Archive pour la catégorie ‘La Bourse & L’Economie’

Le scénario d’une croissance molle se précise

Dimanche 29 août 2010

Le scénario d’une croissance molle se précise

© Le Monde

ENTRETIEN

Le ralentissement de la croissance de l’économie américaine se confirme. Le département du commerce à Washington a révisé, vendredi 27 août, le produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre à 1,6 % en rythme annuel contre 2,4 % en première estimation. Le redressement de l’économie américaine est « loin d’être achevé », a estimé le président de la Réserve fédérale (Fed) Ben Bernanke lors d’un discours à Jackson Hole (Wyoming), ajoutant que la Fed était « prête » à prendre des mesures supplémentaires pour la soutenir.

Michel Aglietta, professeur d’économie à l’université Paris-Nanterre, analyse l’ampleur de la détérioration de l’économie américaine, les risques que ce ralentissement fait planer sur le reste du monde.

Washington vient d’annoncer une révision significative du PIB américain pour le deuxième trimestre. Que doit-on en penser ?

Cela signifie que le ralentissement de la croissance arrive plus vite que prévu. Le rebond de l’économie en début d’année n’a été que le résultat du restockage et du plan de relance budgétaire. Aux Etats-Unis, le marché de l’immobilier ne s’est pas redressé, les prix baissent, les saisies de maisons se poursuivent. Il faudra deux ou trois ans pour que les effets délétères des subprimes, ces emprunts hypothécaires dont les défauts s’échelonnent, s’estompent.

Nous avons traversé une crise d’une telle ampleur, en sortir prend nécessairement du temps. Ce fut un tremblement de terre, et comme dans tout tremblement de terre, il y a des répliques.

Faut-il craindre comme l’évoquent certains économistes un « double dip », une nouvelle récession ?

On peut le craindre. Mais le scénario d’une croissance molle, inférieure à 2 %, est le plus probable. Autrement dit celui d’une reprise très faible qui maintiendrait le chômage autour de 10 %. Pour les Etats-Unis, où le modèle économique est celui du plein-emploi, cela soulève une interrogation : pourront-ils le supporter ? Les allocations chômages ne sont pas adaptées à un tel phénomène.

Et si l’on ignore sa probabilité, le risque d’un double dip n’est pas à écarter. La Fed a des marges de manoeuvre étroites pour soutenir l’économie. Ses taux d’intérêt directeurs sont déjà à 0 %, le système financier reste fragile. On est dans le piège japonais.

Le premier risque viendrait d’une croissance trop faible avec une consommation flageolante qui supposerait de relancer l’économie par le commerce extérieur. Et donc de faire baisser le dollar pour faciliter les exportations. Mais une chute brutale du billet vert pourrait provoquer une panique financière qui ferait plonger le pays dans la récession.

L’autre danger serait que le gouvernement mette en place un nouveau plan de relance. Or, son déficit est déjà autour de 10 % du PIB. Un nouveau stimulus budgétaire pourrait effrayer les détenteurs de dettes américaines qui sont en majeure partie des non-résidents. Ils pourraient alors exiger une rémunération plus élevée, ce qui ferait remonter les taux d’intérêt. Cela tuerait la croissance avec, en outre, un effet boule de neige sur la dette publique.

Ce constat signe-t-il l’échec des politiques de sortie de crise menées par le gouvernement et la Réserve fédérale ? Les gouvernements ont sans doute trop tardé à agir en ne prenant la mesure du problème qu’en septembre 2008 (au moment de la faillite de la banque d’affaire américaine Lehman Brothers). Mais la Fed comme les autres banques centrales a fait ce qu’il faillait faire.

Si les mesures adoptées (baisse des taux d’intérêts, injection de liquidités) n’avaient pas été prises, le pays serait entré dans une véritable dépression comme dans les années 1930. Quelles solutions peuvent encore être apportées ?

La Fed ne peut plus agir sur les taux pour stimuler la croissance. Elle part donc avec un gros handicap. Mais elle dispose encore de moyens. Elle peut utiliser des outils non conventionnels, racheter des dettes souveraines américaines, faire marcher la planche à billets, pour maintenir les taux d’intérêt à long terme à des niveaux suffisamment bas. C’est la mesure nécessaire pour éviter qu’une croissance trop faible ne se traduise par une baisse des prix et des salaires, un scénario déflationniste, qui ferait monter les taux d’intérêt réels même si les taux nominaux restent faibles. La Fed peut l’éviter, mais cela a un coût.

Quels risques le ralentissement américain fait-il planer sur l’Europe ?

Ce que l’on observe aux Etats-Unis se manifestera d’ici à six mois en Europe. Toutes choses égales par ailleurs, on peut s’attendre à une croissance au deuxième semestre en zone euro inférieure à 2 % et de l’ordre de 1,5 % en 2011. Il n’y a que les gouvernements qui pensent encore autre chose.

Surtout si le ralentissement est trop prononcé, on peut redouter une nouvelle crise de dettes souveraines. Les pays qui ont prévu des remèdes de cheval pour résorber leurs déficits ne pourront pas les tenir. Cela inquiétera le marché. Les dettes grecques et espagnoles pourraient alors être attaquées de nouveau.

Pourtant certains pays en Europe comme l’Allemagne s’en sortent bien… L’Allemagne connaît une croissance forte aujourd’hui mais il ne faut pas oublier qu’elle a traversé une récession parmi les plus violentes en 2009 du fait de sa dépendance au commerce extérieur. Elle tire partie de ses exportations vers la Chine et vers les autres pays émergents. In fine l’Allemagne ralentira sans doute moins que les autres pays de la zone euro mais elle ne sera pas épargnée.

Ce ralentissement peut-il et doit-il inciter les Etats à retarder la mise en oeuvre de politiques de rigueur ?

La plupart des Etats en Europe ont pour objectif de résorber une grosse partie de leurs déficits en 2013. Ce n’est pas le bon horizon. Pour résoudre un problème d’endettement de cette ampleur, il faut au moins huit à dix ans. A la fin de la seconde guerre mondiale l’endettement des Etats-unis dépassait 100 % du PIB, celui du Royaume-Uni atteignait 250 %. Il a fallu attendre le milieu des années 1950 pour que les dettes reviennent à un niveau acceptable.

Ce que les Etats peuvent faire, c’est modifier la structure des recettes : imposer une taxe carbone pour encourager l’innovation dans les énergies renouvelables, réduire les cotisations sociales. Ainsi l’on abaisse les coûts salariaux sans faire reculer les salaires. Si l’on présente un programme de réduction des déficits qui tienne la route, le marché peut accepter une échéance plus longue.

La Chine et les pays émergents peuvent-ils « sauver » la croissance mondiale ? La Chine comme le Brésil font partie de la solution. Le modèle de croissance chinois est en train de changer. Les salaires progressent, la consommation intérieure se développe. Mais la transition vers cette nouvelle forme de développement prendra du temps. D’ici là la Chine doit parvenir à éviter la surchauffe, les dérapages dans l’octroi de crédits et la bulle immobilière. Si, à moyen terme, la Chine comme le Brésil sont les vecteurs de la sortie de crise, il n’est pas impossible que ces pays traversent à court terme encore quelques trous d’air.
Propos recueillis par Claire Gatinois

« Quelques leçons tirées de la crise », de George Soros : le financier philosophe

Dimanche 27 juin 2010

« Quelques leçons tirées de la crise », de George Soros : le financier philosophe

© Le Monde

Faire tenir en une centaine de pages et quelques milliers de mots « l’oeuvre de toute une vie » est un ambitieux et périlleux exercice auquel se livre le milliardaire américano-hongrois George Soros.

Dans son essai où est retranscrite une série de conférences tenues en octobre 2009, le financier réputé pour avoir, en 1992, fait « sauter » la Banque d’Angleterre en spéculant sur l’effondrement de la livre sterling, nous livre ses réflexions… philosophiques.

A 79 ans l’homme, admiré par les plus grands spéculateurs de la planète, le confesse. Depuis toujours, il nourrit « l’espoir de devenir un grand philosophe ». Une quête, presque une obsession, qui se comprend au vu de l’histoire singulière du personnage.

Né György Schwartz en août 1930 à Budapest, d’une famille juive aisée, adolescent au moment de la seconde guerre mondiale, M. Soros cherche à comprendre « le monde étrange dans lequel il est né ». A 17 ans, jeune homme, il s’exile à Londres ou il entame ses études supérieures.

Disciple des philosophes Karl Popper et de l’économiste Friedrich Hayek, M. Soros décrypte dans un discours fait d’abstractions – souvent indigestes – les mécanismes « de boucles de rétroactions réflexives ».

Un système décrivant l’influence que les opinions ont sur les événements et inversement, celles que les événements ont sur nos opinions. Cette mécanique, nous explique M. Soros, s’applique aussi aux marchés financiers : à trop croire à une hypothèse on finit par la renforcer. Ainsi se produisent des bulles, voire des superbulles, qui finissent par exploser.

Jusqu’ici rien de très nouveau. M. Soros avait déjà fait part de cette thèse dans ses précédents ouvrages comme L’Alchimie de la finance (éd. Valor, 1998) ou La vérité sur la crise financière (Denoël, 2008). Mais ici, il tente d’aller plus loin. La démonstration se poursuit, se prolonge, ainsi pendant de longues pages qui réclament un degré de concentration si extrême que M. Soros lui-même s’y perd.

Celui que l’on surnomme « le papy de la finance » raconte qu’au moment où il tenta de pousser son raisonnement, il ne comprenait plus rien à ses propres écrits. Il dû alors, « laisser tomber la philosophie pour consacrer son énergie à gagner de l’argent ».

Pragmatique, il deviendra richissime mais n’en restera pas là. M. Soros n’a eu de cesse entre deux « coups boursiers » de tenter de décrypter ce monde changeant et complexe. Et peu importe si ses pensées n’ont jusqu’ici pas été véritablement prises au sérieux.

Spéculateur et bienfaiteur

Ce nouvel opus trouvera-t-il un meilleur écho ? Suspecté d’avoir manigancé, aux côtés d’un « gang de hedge funds », la chute de l’euro, l’homme sait que tout ce qu’il dit « pourra être retenu contre lui ».

Mais M. Soros sait surprendre. Cultivant le paradoxe, ce spéculateur averti mais aussi généreux bienfaiteur se fait ici l’un des plus fervents défenseurs de la régulation financière.

Dénonçant les méfaits des « intégristes » du marché, ces économistes, penseurs, hommes et femmes politiques, tels Ronald Reagan ou Margaret Thatcher qui ont cru à tort à l’efficience de la concurrence sans frein et aux vertus du laisser-faire, il livre ses idées sur le nouvel ordre mondial. In fine, si ce n’est de la philosophie, c’est de la politique à laquelle M. Soros s’essaie en une centaine de pages et quelques milliers de mots.

Vers une autre Europe ?

Vendredi 21 mai 2010

Vers une autre Europe ?

© Agoravox

C’est définitif, Merkel et Sarkozy ne formeront jamais le couple historique dont l’harmonie et l’entente permettraient à l’Union Européenne de franchir le cap décisif de son émancipation vis-à-vis de l’empire Américain.

Ces deux là ne s’entendent sur rien, en témoigne leurs affrontements sur le sauvetage de la Grèce ou sa sortie de l’Euroland mais aussi la lutte contre les spéculateurs accusés d’attaquer les dettes souveraines et donc les états.

Signe de leur différence, l’une agit avec détermination en annonçant le 18 mai 2010 une décision importante tandis que l’autre gesticule mais soutient plus ou moins discrètement les spéculateurs.

Comment appeler autrement ces deux décisions et ne pas se poser la question sur la volonté réelle du Président de la République – Chef du gouvernement, à agir contre les grandes banques prédatrices.

1) Les 5 et 19 janvier 2010, deux décrets ont été pris par Borloo, ministre de l’écologie mais aussi de l’énergie. Ces décrets autorisent des grandes banques américaines à exercer l’activité de fourniture de gaz pour les fournisseurs et entreprises mais pas pour les particuliers. En clair, l’achat et la vente d’importants volumes par les gazoducs sans contraintes d’investir dans des réseaux de distribution secondaires. Ces décrets instaurent de fait, une concurrence déloyale envers GDF qui est soumis à des missions de service public.

Ces grandes banques, JP MORGAN et GOLDMAN SACHS, sont bien connues pour leurs responsabilités dans la création et l’explosion de bulles financières et dans le déclenchement de la crise financière. Leur sens particulier de l’éthique ont amené le gouvernement américain à leur demander des comptes. Des enquêtes sont en cours.

Le ministre Borloo n’a pas pris la peine d’expliquer les raisons de ces curieux décrets, à moins que la presse française, peu curieuse et avare de commentaires, n’ait pas jugé utile de rapporter des informations qui « n’intéresseraient pas ses lecteurs ».

2) La ministre Lagarde, a averti que la France ne suivrait pas la chancelière Merkel sur sa décision du 18 mai 2010 d’interdire les ventes à découvert à nu, c’est-à-dire la vente de titres que l’on ne possède pas.

Cet artifice financier est l’un des moyens employés par certains spéculateurs pour manipuler les cours. Prenez une grande banque ayant de gros moyens. Cette dernière vend à découvert et à nu des millions de titres d’une entreprise cible, le titre baisse à un niveau anormal attirant l’attention des possesseurs réels des actions. Paniqués, certains vendent pour suivre le marché et limiter leurs pertes. Le mouvement de baisse s’amplifie grâce aux ordinateurs qui contrôlent une grand partie des transactions. Il ne reste plus qu’à « remonter les filets » c’est-à-dire à acheter autant de titres qu’on en a vendus à découvert et à empocher la différence.

C’est ce mécanisme qui est utilisé contre les monnaies et les dettes souveraines.

Les explications de Lagarde sont un brin alambiquées et d’une mauvaise foi évidente. Dans un premier temps, la ministre annonce que la France ne suivra pas l’Allemagne. Dans un deuxième temps, elle affirme que la France avait pris elle-même des mesures similaires et que c’est donc l’Allemagne qui suit notre pays. Et enfin, dans un troisième temps, elle dénonce cette décision unilatérale « dans ses modalités, discutable, car il n’y a pas eu de concertation préalable » avec les partenaires européens.

Cette agressivité de Lagarde rappelle ses déclarations concernant les exportations jugées excessives de notre partenaire. Déclarations qui ont provoqué la colère allemande.

Pour ne rien arranger, cette information publiée par le grand quotidien espagnol « El Païs » selon laquelle Nicolas Sarkozy aurait « tordu le bras de Merkel » en exigeant lors du week-end crucial « un engagement de tous pour que chacun aide la Grèce, en fonction de ses moyens, ou la France réexaminerait sa situation dans l’euro ».

En clair, Sarkozy aurait menacé Merkel de faire exploser l’Euro. Bien que démentie par tous les intéressés mais maintenue par « El Païs », cette révélation sur le nouveau bras de fer entre Paris et Berlin ne présage rien de bon pour l’avenir. En effet, avec ce genre d’argument « nucléaire », la France ne plus être considérée comme un partenaire crédible de l’Allemagne, pays dominant de l’Union Européenne.

Il est illusoire de croire que l’Histoire s’est figée en 1945, que l’Allemagne restera éternellement dans la sphère d’influence d’un empire américain en déclin, que son intérêt vital est de se maintenir dans une Union Européenne poussive, et même qu’elle sera toujours réfractaire à une alliance plus large avec les Russes.

La dernière déclaration de Merkel du 20 mai 2010, « L’euro est en danger, et si nous ne nous prémunissons pas contre ce danger, les conséquences pour l’Europe seront incalculables et les conséquences au-delà de l’Europe seront incalculables » est-elle une réponse de la bergère au berger ? « Tu me menaces sur l’Euro. Je te menace sur l’Union Européenne. »

Une autre lecture peut être faite. Cela peut-être aussi le signe d’une réflexion sur l’avenir d’une Allemagne parvenue à se débarrasser de sa culpabilité. D’autant que la Russie poursuit la reconquête diplomatique des pays de l’ex URSS, amorce une réconciliation avec la Pologne et a besoin d’un partenaire puissant à l’Ouest. Des capitaux, et des machines contre du gaz et du pétrole.

Que restera-t-il de la puissance anglo-saxonne lorsque la dépression économique sera passée ? Un nouvel ordre mondial est en cours d’élaboration et ne pas en tenir compte est une grave erreur historique que Sarkozy ne manque pas de faire. Il faut envisager l’éventualité que l’Allemagne décide de créer à moyen terme un nouvel espace économique restreint qu’elle contrôlerait.

L’incapacité de son « conjoint français » à mettre de l’ordre dans ses comptes, son comportement menaçant, son manque de crédibilité et l’arrogance d’un exécutif inefficace peuvent l’inciter à franchir le pas et à prendre le large avec les bijoux de famille. La France n’aurait d’autre recours que d’essayer de rassembler autour d’elle les pays du Club Med. Il s’agirait bien d’une autre Europe.

Les banques supplient la BCE d’acheter de la dette

Dimanche 9 mai 2010

Les banques supplient la BCE d’acheter de la dette

© Le Monde

Jusqu’où les taux grecs peuvent-ils monter ? Et pendant combien de temps l’euro va-t-il baisser ? Les marchés sont engagés dans une course que rien ne semble pouvoir arrêter. Vendredi 7 mai, le rendement des obligations grecques a de nouveau crevé le plafond : plus de 12 % pour les emprunts d’Etat à dix ans et 18 % pour les emprunts à deux ans.

L’euro, a repris, lui, son voyage vers les profondeurs : toute la semaine, il a enchaîné les records à la baisse, passant sous le seuil de 1,26 dollar jeudi 6 mai, son point le plus bas depuis 14 mois. Un désaveu pour les dirigeants de la zone euro qui se réunissaient vendredi pour finaliser le plan d’aide à Athènes.

Ce plan, plus personne n’y croit vraiment. Fonds insuffisants, risque d’explosion sociale, menace de contagion au Portugal et à l’Espagne : la crise semble sur le point de dégénérer. Certains grands économistes commencent même à sonner le tocsin de la monnaie unique.

« L’euro en soi est-il en danger ? En un mot, oui », écrit sur son blog le Prix Nobel d’économie, Paul Krugman, qui n’exclut plus des défauts en série. Un jugement partagé peu ou prou par le très europhile Joseph Stiglitz, autre Prix Nobel : si l’Europe « ne règle pas ses problèmes institutionnels fondamentaux, l’avenir de l’euro sera peut-être très bref », s’inquiète-t-il.

Qu’en dit, le gardien de la monnaie unique ? Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, s’est contenté de messages sybillins, jeudi 6 mai, à l’issue du conseil des gouverneurs. Impuissant à enrayer la chute des marchés.

La semaine n’a pas été facile pour le patron de la BCE, qui a adopté, lundi, une mesure d’urgence inédite : l’annulation pure et simple du seuil d’éligibilité des titres grecs acceptés en échange de crédits. Pour soulager les banques, la BCE est prête à accueillir en dépôt des obligations grecques quand bien même celles-ci seraient cataloguées « pourries ».

M. Trichet avait pourtant assuré trois mois plus tôt qu’il ne prendrait jamais du mauvais papier en pension pour le bénéfice d’un seul pays. A-t-il voulu faire montre de souplesse et de pragmatisme ? Les Allemands, eux, n’ont pas du tout aimé. « Le président de la BCE a sacrifié sa crédibilité et celle de toute la banque centrale. Cette institution censée garantir la stabilité de la monnaie », accusait, dans un éditorial au vitriol, le quotidien Die Welt, mercredi.

Outre-Rhin, les défenseurs de l’orthodoxie sont près d’y voir la cause principale de la glissade de l’euro. Les critiques ont sans doute porté, M. Trichet n’ira pas plus loin. Au moins dans un premier temps. Jeudi, il a refusé tout net d’évoquer l’option d’une intervention de la BCE sur le marché pour racheter des emprunts d’Etats. Une méthode dite du « quantitative easing », consistant à faire tourner la planche à billets pour financer les déficits. C’est ce que les dirigeants de 47 grandes banques européennes l’ont suppliée vendredi de faire : être un « acheteur de dernier recours », selon le Financial Times du samedi 8 mai.

Cette politique contredit le mandat historique de la BCE : celui de la stabilité des prix. Mais la banque centrale pourra-t-elle éviter éternellement de recourir à cette arme « nucléaire » ? Pour certains analystes, cet instrument, utilisé pendant la crise par la Réserve fédérale américaine (FED) et la Banque d’Angleterre, serait seul à même de stopper l’engrenage infernal.

Tous ne pensent pas ainsi. « Si la BCE devait décider, un jour, de monétiser la dette publique>, estime Bruno Cavalier, chez Oddo Securities, on pourra ipso facto signer l’acte de décès de l’Union monétaire. »

Marie de Vergès

L’UE s’écroule comme une Tour de Babel

Vendredi 7 mai 2010

L’UE s’écroule comme la Tour de Babel

© Prison Planet, par Joseph Watson
– Traduction par le webmaster, il y a probablement beaucoup d’incohérences.

Stephen Lewis l’économiste en Chef du Monument Securities dit que le chaos en Grèce pourrait amener à l’effondrement de l’Union Européenne, emportant avec elle la supposition dangereuse que les structures de la gouvernance mondiale apportent avec elles la stabilité en des temps financiers périlleux, mais les vautours de la Banque Mondiale et du FMI attendront comme toujours pour manger les restes d’un pays mourant.

Des travailleurs grecs et des serviteurs civils ont violemment protesté l’accord gouvernemental du terme d’une caution UE-FMI, qui sacrifie leur future prospérité par concessions mutuelles dans une tentative de stabiliser la zone Euro en tant qu’un tout, un sacré acte d’accusation sur comment la gouvernance mondiale, qui a été introduite par la justification de maintenir la stabilité financière, a eu l’exact effet opposé, avec la virulence de la contagion depuis la Grèce, menaçant de se répandre au Portugal, en Espagne et en Italie.

« Il n’y a aucun doute que la caution reçoit peu de faveur de l’opinion populaire Grec » a dit Lewis. « Cela doit être évident pour les citoyens Grecs que ce terme rends de légers hommages à leur future prospérité, qui se fait sacrifier dans un espoir désolé grandissant de préserver une monnaie stable pour son utilisation par des citoyens dans d’autres états-membres. »

La crise de dette Européenne a vu la monnaie de l’Euro plonger face au dollar U.S., alors que les protestations étaient aussi un facteur contribuant au plongeon alarmant d’hier de la bourse U.S., qui a un moment a vu le Dow Jones perdre 1000 points.

La BNP Paribas prédit désormais que l’Euro rejoindra la parité face au dollar U.S. en l’espace de 12 mois, un niveau qui n’a pas été vu depuis huit ans.

« Alors que nous avions eu une des prévisions les plus baissières du marché, ces précédentes projections apparaissent désormais trop modérées étant donné le développement en cours, » stipule le rapport de la BNP.

L’économiste Lewis blâme fermement le chaos aux internationalistes qui ont entubé les nations Européennes à rendre leur souveraineté au projet Européen par l’illusion que l’architecture qu’elles échangeaient pour leur auto-détermination nationale protègerait leur pays précisément du genre de conflit qui se passe en ce moment.

« Les coupables sont les eurocrates qui refusent obstinément de reconnaitre que leur construction fantaisiste s’effondre comme une Tour de Babel, » Lewis dit à CNBC.

Lewis prévoie aussi que les conflits et la violence ne montrent aucun signe d’enrayement, aussi longtemps que les mondialistes insistes à forcer la Grèce à être esclave en implémentant le terme draconien du prêt UE-FMI qui est maintenant passé par le Parlement.

« Alors que la plupart des Grecs ont l’air de penser que les dettes du gouvernement ont premièrement été contracté en tant que résultat d’activités néfastes de l’élite dirigeante, les chances qu’ils se calment pour accomplir les termes du cautionnement semblent lointaines pour le mieux, » il dit.

Tel que nous l’avons déjà documenté par le reporter investigateur Greg Palast, ce qui se passe en Grèce ressemble à un blueprint (plan) sur comment le FMI et la Banque Mondiale pillent et volent habituellement des pays nationaux et leurs économies.

Palast exposa les documents de la Banque Mondiale expliquant comment le FMI et la Banque Mondiale alimentent délibérément les flammes de la violence et du malaise social en augmentant les prix de la nourriture, du pétrole et du coût de la vie, causant des protestations qui amènent ensuite à un effondrement virtuel de la société qui ensuite descends en piqué dans l’exploitation.

« La protestation du FMI est douloureusement prévisible, » Palast citant l’ex chef de la Banque Mondiale Joe Stiglitz. Quand une nation est « sans dessus dessous, [Le FMI] prends l’avantage et serre jusqu’à leur dernier litre de sang. Ils augmentent la chaleur jusqu’à ce que, finalement, la totalité du chaudron explose, » comme quand le FMI élimina la nourriture et les subventions de carburant pour les pauvres en Indonésie en 1998.

Palast exposa comment les protestations ont été « écrites selon le plan » par le FMI et la Banque Mondiale et que le « malaise social » était requit pour causer une panique financière, autorisant ensuite aux industries mondiales d’être capable d’acheter l’infrastructure peu coûteusement.

« Les protestations du FMI (et par protestations je veux dire les démonstrations paisibles dispersées par des balles, tanks et du gaz lacrymogène) causèrent de nouveaux vols paniqués des faillites gouvernementales et capitales, » écrivit Palast. « Cet incendie volontaire économique a ses côtés brillants – pour les industries étrangères, qui peuvent ensuite piquer les actifs restants. »

Il faut mettre fin à la dictature financière mondiale

Vendredi 7 mai 2010

Il faut mettre fin à la dictature financière mondiale

© Marc Jutier

Par Patrick Brousse de Laborde

A ce jour Fraternité Citoyenne est le seul parti politique ( club de réflexion ) qui se bat pour que la France retrouve sa souveraineté financière, qu’elle puisse elle-même fabriquer sa monnaie au lieu d’endetter le pays auprès des banque privées comme elle le fait depuis 1973 en raison de la trahison de Giscard, alors ministre des finances sous Pompidou. Il est vital, après cette faillite financière généralisée orchestrée pour instaurer le nouvel ordre mondial financier, de réfléchir de manière pertinente, de ne plus craindre de remettre en question tout ce système monétaire, afin de ne plus être le jouet de la finance internationale.

La plupart des gens sur la planète reproduisent malheureusement et systématiquement le conditionnement général qui veut faire croire que les impôts permettent une juste répartition des richesses produites. En réalité les impôts ainsi que toutes les autres taxes prélevés ne servent qu’à alimenter les banques qui récupèrent ainsi l’argent-dette qu’elles produisent alors que cela ne leur a rien coûté. C’est une escroquerie mondiale organisée, gigantesque et inouïe, tous les partis politiques « groupements privilégiés et avantagés » ferment les yeux et sont complices de cette fabuleuse et monstrueuse manipulation.

Jamais le cartel mafieux bancaire tout puissant: FMI, Banque Mondiale, Federal Reserve et autres Banques Centrales n’a autant tenu en laisse les nations, les forçant à suivre la politique la plus perverse et antisociale qui soit. Aussi il est impératif d’abolir cette finance internationale parasite en nationalisant les banques dont la seule finalité est d’endetter les nations et chaque citoyen de la planète. Les banques fabriquent systématiquement les guerres appuyées par les lobbies industriels et d’armements dans le seul but de valoriser l’argent. Ce sont les guerres qui redonnent de la valeur à l’argent et empêchent son écroulement en périodes fastes. Ces guerres jouent un double rôle qui rend la majorité des populations mondiales serviles et dépendantes du travail.

L’essentiel de la démarche est que l’Etat soit le seul à exercer le droit de création de la monnaie et du crédit sans intérêts. Ce qui induit que tout le système monétaire ne dépendra plus d’aucune compétition financière ou commerciale. L’Etat se doit de veiller à ce que chaque habitant touche de quoi vivre dignement, compensant les bas salaires en établissant l’équité. Chaque nation doit donc prendre entièrement à sa charge la fabrication de sa monnaie, une monnaie qui ne coûte rien à fabriquer et qui alimente directement les organisme qui sont chargés de l’Habitation, de la Santé gratuite pour tous, de l’Agriculture, de l’Enseignement non élitiste et gratuite pour tous, des Loisirs, des Transports gratuits pour tous, de la Recherche Scientifique et de l’Industrie, de l’Import-Export, des Energies et de la distribution de l’Eau …

Chaque humain adulte doit percevoir un minimum mensuel. Ceci sonnera le glas de toute spéculation, mettant fin à l’usure, à l’argent-dette et à l’industrie de la guerre. Les crédits doivent disparaître au profit de « dotations » remboursables partiellement ou entièrement gratuites, selon le cas, mais toutes strictement contrôlées par les organismes de tutelle et des associations.

« Le système bancaire moderne fabrique de l’argent à partir de rien. Ce processus est peut-être le tour de dextérité le plus étonnant qui fut jamais inventé. La banque fut conçue dans l’iniquité et est née dans le pêché. Les banquiers possèdent la Terre. Prenez la leur, mais laissez-leur le pouvoir de créer l’argent et, en un tour de mains, ils créeront assez d’argent pour la racheter. Ôtez-leur ce pouvoir et toutes les grandes fortunes comme la mienne disparaîtront et ce serait bénéfique car nous aurions alors un monde meilleur et plus heureux. Mais, si vous voulez continuer à être les esclaves de banques et à payer le prix de votre propre esclavage, laissez donc les banquiers continuer à créer l’argent et à contrôler les crédits. » Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d’Angleterre 1928-1941, 2ème fortune d’Angleterre.

Obama: sans réforme de la finance, les Etats-Unis sont « condamnés » à une autre crise

Jeudi 22 avril 2010

Obama: sans réforme de la finance, les Etats-Unis sont « condamnés » à une autre crise

© AP

WASHINGTON (AP) — Barack Obama devait appeler jeudi le Congrès à approuver sa réforme de la régulation financière, sans quoi les Etats-Unis seraient « condamnés » à voir se répéter la crise financière de l’automne 2008.

Le président américain devait plaider pour l’adoption au Congrès d’une réforme de la régulation financière, lors d’un discours à l’université de Cooper Union à New York, où, en tant que candidat, il avait critiqué en mars 2008 les pratiques de Wall Street.

Selon des extraits de son discours diffusés par la Maison Blanche, il devait réaffirmer la nécessité de renforcer la régulation, pour éviter une nouvelle crise.

« Je n’éprouve aucune satisfaction à voir que mes propos ont été en grande partie validés par les événements qui ont suivi », devait déclarer Barack Obama.

« Mais je répète ce que j’ai dit car il est essentiel que nous tirions les leçons de cette crise, afin de ne pas nous condamner à la répéter », devait-il ajouter. « Et que personne ne se trompe, c’est exactement ce qui se passera si nous laissons passer ce moment, ce qui est inacceptable pour moi et pour le peuple américain ».

Le projet de réforme d’Obama, le plus ambitieux aux Etats-Unis depuis les années 1930, vise à réduire le risque que des institutions financières trompent les investisseurs, comme Goldman Sachs est accusé de l’avoir fait par la SEC, le gendarme de la bourse américaine. Le texte rendrait plus transparents l’achat et la vente de produits dérivés, des instruments complexes dont la valeur est fondée sur celle d’autres investissements.

Le texte a été adopté à la Chambre des représentants en décembre. Les démocrates espèrent grâce à l’affaire Goldman Sachs rallier à leur cause des républicains au Sénat, malgré la forte opposition que génère la réforme dans les rangs de l’opposition.

Fabrice Tourre, le trader français au cœur du scandale à Wall Street

Mardi 20 avril 2010

Fabrice Tourre, le trader français au cœur du scandale à Wall Street

© Bourse Reflex

Fabrice Tourre, accusé de fraude par le gendarme de la Bourse aux Etats-Unis, pour le compte de Goldman Sachs, pourrait ne pas être le seul responsable de cette fraude, selon un ancien de la banque américaine. Ce centralien serait aujourd’hui atteint d’un certain désarroi. « Il faut que je saute, merci, au revoir », a-t-il déclaré à un journaliste de Bloomberg.

Fabrice Tourre, trader français de 31 ans, est accusé par la SEC, le gendarme de la Bourse aux Etats-Unis, de fraude pour le compte de la banque Goldman Sachs. Il aurait, sans le révéler à ses clients, laissé un gros client de Goldman Sachs, le fonds d’investissement Paulson, influencer la composition d’un produit financier comportant des valeurs immobilières, alors même qu’il savait que le fonds Paulson pariait sur une baisse du marché immobilier.

« Il est impossible que, vu son âge, vingt-sept ans à l’époque, il ait été seul en charge », indique un ancien de la banque, cité dans un article des Echos. Un comité de crédit et un autre de conformité des procédures surveillent habituellement ce genre de transaction. Certains prétendent ainsi que Fabrice Tourre serait un bouc-émissaire à la place de son supérieur Jonathan Egol, ou de cadres plus importants de Goldman Sachs.

Le jeune Français serait aujourd’hui atteint d’un certain désarroi, comme le prouvent les quelques mots qu’il a accordé au journaliste de Bloomberg qui a trouvé son numéro de téléphone : « Il faut que je saute, merci, au revoir ». « C’est un type très sympa, mais qui estime qu’il est l’être le plus doué au monde », estime un opérateur de fonds spéculatif qui a côtoyé Fabrice Tourre, cité dans un article du Monde. Ce sentiment de supériorité serait très répandu au sein de la banque américaine. De petite taille, vif, émotionnel et aimant la fête, Fabrice Tourre est obsédé par l’informatique.

Il organise des fêtes bruyantes dans son appartement près de New York University, au nord du quartier de Wall Street, qu’il loue 4.000 dollars par mois, selon le New York Post. D’autres journaux racontent qu’il se vantait d’appartenir à une famille prestigieuse, qu’il jouait au tennis avec le bras droit de Paulson, et qu’il a gagné 2 millions de dollars en 2007, entre autres grâce à cette transaction, et qu’il était apprécié au siège de Goldman Sachs pour son sens de l’humour potache.

Après avoir grandi dans la banlieue ouest de Paris, dans un quartier un brin aisé, il passe par les lycées Henri IV et Louis le Grand, et intègre l’Ecole centrale à 19 ans. Il passe une année à Stanford, puis entre à 22 ans chez Goldman Sachs, l’établissement le plus prisé de Wall Street. Il occupe un poste au département des crédits à risques (subprimes) au siège new-yorkais. Il travaille durant deux ans sur un produit financier comportant des valeurs immobilières, Abacus.

En janvier 2007, Fabrice Tourre prend contact avec le fonds américain John Paulson & Co, qui réalise de nombreux paris à la baisse du marché immobilier. Il aurait laissé ce gros client sélectionner des valeurs du portefeuille, ce que dément Goldman Sachs. Auprès d’autres clients, la banque laisse entendre que John Paulson & Co mise sur la hausse, pour mieux vendre ce produit structuré. Promu directeur exécutif, il est alors dépêché à Londres au département obligataire, le cœur de l’activité de marché de la banque. Son objectif était d’adapter Abacus au marché européen, une belle opportunité, avant qu’il ne soit accusé de fraudes…

Goldman Sachs accusée de fraude, Wall Street en chute

Samedi 17 avril 2010

Goldman Sachs accusée de fraude, Wall Street en chute

© NouvelObs

Les valeurs américains ont fini en net repli après la plainte déposée par l’autorité boursière américaine contre la banque qui aurait trompé les investisseurs.

Les valeurs américaines ont fini en net repli vendredi 16 avril, après l’accusation de fraude portée par l’autorité boursière américaine contre la banque Goldman Sachs ayant incité les investisseurs à prendre leurs bénéfices après six séances de hausse.
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L’indice Dow Jones a perdu 1,13% ou 125,91 points, à 11.018,66 points, le Standard & Poor’s 500 1,61% ou 19,54 points, à 1.192,13 points et le Nasdaq Composite 1,37% ou 34,43 points à 2.481,26 points. Sur la semaine, le Dow reste en hausse de 0,2%, de même que le Nasdaq (+1,1%) mais le S&P perd 0,2%.

Goldman Sachs a été accusée de fraude vendredi par l’autorité des marchés financiers américains, qui lui reproche d’avoir trompé les investisseurs lors de la conception et la commercialisation d’un produit financier complexe lié à des prêts immobiliers « subprime ».

L’action Goldman Sachs a dégringolé de près de 13%, à 160,70 dollars.

L’information a fait dévisser l’ensemble des financières. L’indice KBW des bancaires a fini en repli de 3,46%. Morgan Stanley a perdu 5,6% à 29,16 dollars. De même, Bank of America a chuté de 5,5% à 18,41 dollars malgré un résultat supérieur aux attentes.

Une opération qui aurait coûté plus d’un milliard de dollars

Selon la plainte du gendarme de la Bourse américaine, la Securities and Exchange Commission (SEC), le gestionnaire de « hedge funds » Paulson & Co (fonds spéculatifs) dirigé par le milliardaire John Paulson, a collaboré avec Goldman Sachs pour créer un CDO (« collateralized debt obligations »), dénommé Abacus tout en misant sur la baisse de la valeur de cet instrument. Cette opération aurait coûté plus d’un milliard de dollars (741 millions d’euros) aux investisseurs.

L’autorité des marchés financiers américains ajoute que Fabrice Tourre, vice-président de Goldman Sachs, est le principal responsable de la création d’Abacus. Elle l’accuse personnellement de fraude.

Paulson n’est en revanche pas accusé. « Goldman a fait des présentations aux investisseurs, pas Paulson », a déclaré lors d’une conférence téléphonique Robert Khuzami, responsable de l’application des règles de la SEC. La SEC a bénéficié de la coopération d’un ex-gérant de Paulson & Co, Paolo Pellegrini, a-t-on appris auprès d’une source proche du dossier.

Goldman Sachs, désireuse de défendre sa réputation, a en revanche fait savoir qu’elle contesterait avec vigueur les accusations de la SEC, qu’elle juge totalement infondées.

Cette plainte, déposée devant le tribunal fédéral de Manhattan, marque un développement spectaculaire des efforts des autorités de régulation visant à déterminer les responsabilités des personnes et des entreprises ayant joué un rôle dans la crise financière. Elle survient également au moment où les législateurs américains débattent de la réforme de la régulation financière au Congrès.

« La fraude est une accusation énorme »

« La fraude est une accusation énorme. Cela pourrait véritablement paralyser Goldman », a déclaré Rob Stein, chez Astor Asset Management à Chicago. « Cela prouve que les financières ne sont pas le compartiment où il faut être pour la prochaine étape de la reprise. »

La nouvelle concernant Goldman Sachs est venue s’ajouter à la déception suscitée par les résultats trimestriels, pourtant supérieurs aux attentes, de Google ainsi qu’à la baisse inattendue du moral des ménages.

Google a perdu 7,6% à 550,145 dollars. Le moteur de recherche sur internet a annoncé jeudi une hausse de 23%, supérieure aux attentes, de son chiffre d’affaires au premier trimestre, certains investisseurs habitués à des performances bien meilleures encore, apparaissant déçus.

Autre grande valeur, General Electric a abandonné 2,7% à 18,97 dollars. Le conglomérat a pourtant publié un bénéfice supérieur aux attentes pour le premier trimestre et a jugé possible de revoir à la hausse sa prévision d’un résultat annuel inchangé en 2010.

Autre sujet incitant aux prises de bénéfices, le moral des ménages américains a subi en avril une dégradation inattendue pouvant s’expliquer par les perspectives toujours sombres en matière de revenus et d’emploi.

Dans ce contexte, les investisseurs n’ont pas réagi aux hausses des mises en chantier et des permis de construire le mois dernier qui ont respectivement atteint leur plus haut niveau depuis novembre et octobre 2008.

Crise financière : où en est-on un an après le G20 de Londres ?

Mardi 6 avril 2010

Crise financière : où en est-on un an après le G20 de Londres ?

© NouvelObs.com

Ebranlés par une crise sans précédent, les pays du G20 tentaient, le 2 avril 2009, de mettre de l’ordre dans l’économie mondiale. Nouvelobs.com fait le point sur les décisions prises à Londres.

Un « nouvel ordre mondial » va émerger de la crise économique débutée en septembre 2008, avait lancé le 2 avril 2009 le Premier ministre britannique Gordon Brown, à l’issue du sommet du G20 à Londres. La rencontre est allée « au-delà de ce que nous pouvions imaginer », proclamait quant à lui Nicolas Sarkozy. Déprimés par des mois de mauvaises nouvelles sur le front économique, les Etats et organisations rassemblées dans la capitale britannique semblaient enfin apercevoir une lueur d’espoir.

Un an après ces déclarations pleines d’optimisme, quel bilan tirer des décisions prises lors du sommet ?

« L’économie mondiale a clairement changé », estime Philippe Waechter, directeur de recherche économique de Natixis Asset management. « Auparavant, il y avait de vraies interrogations sur la manière dont l’économie allait rebondir. A part en Grèce, les signes de progression de l’activité sont favorables. Les inquiétudes sur les marchés sont derrière nous. Au plus fort de la crise, les banques alimentaient en liquidités les marchés, qui ne fonctionnaient plus. Aujourd’hui, elles cherchent à sortir de cet environnement, ce qui est bon signe », juge-t-il.

Tour d’horizon des décisions prises lors du G20 et de leur application.

Le rôle du FMI

A Londres, les dirigeants mondiaux réunis se sont mis d’accord pour renforcer les rôles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, en leur allouant un total de 1.000 milliards de dollars. Le FMI devait voir ses moyens triplés avec 500 milliards de dollars supplémentaires. Ces fonds devaient être constitués par de « l’argent nouveau » et par des droits de tirages spéciaux (DTS) du FMI. Le Fonds devait également pouvoir vendre de l’or pour financer son aide aux pays les plus pauvres. Depuis le début de la crise, de nombreux pays ont reçu une aide du FMI : Islande, Pakistan, Ukraine, Hongrie, Antigua-et-Barbuda, Lettonie, Roumanie, Turquie. Le FMI dispose en tout d’une enveloppe de 200 milliards de dollars pour aider ces pays.

Concernant la Grèce, l’ensemble des pays de la zone euro ont entériné, en mars , un plan « préventif » d’aide. Conçu principalement par la France et l’Allemagne, ce plan sera en mis en place en dernier ressort et permettra à la Grèce –ou à tout pays de l’Eurogroupe qui se trouverait en difficulté- d’emprunter à des taux « raisonnables ». Les deux tiers des prêts seront accordés par les membres de la zone euro dans le cadre de prêts bilatéraux et le tiers restant par le FMI. Pour Philippe Waechter , « le FMI a joué un rôle important » dans les mois qui ont suivi le G20. « Il a été une force de propositions. Dans tous les débats sur l’activité des pays, il a été très présent. » « Le FMI a aidé les pays baltes, les pays d’Europe centrale et a stabilisé la situation en Grèce », explique-t-il.

La crise a donc définitivement consolidé le pouvoir de l’institution. Pour preuve, le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn a annoncé en février que l’institution allait demander à ses Etats membres de lui accorder un rôle de supervision et d’intervention mondiales élargi.

Les paradis fiscaux

« L’ère du secret bancaire est révolue » chantaient en cœur les dirigeants à la fin du sommet. Le G20 s’était conclu par la publication de la liste des paradis fiscaux par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Décision vivement appuyée par l’Allemagne et la France. Des vœux renouvelés à la veille du sommet de Pittsburg en septembre par Nicolas Sarkozy : « Il n’y a plus de paradis fiscaux et à Pittsburgh, l’un des enjeux, c’est que dès le premier trimestre de l’année prochaine, des sanctions soient appliquées sur des places, sur des pays qui ne respecteraient pas les règles en la matière ». Pour l’OCDE, chaque « territoire non coopératif » qui conclut des conventions d’échange d’informations fiscales avec douze autres Etats est blanchi même si ce sont des accords avec d’autres paradis fiscaux. Le Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales composé de 91 Etats membres et placé sous l’égide de l’OCDE, vient d’engager, le 1er mars, une vaste opération de « contrôle de conformité » des accords de coopération fiscale en vigueur. Cette première vague de contrôles concerne vingt pays. Le Forum souhaite, par ailleurs, s’assurer que dans chaque pays la loi ait bien été modifiée pour rendre les nouveaux accords de coopération applicables. Selon les chiffres de l’OCDE, en 2009, 195 accords ont été signés dont 164 conclus entre le sommet du G20 de Londres en avril et celui de Pittsburgh en septembre. Selon l’OCDE, 87% l’ont été avec des « pays sérieux ». Ce qui n’est pas le cas de Monaco par exemple qui a signé 12 accords dont 10 avec d’autres paradis fiscaux.

En France, s’appuyant sur les règles de l’OCDE, les ministres du Budget, Éric Woerth, et de l’Économie, Christine Lagarde, ont signé mi-février un arrêté fixant la liste des territoires jugés « non coopératifs » au plan fiscal. Cette liste de 18 pays est valable jusqu’au 1er janvier 2011, date à laquelle Bercy la révisera en fonction des avancées des pays concernés. Les « États ou territoires non coopératif » sont les pays non membres de l’Union européenne n’ayant pas conclu avec au moins douze États une convention d’assistance administrative permettant l’échange de renseignements fiscaux. Les entreprises qui sont implantées dans les pays de cette liste noire seront lourdement taxées. Les taux de retenue à la source sur les revenus passifs (dividendes, intérêts, redevances) seront relevés à 50 % dès lors qu’ils sont versés dans une entité présente sur le territoire non coopératif. Entré en application le 1er mars.

L’absence de sanctions à l’échelle mondiale est régulièrement critiquée. Pour l’économiste Philippe Waechter, « des blocages persistent. » « Tous les pays se disent prêts à jouer collectif, mais dès qu’un Etat est touché en particulier, il se cache derrière une neutralité. Dans 20 ans, il est probable que la question des paradis fiscaux se pose encore », déplore-t-il.

Gouvernance des marchés financiers

Les pays du G20 se sont accordés pour mettre en œuvre de nouvelles règles sur les salaires et les bonus au niveau mondial.

« Nous avons tous la responsabilité mutuelle de respecter nos engagements » : plusieurs dirigeants du G20, dont le président américain Barack Obama et Nicolas Sarkozy, ont publié le 30 mars dernier une lettre ouverte pour exhorter les gouvernements à redoubler d’efforts.

Barack Obama a annoncé le 14 janvier un projet de taxation d’une cinquantaine de grandes banques devant permettre à l’Etat de récupérer jusqu’à 117 milliards de dollars. La France a instauré de son côté une taxe sur les bonus des traders dont le gouvernement voulait affecter la majeure partie du produit au fonds de garantie des dépôts. Il sera finalement affecté au financement des PME.

Selon Philippe Waechter, « les banques ont retrouvé de la profitabilité parce que les salles de marché ont été efficaces. On se focalise sur les bonus des traders, mais une question est plus importante : celle de la régulation bancaire. Les banques ont une autonomie très forte. L’augmentation des revenus dans les banques est avant tout liée au manque de régulation. »

« Aux Etats-Unis, la situation bancaire est très critiquée. Barack Obama a souligné qu’aujourd’hui, les banques américaines sont plus grosses qu’avant, alors que les règles n’ont pas changé », met-il en avant.

Conclusion : « La crise a été gérée de telle façon qu’elle n’a pas duré trop longtemps », affirme Philippe Waechter. La perspective d’un séisme financier comparable à celui de 2008 est-elle envisageable ? « En 2008, les banques ont modifié leur perception », explique l’économiste. « Avant, elles pensaient que les gouvernements interviendraient pour sauver les établissements bancaires, quoi qu’il arrive. Avec la chute de Lehman Brothers, elles ont compris que ce n’était plus le cas. Pour qu’une crise identique à celle de 2008 arrive, il faudrait un choc similaire, qui paralyse tous les comportements. C’est peu probable », analyse-t-il. « Mais maintenant se pose la question de l’accroissement des déficits budgétaires », met-il en garde.

(Nouvelobs.com – Estelle Gross et Bérénice Rocfort-Giovanni)