Archive pour la catégorie ‘Afghanistan’

La Suède rouvre l’enquête pour viol sur le fondateur de WikiLeaks

Mercredi 1 septembre 2010

La Suède rouvre l’enquête pour viol sur le fondateur de WikiLeaks

© L’Express, il est plutôt conseillé de voir l’article original sur le site de l’express vous y trouverez plusieurs liens intéressants

Elle avait pourtant clos le dossier il y a dix jours à peine. De son côté, Julien Assange nie les faits et dénonce une « campagne calomnieuse ».

Julien Assange n’est pas encore tiré d’affaire. La justice suédoise va rouvrir une enquête préliminaire pour viol visant le fondateur du site Internet WikiLeaks. Elle avait pourtant clos cette enquête, faute de preuves, il y a dix jours.

Dans un communiqué publié ce mercredi 1 septembre, le procureur Marianne Ny dit que la décision a été prise après un nouvel examen du dossier. Une autre enquête pour attentat à la pudeur s’est poursuivie entre-temps. Elle va être élargie pour englober l’accusation de harcèlement sexuel.

« Il y a des raisons de penser qu’un crime a été commis. Au vu des renseignements disponibles pour le moment, mon jugement est que la caractérisation de ce crime est viol », déclare la directrice du parquet. « Un complément d’enquête est nécessaire avant qu’une décision finale soit prise », ajoute-t-elle.

« Jeter le discrédit »

Julian Assange nie les faits et défend la mission de son site, qui a publié en juillet plus de 70.000 fichiers militaires confidentiels sur les agissements de l’armée américaine en Afghanistan. Des responsables américains ont présenté cette publication comme l’une des plus graves fuites de l’histoire de l’armée américaine, mettant en danger les soldats américains. Le Pentagone a mis en demeure WikiLeaks de ne pas mettre à exécution sa menace d’en divulguer d’autres.

Julian Assange a fait savoir la semaine dernière que les services secrets australiens l’avaient prévenu de possibles campagnes visant à discréditer son site Internet. Le fondateur de WikiLeaks a toujours nié ces accusations, dénonçant une « campagne calomnieuse » peut-être orchestrée par le Pentagone pour salir sa réputation et celle de son site.

Fuites sur l’Afghanistan: « rien de nouveau » sur les forces françaises, selon Morin

Jeudi 29 juillet 2010

Fuites sur l’Afghanistan: « rien de nouveau » sur les forces françaises, selon Morin

© AFP

PARIS — Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a assuré mardi que les documents diffusés par WikiLeaks concernant les forces françaises engagées en Afghanistan n’apportaient « rien de nouveau », parlant d’incidents « déjà largement commentés ».

Parmi les dizaines de milliers d’archives secrètes diffusés par ce site internet d’information spécialisé dans le renseignement, « j’ai vu simplement les documents qui concernent les soldats français où il n’y a rien de nouveau », a affirmé le ministre au journal télévisé de France 2.

« Nous agissons en totale transparence et les faits qui sont dévoilés dans WikiLeaks avaient été déjà largement commentés par la presse », a-t-il ajouté.

Le ministre a confirmé la version livrée un peu plus tôt par l’état-major des armées d’un incident survenu près de Kaboul le 2 octobre 2008 entre un convoi militaire français et un minibus transportant des civils afghans.

Lorsque le minibus s’était infiltré entre deux blindés du convoi, passant outre les avertissements d’un militaire, des éclats de balles de deux tirs de sommation au sol avaient fait « quatre blessés très légers, dont un enfant », selon l’état-major, ce qu’a confirmé M. Morin interrogé sur le sujet. WikiLeaks faisait état de huit enfants blessés.

« Ce sont les véhicules piégés que nous craignons par dessus tout », a-t-il dit pour expliquer les tirs français en l’air puis au sol. Des « procédures classiques », a-t-il souligné.

De manière générale, « on n’a pas de commentaire global et formel à faire sur ce qu’on trouve sur WikiLeaks », avait-on aussi indiqué à l’état-major des armées dans l’après-midi.

Aux Etats-Unis, où la guerre en Afghanistan est impopulaire, les voix critiques se sont amplifiées après la diffusion par ce site de dizaines de milliers de documents militaires confidentiels jetant une lumière crue sur le conflit. Ils contiennent notamment des révélations sur les victimes civiles et les liens supposés entre le Pakistan et les insurgés. Une petite proportion de documents concerne les forces françaises.

Afghanistan: le fondateur de Wikileaks ne craint pas d’être arrêté

Jeudi 29 juillet 2010

Afghanistan: le fondateur de Wikileaks ne craint pas d’être arrêté

© AP

MADRID — Julian Assange, le journaliste fondateur du site Wikileaks qui a diffusé des milliers de documents militaires secrets sur la guerre en Afghanistan, a déclaré dans une interview publiée jeudi qu’il ne craignait pas « d’être arrêté ».

« Je n’ai pas de problème et je n’ai pas peur d’être arrêté » a-t-il dit au journal espagnol El Pais après la publication dimanche sur son site de milliers de documents confidentiels ayant notamment trait aux pertes civiles en Afghanistan.

Le Pentagone a vivement critiqué la diffusion de ces archives secrètes, affirmant qu’elle mettait en danger la vie d’informateurs afghans et menaçait de saper le travail de renseignement dans ce pays.

Le président Barack Obama s’est dit « inquiet » de ces fuites, susceptibles de « menacer des personnes ou des opérations » sur le terrain.

« Nous étions préparés à une réaction de ce genre. Il fallait s’attendre à ce qu’ils veuillent détourner l’attention du public de leurs responsabilités sur ce sujet », a expliqué Julian Assange à El Pais, selon des propos traduits en espagnol.

Cet ancien hacker et informaticien australien souligne que « l’unique motivation » de Wikileaks dans cette affaire est de réaliser un travail de « service public ».

Il précise que l’information diffusée dimanche « vient de l’intérieur du Pakistan et de l’Afghanistan ».

« Les informateurs sont en relation avec les unités sur le champ de bataille et avec les ambassades. Il y a tout une série de raisons pour qu’ils passent l’information. Premièrement pour l’argent. Deuxièmement par intérêt personnel, pour profiter de quelque-chose. Troisièmement pour que la vérité se sache ».

Le site internet d’information Wikileaks, fondé en 2006 et spécialisé dans le renseignement, a diffusé dimanche près de 92.000 archives secrètes jetant une lumière crue sur la guerre en Afghanistan, avec des révélations notamment sur les victimes civiles et sur les liens supposés entre le Pakistan et les insurgés.

En mai dernier, Julian Assange s’était vu brièvement confisquer son passeport par les autorités australiennes et ses avocats lui ont recommandé en juin de ne pas se rendre aux Etats-Unis.

Le ministre de la Défense Guttenberg: l’Allemagne est en guerre en Afghanistan

Samedi 24 avril 2010

Le ministre de la Défense Guttenberg: l’Allemagne est en guerre en Afghanistan

© WSWS

Le dimanche de Pâques, le 4 avril, le ministre allemand de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg (Union chrétienne-démocrate, CDU) a admis que l’armée allemande participait à la guerre en Afghanistan. En tant que juriste confirmé, Guttenberg a ajouté que ces remarques relevaient plutôt de la langue familière et pas du droit international. Néanmoins, sa déclaration est une admission signifiante.

Durant plus de huit ans, le gouvernement allemand avait fait croire à l’opinion publique que l’armée allemande fournissait un soutien militaire à l’aide humanitaire et la reconstruction économique de l’Afghanistan. C’était également sous ce prétexte que le parlement allemand avait voté à plusieurs reprises en faveur de l’intervention de l’Allemagne en Afghanistan. Jusqu’au week-end dernier, le gouvernement avait farouchement maintenu cette duperie bien que cette guerre (qui va s’intensifiant et à laquelle participent non moins de 130.000 soldats d’une occupation étrangère) ait déjà coûté la vie à des milliers de civils afghans et à 39 soldats allemands.

A présent, il n’est plus possible de maintenir ce mensonge. Ce qui y a mis un terme ce furent les trois soldats allemands tués et les huit blessés le jour du Vendredi Saint. Ceux-ci avaient été engagés des heures durant dans des combats contre des rebelles dans le district de Char Darah près du camp militaire allemand à Kunduz. L’admission de Guttenberg toutefois soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

La première question est : de quel droit l’Allemagne mène-t-elle la guerre en Afghanistan ?

Qu’aucune nouvelle guerre ne partirait plus du sol allemand faisait partie du consensus social de base au moment de la création de la République fédérale après la Seconde guerre mondiale et servit de directive à la Constitution allemande. Au cours des six décennies qui s’ensuivirent, des millions de personnes étaient descendues dans la rue en Allemagne dans le but d’appuyer cette revendication. L’article 26 de la Loi fondamentale allemande stipule : « Les actes susceptibles de troubler la coexistence pacifique des peuples et accomplis dans cette intention, notamment en vue de préparer une guerre d’agression, sont inconstitutionnels. Ils doivent être réprimés pénalement. »

Le parlement allemand n’a jamais approuvé un engagement dans une guerre en Afghanistan et il n’est nulle part fait mention de guerre dans les décisions du parlement approuvant l’intervention de l’armée allemande en Afghanistan. La participation de l’armée allemande à une guerre signifie que l’accord du parlement a été obtenu sous de fausses déclarations et doit donc être déclaré nul et non avenu. L’intervention est illégale et doit être immédiatement stoppée.

Le journal Süddeutsche Zeitung a fait mardi le commentaire suivant : « Si l’intervention en Afghanistan n’est plus justifiée par les milieux politiques sur la base sur laquelle elle avait été caractérisée durant près d’une décennie, alors dans une certaine mesure ceci ôte la base contractuelle à une armée parlementaire. Lorsqu’un agent immobilier vend une maison en déclarant qu’elle a besoin d’être rénovée, et qu’elle présente ensuite, familièrement parlant, un risque d’écroulement, alors l’acheteur a tous les droits d’assigner le vendeur en justice. »

La deuxième question est : dans quel but et contre qui l’Allemagne fait-elle la guerre en Afghanistan ?

Au vu de la corruption, du manquement à la loi et de l’attitude arbitraire adoptée par le régime Karzaï, aucun crédit ne peut être accordé à l’affirmation que le gouvernement allemand soutient en Afghanistan un gouvernement légitime à l’encontre de « terroristes ». L’accroissement de la résistance armée, la misère indescriptible de la population afghane – 8 millions de personnes souffrent de la faim, 75 pour cent n’ont pas d’accès à l’eau potable, la récolte de l’opium avait atteint un nouveau recors l’année dernière avec 9.000 tonnes – associés à la brutalité grandissante de l’intervention militaire sont des symptômes typiques d’une guerre coloniale, telle la guerre du Vietnam.

Entre-temps, Hamid Karzaï, qui avait été choisi en 2001 lors de la conférence de Petersberg, près de Bonn en Allemagne, pour devenir la marionnette des forces d’occupation a déclaré être prêt à changer de camp en travaillant avec les Taliban parce que la résistance à l’occupation ne cesse de croître et qu’il tremble pour sa peau.

L’armée allemande se bat en Afghanistan aux côtés de l’armée américaine dans le but de sauvegarder les intérêts géostratégiques allemands dans une région qui revêt une importance cruciale dans l’approvisionnement énergétique tout en prouvant sa loyauté à l’OTAN. C’est là le vrai contenu de la déclaration de Guttenberg selon laquelle l’Allemagne se trouve en guerre.

Le ministre sait parfaitement que ses remarques ne contribueront nullement à améliorer la popularité de la guerre. D’ores et déjà, plus de 70 pour cent de la population est opposée à la guerre et cette opposition ne fera qu’augmenter au fur et à mesure que l’intervention des troupes allemandes – autrement dit les objectifs humanitaires et démocratiques – s’évaporeront. A cet égard, la déclaration de Guttenberg est également une déclaration de guerre à la population allemande.

Il faut dans ce contexte examiner les remarques faites par le collègue de Guttenberg, le membre du gouvernement Dirk Niebel (Parti libéral démocrate, FDP). Le ministre allemand de la Coopération économique et du Développement faisait partie d’une délégation à Kunduz au moment où les récentes fusillades eurent lieu et il s’était exprimé au nom du gouvernement lors d’une cérémonie mortuaire pour les trois soldats tués. Il profita de l’occasion pour rejeter carrément la faute de la situation précaire dans laquelle se trouvent les troupes allemandes sur l’opposition largement répandue contre la guerre au sein de l’opinion publique et exigean de la population davantage de soutien pour l’intervention allemande en Afghanistan.

Niebel affirma que la nervosité des soldats de la Bundeswehr (armée allemande) qui avaient tué par mégarde plusieurs soldats des forces de sécurité afghanes après les sévères combats du Vendredi Saint était en rapport direct avec le manque de soutien de l’intervention allemande de la part de l’opinion allemande.

Niebel a dit au journal Bild am Sonntag : « Les soldats allemands souhaitent davantage de compréhension pour le fait qu’ils ont pris les armes et parfois aussi de façon préventive. Et ils ne comprennent pas pourquoi ils devraient justifier leurs actes aux yeux de l’opinion publique allemande ou même être poursuivis en justice. »

Cette tentative de raviver la « Légende du Dolchstoß » (coup de poignard dans le dos) a une longue et funeste tradition en Allemagne.

Durant la Première guerre mondiale, des opposant à la guerre comme Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht passèrent des années en prison. Sous la République de Weimar, les Freikorps attaquaient impunément ceux qui s’opposaient à l’armée, échappant invariablement à toute sanction pour leurs actes criminels, protégés qu’ils étaient par les tribunaux.

Aujourd’hui aussi, la participation à la guerre en Afghanistan est liée à l’accroissement du militarisme. Niebel, qui a passé huit ans en tant que parachutiste à la 25ème brigade aéroportée « Forêt noire » et qui est toujours officier de réserve de l’armée allemande, parle au nom du haut commandement militaire qui réclame plus d’influence sur la marche de la société. L’accroissement du militarisme est directement lié à l’aggravation de la crise économique et vise aussi bien l’opposition interne que ce qu’elle perçoit comme son ennemi externe.

(Article original paru le 9 avril 2010)

Wikileaks surveillé par la CIA

Lundi 12 avril 2010

Wikileaks surveillé par la CIA

© Infowars.com

Des activiste derrière un site web dédicacé à révéler des documents secrets se sont plaints de harcèlement par la police et les services de renseignement alors qu’ils se préparent à mettre en ligne une vidéo montrant une attaque Américaine dans laquelle 97 civiles ont été tué en Afghanistan.

Julian Assange, un des fondateurs de Wikileaks, raconte qu’au restaurant où le groupe se rassembla à Reykjavik, la capitale de l’Islande, fut sous surveillance en Mars et un des volontaires du groupe a été détenu pendant 21 heures par la police.

Assange, un Australien, dit qu’il a été suivi sur un vol depuis Reykjavik à Copenhague par deux agents Américains. Le groupe a énervé les gouvernements en publiant des documents divulgués par des dénonciateurs.

La semaine dernière ils mirent en ligne une vidéo d’un hélicoptère Apache Américaine alors qu’il tuait des civiles Irakiens, y comprit un photographe de Reuters, à Baghdad en 2007.

Le pouvoir afghan et l’OTAN cherchent à consolider leur victoire militaire à Marjah

Lundi 8 mars 2010

Le pouvoir afghan et l’OTAN cherchent à consolider leur victoire militaire à Marjah

© Le Monde

Guérilla versus contre-guérilla. La bataille de Marjah, achevée militairement, et qui ne fait que commencer par tous ses autres aspects – humains, politiques, sociaux, économiques – doit devenir le cas d’école de la stratégie afghane du président américain, Barack Obama, et de ses chefs de guerre, les généraux David Petraeus et Stanley McChrystal.

Une fois les canons tus et les talibans partis, le grondement des complaintes peut retentir à Marjah. Car si la victoire militaire fut aisée pour l’OTAN, la réelle prise de contrôle de ce rude district pachtoune de la province du Helmand, dans le sud afghan, par le pouvoir de Kaboul est tout sauf acquise. C’est là et maintenant que l’armée américaine compte déployer tout ce qu’elle a appris en matière de stratégie contre-insurrectionnelle.

Le président afghan, Hamid Karzaï, en a fait l’expérience, dimanche 7 mars, lors de sa première visite à Marjah depuis que le drapeau national y a été hissé, remplaçant le drapeau blanc de l’ »Emirat islamique » taliban. Trois cents chefs tribaux et religieux, réunis dans une mosquée, n’ont guère modéré leur langage pour lui dépeindre un tableau désastreux de ce qu’ils voient localement, depuis 2001, de l’Afghanistan post-taliban.

La présence de l’OTAN – l’ »occupation étrangère » – fut évidemment pointée du doigt. Les « barbes grises » du Helmand ont dénoncé qu’en douze jours d’offensive, du 13 au 25 février, des civils ont été tués et blessés, des maisons et des marchés ont été détruits.

Le général McChrystal, commandant américain en Afghanistan, était venu écouter les doléances en compagnie de M. Karzaï, mais sans ouvrir la bouche : l’ »afghanisation » du conflit passe aussi par le fait de laisser le président afghan en première ligne, afin qu’il affirme son autorité.

MARJAH DOIT DEVENIR UN LABORATOIRE

Car les critiques les plus vives furent dirigées contre son gouvernement et son administration. C’est en fait la quatrième fois que Marjah tombe sous le contrôle gouvernemental (après 2001, 2007 et 2009), et à chaque fois, ce fut une catastrophe.

Corruption criante des policiers et fonctionnaires, violences et détentions arbitraires, absence d’hôpitaux et d’écoles, de projets économiques. Au printemps 2009, les hommes de Marjah n’avaient même pas attendu le retour des talibans pour chasser de leur ville la police de Kaboul. Marjah n’a pas besoin des talibans pour être rebelle…

Hamid Karzaï a donc beaucoup promis : la sécurité, la réouverture d’écoles, la construction de routes et de cliniques. Marjah doit devenir un laboratoire de ce que le gouvernement afghan et ses alliés étrangers peuvent offrir comme alternative au règne taliban, certes synonyme de loi et d’ordre, mais aussi de terreur et de misère.

Marjah doit être « un modèle » pour corriger les erreurs du passé, a indiqué le représentant politique de l’OTAN en Afghanistan, Mark Sedwill. « Modèle » qui doit s’étendre, au fil de l’année 2010 et après des offensives militaires déjà annoncées, à tous les districts des deux berceaux talibans que sont les provinces du Helmand et de Kandahar.

Les talibans, qui n’ont presque pas combattu et se sont évanouis dans la nature face à la puissance militaire déployée pour conquérir Marjah, n’ont pas dit leur dernier mot. L’OTAN s’attend à des actions de harcèlement, des attaques de convois, des attentats. La nouvelle « bataille » de Marjah, celle qui consiste à gagner « le cœur et les esprits » des Afghans, est donc loin d’être gagnée.

« Etes-vous contre moi ou avec moi ? Allez-vous me soutenir ? », a demandé le président Karzaï aux « anciens » réunis à la mosquée de Marjah. « Nous sommes avec vous ! » ont crié les vieux Pachtounes, qui n’ont pas eu un mot, prudence oblige, pour critiquer le règne taliban. Nul n’est dupe. Les armées de l’OTAN et de Kaboul ont conquis la ville : la raison autant que la tradition incitent à être, sans perdre de vue le caractère éminemment volatil de la situation, du côté du plus fort.

Rémy Ourdan

REGARDEZ – Fillon annonce un renfort militaire français en Afghanistan

Mardi 23 septembre 2008

REGARDEZ – Fillon annonce un renfort militaire français en Afghanistan

© Le Point

François Fillon a annoncé, lundi, aux députés l’envoi de moyens supplémentaires pour les militaires français en Afghanistan ainsi que les « effectifs correspondants ».


Afghanistan : Fillon et l'intervention française
envoyé par LepointTV

« Nous avons décidé de renforcer nos moyens militaires dans les domaines de l’aéromobilité, du renseignement et de l’appui », a annoncé le Premier ministre dans son discours d’introduction au débat et au vote de l’Assemblée sur la présence militaire française en Afghanistan. « Ces moyens seront sur place dans quelques semaines. (…) Concrètement, des hélicoptères Caracal et Gazelle, des drones, des moyens d’écoute, des mortiers supplémentaires seront envoyés, avec les effectifs correspondants, soit une centaine d’hommes. »

Selon François Fillon, il s’agit pour l’exécutif de tirer « les enseignements de l’embuscade meurtrière » qui avait fait dix morts parmi les soldats français, le 18 aoùt, près de Kaboul. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, avait déjà  indiqué trois jours après l’embuscade que la France devait accroître sa « capacité de reconnaissance et de renseignement » en Afghanistan, évoquant notamment les drones (avions sans pilote), des hélicoptères ou un retour des forces spéciales.

L’UMP s’en félicite

Alors que de nombreux députés de gauche ont quitté l’hémicycle après que leurs orateurs, Jean-Marc Ayrault et Noël Mamère, se sont exprimés pour dénoncer la stratégie française dans cette « guerre » qui ne dit pas son nom, seul Jean-François Copé a souligné sa satisfaction à  l’annonce du Premier ministre sur les moyens et les hommes supplémentaires. « Nous demandons que toutes les leçons soient tirées de l’embuscade. Ce que vous venez de nous dire, Monsieur le Premier Ministre va dans ce sens », a déclaré le président du groupe UMP chahuté par Maxime Gremetz. Le député communiste a été repris à  plusieurs reprises par le président de l’Assemblée nationale pour avoir mené le chahut au moment où les orateurs favorables au maintien des troupes françaises faisaient valoir leur point de vue.

Au terme d’un débat long et animé, les députés ont confirmé l’engagement des troupes françaises en Afghanistan. Selon l’article 35 de la Constitution révisée, un vote défavorable de l’Assemblée aurait obligé le gouvernement à  suivre l’avis du Parlement et à  retirer les troupes d’Afghanistan.

Regardez l’intervention de Noël Mamère, très virulent envers Nicolas Sarkozy, qu’il accuse de ne pas avoir respecté ses engagements de la campagne présidentielle.


AFGHANISTAN : MAMÈRE
envoyé par LepointTV

Le Globe and Mail maintient son information sur un rapport de l’Otan

Lundi 22 septembre 2008

Le Globe and Mail maintient son information sur un rapport de l’Otan

© AFP

MONTRÉAL (AFP) – Le quotidien canadien Globe and Mail a maintenu dimanche soir son information sur un rapport de l’Otan concernant l’embuscade qui a coùté la vie à  10 soldats français en Afghanistan et l’auteur de l’article a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un message électronique.

« Nous maintenons notre information », a déclaré dimanche soir Philippe Devos, chef-adjoint du service étranger du grand quotidien de Toronto, interrogé sur les démentis de l’Otan.

« Le Globe and Mail a obtenu le rapport en question d’une source fiable et a vérifié son authenticité avec d’autres sources », a ajouté M. Devos dans un courriel à  l’AFP, en précisant que le document porte la mention « NATO ISAF SECRET ».

L’Otan et les autorités françaises ont démenti l’existence de tout rapport de l’Alliance sur cet épisode.

Mais un responsable de l’Otan s’exprimant sous couvert de l’anonymat a révélé à  l’AFP qu’un courrier électronique, rédigé par un officier de l’Isaf à  l’adresse du quartier général de la force de l’Otan à  Kaboul et dans lequel il exprimait son avis sur l’embuscade contre l’unité française, avait fait l’objet d’une fuite.

Le quotidien The Globe and Mail avait fait état samedi d’un rapport de l’Otan, marqué « secret », soulignant notamment que l’unité française tombée dans une embuscade meurtrière le 18 aoùt en Afghanistan manquait de munitions et d’équipements de communication. Dix soldats français ont été tués dans l’affrontement.

L’auteur de l’article, le journaliste Graeme Smith, a déclaré que le document en sa possession n’était pas un courrier électronique. « C’est un document sur papier qui m’a été remis, il s’agit d’un examen par l’Otan des événements du 18 et 19 aoùt », a-t-il dit à  l’AFP par téléphone de Kaboul. Il a en outre fourni une photo de la première page du document à  l’appui de ses dires.

« La source qui m’a donné le document m’a spécifiquement demandé de ne pas le partager avec d’autres médias », pour éviter d’être identifiée, a-t-il ajouté.

M. Smith s’est d’autre part déclaré surpris par les réactions suscitées par son papier, ajoutant qu’il ignorait lorsqu’il l’a écrit que le Parlement français devait voter lundi sur la poursuite de la mission en Afghanistan.

« Je suis aussi surpris que l’Otan démente l’existence de son propre rapport. Je puis vous assurer qu’il existe », avait-il écrit un peu plus tôt dans un message à  l’AFP.

Rapport « secret » de l’Otan : les 10 soldats français tués en Afghanistan manquaient de tout

Lundi 22 septembre 2008

Rapport « secret » de l’Otan : les 10 soldats français tués en Afghanistan manquaient de tout

© Novopress

Les soldats français pris dans une embuscade meurtrière le 18 aoùt dernier en Afghanistan manquaient cruellement de moyens face à  leurs assaillants, rapporte aujourd’hui le quotidien canadien The Globe and Mail.

Citant un rapport « secret » de l’Otan qu’il est parvenu à  se procurer, le quotidien affirme que lors de l’attaque meurtrière, les soldats français manquaient cruellement de munitions pour faire face à  leurs assaillants et de moyens de communication pour demander de l’aide. Ils ont dù abandonner une contre-attaque après s’être retrouvés à  court de munitions 90 minutes seulement après le début d’un engagement qui aurait duré près de deux jours. L’une des sections françaises ne disposait, toujours selon le rapport, que d’une seule radio, laquelle s’est rapidement retrouvée hors d’état de fonctionnement, rendant impossible toute demande de renforts.

En outre, le document révèle que les soldats tués « montraient des signes donnant à  penser qu’ils ont été tués à  bout portant ». Leurs assaillants étaient pour leur part particulièrement bien entraînés et armés. L’enquête révèle également la présence de tireurs d’élite très efficaces – ce qui est très rare chez les talibans souvent raillés pour leurs piètres tireurs – et l’emploi de balles incendiaires capables de percer des gilets pare-balles. Des révélations qui ne manqueront pas de relancer le débat sur la présence de l’armée française, sous commandement de l’Otan, donc américain, en Afghanistan.

Afghanistan: les talibans menacent de tuer « tous » les Français, Paris renforce son dispositif

Jeudi 4 septembre 2008

Afghanistan: les talibans menacent de tuer « tous » les Français, Paris renforce son dispositif

© AFP – Mercredi 3 septembre

PARIS (AFP) – Les talibans qui ont tué dix soldats français dans une embuscade le 18 aoùt promettent le même sort à  l’ensemble des troupes françaises déployées en Afghanistan, tandis que Paris s’apprête à  renforcer son dispositif militaire.

« Tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons. Tous », a lancé le « commandant Farouki », chef militaire taliban déniché par des reporters de Paris-Match avec 27 de ses hommes quelque part dans la province de Laghman, entre Kaboul et les zones tribales pakistanaises.

« Ces menaces n’entament aucunement ma détermination, ni celle de mes hommes », a assuré à  RTL le colonel Jacques Aragonès, à  la tête des 700 soldats français déployés en renfort en Kapisa (est), affirmant n’avoir « rien à  répondre » à  des talibans passés maîtres, selon lui, en « opérations de propagande ».

Après avoir fait parler les armes, le commando taliban joue sur l’image et les symboles. Les photos de Paris-Match à  paraître jeudi montrent en particulier deux combattants islamistes arborant des Famas, le fusil d’assaut des forces françaises pris aux soldats tombés dans l’embuscade.

L’un d’eux porte un uniforme français quasi-complet: casque lourd, gilet pare-éclats, Famas surmonté de sa lunette de tir. Comme par défi, il arbore jusqu’au masque de protection dont ont été spécialement dotées les forces françaises en Afghanistan pour se protéger contre les éclats.

Le commando afghan a pris soin de signer son embuscade. Il a remis aux journalistes de Paris-Match l’une de ses prises de guerre, la montre de l’un des soldats tués afin qu’elle soit restituée à  ses proches.

Ils « tenaient à  remettre cet objet pour montrer qu’ils étaient de bonne volonté vis-à -vis de nous, à  condition que les (soldats) français s’en aillent (d’Afghanistan) d’ici à  la fin du ramadan », a expliqué à  Europe 1 la photographe de Paris-Match, Véronique de Viguerie. Le ramadan prendra fin cette année le 2 octobre en Afghanistan.

Dix jours plus tôt, le parlement français se réunira pour la première fois depuis 1991 et la guerre du Golfe afin de se prononcer sur la poursuite de l’engagement français en Afghanistan.

A cette occasion, le Premier ministre, François Fillon, devrait annoncer les « aménagements » dans le dispositif militaire français en Afghanistan, indique-t-on de sources proches du dossier. Il devrait aussi réaffirmer le credo français, mais aussi de l’Otan, d’opérations militaires conjuguées à  des actions de reconstruction.

Le chef d’état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, est arrivé mercredi sur le « théâtre des opérations » pour déterminer précisément les besoins. Et plusieurs conseils restreints se réuniront autour du chef de l’Etat et des armées, Nicolas Sarkozy, à  l’Elysée.

Trois jours après l’embuscade meurtrière tendue par les talibans, le ministre de la Défense, Hervé Morin, indiquait déjà  que la France devait accroître sa « capacité de reconnaissance et renseignement » en Afghanistan, évoquant notamment les drones (avions sans pilote).

Mais il pourrait aussi s’agir d’un ou plusieurs hélicoptères (Caracal, Super Puma, Cougar…) ou d’un retour des forces spéciales, hypothèse également avancée par le ministre.

Les forces françaises en Afghanistan -plus de 3.000 hommes actuellement- n’ont cependant pas attendu pour « durcir » leur dispositif face à  une guérilla qui s’apparente à  celle des insurgés irakiens.