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L’étrange et sinistre chapelle de Sansevero

L’étrange et sinistre chapelle de Sansevero

Dans sa série « les sites sinistres, Vigilant Citizen nous emmène aujourd’hui à Naples découvrir une très curieuse et très inquiétante chapelle.

Les légendes locales relatives à la chapelle Sansevero de Naples racontent que les œuvres d’art qu’elle renferme ont été produites par sorcellerie et magie noire. Les sculptures semblent des créations manuelles impossibles et le bruit court que des meurtres rituels seraient à l’origine des deux vrais corps humains exposés de manière macabre dans une vitrine. Un symbolisme maçonnique important ajoute à l’aura occulte qui plane sur la chapelle.

Au premier abord, la Capella Sansevero est une chapelle italienne typique du 17ème siècle, élégamment décorée de peintures et de sculptures de nature religieuse. Un regard plus approfondi sur les divers éléments de la chapelle révèle pourtant un endroit « bizarre ». Certaines sculptures ont un aspect si « organique » qu’elles amènent beaucoup de gens à penser qu’elles sont le résultat d’un processus surnaturel. De plus, le symbolisme énigmatique de la chapelle tend largement vers un message ésotérique sous forme d’allégorie.

Et quand les visiteurs descendent quelques marches, ils voient ceci :

Hein ?

Dans la chapelle sont exposés deux vrais cadavres humains qui exhibent en détail leur réseau sanguin. Sinistrement surnommés « Adam et Ève » – et encore plus sinistrement appelées « Machines Anatomiques » – ces représentations étranges ont fait l’objet de toutes sortes de rumeurs touchant à l’occulte.

Pour pleinement comprendre ce qui se passe dans cette chapelle, nous devons apprendre à connaître son créateur : Raimondo di Sangro, prince de Sansevero. Bien qu’on l’ait maintes fois considéré comme un inventeur et un philosophe brillant, certains pensent qu’il était un magicien noir cruel qui faisait assassiner des gens pour mener d’inquiétantes expériences.

Une visite à sa chapelle prête foi aux deux points de vue en affichant tout le génie alchimique de di Sangro … et sa folie. Avant d’examiner les œuvres d’art étranges exposées dans la chapelle, découvrons d’abord l’homme derrière tout ceci.

Raimondo di Sangro, le « prince sorcier »

Dès l’âge de 10 ans, di Sangro part étudier au collège jésuite de Rome. En 1730, âgé de 20 ans, il revient à Naples en se donnant le titre de « prince de Sansevero ». Il rejoint bientôt les rangs de sociétés secrètes occultes.

« Malgré la formation religieuse reçue des jésuites, le jeune homme se joignit rapidement à la fraternité secrète des Rosicruciens, où il fut initié à d’anciens rituels d’alchimie, l’art qu’on nommait « sacré » ou « art royal », transmis aux disciples au fil des siècles depuis les prêtres de l’Égypte. Don Raimondo avait trouvé sa voie. Tout en gardant le silence le plus complet sur « ses frères » et les enseignements reçus (il ne gardait aucun document quel qu’il soit sur les activités de la secte mystérieuse), le prince changea radicalement de vie et se consacra corps et âme à l’alchimie. Des fioles, fours et alambics s’entassaient dans la cave du palais et il n’était pas rare la nuit de voir d’étranges vapeurs colorées et de sentir des odeurs écœurantes s’échapper des fenêtres à barreaux de la cave du palais. Ce fut à cette époque que les Napolitains se mirent à le traiter de sorcier ».
– Rino Di Stefano, Raimondo de Sangro, the “Sorcerer” Prince

Di Sangro introduisit la Franc-Maçonnerie dans sa cité suite à sa nomination comme Grand Maître de la loge maçonnique de Naples. Ce fait, combiné à son savoir-faire dans de curieuses inventions, telle la « flamme éternelle » créée à partir d’un composé chimique de sa fabrication et d’os de crânes humains, ne fit qu’accroître la légende entourant Di Sangro.

« Le prince Raimondo di Sangro avait la réputation d’un homme excentrique, énigmatique et mystique. À Naples, il commandait la loge maçonnique, dont les symboles parsèment la chapelle et il étudiait de nombreux domaines scientifiques ainsi que l’alchimie et autres disciplines mystiques. Il parlait aussi plusieurs langues exotiques comme l’hébreu et l’arabe et c’était un inventeur, certaines de ses inventions étant plutôt bizarres, comme le chariot mécanique [un automate] attelé à des chevaux en bois qui pouvait voyager aussi bien sur terre que sur l’eau. Ces excentricités conduisirent le prince à acquérir la réputation d’un pratiquant de sorcellerie et de magie noire et les rumeurs abondèrent, alléguant qu’il réalisait de sinistres rituels de magie, des sacrifices humains et qu’il jetait des sorts. On disait aussi qu’il pouvait réaliser de grandes choses avec l’alchimie, comme par exemple créer du sang à partir de l’eau ou même de toutes pièces et qu’il utilisait diverses parties du corps de ses victimes sacrifiées pour ses infâmes envoûtements et ses potions. On disait que le prince s’enfermait pendant plusieurs jours de suite et se livrait à des expériences démentes sur des êtres humains, comme faire revenir des morts à la vie. Ces sombres rumeurs et légendes qui entouraient le prince firent qu’on se mit à le craindre et à l’éviter ; un vrai sorcier maléfique qui pouvait manipuler la magie et les forces naturelles à sa guise. Le prince ne fit rien pour démentir ces rumeurs et on pense même qu’il les encourageait. »
– Brent Swancer, The Bizarre Anatomical Machines of Italy

L’une des nombreuses marottes de di Sangro était le « Bel Canto ». Comme c’est beau, n’est-ce pas ? Qui n’apprécie pas les belles voix ?

Mais pour di Sangro, le Bel Canto c’était acheter de jeunes garçons à des parents sans le sou, les faire castrer et les obliger à chanter.

« Bien qu’ayant goûté aux plaisirs de la vie en famille et père de plusieurs enfants (…), le prince appréciait de parcourir ses nombreux domaines à la recherche de jeunes garçons possédant de belles voix. Il les trouvait en général parmi les chanteurs d’église. Puis il les « achetait » à leurs parents (de pauvres paysans illettrés avec une famille nombreuse dans la plupart des cas) et les faisait castrer par son médecin personnel, don Giuseppe Salerno. Il les cloîtrait ensuite dans le Conservatoire des Pauvres de Jésus-Christ à Naples, où ces jeunes castrats démarraient leur carrière de « sopranos ». (…)

Le castrat était pour lui une recherche de la perfection, qui, selon les Rosicruciens résultait d’une « annulation du dualisme créé par la séparation, un retour à l’être androgyne primordial ».
– Ibid.

Comme la réputation de di Sangro se répandait et que ses écrits gagnaient en popularité, il se fit de puissants amis et des ennemis tout aussi puissants. Son implication dans la Franc-Maçonnerie conduisit à la censure de ses écrits et à son excommunication par l’Église catholique.

Il passa les derniers jours de sa vie à décorer la chapelle San Severo, transformant ce petit monument en une grandiose représentation du « chemin alchimique et maçonnique vers l’illumination ».

Un temple occulte mystérieux

Avant d’être transformée par Raimondo di Sangro, la chapelle Sansevero faisait déjà l’objet de rumeurs bizarres. On disait qu’elle avait été construite sur un ancien temple consacré à Isis et pour prouver ce fait, les gens du coin montrent une statue massive du dieu du Nil située tout près.


La statue du dieu du Nil à Naples.

Pour ajouter une touche sinistre, le palais Sansevero fut la scène d’un meurtre brutal à la fin du 16ème siècle, quand le compositeur Carlo Gesualdo surprit son épouse avec son amant dans son lit et les trucida. Jusqu’en 1888, un passage reliait le palais Sansevero à la chapelle.

Ce fut cependant lorsque Raimondo di Sangro transforma cette chapelle en projet alchimique que le site devint une attraction, dans les cercles occultes en particulier. En dehors de l’énigmatique « message secret » de la chapelle, ce sont les œuvres d’art qui mystifient les visiteurs. Elles semblent déclarer avec audace : « J’étais occultiste et voici ce que j’ai été capable de faire ».

Ces œuvres d’art sont vraiment uniques, puissantes et dérangeantes, obligeant les visiteurs à se demander : « Comment a-t-il fait cela ? » Et, quand on connaît les antécédents ésotériques et alchimiques du prince, les observer conduit à la question : « Cela a-t-il été réalisé par un procédé occulte ? »

L’exemple le plus convaincant en est le Christ Voilé. Placée au milieu de la chapelle, cette sculpture du Christ recouvert d’un fin voile est de nature à susciter le trouble : comment cette sculpture en marbre taillée dans un bloc à l’aide d’un ciseau a-t-elle été faite ? Le voile est trop… réaliste.


Le Christ Voilé.


Gros plan du visage.

« Achevée en 1753 par Giuseppe Sanmartino et commandée par Raimondo di Sangro, elle représente le Christ gisant après la crucifixion et recouvert d’un voile transparent. Ce voile est rendu avec une telle subtilité qu’il trompe presque le regard et l’effet est vraiment frappant de visu : on a l’impression que la « vraie » sculpture repose en dessous et qu’on pourrait facilement saisir le linceul et le soulever.

C’est précisément en raison de l’extraordinaire virtuosité de Sanmartino pour sculpter le voile que la légende entourant ce Christ se perpétue – en mystifiant encore parfois les experts en art.

La légende veut que le prince, qui commanda l’ouvrage, a fabriqué lui-même le voile, le déployant sur la sculpture de Sanmartino en le pétrifiant grâce à une méthode alchimique de son invention ; d’où la phénoménale fluidité de la draperie et la « transparence » du tissu ».
– Bizarrobazar, The Mystery of Chapel Sansevero

Depuis des siècles, cette sculpture, ainsi que d’autres dans la chapelle, alimente une « sombre légende » selon laquelle le prince utilisa un mystérieux procédé alchimique pour « marmoriser » le fin tissu placé sur la sculpture.


Le Christ Voilé vu du dessus.

« Il pourrait exister une autre petite « anomalie » sur le Christ voilé, car il y a un léger creux à l’aplomb de la narine, comme si le linceul était aspiré par la respiration – serait-ce un « Jésus mort » toujours vivant ? Di Sangro croyait-il que Jésus n’était pas mort sur la croix ? Si c’est le cas, peut-être n’était-il pas seulement franc-maçon mais membre d’un autre ordre encore plus mystérieux ?

Jésus disparut de son tombeau – mais il n’est pas le seul. On peut toujours voir la tombe du prince dans la chapelle. Il mourut le 22 mars 1771 « d’une maladie soudaine causée par ses expériences de mécanique ». Durant les longues nuits passées dans son laboratoire, il avait probablement inhalé ou ingéré une substance toxique, qui cette fois-là s’est révélée mortelle. Son sarcophage, malgré tout, ne contient pas son cadavre ; quelqu’un l’a volé. On ne sait toujours pas quand ni pourquoi.

Raimondo avait fait poser une plaque dans la chapelle, mentionnant que la personne qui avait commandé ces œuvres (c’est à dire lui-même) était animée du désir « d’étonner, de découvrir et d’enseigner ».
– Phillip Coppens, The Alchemical Chapel

À gauche du Christ Voilé se trouve La Chasteté, sculpture ayant pour modèle la mère de di Sangro, Cecilia Caetani d’Aragon. La femme nue, couverte de la tête aux pieds d’un fin voile, révèle ses formes dans le moindre détail. Cette œuvre d’art est, encore une fois, un autre exploit « surnaturel » de sculpture. Comment cet effet peut-il être rendu dans du marbre ?


La Chasteté.


En gros plan.

« La Chasteté (« La pudeur » en italien) de Corradini, avec son drapé si transparent voilant son aspect féminin, est un autre « mystère » de la technique de sculpture, où la pierre semble avoir perdu de sa densité, devient éthérée et presque en état d’apesanteur. Il faut imaginer l’artiste qui démarre son œuvre à partir d’un bloc de marbre massif, « voit » en esprit ce personnage à l’intérieur, retire patiemment tout ce qui ne lui appartient pas, libère peu à peu la silhouette de la pierre, lisse la surface, l’affine, cisèle chaque pli de son voile ».
– Op. Cit, Bizarrobazar.

Bien que la statue ait été sculptée d’après la mère de di Sangro, elle est clairement un hommage à la plus importante figure de la Franc-Maçonnerie : Isis voilée.

« On peut interpréter la femme voilée comme une allégorie de la Sagesse et une référence à l’Isis voilée, divinité particulière de la science de l’initiation ».
– Made in South Italy, The Alchemist Chapel

Dans le symbolisme occulte, Isis voilée est en fait l’ultime représentation des mystères occultes où la vérité est voilée au profane jusqu’à sa réelle initiation ésotérique.

« Les mystères de l’Hermétisme, les grandes vérités spirituelles cachées au monde par son ignorance et les clés des doctrines secrètes des anciens philosophes sont tous symbolisés par la vierge Isis. Voilée de la tête aux pieds, elle ne révèle sa sagesse qu’à ceux mis à l’épreuve et initiés, ayant obtenu le droit de se tenir en sa présence sacrée, d’écarter le voile de l’obscurité et d’être face à face avec la Réalité Divine. (…)

Elle est pour le chercheur moderne le condensé du grand inconnu et seuls ceux qui la dévoilent pourront résoudre les mystères de la vie, de la mort, de la génération et de la régénération ».

– Manly P. Hall, The Secret Teachings of All Ages

Les gens du lieu prétendent que la Chasteté est placée à l’endroit exact où se tenait une statue d’Isis, à l’époque où la chapelle était un temple d’Isis.

Opposé à la Chasteté se trouve le Désenchantement [ou Désillusion], une autre sculpture déconcertante imprégnée d’un profond symbolisme. Sculptée d’après le père du prince, Antonio di Sangro, elle montre un homme se débattant pour se libérer d’un filet, aidé par un jeune homme ailé.


Le Désenchantement par Francesco Queirolo.


Gros plan

De nouveau, un mystère entoure cette sculpture : comment sculpter un filet en avant d’un corps qui semble avoir déjà été sculpté en dessous ? Un procédé alchimique a-t-il été utilisé pour obtenir ce stupéfiant résultat ?

Comme la Chasteté, cette sculpture est une allégorie d’un concept fondamental franc-maçon : la libération de l’Homme par son intelligence.

« Sa signification allégorique exprime que l’homme est résolu à se libérer des fausses croyances (le filet) à l’aide de l’intelligence (le jeune homme) ».
– Rino Di Stefano, “Sansevero”

Même s’il y a plusieurs autres sculptures dans la chapelle, ces trois-là ressortent incontestablement et se rejoignent par leur mystérieuse nature organique. Ces trois sculptures forment de plus un « triangle ésotérique ». Avec la Chasteté à gauche (représentant le principe féminin), le Désenchantement à droite (représentant le principe masculin) et le Christ Voilé au centre (représentant « l’homme parfait »), les sculptures présentent le principe hermétique le plus fondamental : la Dualité émergeant pour créer un être parfait.

Dans les cercles occultes, ce concept est personnifié par Isis et Osiris s’unissant pour créer Horus – l’être parfait.

Dans mon article sur Sirius, j’écris :

Pour arriver à la perfection, l’initié doit comprendre et intégrer avec succès la nature duelle du monde (le bien et le mal ; le masculin et le féminin ; le noir et le blanc, etc.) par une métamorphose alchimique. Ce concept est représenté symboliquement par l’union d’Osiris et d’Isis (les principes mâle et femelle) qui donne naissance à Horus, l’enfant-étoile, personnage semblable au Christ, l’homme parfait de la Franc-maçonnerie – qui est l’égal de l’étoile embrasée.

Le sol d’origine de la chapelle s’inspire aussi fortement du concept de dualité et de l’initiation ésotérique.


Le sol original de la chapelle avant son changement en 1909.

Le sol original était noir et blanc – censé représenter la dualité et l’unification des forces opposées – à l’instar du sol en damier qu’on trouve dans toutes les loges maçonniques. Le dessin, compliqué et tri-dimensionnel, représente un labyrinthe – symbole d’initiation maçonnique.

« Labyrinthes et dédales étaient les lieux d’initiation préférés au sein de nombreuses sectes antiques. Des restes de ces dédales mystiques ont été découverts chez les Amérindiens, les Hindous, les Perses, les Égyptiens et les Grecs. (…) Le célèbre labyrinthe de Crète, dans lequel rôdait le Minotaure à tête de taureau, était sans aucun doute un lieu d’initiation aux Mystères crétois.

Les labyrinthes symbolisaient les compromissions et les illusions des mondes inférieurs dans lesquels erre l’âme de l’homme à la recherche de la vérité ».
– Hall, op. cit.

Tout comme la dualité oppose le blanc et le noir, les sublimes ouvrages d’art décrits ci-dessus s’opposent à la morbide et sinistre exhibition des Machines Anatomiques.

Adam et Ève


Les deux « machines anatomiques » de la chapelle.

Que diable sont ces choses, pourriez-vous vous demander ? Eh bien, elles sont exactement ce que vous espérez qu’elles ne sont pas. Et peut-être pire.

Cette exhibition consiste en deux vrais squelettes adultes d’un homme et d’une femme enceinte. Leur système vasculaire est montré avec les artères colorées en rouge et les veines en bleu.


La tête de la femme en gros plan.

On pouvait voir au départ le fœtus de la femme enceinte mais il disparut mystérieusement [en 1960].


Une macabre exhibition.

Comment Raimondo di Sangro a-t-il préservé le système vasculaire de ces cadavres ? Bon, c’est un mystère qui reste mystérieux. Et comme d’habitude, une « sombre légende » entoure ces « machines anatomiques ».

La rumeur veut en fait que « Adam et Ève » soient deux domestiques de di Sangro auxquels on injecta une substance qui cristallisa leur réseau sanguin – entraînant leur mort par la même occasion. Voici une version dramatique de la légende :

« Le prince, en tout bon sorcier, mélange la préparation dans un grand chaudron. La réaction longuement attendue se produit enfin : le mystérieux liquide est prêt. De l’autre côté de la pièce, les deux domestiques ligotés et bâillonnés n’ont même plus la force d’hurler. L’homme est en pleurs pendant que la femme, même immobilisée, reste vigilante et en alerte – peut-être la vie à naître qu’elle porte en elle l’empêche de donner dans la peur, de maîtriser une défense déjà impossible.

Le prince n’a pas beaucoup de temps, il doit agir vite. Il verse le liquide dans une étrange pompe puis s’approche de ses victimes : il voit dans leurs yeux une terreur innommable. Il commence par l’homme, perfore la veine jugulaire et injecte le liquide dans le réseau sanguin avec une seringue. Le cœur va envoyer la préparation dans le corps et le prince observe le visage de l’homme qui agonise pendant que le poison épais commence à circuler. Voilà, c’est fini, le domestique est mort. Il faudra deux ou trois heures pour que le mélange se solidifie et sûrement plus d’un mois pour que la chair putréfiée se détache du squelette et que le réseau de veines, artères et capillaires se transforme en marbre. C’est maintenant au tour de la femme ».
– bizzarrobazar, The mysteries of Sansevero Chapel

Bien que des « études » récentes prétendent que di Sangro aurait recréé artificiellement le système vasculaire de ces corps avec de petits câbles métalliques et de la cire d’abeille, j’ai du mal à le croire. Je veux dire, il n’y a qu’à regarder les photos ci-dessus de près. Comment un homme peut-il créer ce système complexe manuellement ?

« Ces deux squelettes sont recouverts d’un réseau touffu et tortillé de tiges métalliques et de vaisseaux solidifiés représentant avec une étonnante et méticuleuse précision les systèmes vasculaire, viscéral et musculaire des êtres humains. Le crâne des deux personnages est articulé, ce qui permet de l’ouvrir en révélant un enchevêtrement incroyablement détaillé de vaisseaux sanguins à l’intérieur. Quand ils furent dévoilés, ces troublants modèles furent si déroutants et si grotesques que le prince noir fut soupçonné d’avoir pratiqué de force sa magie noire et son alchimie sur ses domestiques pour en faire ces abominations.

Qu’ils soient ou non le fruit de magie noire, Adam et Ève présentent un certain nombre de vrais mystères, le moindre étant en premier lieu la manière dont ils ont été créés. La méthode de fabrication fut pendant des années source de perplexité parmi les scientifiques et les médecins. Le complexe système circulatoire solidifié était-il réel et si c’est le cas comment s’est-il si remarquablement conservé depuis 200 ans ? Es-il artificiel ? Dans ce cas, comment a-t-il pu être si fidèlement reproduit ? En l’absence ou presque de documentation de départ sur la création de ces machines anatomiques, les réponses à ces questions ont été longtemps éludées. La théorie principale est que les deux machines anatomiques ont été créées par un procédé connu sous le nom de « plastification » ou « minéralisation » qui implique l’injection de substances directement dans le système circulatoire des sujets quand ils étaient encore en vie, à la suite de laquelle ces produits voyagent dans les veines et les durcissent, tuant dans d’atroces souffrances l’infortunée victime. Pourtant personne n’a vraiment de certitude. »
– Op Cit. Swancer

Quoi qu’il en soit, ces machines anatomiques ne sont pas simplement là pour effrayer les visiteurs. On dit aussi qu’elles servent un but symbolique dans le « grand œuvre » alchimique qu’est la chapelle.

Divers indices font penser que les machines anatomiques représentent la dernière étape du processus alchimique nommé Rubedo [œuvre au rouge] – symbolisé par un phénix rouge s’élevant de ses cendres. Fait intéressant : les « machines » étaient exposées au départ dans une pièce nommée le Phénix.

« L’emplacement originel des « machines anatomiques », une plate-forme pivotante située dans une partie de la chapelle nommée Phénix, fait penser à un choix symbolique : Raimondo di Sangro les voyait comme la description du rubedo, étape dans la recherche de la pierre philosophale où la matière se recompose en garantissant l’immortalité ».
– Op. Cit., bizzarrobazar

Le moins qu’on puisse dire est que la chapelle est entourée de mystère. C’est également amplifié par le fait que di Sangro a détruit ses archives scientifiques avant de mourir. Puis après sa mort, sous la menace d’une excommunication par l’Église en raison de l’implication de di Sangro dans la Franc-maçonnerie et l’alchimie, ses descendants détruisirent ce qui restait de ses écrits, formules, équipement de laboratoire et résultats d’expérimentations. Tout ce qui subsiste, c’est un symbolisme à peine voilé.

En conclusion

À l’image de son créateur, la chapelle Sansevero est impertinente et dénuée de remords. C’est une célébration de la voie ésotérique et la démonstration du savoir-faire alchimique d’un occultiste enthousiaste. Bien que le mot « occulte » signifie « caché au public », Raimondo di Sangro a passé sa vie à « médiatiser » ses centres d’intérêt et ses découvertes, en ne plaçant qu’un léger voile sur la nature réelle de ses expérimentations.

La chapelle est donc l’un de ces rares exemples où la « magie » est au vu de tous. Pendant que les sublimes œuvres d’art de la chapelle sont une célébration de la vie, de la beauté et de la spiritualité, la manipulation morbide de cadavres célèbrent à côté la mort, la décomposition et le morbide. En résumé, tout comme les sols noirs et blancs qui ornaient ce temple occulte, la chapelle de Sansevero représente visuellement la nature duelle de l’univers et par correspondance la nature duelle de l’homme. Une fois les forces opposées unifiées et la dualité résolue, il est dit que la perfection est atteinte. Pour ce faire, on ne doit pas avoir peur de contempler les cieux … et de plonger son regard dans les profondeurs de l’enfer.

Source: Vigilant Citizen, traduit par le BBB


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