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Le scandaleux logiciel espion vendu pour «savoir si son fils est gay»

Le scandaleux logiciel espion vendu pour «savoir si son fils est gay»

Les arguments de vente homophobes de Fireworld, dispositif destiné à surveiller secrètement son entourage, s’attirent les foudres d’associations et du gouvernement.

La page web a fait bondir l’Amicale des jeunes du Refuge (AJR), une association de soutien aux jeunes victimes d’homophobie et de transphobie, qui l’a repérée et dénoncée lundi, dans une série de tweets. Et pour cause. Intitulée, en toute décontraction, «Savoir si mon fils est gay – espionner un ordinateur», elle accumule les clichés les plus crasses, listant notamment de prétendus «indices» pouvant «faire pencher la balance du côté de l’arc-en-ciel multicolore» : de «il se coiffe pendant des heures» à «il s’est fait percer une boucle d’oreille à droite» en passant par «il préfère la lecture, la culture, le théâtre» au foot… Avant de proposer au parent de placer sa progéniture sous surveillance : «Voir s’il est gay en piratant son compte Facebook», «surveiller si il (sic) fréquente des forums pour les gays» ou encore «espionner ses messages».

Le tout à l’aide d’un logiciel espion nommé Fireworld Controller, proposé en version gratuite ou payante – la «pro» à 54,99 euros et la «pro entreprise» à 100 euros de plus. Un produit présenté comme tout en un, permettant aussi bien la surveillance de l’activité de l’utilisateur en temps réel que l’enregistrement de la frappe au clavier (keylogger), le contrôle à distance («jusqu’à 10 PC différents»), l’activation de l’enregistrement audio et de la webcam, la récupération des mots de passe, la géolocalisation de l’ordinateur… Le signalement de l’AJR a fait réagir sur Twitter, mardi, Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes, pour qui cette affaire «démontre qu’homophobie et sexisme prennent racines dans les mêmes stéréotypes de genre».

Préjugés.

Depuis, la page a été retirée du site Fireworld.fr, mais elle est encore visible dans le cache de Google. Une page similaire, sur la version espagnole du site, a également été supprimée. Contactée par Libération, la (ou les) personne(s) derrière Fireworld a répondu que ces pages avaient «pour seul but d’améliorer le référencement internet sur les moteurs de recherche» et n’étaient pas destinées «à être lu[e]s par des humains». «Nous présentons nos excuses les plus sincères à tous ceux et à toutes celles qui auraient pu se sentir blessés par ces contenus», conclut le message.

Mais comme le souligne le site d’information Next INpact, l’arborescence de Fireworld.fr témoigne de l’étendue d’un «argumentaire» de vente qui ne se limite pas à surfer sur les préjugés homophobes. D’autres pages proposent de «détecter une infidélité dans un couple», d’«espionner ses employés» ou, tout simplement, de «pirater un ordinateur à distance». Et ce, alors même que Fireworld avertit ses clients potentiels qu’une utilisation du logiciel à des fins d’espionnage les expose «à un procès pour violation de vie privée».

Le code pénal punit en effet le fait de porter atteinte au secret des correspondances et des communications, ou de capter des images ou des conversations dans des lieux privés à l’insu des personnes. Mais il punit également la vente sans autorisation des keyloggers et des appareils d’écoute ainsi que la publicité lorsqu’elle «constitue une incitation» à un usage illicite de ce type d’outil. Raison pour laquelle, d’ordinaire, les vendeurs de logiciels espions se montrent plus subtils dans leur communication.

Escroqueries.

«C’est un marché qui existe depuis longtemps, et pour lequel il y a aujourd’hui une forte demande du grand public, explique Nicolas Arpagian, directeur scientifique à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (1). D’habitude, deux types de cibles sont mis en avant : les mineurs et les majeurs « incapables », comme la grand-mère atteinte d’Alzheimer.» Les premiers sont en effet soumis à l’autorité parentale, même si la Convention internationale des droits de l’enfant leur reconnaît un droit à la vie privée. Quant à savoir qui se cache derrière Fireworld, c’est encore une autre histoire. Aucune des versions du site – en français, en anglais et en espagnol – n’affiche de mentions légales, ce qui est pourtant obligatoire en France. Elles renvoient vers une entreprise, «Fireworld Inc.» dont l’existence légale paraît fumeuse. L’achat du nom de domaine Fireworld.fr a été anonymisé, ce qui indique qu’il a été effectué par un particulier. Le site français, lui, est hébergé en Suisse. Et comme le relève le journaliste indépendant Jean-Marc Manach, le nom de domaine de la version anglophone, Fireworld-inc.com, renvoie à une adresse française, à Versailles. En tout état de cause, le secteur est aussi particulièrement propice aux escroqueries, tant il y a peu de chances qu’un client dupé aille s’en plaindre.

Libé

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