Archive pour la catégorie ‘2007 Septembre’

Le MEDEF veut « assouplir le CDI »

Samedi 15 septembre 2007

Le patronat veut assouplir le CDI

© AP, Par JeanMarie Godard

PARIS – Les partenaires sociaux entrent dans le vif du sujet. Au cours de la deuxième séance de négociations en vue d’une réforme du marché du travail, le patronat a présenté vendredi aux organisations syndicales une « note » proposant un assouplissement des règles entourant le CDI, une perspective rejetée « en l’état » par les syndicats.

« Les organisations syndicales ne se situent pas dans les propositions telles que le MEDEF les avance », a résumé la secrétaire confédérale de la CGT Maryse Dumas, lors d’un point de presse en début d’après-midi.

Par ailleurs, plusieurs syndicats ont adressé un message au gouvernement qui veut que ce chantier soit clos d’ici à  la fin de l’année et menace de légiférer dans le cas contraire, en réclamant une nouvelle fois l’abrogation du contrat nouvelles embauches (CNE) contesté depuis sa mise en oeuvre en aoùt 2005. « L’abrogation du CNE est l’une des conditions d’aboutissement de la négociation », a notamment dit Marcel Grignard (CFDT) à  l’issue de la réunion au siège du Mouvement des entreprises de France à  Paris.

Dans son texte examiné toute la matinée par les syndicats, le patronat propose notamment un assouplissement des règles de rupture d’un CDI, la création d’un contrat de mission ou encore un allongement de la période d’essai lors de l’entrée dans une entreprise.

Le contrat de mission, prenant fin dès que l’objectif pour lequel il a été signé est atteint, n’est pas une idée neuve. Michel de Virville, alors directeur des ressources humaines chez Renault, avait déjà  proposé cette idée dans un rapport remis en janvier 2004 à  François Fillon, qui était à  l’époque ministre du Travail.

Cette proposition avait soulevé une levée de boucliers à  gauche et dans les syndicats.

La commission mise en place pour préparer ce rapport s’était d’ailleurs déclarée « consciente de l’inquiétude que ne manquera pas de susciter une telle perspective parmi les organisations syndicales ». « Celles-ci pourront craindre de voir remis en cause le fragile équilibre trouvé autour des dispositions relatives au contrat à  durée déterminée et à  l’intérim, qui n’ont pas été modifiées depuis plus de dix ans et font l’objet d’un certain consensus », avait noté la commission.

Trois ans et demi plus tard, les réactions sont toujours aussi fraîches.

« Nous contestons fortement la prise de position des organisations patronales. Leur idée, c’est toujours qu’en allégeant les procédures de licenciement, on va faciliter l’embauche », a expliqué Mme Dumas (CGT).

Le texte proposé par le patronat « est extrêmement déséquilibré, mais on n’attend pas de la partie patronale qu’elle retranscrive nos propositions et analyses », a observé de son côté Marcel Grignard, porte-parole de la délégation syndicale CFDT.

M. Grignard reproche notamment « l’absence complète de garanties données aux salariés ». Tous les syndicats ont réagi de la même manière, considérant, à  l’instar de Stéphane Lardy (FO) que « cette note ne nous engage pas ».

Les partenaires sociaux ont décidé de scinder leurs travaux en quatre chapitres: l’entrée dans l’emploi -abordé ce vendredi- l’évolution à  l’intérieur de l’entreprise, la sortie et le retour à  l’emploi.

La prochaine réunion, le 21 septembre, sera consacrée au deuxième chapitre. Avant de se lancer dans un éventuel bras de fer sur leurs points de désaccord, le patronat et les syndicats ont en effet décidé de passer en revue chacun des thèmes pour obtenir une « vue d’ensemble ». AP

UE: Sarkozy, « président à  moitié magyar », soigne les liens entre Paris et Budapest

Samedi 15 septembre 2007

Sarkozy Présidera l’Union Européenne en 2008

© AFP, Par Nadège PULJAK

BUDAPEST (AFP) – Le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy, président « à  moitié magyar », comme il l’a lui-même souligné, a soigné vendredi les liens entre Paris et Budapest, à  quelques mois de la présidence française de l’Union européenne, lors d’une visite en Hongrie empreinte d’émotion pour ce fils de réfugié politique.

Il s’agissait certes d’un voyage officiel à  caractère diplomatique, où il fut beaucoup question de « partenariat stratégique », « de collaboration » en matière commerciale ou énergétique, alors que la France s’apprête, au second semestre 2008, à  présider l’UE.

« Vous comprendrez que ce voyage n’est pas pour moi tout à  fait comme les autres. Ce n’est pas sans une certaine émotion que je m’adresse à  vous aujourd’hui. Tant de liens me rattachent à  la Hongrie », a cependant lancé M. Sarkozy dès le début de son discours au Parlement hongrois, une splendide bâtisse néo-gothique de la fin du XIXè siècle.

Quelques instants plus tôt, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre Ferenc Gyurcsany, il avait évoqué la figure de son père, Pal Sarkozy de Nagy Bocsa, qui avait fui le communisme pour s’établir en France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

« La Hongrie, c’est la partie de mon père. Ce n’est pas tous les jours qu’on a un président de la République à  moitié hongrois », a-t-il ajouté. Il a répété plus tard devant la communauté française de Budapest qu’il était « à  moitié magyar ».

A plusieurs reprises, il a rendu hommage à  la Hongrie, un pays « qui a su garder sa vitalité et sa personnalité sous le joug communiste », « s’est libéré seul de (ses) chaînes » et « a joué un rôle essentiel en 1989, lors de la chute du mur » de Berlin. M. Sarkozy a maintes fois souligné « la fraternité » qui unit la France et la Hongrie, leur « attachement commun à  la liberté ».

« J’ai voulu venir ici pour porter le message que l’Europe a besoin de la Hongrie. Beaucoup se jouera ici dans la capacité de l’UE à  accompagner le développement économique et démocratique des huit pays qui nous ont rejoint » le 1er mai 2004, a affirmé le président français devant son homologue hongrois Laszlo Solyom. Ce dernier, en retour, a salué « un geste qui signifie que la France comprend le rôle joué par la Hongrie dans cette région ».

Mais M. Sarkozy est également venu pour « lever un malentendu. Il n’y a pas, pour la France, une vieille Europe et une nouvelle Europe. Il n’y a pas dans mon esprit, des pays majeurs et des pays mineurs. Pour tout dire, il n’y a pas ceux qui ont droit à  la parole et ceux qui n’ont que le droit de se taire. Il y a des pays égaux en droits et en devoirs », a-t-il ajouté devant les parlementaires, déclenchant les applaudissements de la salle.

Nicolas Sarkozy faisait ainsi clairement allusion à  son prédécesseur Jacques Chirac qui avait vivement reproché à  certains pays d’Europe de l’Est, dont la Hongrie, leur soutien à  l’intervention américaine en Irak en 2003, en affirmant que ces pays avaient perdu « une bonne occasion de se taire ».

Allusion également du président à  Donald Rumsfeld, l’ancien secrétaire américain à  la Défense, qui avait stigmatisé « la vieille Europe », avant la guerre en Irak.

M. Sarkozy a défini les objectifs de la présidence française de l’UE, dans laquelle il souhaite que la Hongrie « prenne pleinement sa part »: l’immigration, la défense, l’agriculture, la politique énergétique — en défendant à  ce propos, comme il l’avait déjà  fait lundi en Allemagne, l’option de « l’énergie nucléaire », qui, à  ses yeux, constitue une « opportunité évidente » alors que les réserves en gaz et en pétrole s’épuisent.

Avant d’aller voir la communauté française (près de 3.000 personnes), le président Sarkozy a également tenu à  aller s’incliner devant le monument en hommage aux martyrs de l’insurrection antisoviétique de 1956.

Oppositions aux tests ADN pour les demandes de visa

Vendredi 14 septembre 2007

Oppositions aux tests ADN pour les demandes de visa

© Reuters

francois hollande adn visa

PARIS (Reuters) – François Hollande et des associations s’opposent à  l’amendement présenté par le député UMP Thierry Mariani qui autorise l’usage de tests génétiques dans la procédure de demande de visa.

Le ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, a estimé en revanche qu’il ne devait pas y avoir de sujet tabou, soulignant que onze pays européens avaient adopté cette mesure.

SOS Racisme a dit apprendre « avec stupéfaction » l’adoption en commission de cet amendement levant l’interdiction du recensement des origines raciales ou ethniques et demande au gouvernement comme aux députés de le rejeter lors du débat sur le projet de loi sur l’immigration.

« Derrière cet amendement présenté comme étant frappé au coin du bon sens, se profile non seulement une vision écoeurante de relent colonial mais également la première phase de la mise en place d’une vision ethnicisée de la société française dont nous prétendons qu’elle ne préfigure en rien l’abolition du racisme mais sa simple gestion à  ‘moindres frais »", écrit l’association dans un communiqué.

S’il reconnaît que « le contrôle de l’immigration familiale doit être effectif », le Premier secrétaire du Parti socialiste estime pour sa part que la procédure proposée « pose un problème de principe et un problème de méthode ».

« Il existe d’autres moyens qu’un système de fichage généralisé pour savoir si le lien familial est démontré », souligne-t-il en s’interrogeant sur le coùt de la mesure proposé par le rapporteur du projet de loi sur l’immigration, qui sera discuté mardi et mercredi à  l’Assemblée.

ARTICLE 16 DU CODE CIVIL

François Hollande ajoute que toute procédure en la matière doit « respecter le droit des personnes, et être applicable ».

L’amendement qui vient d’être adopté par la commission des lois de l’Assemblée nationale « apporte une nouvelle pierre à  l’édifice de la rupture avec le droit commun et avec les principes de la République », s’émeut pour sa part la Ligue des droits de l’homme (LDH).

« Faut-il rappeler que l’article 16 du Code civil interdit formellement toute ‘étude génétique des caractéristiques d’une personne’ sauf ‘à  des fins médicales ou de recherche scientifique ? », souligne-t-elle dans un communiqué.

En déplacement à  Lyon, où il visitait un centre d’apprentissage de la langue française pour des réfugiés en situation régulière, Brice Hortefeux à  la fois défendu l’idée d’une réflexion sur le sujet et assuré que ces tests « seraient proposés à  des volontaires et pas imposés. »

« Premièrement, aucun sujet ne doit être tabou. Deuxièmement, à  un moment où l’on parle de revalorisation du rôle du Parlement, il pourrait être utile de le saisir pour en débattre. Troisièmement, il y a aujourd’hui onze pays européens qui le pratiquent déjà  », a-t-il dit à  des journalistes.

« J’aurai l’occasion d’écouter leurs arguments et d’indiquer quelle sera la position du gouvernement », a-t-il ajouté. « Il y a onze pays qui ont initié cette réforme, on ne peut pas faire l’économie de cette réflexion. »

Le texte controversé autorise le recours aux tests ADN lors de la délivrance des visas de plus de trois mois « en cas de doute sérieux sur l’authenticité de l’acte d’état civil. »

S’il était retenu, souligne Le Monde, la pratique des tests ADN pourrait devenir massive, les procédures de regroupement familial impliquant des enfants concernant 23.000 demandes par an.

La commission des Lois de l’Assemblée a adopté mercredi un projet de loi controversé sur l’immigration en retenant une trentaine d’amendements pour la plupart de Thierry Mariani, qui durcissent le texte.

L’un de ces amendements permet à  un demandeur de visa « de solliciter la comparaison de ses empreintes génétiques (ADN) ou de celles de son conjoint avec celles des enfants mineurs pour lesquels il sollicite le regroupement familial ».

Thierry Mariani, un proche de Nicolas Sarkozy et qui fut le rapporteur des deux précédentes lois sur l’immigration, estime que la « mise en place de cette faculté répond au développement ,de la fraude documentaire ».

George Bush multiplie les gaffes au sommet de l’Apec

Jeudi 13 septembre 2007

George Bush Président des USA

© Reuters

bush apec

SYDNEY (Reuters) – Le président américain George Bush a une nouvelle fois suscité l’hilarité de son auditoire vendredi en Australie en mélangeant les sigles Opep et Apec et en confondant les troupes australiennes avec les troupes autrichiennes.

Le dirigeant américain s’est emmêlé les pinceaux dès les premières phrases de son discours lors d’une réunion rassemblant des hommes d’affaires avant l’ouverture du forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) à  Sydney.

« M. le Premier ministre, merci de votre présentation », a-t-il dit au Premier ministre australien John Howard. « Merci d’être un hôte si plaisant pour le sommet de l’Opep ».

Devant l’hilarité générale, Bush a corrigé sa bourde avant d’en commettre une autre. « Il (le Premier ministre) m’a invité au sommet de l’Opep l’année prochaine ». En réalité, l’Australie n’a jamais été membre de l’Opep.

Poursuivant son discours, Bush a ensuite expliqué qu’Howard avait rendu visite aux « troupes autrichiennes » en Irak l’année dernière, confondant « austrian » (autrichiennes) et « australian » (australiennes).

Pour finir, Bush a emprunté le mauvais chemin pour quitter la scène et c’est le Premier ministre australien qui l’a conduit vers la sortie.

Le président américain a habitué le monde entier à  ses maladresses, confusions et autres erreurs de prononciation. En mai dernier, il avait failli renvoyer la reine Elizabeth II au XVIIIe siècle en l’accueillant à  la Maison blanche dans le cadre d’une visite officielle.

Apec, Opep : Bush ne sait plus très bien à  quel sommet il se trouve

© AFP

howard bush

SYDNEY (AFP) – Le président américain George W. Bush, présent au Forum de l’Asie-Pacifique (Apec) à  Sydney, a remercié vendredi son hôte pour organiser « le sommet de l’Opep » (OPEC en anglais).

M. Bush a remercié le Premier ministre australien John Howard « pour être un hôte exquis du sommet de l’Opep », qui désigne l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. « Sommet de l’Apec », s’est-il ensuite repris, provoquant des éclats de rire.

George Bush n’en est pas à  sa première gaffe, en particulier vis-à -vis de ses alliés australiens. Lors d’une visite en Irak de M. Howard, M. Bush avait remercié les « troupes autrichiennes » au lieu des « troupes australiennes ».

L’Apec regroupe Australie, Brunei, Canada, Chili, Chine, Etats-Unis, Hong Kong, Indonésie, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Papouasie Nouvelle-Guinée, Pérou, Philippines, Russie, Singapour, Corée du Sud, Taïwan, Thaïlande et Vietnam.

La France esquisse un retour complet au sein de l’Otan

Jeudi 13 septembre 2007

La France de Retour à  l’OTAN

© AFP

herve morin otan 11 07

PARIS (AFP) – La France, qui conserve un pied en dehors de l’Otan depuis le général de Gaulle, esquisse un retour complet au sein de l’Alliance atlantique pour favoriser la relance de la défense européenne, marquant un rapprochement du président Nicolas Sarkozy avec l’allié américain.

« Ma conviction est que l’Europe de la défense ne progressera pas si nous ne changeons pas de comportement politique au sein de l’Otan », a affirmé le ministre français de la Défense Hervé Morin lors de la 5e Université d’été de la défense, réunie lundi et mardi à  Toulouse (sud-ouest).

Avant lui, le président Sarkozy avait fin aoùt appelé à  des « initiatives très fortes » de la France pour donner une nouvelle impulsion à  l’Europe de la défense, tout en souhaitant qu’elle prenne « toute sa place » au sein de l’Otan. « Les deux (vont) ensemble », avait-il insisté.

La France « serait évidemment la bienvenue à  l’Otan, quoique cela marche très bien jusqu’à  présent » dans le domaine de la coopération militaire, a déclaré James Appathurai, porte-parole du secrétaire général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer

La question d’un retour de la France au sein des structures militaires intégrées de l’OTAN est récurrente depuis plusieurs années et est l’un des principaux sujets du prochain Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale actuellement en préparation en France.

La France avait quitté le commandement intégrée de l’Alliance en 1966 sur décision du général de Gaulle qui souhaitait maintenir l’indépendance militaire du pays notamment vis-à -vis des Américains.

« Au niveau politique, un retour complet de la France dans l’Otan serait une rupture politique majeure au regard de la politique extérieure française menée depuis 1967″, explique Bruno Tertrais, expert en matière de Défense.

Toutefois, ajoute-t-il, « une manière simpliste de voir ce dossier consisterait à  dire: nous avons un président atlantiste donc nous allons réintégrer l’Otan. Je ne crois pas que ce soit l’esprit dans lequel nos autorités politiques l’abordent ».

« Notre priorité est de soutenir et de relancer la politique européenne de sécurité et de défense », a affirmé M. Morin. »Nous sommes trop souvent ceux qui chipotent et qui barguignent, comme si nous voulions donner le sentiment de vouloir empêcher l’Otan de se transformer », a-t-il encore affirmé.

Reste à  définir les modalités d’une éventuelle intégration. Car « il y a un précédent, la manoeuvre diplomatique ratée de 1996. Personne ne souhaite que ce scenario se reproduise », explique Bruno Tertrais.

La France avait rejoint le comité militaire de l’OTAN mais la réintégration n’a pas été complète, Paris n’ayant notamment pas obtenu un poste de haute responsabilité revenant traditionnellement à  des officiers américains.

« Il faut savoir ce qu’on gagne et ce qu’on perd en terme notamment de liberté de manoeuvre », relève une source de Défense française qui précise que « rien n’est figé ».

M. Morin a lui-même pesé le « pour et le contre », jugeant positif la possibilité pour la France d’accroître son « influence » sur les opérations militaires de l’Alliance. Dans la colonne du contre, le ministre a rangé « le risque d’une moindre souveraineté et un possible « affaiblissement de notre position internationale qui pourrait apparaître comme plus alignée ».

L’opposition socialiste a dénoncé mardi le « penchant atlantiste » de Nicolas Sarkozy citant l’Otan, ainsi que les dossiers de l’Irak, de l’Afghanistan et de l’Iran.

La France est aujourd’hui le troisième contributeur financier pour les activités de l’Otan auxquelles elle participe et le cinquième (après les Etats-Unis, le Royaume Uni, l’Allemagne et l’Italie) sur l’ensemble des opérations.

La Hongrie attend avec fierté Nicolas Sarkozy, « enfant du pays »

Jeudi 13 septembre 2007

La Hongrie attend Sarkozy, Fils du Pays

© Par Géza MOLNAR AFP – Mercredi 12 septembre

sarkozy le hongrois

BUDAPEST (AFP) – La Hongrie, pour une fois politiquement unie, attend vendredi Nicolas Sarkozy, avec une fierté particulière à  cause de la réussite d’un président français aux origines partiellement hongroises.

Le gouvernement du Premier Ferenc Gyurcsany, malmené dans les sondages, espère aussi des retombées diplomatiques de la seconde visite en quinze jours d’un poids lourd de la scène internationale, après la chancelière allemande, Angela Merkel.

En réponse à  une invitation de son homologue hongrois Laszlo Solyom et du Premier ministre, M. Sarkozy effectue sa première visite officielle dans le pays de son père Pal (Paul), né en 1928 à  Budapest et qui vit en France.

« Le but premier de la visite est d’augmenter le niveau de partenariat entre les deux pays », a déclaré Bernadett Budai, porte-parole du Premier ministre.

Elle a aussi noté des similarités entre les objectifs de Paris et ceux du gouvernement de Budapest lancé dans un processus de réformes économiques complexes et douloureuses, à  cause d’une crise financière et sociale.

« Les similitudes dans le processus de réformes des deux pays sont nombreuses: nous pourrons parler du besoin d’alléger l’administration publique ou les mesures prises pour abaisser l’endettement de la sécurité sociale », a expliqué Bernadett Budai.

« En ce qui concerne la réforme du système de santé, les deux gouvernements préconisent l’utilisation primordiale des produits génériques », selon la porte-parole.

En fait « la visite revêt un fort côté émotionnel », souligne le politologue Krisztian Szabados, coauteur d’un livre sur M. Sarkozy, intitulé « La Tornade ».

« Pour les Hongrois, Nicolas Sarkozy est +hongrois+, même s’ils ne le disent qu’à  moitié sérieusement, et sa personne est tellement positive que la droite l’a cité comme un exemple à  suivre, alors que la gauche a repris sa politique de +patriotisme économique », selon lui.

Le nom de famille du chef de l’Etat français se retrouve plusieurs centaines de fois dans le bottin téléphonique de Budapest sous la forme Sà rkà¶zy (prononcer: Charkeuzy).

De nombreux reportages ont été réalisés dans les lieux où la famille noble des Sà rkà¶zy avait des attaches, comme à  Alattyan, petit village de la Puszta (à  100 kilomètres à  l’est de Budapest).

Après avoir suivi de très près la campagne présidentielle française, la presse de Budapest a loué « le talent, la persévérance et le dynamisme » du président français, considéré comme « un enfant du pays qui a réussi ».

Ferenc Gyurcsany espère par ailleurs profiter de la visite d’une personnalité reconnue mondialement, alors que depuis un an l’opposition de droite réclame sa démission, estime Zoltan Somogyi, directeur de l’institut d’analyses Political Capital.

« Grâce à  de pareilles visites, la Hongrie est présente sur la scène internationale, et cela a des retombés favorables pour le gouvernement », a-t-il déclaré à  l’AFP, en rappelant que les députés de l’opposition de droite boycottent toujours M. Gyurcsany, pour avoir menti sur ses intentions afin de se faire réélire.

Sarkozy Réforme les Régimes Spéciaux des Retraites pour de bon

Mercredi 12 septembre 2007

Retraites: Sarkozy a confirmé sa volonté de réformer les régime spéciaux

© AFP, Par Dominique BRULE – Mercredi 12 septembre

sarko 911 2007

PARIS (AFP) – Nicolas Sarkozy a confirmé mardi à  Rennes sa volonté de réformer les régimes spéciaux de retraites, en jugeant la situation actuelle « indigne », en pleine grogne des syndicats qui menacent d’un « conflit majeur » en cas de « passage en force ».

Au passage, il a donné une petite leçon de méthode au Premier ministre François Fillon qui, dimanche, avait annoncé – à  la surprise générale – que la réforme des régimes spéciaux était prête et n’attendait que le « signal » du chef de l’Etat.

L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a conseillé mercredi au gouvernement de mener la réforme des régimes spéciaux de retraite avec « doigté ». L’alignement des régimes spéciaux de retraite sur celui de la fonction publique, annoncé dimanche par le Premier ministre François Fillon, doit être « traité avec le doigté indispensable et compte tenu de l’expérience acquise », a expliqué M. de Villepin sur LCI.

Selon lui, « il faut avancer en prenant en compte le très grande sensibilité de ce dossier, en évitant une simple approche comptable, en utilisant toutes les marges de manoeuvre ». « L’utilité de la réforme, aujourd’hui les syndicats en sont convaincus », « les modalités, la conduite de la réforme, c’est la clé », a-t-il observé.

Mardi devant un parterre d’agriculteurs, M. Sarkozy a confirmé qu’il « dirait ce qu’il pense » des régimes spéciaux le 18 septembre, lors d’un discours devant les journalistes d’information sociale. Sur le fond, il a promis qu’il changerait la situation « indigne » des régimes spéciaux de retraites, réforme qui constituait un de ses engagements de campagne.

« La vérité, c’est qu’il existe des régimes spéciaux de retraites qui ne correspondent pas à  des métiers pénibles et qu’il existe des métiers pénibles qui ne correspondent pas à  un régime spécial de retraite », a-t-il dit. Sur la forme, il a observé qu’ »un peu de méthode ne nuit pas à  la solution d’un problème ».

Déjà  dans son édition de mardi, Le Parisien/Aujourd’hui en France avait fait état de l’agacement de l’Elysée après la déclaration du Premier ministre. Le « coup d’accélération » de François Fillon a été jugé « hâtif » et « maladroit » à  la présidence, selon le quotidien. « Cela a un peu grincé », confie un ministre, dont le nom n’est pas précisé.

Interrogé sur ce point, Matignon ne faisait mardi matin aucun commentaire.

La réforme des régimes spéciaux comme l’avenir de la fonction publique constituent le premier grand test social du président. Nicolas Sarkozy devait s’exprimer sur le deuxième dossier mercredi à  Nantes et détailler les réformes qu’il entend mener dans la fonction publique, où il a pour objectif de ne pas remplacer un départ en retraite sur deux. Mais il a reporté son déplacement au 20 septembre, en invoquant « des contraintes d’agenda ».

L’explication n’a pas convaincu les syndicats de fonctionnaires, exaspérés par les suppressions d’emploi et l’absence de négociations salariales. Selon eux, « l’épisode des régimes spéciaux n’y est pas pour rien ». Ainsi la CFDT a estimé que le président « peut chercher à  calmer le jeu » sur une réforme qui avait paralysé le pays en 1995.Mais, selon la FSU, il est probable que Nicolas Sarkozy n’avait pas « grand chose à  dire de nouveau », en particulier sur le pouvoir d’achat.

Les salaires et les effectifs sont les principales pommes de discorde entre le gouvernement et les fonctionnaires. Le non remplacement de 22.700 fonctionnaires partant à  la retraite dans le budget 2008, annoncé fin juillet, a fortement irrité les organisations syndicales.

Leur grogne a été attisée par la malencontreuse formule de la ministre de l’Economie Christine Lagarde qui a évoqué le 2 septembre un « plan de rigueur » dans la Fonction publique. Même si le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant puis François Fillon ont vivement démenti la ministre, les syndicats y ont vu un « aveu de franchise », selon le terme du secrétaire général de la CFDT François Chérèque.

Prison à  vie pour Estrada

Mercredi 12 septembre 2007

Estrada condamné à  la prison à  vie

© Par EuroNews

estrada prison vie

Le tribunal de Manille a rendu son verdict cette nuit. L’ancien président des Philippines était poursuivi pour corruption. A 70 ans il sera assigné à  résidence jusqu’à  nouvel ordre. Joseph Estrada était accusé d’avoir amassé plus de 58 millions d’euros pendant les 30 mois où il est resté au pouvoir. La justice philippine a ordonné qu’il restitue plus de 62 millions d’Euros à  l’Etat. Des avoirs personnels gelés dans des banques.

Les forces de l’ordre craignaient que des échauffourées ne perturbent le procès. 1200 policiers étaient déployés autour du tribunal pour éviter les manifestations. Joseph Estrada a toujours de nombreux soutiens dans la population. En 2001, il avait été renversé par une révolte populaire soutenue par l’armée. Depuis, il est toutefois resté influent dans la vie politique des Philippines. Il a annoncé qu’il ferait appel de sa condamnation.

L’ex-président philippin Estrada condamné à  la prison à  vie

© Reuters

estrada

MANILLE (Reuters) – L’ancien président philippin Joseph Estrada a été condamné mercredi à  une peine de prison à  perpétuité par une juridiction anti-corruption qui l’a reconnu coupable de détournement de fonds.

C’est dans un silence de cathédrale que la sentence prononcée contre l’ancien chef d’Etat a été accueillie.

Estrada avait prévenu qu’il ferait appel en cas de condamnation.

Philippines: l’ex-président Estrada condamné à  la perpétuité pour corruption

© AFP

joseph ejercito etrada

MANILLE (AFP) – Après des années d’atermoiements, la justice philippine a finalement statué mercredi sur le sort de l’ex-président Joseph Estrada condamné à  la prison à  perpétuité pour corruption.

L’ancienne vedette de cinéma âgée 70 ans sera assignée à  résidence jusqu’à  nouvel ordre, a ordonné le tribunal anticorruption de la capitale qui a également exigé la restitution à  l’Etat de quelque 87 millions de dollars d’avoirs gelés dans des banques.

A l’énoncé du verdict, l’accusé s’est effondré sur sa chaise avant de dénoncer une « farce » et de crier au complot. « Ce tribunal spécial a été conçu pour me condamner (…). Comme nous nous y attendions, c’est ce qu’il a fait », a-t-il dit. Son avocat a annoncé qu’il ferait appel de la décision. « Il va se battre. Il sera acquitté devant la Cour suprême », a déclaré à  des journalistes Me Rufus Rodriguez.

Des centaines de supporteurs de M. Estrada, surnommé « Erap » par ses admirateurs, s’étaient massés à  l’extérieur du tribunal agitant calicots et drapeaux en signe de soutien. Parmi eux, Loreta Barrias dit avoir fait le chemin depuis la ville de Bacolod (centre) pour afficher sa solidarité. « Ce (verdict) ne reflète pas la volonté des pauvres. Estrada est mon président. C’est le président du peuple, libérez-le », lance cette vendeuse de rue âgée de 55 ans.

Manille était placée depuis mardi sous haute sécurité. Quelque 6.000 policiers et des forces de sécurité ont été mobilisées par crainte de débordements des partisans de M. Estrada, toujours adulé parmi la frange la plus défavorisée de la population.

De son côté, la présidence, par la voix de son porte-parole Ignacio Bunye, a fait savoir qu’elle respectait la décision des juges. « Nous nous soumettons à  la décision du Sandiganbayan (tribunal anticorruption). Nous espérons et prions pour que triomphe la loi », a-t-il dit. « Entretemps, nous avons un pays à  gérer, une économie à  développer (…). Nous souhaitons que ce triste épisode de notre histoire ne nous détourne pas durablement de ces objectifs », a-t-il ajouté.

Joseph Estrada, qui a toujours clamé son innocence, était accusé d’avoir amassé plusieurs dizaines de millions de dollars pendant les trente mois de son règne, jusqu’en 2001. L’ancienne star de cinéma avait été renversée par une révolte populaire soutenue par l’armée en 2001, après l’échec d’une procédure de destitution pour corruption. Il avait alors été remplacé par la vice-présidente et actuel chef d’Etat Gloria Arroyo. Depuis plusieurs mois, la présidente luttait contre un important mouvement d’opposition auquel n’était pas étranger M. Estrada, selon les observateurs.

Les poursuites judiciaires à  son encontre, qui traînaient depuis plus de cinq ans, n’avaient pas empêché l’ancien dirigeant de continuer à  être très influent. M. Estrada n’a ainsi jamais manqué une occasion de se poser en arbitre politique avec les accents populistes qu’il affectionne. « Ma liberté personnelle n’a plus d’importance », déclarait il dans un message diffusé lundi par une radio de Manille. « Quel que soit le verdict, je suis prêt car j’ai déjà  été acquitté par le peuple », avait-il dit.

Sarkozy et Merkel Tentent de faire front aux « Pratiques Déloyales »!

Mardi 11 septembre 2007

Sarkozy et Merkel pour un front commun anti-spéculateurs

© Reuters, Par Emmanuel Jarry

sarkozy merkel

MESEBERG, Allemagne (Reuters) – Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont souhaité lundi voir l’Union européenne présenter un « front uni » face aux turbulences des marchés financiers, aux spéculateurs, aux « pratiques déloyales » et aux « obstacles non tarifaires » aux échanges.

Ce dossier a occupé l’essentiel de la première partie de la rencontre informelle de la chancelière allemande et du président français à  Meseberg, à  60 km au nord de Berlin, et donné lieu à  la publication d’une déclaration commune.

L’Allemagne et la France y observent que « les obstacles non tarifaires aux échanges et aux investissements ont atteint des proportions alarmantes, de même que les pratiques déloyales au niveau de l’économie mondiale ».

Les deux pays dénoncent notamment « les taux de change influencés par des considérations politiques », ce qui constitue un pas d’Angela Merkel vers Nicolas Sarkozy, qui n’a de cesse de condamner le « dumping monétaire » auquel il accuse les Etats-Unis et les économies asiatiques de se livrer.

Berlin et Paris souhaitent un renforcement des instruments de politique commerciale de l’Union européenne pour contrecarrer les « pratiques déloyales » et « éviter que les incitations financières émanant de pouvoirs publics ne faussent les conditions de la concurrence ».

« L’ouverture des marchés ne pourra produire tous ses effets que si des règles transparentes favorisent une concurrence loyale dans un esprit de réciprocité. Il faut pour cela présenter un front uni », lit-on dans la déclaration.

La France et l’Allemagne souhaite qu’une « attention particulière » soit accordée aux domaines dans lesquels la concurrence est « faussée par des fonds souverains » tels que les fonds étatiques chinois, russes et arabes.

La stabilité des marchés financiers est « vitale » pour l’économie européenne et leur transparence est donc un élément « essentiel », afin d’éviter des « corrections excessives », soulignent les deux pays dans leur déclaration.

Berlin et Paris souhaitent l’élaboration d’un code de conduite pour les « fonds à  effets de levier » et plaident pour une responsabilisation de « tous les acteurs », y compris les agences de notation.

« Les agences de notation ont-elles fait leur travail et comment peut-on faire mieux ce travail ? » a souligné Nicolas Sarkozy lors d’un point de presse commun.

MORALISER LE CAPITALISME FINANCIER

Le président français et la chancelière allemande souhaitent que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso agissent « de concert » pour traiter l’ensemble de ces questions.

« Nous pourrions préparer le terrain en vue de l’adoption de décisions au sommet (européen) du printemps 2008 en abordant ces sujets en octobre à  l’occasion de la proche réunion informelle des chefs d’Etat et de gouvernement », proposent-ils.

Angela Merkel a précisé que la présidence portugaise de l’UE avait déjà  été saisie de cette demande. Elle a également indiqué que Berlin et Paris proposerait une « approche coordonnée » pour les réunions du Fonds monétaire international, cet automne.

« Nous devons assurer des conditions commerciales et concurrentielles justes, loyales, garantissant la transparence des instruments financiers internationaux », a-t-elle expliqué. « Cela doit participer d’une démarche européenne commune et l’Allemagne et la France entendent prendre l’initiative en la matière (…) Chaque état membre peut prendre ses propres mesures (…) mais d’une façon générale il faut que l’UE affiche un comportement cohérent pour défendre son intérêt. »

« Il faut moraliser le capitalisme financier », a renchéri Nicolas Sarkozy, qui a dénoncé les « prédateurs » qui « se payent sur la bête » et menacent des centaines de milliers d’emploi.

« On ne peut plus laisser quelques dizaines de spéculateurs mettre par terre tout un système international, emprunter dans n’importe quelle condition, acheter à  n’importe quel prix, ne pas savoir qui prête », a-t-il déclaré.

« Nous voulons de la transparence, nous voulons de la régulation, nous voulons un capitalisme pour les entrepreneurs, et non pas pour les spéculateurs, et nous n’acceptons pas que les travailleurs, les salariés d’Europe payent pour l’imprudence de quelques dizaines ou quelques centaines d’acteurs économiques qui sont mobilisés par la spéculation », a-t-il ajouté.

Angela Merkel a cependant tiqué sur le mot « régulation ».

« Moi j’ai parlé de plus de transparence sur les marchés financiers », a-t-elle dit. « Il ne s’agit pas de régulation économique, il s’agit de réciprocité, autrement dit que l’Europe se dote des mêmes conditions que les autres. »

Retraite: Sarkozy Veut réformer les Régimes Spéciaux

Mardi 11 septembre 2007

Retraite: Sarkozy face aux syndicats sur le dossier explosif des régimes spéciaux

© AFP, Par Luc PERROT, Mardi 11 septembre

sarkozy 10 septembre 07

PARIS (AFP) – Les principaux syndicats français ont menacé lundi de déclencher un conflit d’ampleur si le président Nicolas Sarkozy et son gouvernement de droite décidaient de passer en force sur la réforme annoncée des régimes spéciaux de retraite.

Nicolas Sarkozy a annoncé lundi, en visite en Allemagne, qu’il se prononcerait « le 18 septembre » sur ce dossier concernant 1,5 million de Français et qui pourrait se transformer en première épreuve de force entre le président élu en mai et les syndicats.

« J’ai été élu pour mettre en oeuvre des réformes profondes pour moderniser la France, et ces réformes se feront », a-t-il lancé.

La veille, son Premier ministre François Fillon avait créé la surprise en déclarant que la réforme était « prête » et que le gouvernement n’attendait que le « signal » de M. Sarkozy pour la mettre en oeuvre soit par une loi, soit même par décret.

Les syndicats, dont la mobilisation en 1995 lors d’une tentative de réforme sur la même question avait paralysé la France et forcé le gouvernement de l’époque dirigé par Alain Juppé à  faire machine arrière, ont réagi par un tir de barrage à  ce qu’ils ont considéré comme un refus a priori de la négociation.

Premier syndicat du pays, la CGT a prévenu que si le gouvernement procédait « par le fait accompli », il y aurait « du sport ».

Elle a été rejointe par le syndicat réformiste CFDT qui, tout en reconnaissant la nécessité d’une réforme, a promis « un conflit majeur » si celle-ci se faisait « sans dialogue et sans concertation ».

« Si on ne fait pas évoluer ces régimes, ils seront en faillite et les retraites des personnels ne seront pas versées », a reconnu le chef de la CFDT François Chérèque, une position partagée par certains socialistes.

Le secrétaire général François Hollande s’est élevé contre toute « précipitation ».

Force Ouvrière (FO) avait lancé une mise en garde dimanche, et le Parti communiste (PCF) a annoncé qu’il mettrait « tout en oeuvre pour combattre la logique de destruction du gouvernement ».

Les régimes spéciaux d’entreprises publiques – SNCF (chemins de fer), Electricité et Gaz de France – et de professions particulières (marins, clercs de notaire, ou parlementaires…) permettent généralement à  leurs affiliés (500.000 actifs et 1,1 million de retraités) de partir à  la retraite plus tôt que les autres salariés -parfois dès 50 ans-, et à  des conditions nettement plus avantageuses.

Ce qui augmente d’autant leur coùt pour la collectivité alors que le système français de retraites par répartition est dans une impasse financière du fait du vieillissement de la population.

C’est d’ailleurs davantage la méthode des pouvoirs publics que la question de la nécessité d’une réforme qui braque les syndicats, et pourrait le cas échéant susciter une mobilisation.

Environ 5 millions de Français travaillent dans la fonction publique, soit un quart de la population active.

Jean-Daniel Levy, de l’institut de sondages CSA, observe que les Français sont dans leur ensemble « plutôt favorables » à  la réforme des régimes spéciaux, au nom de l’égalité et pour sauver l’ensemble du système de retraites.

Mais, souligne-t-il, si le « potentiel de mobilisation » ne paraît pour l’heure « pas très important » sur cette question, la situation peut se renverser rapidement selon la manière dont est présentée et menée la réforme.

« Les aspects symboliques sont extrêmement importants en France », et la situation peut changer si les Français en viennent à  penser que derrière la réforme des régimes spéciaux, « c’est tout le système de retraites qui pourrait être remis en cause » par le gouvernement de M. Sarkozy, dit-il.