Le dernier Indiana Jones : « une insulte à tous les Américains »
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Indiana Jones, qu’on l’appelle opus, remake, série ou épisode, n°4, est toujours le film qui cartonne dans les salles de la planète. En France, par exemple, le film de Spielberg a enregistré 3.234.773 entrées en 3 semaines seulement. Deux autres films américains sont en tête actuellement du box office français, Sex and The City et Las Vegas Twenty One.
Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, c’est pas le Pérou
Pourtant, sans vouloir persifler sur un public qui recherche « la distraction » à bas coùt mental, le film de Steven Spielberg, c’est vraiment pas le Pérou, ni sur le plan cinématographique, ni sur aucun autre plan.
Spielberg et George Lucas ne font pas du cinéma, ils font des recettes. Ou alors ils font du dollar en faisant du « cinéma », en amusant un public acquis. C’est leur droit. A n’importe quel prix puisque la réalisation a coùté une fortune .Donc tout est bon pour rentrer dans ces frais colossaux. Y compris les incohérences, les à -peu-près, les fausses aventures, des répliques du célèbre chapeau de l’aventurier Harrison Ford distribués à la volée lors de l’ « Indy Day » du Festival de Cannes, les approximations, les facilités, etc…
Indiana Jones vieillit, prend de l’âge, rien de plus logique, mais manifestement n’arrive pas à se renouveler, il s’essouffle et radote. La recette a des ingrédients, indigestes dans le meilleur des cas, quand ils ne restent pas franchement sur l’estomac, jusqu’à l’ulcère.
Les ulcérés, car ils existent, se sont manifestés avec plus ou moins de vigueur, d’humour ou de colère. Tous ont haussé le ton. La recherche d’un crâne de cristal (moche, dit en plus l’hebdomadaire Le Canard Enchaîné, 28 mai) renvoie à une histoire réelle mais qui n’a aucune base, selon les historiens qui y voient une supercherie (1).
Comme on est dans les années 50 (alors que les trois précédents épisodes se situaient dans les années 30) le décor de ce film à grand spectacle est aussi la Guerre froide, ce temps béni où les Américains étaient déjà les bons et les « rouges » soviétiques – en l’occurrence une maîtresse-femme incarnée par l’Australienne Cate Blanchett- sont logés dans le camp des méchants, remplaçant dans ce rôle les nazis des chapitres précédents. Dans Indiana 4, les nouveaux méchants donc courent après le représentant du camp des bons, sans le rattraper, tout en vitupérant roulant les « r ». Les poncifs ont la vie dure. Sur leur site, des communistes russes ont reproché au film –sans rire- de décrire de manière « caricaturale et misérable » les soldats et agents soviétiques « liquidés cyniquement et impitoyablement par le super-héros américain ».
Jean Paul Grousset (JPG), le critique du Canard, « Journal satirique paraissant le mercredi » ne manque pas d’écrire : « Cherchant à pimenter l’affaire, Spielberg envoie son héros dans le désert du Nevada, pile à l’endroit et à l’heure où l’armée américaine mène un essai nucléaire. Le gars se cache dans un frigo, lequel valdingue, retombe, s’ouvre : il en sort sans une égratignure et c€˜est reparti. Avec Indiana Jones, même une explosion atomique devient une distrayante péripétie. Comme dirait l’autre : vive le spectacle ». Dès les premières minutes, le spectateur est entraîné dans une intrigue plus ou moins archéologique entre l’Amérique latine et l’empire soviétique, dans une réalisation dite irréprochable. Le critique francophone Vincent Schmitz met un bémol (site 7sur7.be) : « On se surprend à regarder sa montre lors de la dernière demi-heure, alors que nos héros s’engouffrent dans une course-poursuite rocambolesque à laquelle on a du mal à croire. Il faut parfois s’accrocher pour ne pas perdre le fil du spectacle. D’autant que des extra-terrestres ou assimilés (tendance Roswell accouplé à E.T.) s’invitent dans une intrigue qu’on aurait aimé plus archéologique que fantastique ».
Spielberg et son Indiana Jones nuls en histoire-géo
Indiana Jones, c’est aussi, comme d’habitude, un mauvais inventaire à la Prévert. Catacombes, scorpions, fourmis géantes, fouet, pistolets, reliques aux pouvoirs magiques, temple inca, chutes du Niagara, cascades, singes, serpents, etc…Les fanatiques ne seront pas dépaysés. « Le circuit touristique habituel » (JPG).
Temple inca. Vous avez bien lu Inca. En effet l’archéologue I.J 4 lors de ses pérégrinations traverse un village quelque part au Pérou. Et là le film devient un cas. Au point d’ulcérer les Péruviens. Et pas n’importe lesquels, le directeur de la Bibliothèque nationale du Pérou, historien par ailleurs. Il s’appelle Hugo Neyra. Ulcéré aussi le réalisateur Antolàn Prieto, mais aussi les responsables de l’Institut public de la Promotion du Tourisme et pour finir (pour l’instant) le propre ministre des Affaires étrangères, José Garcia Belaunde. Ce qui n’empêchera pas le public péruvien, de Lima, de Cuzco ou d’Arequipa de remplir les salles projetant l’I.J 4. A fortiori quand le Pérou est mal traité.
De quoi Spielberg, Lucas et leurs scénaristes (pas moins de huit, dont Night Shyamalan (Le 6e sens), Frank Darabont (Les évadés) et Steven Gaghan (Traffic)) sont-ils donc coupables ? De quoi sont –ils accusés ?
Réponse : ce film est truffé d’erreurs historiques, géographiques et culturelles grossières sur tout ce qui est au sud du Rio Grande. Simples anecdotes, vétilles ? Pas du tout, mais plutôt une expression spectaculaire, parmi tant d’autres, de l’inculture gringo sur tout ce qui n’est pas yankee. Quand on pense que le film a déjà fait plusieurs fois le tour du monde …
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