom de la science et de la rentabilité du marché agricole libre.

UNE RACE SUPÉRIEURE GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉE ?

La chambre forte à  semences de Svalbard commence à  présent à  devenir intéressante. Mais ça devient encore mieux. « Le Projet » que j’ai évoqué est, depuis les années 20, le projet de la Fondation Rockefeller et de puissants intérêts financiers d’utiliser l’eugénisme, rebaptisé aujourd’hui génétique, pour justifier la création d’une race supérieure génétiquement modifiée. Hitler et les nazis l’appelaient la race supérieure aryenne.

L’eugénisme d’Hitler a été financé dans une large mesure par cette même Fondation Rockefeller, qui est aujourd’hui en train de construire une arche de Noé végétale pour préserver des échantillons de toutes les graines de notre planète. Là , ça devient vraiment intrigant. Dans sa quête acharnée à  réduire la vie humaine à  une « séquence génique définie », la Fondation Rockefeller a créé la discipline pseudo-scientifique de la biologie moléculaire, qui pourrait ensuite lui permettre de modifier à  volonté les caractéristiques humaines. Les eugénistes d’Hitler – dont beaucoup ont été tranquillement ramenés aux États-Unis après la guerre pour y poursuivre leurs recherches biologiques sur l’eugénisme – ont posé de nombreuses bases de la manipulation génétique des diverses formes de vie et ont été ouvertement soutenus, jusque dans le Troisième Reich, par les généreuses subventions de la Fondation Rockefeller. (2)

Cette même Fondation Rockefeller a créé la fameuse Révolution Verte lors d’un voyage au Mexique en 1946 de Nelson Rockefeller et d’Henry Wallace, ancien secrétaire de l’Agriculture durant le New Deal et fondateur de la compagnie Pioneer Hi-Bred Seed.

La Révolution Verte visait à  résoudre à  grande échelle le problème de la faim dans le monde, au Mexique, en Inde et dans d’autres pays choisis où travaillait Rockefeller. Norman Borlaug, l’agronome de la Fondation Rockefeller, a gagné le Prix Nobel de la Paix pour son travail, le genre de truc dont on ne se vante pas quand on sait que des gens comme Henry Kissinger partagent le même.

En réalité, comme il est apparu des années plus tard, la Révolution Verte était une brillante manigance de la famille Rockefeller pour développer une agroalimentaire mondialisée sur laquelle elle pourrait ensuite exercer un monopole, tout comme elle l’avait fait dans l’industrie pétrolière un demi-siècle auparavant. Comme Henry Kissinger l’avait déclaré dans les années 70 : « Si vous contrôlez le pétrole vous contrôlez le pays ; si vous contrôlez l’alimentation, vous contrôlez la population ».

L’agroalimentaire et la Révolution Verte de Rockefeller allaient de pair. àƒ”¡a faisait partie d’une grande stratégie qui incluait le financement par la Fondation Rockefeller des recherches pour développer quelques années plus tard le génie génétique des plantes et des animaux.

John H. Davis fut adjoint du ministre de l’Agriculture sous la présidence de Dwight Eisenhower au début des années 1950. Il quitta Washington en 1955 et se rendit à  Harvard Graduate School of Business, un lieu inhabituel à  cette époque pour un expert en agriculture. Il avait une stratégie claire. En 1956, Davis a écrit un article dans le Harvard Business Review, où il déclarait que « la seule façon de résoudre une fois pour toutes le fameux problème agricole en évitant la lourdeur des programmes gouvernementaux, est de faire progresser l’agriculture pour l’agroalimentaire ». Il savait précisément où il voulait en venir, même si peu de gens s’en doutaient à  l’époque : une véritable révolution dans la production agricole qui concentrerait le contrôle de la chaîne alimentaire entre les mains des multinationales, loin de la traditionnelle famille d’agriculteurs. (3)

Un aspect crucial de la conduite des intérêts de la Fondation Rockefeller et des sociétés agroalimentaires étasuniennes, était le fait que la Révolution Verte reposait sur la prolifération de nouvelles semences hybrides dans les marchés en développement. La caractéristique principale des semences hybrides est leur manque d’aptitude reproductrice. Les hybrides avaient été élaborés par protectionnisme contre la prolifération. Contrairement à  la pollinisation libre des espèces naturelles, dont la semence donne un rendement semblable à  celui de ses parents, le rendement des semences des plantes hybrides est sensiblement inférieur à  celui de la première génération.

Cette baisse de rendement propre aux hybrides impliquait que les agriculteurs devaient normalement acheter des semences chaque année pour obtenir un rendement élevé. En outre, le rendement plus bas de la deuxième génération éliminait le commerce de semences que font souvent les producteurs sans l’autorisation du semencier. Ceci empêchait la redistribution des semences de cultures commerciales par des intermédiaires. Si les grands semenciers multinationaux étaient capables de contrôler en amont la semence des lignées parentales, aucun concurrent ou agriculteur ne serait en mesure de produire d’hybride. La concentration mondiale des brevets de semences hybrides dans une poignée de gigantesques semenciers, dirigés par Pioneer Hi-Bred de DuPont et Dekalb de Monsanto, préparait le terrain à  la révolution des semences OGM. (4)

En réalité, l’introduction des techniques agricoles modernes étasuniennes, des engrais chimiques et des semences hybrides commerciales ont rendu tous les agriculteurs des pays en développement – et en particulier les plus grands et les plus solides – dépendants de l’étranger, surtout des produits de base de l’agroalimentaire et de la pétrochimie étasuniennes. C’était la première étape de ce qui devait être un processus soigneusement planifié sur plusieurs décennies.

Grâce à  la Révolution Verte, l’agroalimentaire a fait de grandes percées dans des marchés dont l’accès était auparavant limité aux exportateurs étasuniens. La tendance a par la suite été baptisée « agriculture orientée vers le marché ». C’était en réalité le contrôle de l’agriculture par l’agroalimentaire.

À travers la Révolution Verte, la Fondation Rockefeller et plus tard la Fondation Ford ont travaillé main dans la main, façonnant et soutenant les objectifs de la politique étrangère de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID) et de la CIA.

L’un des principaux effets de la Révolution Verte fut de dépeupler les campagnes et de forcer les paysans à  fuir vers les bidonvilles des bas-quartiers de banlieue, désespérément à  la recherche d’un travail. Ce n’était pas le fruit du hasard, cela faisait partie du plan visant à  créer des bassins de main-d’œuvre bon marché pour les prochaines industries multinationales étasuniennes, la « mondialisation » de ces dernières années.

Quand l’autopromotion autour de la Révolution Verte se calma, les résultats étaient assez différents de ce qui avait été promis. Des problèmes surgirent de l’usage sans discernement des nouveaux pesticides chimiques, avec souvent de graves conséquences pour la santé. Avec le temps, la monoculture de nouvelles variétés de semences hybrides provoqua une baisse de la fertilité du sol et du rendement. Les premiers résultats étaient impressionnants : rendement doublé, voire triplé, de certaines cultures comme le blé et, plus tard, le maïs au Mexique. Des rendements qui ont rapidement fondu.

La Révolution Verte était généralement accompagnée de grands projets d’irrigation, avec souvent des prêts de la Banque Mondiale pour la construction d’énormes barrages et, dans le processus, l’inondation de régions auparavant habitées et fertiles. Ainsi, le rendement supérieur du super blé s’obtenait en saturant le sol avec d’énormes quantités d’engrais, constitués de nitrates et de pétrole, des matières premières que contrôlaient les sept grandes compagnies pétrolières sœurs dominées par les Rockefeller.

De plus, d’énormes quantités d’herbicides et de pesticides étaient utilisées, créant de nouveaux marchés pour les géants de l’industrie pétrolière et chimique. Comme l’a dit un analyste, la Révolution Verte n’a été en réalité qu’une révolution chimique. À aucun moment, les pays en voie de développement ne pourraient payer les énormes quantités d’engrais et de pesticides chimiques. Ils obtiendraient des crédits gracieux de la Banque Mondiale et des prêts spéciaux de la Chase Bank et d’autres grandes banques de New York, soutenus par des garanties du gouvernement étasunien.

Mis en application dans un grand nombre de pays en développement, ces prêts furent accordés à  la plupart des grands propriétaires terriens. Pour les petits paysans, la situation se présentait différemment. Ces derniers ne pouvaient pas payer les produits chimiques et les autres besoins modernes et durent emprunter de l’argent.

Initialement, divers programmes gouvernementaux tentèrent de fournir des prêts aux agriculteurs afin qu’ils puissent acheter des semences et des engrais. Ceux qui n’avaient pu participer à  ce genre de programme durent emprunter dans le secteur privé. À cause du taux d’intérêt exorbitant des prêts, de nombreux petits paysans ne purent même pas tirer bénéfice des premiers rendements, plus élevés. Après la récolte, ils durent vendre la majorité sinon la totalité de leur production pour rembourser les prêts et les intérêts. Dépendants des prêteurs sur gages et des négociants, ils furent nombreux à  perdre leurs terres. Même avec des prêts à  taux préférentiel consentis par des organismes publics, de plus en plus de cultures vivrières cédèrent la place à  la production de cultures de rente. (5)

Depuis des décennies, les mêmes intérêts, notamment ceux de la Fondation Rockefeller qui a soutenu la Révolution Verte, travaillent à  promouvoir la nouvelle « révolution génétique, » comme l’a appelée il y a quelques années Gordon Conway, le président de la Fondation Rockefeller, c’est-à -dire la dissémination de produits de l’agriculture industrielle et commerciale, notamment de semences OGM brevetées.

GATES, ROCKEFELLER ET LA RÉVOLUTION VERTE EN AFRIQUE

Tout en gardant à  l’esprit l’expérience de la Révolution Verte de la Fondation Rockefeller dans les années 50, il semble particulièrement curieux que les fondation Rockefeller et Gates, qui investissent à  présent des millions de dollars dans la préservation de toutes les semences contre un éventuel scénario « apocalyptique », investissent aussi des millions dans un projet nommé Alliance pour la Révolution Verte en Afrique (AGRA).

L’AGRA, comme elle s’est elle-même appelée, est une alliance avec cette même Fondation Rockefeller qui a créé la « révolution génétique ». Un coup d’œil sur le conseil d’administration de l’AGRA le confirme.

Son président n’est autre que Kofi Annan, l’ancien Secrétaire général des Nations Unies. En juin 2007, dans son discours d’admission lors d’une réunion du Forum Économique Mondial au Cap, en Afrique du Sud, Kofi Annan a déclaré : « J’accepte ce challenge avec gratitude pour la Fondation Rockefeller, pour la Fondation Bill & Melinda Gates, et pour tous ceux qui soutiennent notre campagne africaine ».

Le conseil de l’AGRA comporte par ailleurs un Sud-Africain, Strive Masiyiwa, mandataire de la Fondation Rockefeller ; Sylvia M. Mathews de la Fondation Bill & Melinda Gates ; Mamphela Ramphele, ancien directeur général de la Banque Mondiale (2000-2006) ; Rajiv J. Shah de la Fondation Gates ; Nadya K. Shmavonian de la Fondation Rockefeller ; Roy Steiner de la Fondation Gates. De plus, l’AGRA emploie également Gary Toenniessen, le directeur général de la Fondation Rockefeller et Akinwumi Adesina, directeur associé de la Fondation Rockefeller.

Pour allonger encore la liste, les Programmes pour l’AGRA emploient Peter Matlon, directeur général de la Fondation Rockefeller ; Joseph De Vries, directeur du Programme pour les systèmes semenciers de l’Afrique et directeur associé de la Fondation Rockefeller ; Akinwumi Adesina, directeur associé de la Fondation Rockefeller. Comme l’ancienne Révolution Verte ratée en Inde et au Mexique, la nouvelle Révolution Verte en Afrique est manifestement une priorité de la Fondation Rockefeller.

Bien qu’à  ce jour ils gardent profil bas, Monsanto et les principaux géants de l’agroalimentaire OGM sont soupçonnés d’être au cœur du problème en se servant de l’AGRA de Kofi Annan pour disséminer leurs semences OGM brevetées dans toute l’Afrique sous l’étiquette trompeuse de « biotechnologie, » le nouvel euphémisme pour semences génétiquement modifiées brevetées. À ce jour, l’Afrique du Sud est le seul pays africain qui autorise légalement la plantation de cultures OGM. En 2003 le Burkina Faso a autorisé des essais d’OGM. En 2005, le Ghana de Kofi Annan a rédigé des lois sur la sécurité biologique et les principaux responsables ont exprimé leur intention de poursuivre la recherche sur les cultures OGM.

L’Afrique est la prochaine cible de la campagne de dissémination mondiale des OGM du gouvernement étasunien. Ses sols riches en font un candidat idéal. Évidemment, de nombreux gouvernements africains soupçonnent le pire de la part des sponsors des OGM, car une multitude de projets de génie génétique et de biosécurité ont été entamés en Afrique, dans le but d’introduire des OGM dans ses systèmes agricoles. Il s’agit notamment de parrainages offerts par le gouvernement étasunien pour former aux États-Unis les scientifiques en génie génétique africains, de projets de biosécurité financés par l’USAID et par la Banque Mondiale ; la recherche sur les OGM impliquant les cultures vivrières indigènes africaines.

La Fondation Rockefeller a travaillé pendant des années, en grande partie sans succès, à  promouvoir des projets pour introduire des OGM dans les champs d’Afrique. Elle a financé la recherche qui soutient l’applicabilité du coton OGM dans le Makhathini Flats, en Afrique du Sud.

Monsanto, qui a établi une solide tête de pont dans l’industrie des semences OGM et des hybrides en Afrique du Sud, a conçu un ingénieux programme pour petits exploitants, « Semences et Espoir, » qui introduit un package de révolution verte à  petite échelle chez les agriculteurs pauvres, suivi, bien entendu, par les semences OGM brevetées de Monsanto. (6)

La société suisse Syngenta AG, l’un des « Quatre Cavaliers de l’Apocalypse OGM », investit des millions de dollars dans un centre de culture à  Nairobi, pour développer du maïs OGM résistant aux insectes. Syngenta fait également partie du CGIAR. (7)

CONTINUER À SVALBARD

Alors, est-ce tout simplement un excès de sentimentalité philosophique ? Qu’est-ce qui pousse les fondations Gates et Rockefeller à  financer la prolifération de semences brevetées, bientôt Terminator, à  travers toute l’Afrique ? Ce processus a détruit la diversité des semences végétales partout où la monoculture agroalimentaire industrialisée a été introduite. Dans le même temps, ils investissent des dizaines de millions de dollars pour préserver toutes les variétés de semences connues dans une chambre forte à  l’épreuve de l’Apocalypse, à  proximité du cercle Arctique, « afin que la diversité végétale puisse être préservée pour l’avenir, » pour reprendre leur communiqué de presse officiel.

Il n’est pas fortuit que les fondations Rockefeller et Gates s’associent pour préconiser une révolution OGM de style Révolution Verte en Afrique, tout en finançant tranquillement l’« arche de Noé végétale » à  Svalbard. Les géants de l’agroalimentaire OGM sont impliqués dans le projet de Svalbard jusqu’au cou.

À vrai dire, l’entreprise de Svalbard toute entière, ainsi que les gens impliqués évoquent des images de catastrophe pires que celles du best-seller de Michael Crichton, La variété Andromède. Dans ce thriller de science-fiction, une maladie mortelle d’origine extraterrestre provoque la coagulation rapide et fatale du sang, menaçant l’espèce humaine toute entière. À Svalbard, le futur entrepôt à  semences le plus sùr du monde sera gardé par les policiers de la Révolution Verte OGM, les fondations Rockefeller et Gates, Syngenta, DuPont et CGIAR.

Le projet du Svalbard sera géré par un organisme appelé Trust Mondial pour la Diversité Végétale (GCDT). Qui sont-ils pour détenir une responsabilité aussi considérable sur la diversité des semences de la planète entière ? Le GCDT a été fondé par la FAO et par Bioversity International (anciennement International Plant Genetic Research Institute), une ramification du CGIAR.

Le GCDT est basé à  Rome. Son conseil est présidé par Margaret Catley-Carlson, une Canadienne également présente au comité consultatif du groupe Suez Lyonnaise des Eaux, l’une des plus grandes sociétés privées de l’eau. Jusqu’en 1998, Catley-Carlson était aussi présidente du Comité sur la Population établi à  New York, l’organisation de réduction des populations de John D. Rockefeller, créé en 1952 pour accélérer le programme d’eugénisme de la famille Rockefeller, sous couvert de promouvoir le planning familial, le système de contrôle des naissances, la stérilisation et le « contrôle de la population » des pays en voie de développement.

Les autres membres du conseil de GCDT comptent l’ancien cadre de Bank of America, actuellement chef de Hollywood DreamWorks Animation, Lewis Coleman. Coleman est aussi administrateur de Northrup Grumman Corporation, l’un des plus grands entrepreneurs de l’industrie militaire du Pentagone.

Le Brésilien Jorio Dauster est aussi président du conseil d’administration de Brasil Ecodiesel. C’est un ancien ambassadeur du Brésil auprès de l’Union Européenne, et le négociateur en chef de la dette extérieure du Brésil pour le ministère des Finances. Dauster a aussi rempli les fonctions de président de l’Institut du Café Brésilien et de coordonnateur du Projet de modernisation du système des brevets du Brésil, qui consiste à  légaliser les brevets sur les semences génétiquement modifiées, une chose jusque-là  interdite par les lois du Brésil.

Cary Fowler est directeur exécutif de GCDT. Il a été professeur et directeur de recherche au département pour l’Environnement International et pour les Études de Développement de l’Université des Sciences de la vie de Norvège. Fowler a aussi été principal conseiller du directeur général de Bioversity International. Il y représentait les centres des moissons du futur du CGIAR, dans les négociations pour le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques. Dans les années 90, il dirigeait le Programme International sur les Ressources Phytogénétiques de la FAO. Il a ébauché et supervisé les négociations du Plan d’Action Mondial pour les Ressources Phytogénétiques de la FAO adopté par 150 pays en 1996. Il est ancien membre du Comité National sur les Ressources Génétiques des Plantes des États-Unis et du conseil d’administration du Centre International d’Amélioration du Maïs et du Blé (CIMMYT) du Mexique, un autre projet de la Fondation Rockefeller et du CGIAR.

Le Dr Mangala Rai de l’Inde, membre du conseil d’administration du GCDT, est secrétaire du Département de la Recherche Agricole et de l’Éducation (DARE) de l’Inde, et directeur général du Conseil Indien pour la Recherche Agricole (ICAR). Il est aussi membre du conseil d’administration de l’IRRI de la Fondation Rockefeller, qui a fait la promotion du « Golden Rice » (riz doré), la première expérience majeure sur les OGM menée avec beaucoup de battage médiatique et qui s’est avérée être un fiasco. Rai a siégé comme membre du conseil d’administration du CIMMYT et comme membre du conseil exécutif du CGIAR.

Le Trust des Donateurs pour la Diversité des Semences Mondiales ou les bailleurs financiers comportent aussi « tous les suspects habituels », comme le dit Humphrey Bogart dans le grand classique Casablanca. En plus des fondations Rockefeller et Gates, les donateurs comptent les géants des OGM, DuPont-Pioneer Hi-Bred, Syngenta de Bâle en Suisse, CGIAR et l’énergique promotrice des OGM, l’USAID. Effectivement, il semble que les renards des OGM et de la réduction des populations gardent le poulailler de l’humanité et de la diversité des semences mondiales dans le magasin de Svalbard. (8)

POURQUOI SVALBARD MAINTENANT ?

On peut légitimement se demander pourquoi Bill Gates, la Fondation Rockefeller les principaux géants du génie génétique agroalimentaire comme DuPont et Syngenta avec le CGIAR, construisent une arche de Noé végétale en Arctique.

Tout d’abord, qui utilise ce genre de chambre forte à  semences ? Les sélectionneurs et les chercheurs sont les principaux utilisateurs de ces coffres. Aujourd’hui, les plus importants reproducteurs sont Monsanto, DuPont, Syngenta et Dow Chemical, les géants mondiaux des plantes OGM brevetées. Depuis début 2007, Monsanto détient, avec le gouvernement des États-Unis, les droits mondiaux des brevets pour les plantes dites « Terminator » ou Technologie de Restriction d’Utilisation des OGM. Terminator est une technologie de mauvais augure, qui fait qu’une semence commerciale brevetée se « suicide » après récolte. Le contrôle des semenciers privés est total. Un pareil contrôle et une telle mainmise sur la chaîne alimentaire n’ont jamais existé auparavant dans l’histoire de l’humanité.

Cette ingénieuse caractéristique Terminator force les agriculteurs à  retourner chaque année chez Monsanto ou d’autres semenciers OGM pour obtenir de nouvelles semences de riz, de soja, de maïs, de blé ou de toute autre culture dont ils ont besoin pour nourrir la population. Si c’était largement adopté dans le monde, on pourrait peut-être en une dizaine d’années faire de la majorité des producteurs de nourriture du monde de nouveaux serfs féodaux, asservis à  trois ou quatre géants semenciers comme Monsanto, DuPont ou Dow Chemical.

Bien entendu, cela permettrait à  ceux qui possèdent ces sociétés privées, peut-être aux ordres de Washington, de refuser des semences à  certains pays en voie de développement, ceux dont la politique irait à  l’encontre des intérêts du gouvernement étasunien. Ceux qui disent « ça ne pourrait pas arriver dans ce cas » devraient s’intéresser de plus près aux événements mondiaux actuels. La simple existence de cette concentration de pouvoir chez trois ou quatre géants privés de l’agroalimentaire étasunien est en elle-même une raison juridique suffisante pour interdire toute culture OGM – même si le gain de moisson était réel, ce qui n’est manifestement pas le cas.

Ces compagnies privées, Monsanto, DuPont, Dow Chemical, n’ont guère d’antécédent sans tache en termes de gestion de la vie humaine. Elles ont développé et multiplié des innovations du style dioxine, PCB, Agent Orange. Elles cachent depuis des décennies les preuves manifestes des risques de cancers et d’autres graves conséquences pour la santé humaine, liées à  l’usage de produits chimiques toxiques. Elles ont enterré des rapports scientifiques sérieux sur le glyphosate. Cette substance, très répandue dans des herbicides utilisés partout dans le monde, est toxique quand elle s’infiltre dans l’eau potable (9). Elle est l’un des ingrédients de base du Roundup de Monsanto, un herbicide lié à  l’achat de la plupart des semences génétiquement modifiées de cette société. Le Danemark a interdit le glyphosate en 2003, quand il fut confirmé qu’il contaminait les nappes phréatiques du pays. (10)

La diversité des semences stockées dans les chambres fortes à  gènes est la matière première pour la reproduction des plantes et pour de nombreuses recherches biologiques fondamentales. Plusieurs centaines de milliers d’échantillons sont distribués chaque année à  de telles fins. La FAO répertorie quelque 1400 chambres fortes à  semences dans le monde, les plus importantes étant gardées par le gouvernement des États-Unis. D’autres grandes chambres fortes sont détenues par la Chine, la Russie, le Japon, l’Inde, la Corée du Sud, l’Allemagne et le Canada, par ordre de taille décroissante. Par ailleurs, le CGIAR exploite une chaîne de chambres fortes pour semences dans des centres choisis aux quatre coins du monde.

Le CGIAR, créé en 1972 par les fondations Rockefeller et Ford pour propager leur modèle de Révolution Verte agroalimentaire, contrôle la plupart des chambres fortes à  semences privées, depuis les Philippines à  la Syrie en passant par le Kenya. Toutes ces chambres fortes à  semences actuelles contiennent plus de six millions et demi de variétés de semences, près de deux millions d’entre elles sont « distinctes ». L’arche de Noé de Svalbard aura la capacité d’abriter quatre millions et demi de graines différentes.

LES OGM COMME ARME DE GUERRE BIOLOGIQUE ?

Nous arrivons maintenant au cœur du problème, à  savoir la dangerosité et l’utilisation potentiellement abusive du projet de Bill Gates et de la Fondation Rockefeller à  Svalbard. Le développement de semences brevetées pour la plupart des grandes cultures vivrières, comme le riz, le maïs, le blé et pour les céréales fourragères comme le soja, pourrait-il être utilisé dans une horrible forme de guerre biologique ?

Le but explicite du lobby des eugénistes – financé depuis les années 20 par de riches familles élitistes, comme Rockefeller, Carnegie, Harriman et autres – était de mettre en pratique ce qu’ils appelaient l’« eugénisme négatif », l’extermination systématique des lignées indésirables. En 1939, Margaret Sanger, eugéniste alerte, fondatrice de Planification Internationale de la Maternité et intime de la famille Rockefeller, menait à  Harlem une opération nommée « The Negro Project ». Comme elle le confiait à  un ami dans une lettre, « nous voulons exterminer les populations noires ». (11)

En 2001, Epicyte, une petite entreprise de biotechnologie de Californie, annonçait la mise au point d’un maïs génétiquement modifié contenant un spermicide capable de rendre stériles les hommes qui en mangeaient. Epicyte avait à  cette époque un accord de coentreprise pour diffuser sa technologie avec DuPont et Syngenta, deux des sponsors de l’arche de Noé végétale à  Svalbard. Depuis, Epicyte a été rachetée par une société de biotechnologie de Caroline du Nord. Il était étonnant d’apprendre qu’Epicyte avait développé son maïs OGM spermicide avec des fonds de recherche du ministère de l’Agriculture étasunien, ce même ministère qui, en dépit de l’opposition du monde entier, a continué à  financer le développement de la technologie Terminator, actuellement détenue par Monsanto.

Dans les années 90, l’OMS lançait, pour des millions de femmes entre 15 et 45 ans du Nicaragua, du Mexique et des Philippines, une soi-disant campagne de vaccination contre le tétanos, une maladie que l’on peut contracter en marchant par exemple sur un clou rouillé. Les hommes et les garçons n’étaient pas vaccinés, bien qu’ils soient vraisemblablement tout aussi susceptibles que les femmes de marcher sur des clous rouillés.

À cause de cette curieuse anomalie, le Comité Pro Vida de México, une organisation laïque catholique romaine, devint méfiant et fit tester un échantillon du vaccin. Les tests révélèrent que le vaccin antitétanique en train d’être distribué par l’OMS aux femmes en âge de concevoir, contenait de la gonadotrophine chorionique ou hCG, une hormone naturelle qui, combinée à  une anatoxine tétanique, provoquait l’activation d’anticorps qui rendaient la femme incapable de maintenir sa grossesse. Il a été dit qu’aucune femme ne fut vaccinée.

Plus tard, il apparut que la Fondation Rockefeller avec le Comité sur la Population de Rockefeller, la Banque Mondiale (qui abrite le CGIAR), et l’Institut National de la Santé des États-Unis, étaient impliqués dans un projet long de 20 ans, lancé en 1972, afin de mettre au point un agent abortif dissimulé dans un vaccin contre le tétanos pour l’OMS. Par ailleurs, le gouvernement de Norvège, l’hôte de l’arche de Noé végétale de Svalbard, a fait un don de 41 millions de dollars pour développer un vaccin antitétanique spécial, ayant la capacité de provoquer l’avortement. (12)

Est-ce une coïncidence si ces mêmes organisations, de la Norvège jusqu’à  la Fondation Rockefeller en passant par la Banque Mondiale, sont également engagées dans le projet de chambre forte pour semences à  Svalbard ? Selon le professeur Francis Boyle, auteur de la loi sur l’antiterrorisme et les armes biologiques promulguée par le Congrès étasunien en 1989, le Pentagone est « désormais préparé à  disputer et à  gagner la guerre biologique » dans le cadre de deux directives de stratégie nationale de Bush adoptées en 2002, « sans que le public le sache ». Boyle ajoute que, de 2001 à  2004, le gouvernement fédéral étasunien a dépensé 14,5 milliards de dollars – une somme faramineuse – pour des travaux uniquement liés au bioterrorisme civil.

Richard Ebright, biologiste à  l’Université Rutgers, estime que plus de 300 institutions scientifiques et quelques 12.000 personnes aux États-Unis ont aujourd’hui accès à  des agents pathogènes convenant à  la guerre biologique. L’Institut National de la Santé du gouvernement étasunien est doté de 497 subventions uniquement pour la recherche sur les maladies infectieuses à  potentiel de guerre biologique. Bien entendu, la justification est la défense contre une éventuelle attaque terroriste, une excuse couramment employée aujourd’hui.

Le gouvernement étasunien dépense de nombreux dollars dans le génie génétique lié à  la guerre biologique. Selon Jonathan King, professeur en biologie au MIT, « les programmes de bioterrorisme en pleine expansion représentent la naissance d’un important danger pour notre propre population ». King ajoute : « bien que ce genre de programme soit toujours qualifié de défensif, avec les armes biologiques les programmes défensifs et offensifs se recouvrent presque complètement ». (13)

L’avenir nous dira, à  Dieu ne plaise, si l’arche de Noé végétale de Bill Gates et de la Fondation Rockefeller au Svalbard fait partie d’une autre Solution Finale, celle entraînant l’extinction définitive de la Grande Planète Terre.

Projet de loi OGM: vote solennel le 8 avril

Jeudi 3 avril 2008

Projet de loi OGM: vote solennel le 8 avril

© AFP – Mercredi 2 avril

PARIS (AFP) – Le vote solennel du projet de loi sur les OGM interviendra mardi 8 avril, a-t-on appris mercredi de source parlementaire.

Par ailleurs, le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo a annoncé mercredi sur France Inter que le gouvernement se préparait à  déposer un amendement sur le texte de loi sur les OGM concernant l’organisation du Haut Conseil sur les biotechnologies.

Lors du passage du projet de loi devant le Sénat, celui-ci avait apporté « des modifications »: la Haute Autorité est notamment devenue un Haut Conseil sur les biotechnologies, mais « le changement de dénomination ne change pas la fonction », a estimé M. Borloo.

En revanche, le Sénat a modifié l’organisation de ce futur organisme, un point sur lequel le gouvernement souhaiterait revenir avec le dépôt d’un amendement.

Pour la composition de la Haute Autorité, le texte du gouvernement prévoyait « deux collèges qui devaient travailler ensemble : un de scientifiques et un dit de la société civile », a rappelé M. Borloo.

« Le Sénat a séparé un peu ce Haut Conseil dans ces deux collèges distincts. Or nous, nous souhaitons qu’il y ait une +plénière+ de ces deux collèges ». Aussi, a-t-il dit, « nous redéposons un amendement devant l’Assemblée nationale, et j’ai cru comprendre que la Commission des Affaires économiques n’y était pas hostile ».

Lors de son passage à  l’Assemblée nationale, « je pense que le texte va être amélioré, notamment sur le fonctionnement de cette Haute autorité », ou Haut Conseil des biotechnologies, a estimé le ministre.

Les députés ont commencé mardi l’examen du projet de loi dans un climat de suspicion, se lançant mutuellement des accusations jugées « inacceptables » par le président de l’Assemblée Bernard Accoyer.

Pour les Verts, Noël Mamère a salué « l’action déterminée et courageuse des faucheurs volontaires » d’OGM, qui ont été traités de « voyous » par Christian Jacob (UMP), ex-ministre et ex-syndicaliste agricole.

Les débats doivent se poursuivre mercredi dans l’après-midi après la séance de questions au gouvernement à  15h00.