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Les momies des pyramides

Les momies des pyramides

Excellent article d’Irna que je me permets de reproduire et vous conseille de lire à la SOURCE (cliquez ici ou ici)

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Article original : Las momias de las pirámides

(Espacio, Tiempo y Forma, Serie II, Historia Antigua, t. 24, 2011, págs. 211-226)
Traduction :Bernard MILANI (remerciements à Rodrigo Ruz Torres et Irna)

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Jose Miguel Parra Ortiz est un égyptologue, spécialiste de l’Egypte pharaonique et des pyramides, et docteur de l’Université Complutense de Madrid. Voir sa page sur academia.edu.

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Résumé :

Le grand public croit, comme si c’était un dogme religieux, que les pyramides égyptiennes n’étaient pas les tombeaux des pharaons de l’Ancien et du Moyen Empire, parce qu’on n’a jamais trouvé de momie dans aucune de leurs chambres funéraires. Cette étude compile toutes les données pertinentes sur le sujet et décrit brièvement tous les restes humains découverts à l’intérieur des pyramides, démontrant ainsi que cette croyance courante est fausse à la base.

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Si j’y réfléchis, le professeur Federico Lara a été la personne qui, il y a des années, m’a ouvert une porte, m’a incité à en franchir le seuil en me donnant l’opportunité de faire les premiers pas de ce qui serait mon devenir professionnel.

Au mitan des années 80 du siècle passé, si on étudiait l’Histoire, pour peu qu’on ait un peu de curiosité et qu’on la consacre à se pencher sur des livres traitant du monde antique, on rencontrait beaucoup de titres de Federico Lara Peinado, portant surtout sur les mondes mésopotamien mais aussi égyptien, faisant de lui un des rares professeurs dont le nom et le travail était connu par les pauvres étudiants de début de cursus. Je ne pouvais guère suspecter qu’en plus d’être son élève pendant les années de spécialisation, il serait le secrétaire de mon jury de thèse. Mieux encore, quelques mois après être devenu un docteur flambant neuf (au chômage évidemment…), je rencontrai Federico à la librairie Marcial Pons [librairie spécialisée de Madrid, NDT], rendez-vous de ces rats de bibliothèques friands d’ouvrages d’humanités publiés dans des langues rares et dans des endroits éloignés de nos frontières nationales. Après qu’il m’eut demandé de mes nouvelles et que je lui eus montré avec orgueil mon premier livre posé sur les étagères de la librairie, il fit preuve de sa générosité légendaire en m’expliquant qu’il dirigeait une collection d’Histoire Antique chez un nouvel éditeur, à qui il me proposait de me présenter pour voir ce que nous pourrions faire. Sitôt dit, quelques jours après nous nous retrouvâmes dans les bureaux de l’éditeur Aldebaran, où je fis la connaissance de Manuel Peni. C’est ainsi que tout commença, car non seulement nous en vînmes à publier trois livres ensemble, mais Manuel me poussa, au vu de mes études et de ma formation universitaire, à traduire un livre du français à l’espagnol. Ce fut le premier d’une longue série, car à peine découverts les plaisirs de la traduction que je passai un master dans cette discipline et que ce travail, joint à la recherche historique, devint ma principale activité professionnelle, tout cela grâce à ce premier petit coup de pouce du Pr Lara. C’est pour cela qu’avec toute ma reconnaissance, je souhaiterais dédier à Federico cette petite étude sur un thème qui nous intéresse tant tous les deux, les pyramides égyptiennes.

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Dans le monde tempêtueux que peut être l’étude des pyramides, où tant d’amoureux du mystère se plongent pour lancer ensuite des théories fantaisistes qui démontrent leur ignorance des données historiques et archéologiques les plus basiques, il existe une croyance totalement infondée qui est pourtant acceptée, comme tant d’autres barbarismes, quasiment comme un dogme de foi. Il s’agit de l’idée particulière selon laquelle les pyramides ont servi pour à peu près n’importe quoi excepté comme tombeaux des pharaons qui les ont construites. Un des arguments principaux de ce groupe de « pyramidiots » (comme les appellent avec sarcasme les égyptologues britanniques) pour appuyer cette affirmation si répandue est que jamais, dans aucune pyramide, il n’a été découvert le corps momifié d’un souverain égyptien. Malheureusement, cette affirmation était déjà fausse à la première moitié du XIXème siècle, quand on a commencé à fouiller les pyramides avec un esprit scientifique. Certes, comme nous allons le voir, tous les restes découverts dans celles-ci n’ont pas été conservés, ni extraits de manière scientifique, et tous n’appartiennent pas à la pyramide en question ; mais il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui nous connaissons des momies royales scientifiquement identifiées de toutes et de chacune des dynasties égyptiennes durant lesquelles ont été bâtis les complexes funéraires avec pyramide.

L’intérêt des premiers égyptologues pour les restes momifiés trouvés dans les pyramides et dans quelques tombes royales thinites n’était pas très grand, mais ils venaient juste de se débarrasser de l’habitude de creuser à la recherche de « trésors ». La même chose s’est passée avec les informations qu’en ont retirées les médecins, car la paléopathologie n’existait alors pas, ou alors en était à ses balbutiements. Penchons-nous sur les premiers restes d’un possible pharaon découverts à l’intérieur de sa pyramide. Il s’agirait, pas moins, de la momie de Menkaourê [connu aussi sous le nom de Mykérinos, NDT], le constructeur de la troisième pyramide de Gizeh. La date de la découverte peut nous donner quelques pistes sur le motif des doutes entraînés par leur datation à la IVème dynastie : 1837, par les britanniques H. Vyse et J. S. Perring. Le corps (les jambes, la partie supérieure de la poitrine, un pied coupé et un assortiment de vertèbres et de côtes) apparut à l’intérieur d’un sarcophage de bois ; pas dans la crypte, mais dans l’antichambre où commence la rampe qui descend vers elle (Vyse 1840 : 85-86). Le sarcophage, étudié un siècle et demi plus tard, a été daté des XXème-XXVIème dynasties (Strouhal et al. 2001 : 18). Le corps n’eut alors pas à attendre longtemps pour être soumis à une étude au 14C, qui rendit une date de l’époque arabe (658-896 a. C.) (Strouhal et al. 2001 : 18-19).

Ce n’est pas la seule momie retrouvée dans le complexe funéraire de Menkaourê, car d’autres restes sont apparus dans la pyramide centrale d’un groupe de trois pyramides satellites qui s’élèvent au Sud de la pyramide principale. Dans la chambre funéraire furent mis au jour quelques os que Vyse, leur découvreur, identifia comme ceux d’une jeune femme (Vyse 1840 : 46-49). Il semble qu’ils ont été perdus, ce qui rend impossible de confirmer ou de nier qu’ils appartenaient à une reine de la IVème dynastie, comme cela semble possible.

Ces enterrements intrusifs ont été pour les « pyramidiots » une preuve définitive que jamais dans les pyramides on n’a enterré un pharaon, d’autant qu’il y a quelques années il a été démontré définitivement que les restes découverts dans la pyramide de Netjerykhet [connu aussi sous le nom de Djéser, NDT], contrairement à ce qu’ont longtemps affirmé les égyptologues, n’appartenaient pas à ce pharaon. L’histoire de ces derniers restes commence tôt, puisque les premiers d’entre eux ont été découverts dans les chambres souterraines de la pyramide par le général prussien von Minutoli dans la deuxième décennie du XIXème siècle. Dans ses écrits, il parle d’une certaine « belle momie » et d’un « crâne doré », sans plus de précisions (Minutoli 1824 : 298-299). Jusqu’en 1926 personne ne revint pénétrer dans les étroits et obscurs corridors creusés sous la pyramide ; ce fut cette année-là que Gunn découvrit une partie de la colonne vertébrale et de l’os de la hanche d’une momie (Firth, Quibell, Lauer 1935-1936). Quasiment dix ans après, Lauer décida d’aller de nouveau dans la crypte de Netjerykhet et, à sa grande surprise, car il la supposait complètement vide, y découvrit un pied gauche intact (Lauer, Derry 1935 ; Lauer 1992 : 65-66) (Fig. 1). En se basant sur les circonstances de la découverte, on considéra que tous ces fragments momifiés appartenaient à la momie du pharaon, mais il s’agit d’une identification erronée, qui fut montrée comme telle seulement par l’étude des restes par un anthropologue physique (Strouhal et al. 1994 ; 1998) et l’analyse au 14C. La première montra qu’on n’était pas en présence des restes d’un individu unique, mais d’un mélange de plusieurs corps, alors que la seconde les data tous de la XXVIème dynastie, l’époque saïte (VIIème siècle av. JC). Et ce sans compter que la méthode de momification n’était pas pertinente par rapport aux techniques utilisées sous l’Ancien Empire.

Fig. 1. Le pied découvert dans la chambre funéraire de la pyramide à degrés de Saqqarah
Photo du Dr Eugen Strouhal ©, reproduction par courtoisie de l’auteur.

On retrouve cette même incertitude avec plusieurs des momies découvertes dans des pyramides ou des tombes royales thinites, qui sont probablement de véritables corps de pharaons mais dont l’identification définitive reste en suspens à cause de la disparition des restes, des conditions dans lesquelles on les a retrouvés et de l’absence d’informations archéologiques fiables. Un bon exemple en est le travail de E. Amélineau dans les tombes royales d’Abydos à la fin du XIXème siècle [1]. Dans ce cas, la triste réalité s’est imposée dès le début aux volontés du fouilleur, qui eut à souffrir les railleries de ses ouvriers quand il leur demanda de conserver les restes humains qui apparaîtraient dans la tombe de Khâsekhemoui (IIème dynastie), à Abydos. Malgré cela, même pour les quelques restes retrouvés, la description qu’il en fait dans ses écrits est pour le moins succincte, car il nous dit juste qu’un des crânes contenait une substance noire. Pire encore, ces restes ayant été apportés à un spécialiste du Caire, ce dernier estima qu’ils étaient en trop mauvais état pour être étudiés, au point qu’ils ont terminé sur un tas de déchets (Amélineau 1897 : 41).

Quelque chose de semblable s’est produit avec les restes (un avant-bras momifié) découverts en 1900 par Petrie en une autre tombe d’Abydos, ici celle de Djer (Fig. 2). Comme lui-même le raconte, après la découverte du bras, son seul intérêt a porté sur les bracelets dont il était orné (Petrie 1902 : 16-19). Cependant, faisant son travail d’archéologue, il fit photographier le bras sans bandelettes avant de l’envoyer au Musée du Caire. Là-bas, suivant la tendance scientifique de l’époque, le conservateur (Emile Brugsch) se contenta de garder les bracelets qui accompagnaient les os, jetant ceux-ci à la poubelle, considérant qu’ils manquaient totalement d’intérêt.

Fig. 2. Le bras du pharaon Djer orné de bracelets. Abydos, Ière dynastie.
D’après Petrie, W. M. F. : The Royal Tombs of the Earliest Dynasties, Part II, 1901.

Le même sort attendait les restes des pharaons des Vème et VIème dynasties enterrés avec les Textes des Pyramides gravés sur les parois de leurs cryptes. De Ounas on a découvert (ils sont aujourd’hui perdus) une partie du bras et la main gauches d’une momie, en plus de quelques fragments du crâne, avec de la peau et des cheveux encore adhérents (Maspero 1882, 1883). De Téti furent exhumés une épaule et le bras, en plus de son possible masque funéraire, apparu dans les décombres du complexe funéraire (Maspero 1884). De la reine Ipout, épouse de Téti, on a seulement découvert quelques os dans sa pyramide (Loret 1900 ; Firth, Gunn 1926). Alors que de Pépi Ier, à la fin du XIXème siécle, on put retrouver une main (aujourd’hui perdue) (Maspero : 1884, 1886, 1886) et à la fin du XXème siècle le contenu complet d’un des quatre vases canopes du pharaon, c’est-à-dire une partie de ses viscères momifiés (Labrousse, 1996 : 159-160). Dans le complexe de Pépi II, le fouilleur ne découvrit aucune momie, au contraire de l’intérieur de la pyramide d’une de ses reines, Neith. Comme lui-même le dit : « De la momie de la reine, seuls restaient une main, quelques petits fragments de crâne, d’os et de peau avec les restes d’une momification soignée, mais tous les tissus et bandages ont disparu » (Jéquier, 1933:28-29). Malheureusement, comme l’objectif de ces explorateurs était la copie des Textes des Pyramides (Ridley 1983), les restes de la momie furent mis à jour sans aucun type de technique archéologique, rendant à jamais inconnue sa stratigraphie. De plus, la faible valeur reconnue à ces restes à cette époque a entraîné la disparition postérieure de plusieurs d’entre eux, empêchant l’analyse au 14C ou n’importe quelle autre étude qui aurait permis de les dater avec certitude. Cependant, il est très tentant d’identifier la majorité de ces restes momifiés comme ceux du pharaon dans la pyramide duquel on les a retrouvés ; en effet le peu de données réunies lors de la découverte paraissent le suggérer.

A ce même groupe de momies de la VIème dynastie appartient celle de Mérenrê, retrouvée entière et quasiment intacte. Seul le mode de transport peu orthodoxe utilisé pour l’amener au musée du Caire explique qu’elle ait finie proprement coupée en deux au niveau de la taille. Après l’avoir portée depuis la pyramide dans un cercueil de bois, ses découvreurs, les frères Brugsch, la mirent dans un train pour le Caire. Quand le train tomba en panne, ils portèrent le cercueil tous les deux jusqu’à ce que la fatigue les rattrape ; ils se saisirent alors du corps momifié et marchèrent jusqu’à ce qu’il se fût cassé, parvenant ainsi jusqu’à la destination finale (Ikram, Dodson 1998 : 81-82). Cependant il est peu probable qu’il s’agisse de la momie de ce souverain, car elle porte encore la tresse de la jeunesse (Fig. 3) et on ne pense pas que Mérenrê soit monté sur le trône encore enfant. De plus, la méthode d’embaumement paraît un peu plus sophistiquée que celle utilisée pour les momies de cette époque. Actuellement, la momie est exposée dans le musée de Imhotep, au pied de la pyramide à degrés de Saqqarah.

Fig. 3. Tête de la momie du pharaon Mérenrê, découverte à l’intérieur de sa pyramide. Saqqarah. VIème dynastie.
D’après Maspero, G. : Guide du visiteur au Musée du Caire, 1915.

Le même type d’identification probable, mais cette fois positive, pourrait être faite avec les restes découverts dans la Pyramide Rouge de Dahchour : le crâne – avec des fragments de peau encore adhérents -, la mandibule inférieure quasiment entière, une partie de la hanche, quelques côtes, un morceau du pied gauche et quelques-unes des bandes qui recouvraient le pied droit du monarque. Dans ce cas, les preuves circonstancielles nous portent à l’identifier comme l’inventeur de la vraie pyramide, Snéfrou, une personne pas très grande mais corpulente morte à un âge moyen et qui fut le père de Khoufou [Khéops, NDT] (Batrawi 1951).

De la princesse Neferuptah, on a retrouvé des vases et une table d’offrandes à son nom dans une pyramide de Hawara, mais on a des raisons de penser qu’elle a été enterrée dans une pyramide d’El-Lahoun. Son corps a été dissout par les eaux du Nil qui ont pénétré dans son sarcophage année après année (Farah, Iskander 1971). Du pharaon Amenemhat III, Petrie semble avoir retrouvé des os à l’intérieur du sarcophage de sa pyramide de Hawara, qu’il put seulement fouiller en tâtonnant de la main, la chambre funéraire étant complètement inondée. Les nombreux morceaux de charbon qui apparurent alors suggèrent que le contenu de la crypte a été brûlé par ses pillards (Petrie, Griffith, Newberry 1890 : 17).

Jusqu’à maintenant, nous avons seulement vu des momies qui ne sont pas ou qui sont seulement peut-être celles de pharaons ou de reines inhumés dans leurs pyramides ; intéressantes, mais aucune n’est la preuve définitive d’enterrements dans ces dernières. Pour les suivantes, c’est l’inverse qui se produit, c’est-à-dire qu’il s’agit de momies définitivement authentiques et retrouvées à l’intérieur de « leurs » tombes et pyramides d’après les critères archéologiques scientifiques.

La première d’entre elles fut très probablement enterrée dans un des puits funéraires de la face orientale de la pyramide de Netjerykhet, où apparut un crâne sans la mandibule inférieure. Il s’agit d’une adolescente de 16-17 ans, datée par le 14C entre 3532 et 2878 av. JC (Strouhal et al. 1994 ; 1998). C’est-à-dire peut-être une princesse thinite réenterrée dans la tombe de Djéser. Nous tenons là notre premier membre de la famille royale inhumé dans une pyramide. Ce ne sera pas le dernier.

Du début de la IIIème dynastie, nous disposons également du squelette d’un enfant, enterré dans la tombe Sud du complexe funéraire de Sekhemkhet à Saqqarah, qui était probablement son ancêtre, le successeur de Netjerykhet. Il s’agit d’un petit garçon âgé de quelques années et l’archéologie paraît confirmer qu’on est en présence d’un enterrement intrusif, car non daté de l’époque de la construction de la pyramide (Lauer 1968 ; Lauer 1969 ; Lauer 1992 : 153-154).

Bien plus spectaculaire est la momie découverte en 1945-1946 par Hussein et Varille dans la crypte de la pyramide de Djedkarê Isési, dont la partie gauche est conservée pratiquement complète (Batrawi, 1947). En un premier temps, elle fut identifiée comme authentique, mais il manquait de nouveau les données archéologiques définitives pour la dater irréfutablement, car ses découvreurs sont décédés avant de pouvoir publier le mémoire de fouilles (Maragioglio, Rinaldi 1977 : 64-117). Le doute persista jusqu’il y a quelques années, quand son étude poussée la révéla comme pleine de surprises. C’est la première qui nous a permis de démontrer, données scientifiques en main, que les pharaons de l’Ancien Empire avaient été enterrés dans leurs pyramides.

La nécropole principale des pharaons de la Vème dynastie est située à Abousir, à quelques kilomètres au Nord de Saqqarah. Depuis les années soixante, la zone archéologique a été fouillée par les membres de la mission tchèque (Verner, Benesovská 2008). Au milieu des années 1990 ils ont étudié un petit cimetière, au pied des pyramides, formé de sept mastabas isolés (Verner ; Callender, 2002). Deux d’entre eux se sont avérés très importants au niveau des informations qu’ils ont fournies, ceux appartenant à Khekeretnebti et Hedjetnebou. Les textes gravés sur les parois les ont identifiées toutes les deux du titre de « Fille du propre corps du roi Djedkarê ». Comme les corps momifiés ont été retrouvés bien conservés dans les chambres funéraires, ils ont pu être analysés exhaustivement par l’anthropologue tchéque E. Strouhal (Strouhal 1992, 2002 ; Strouhal, Gaballah 1993 ; Strouhal et al. 2001 : 22).

Khekeretnebti fut une reine qui mourut à l’âge de 30 à 35 ans, après avoir donné le jour au moins à un enfant. Hedjetnebou, au contraire, mourut vers 18-19 ans sans jamais avoir accouché. Jusqu’ici rien d’extraordinaire, mais Strouhal poursuivit la comparaison plus loin en décidant d’étudier aussi le corps de leur père supposé, Djedkarê Isési, pour lequel on détermina un âge de décès entre 45 et 60 ans. S’il disposait d’éléments de comparaison pertinents pour déterminer l’identité de chaque corps, pourquoi ne pas les utiliser ? C’est ce qu’il fit, et les résultats furent incroyables. Les dimensions des crânes et des dents, la gracilité et la petite taille, tout comme la dépression post bregmatique que partagent Djedkarê et Khekeretnebti, c’est-à-dire, tout, ostéométrie, ostéographie et radiographie, conduit à la même conclusion : la momie découverte par Hussein et Varille est étroitement apparentée biologiquement aux deux princesses d’Abousir ; de fait, tout donne à penser qu’il s’agit de leur père, le pharaon Djedkarê Isési. Pourtant, comme la science de l’anthropologie physique sous-entend un petit pourcentage d’interprétation, cela pourrait justifier un petit doute chez les plus sceptiques ; mais le reste des analyses amène des preuves écrasantes et radicales. En premier lieu, le carbone 14 a donné pour les trois corps exactement la même fourchette chronologique (entre 2886 et 2507 av. JC, en pleine Vème dynastie). En un second lieu, les momies partagent le même groupe sanguin A. Il est impossible de continuer à douter : dans un procès pour paternité qui aurait lieu de nos jours, avec ces preuves dans les mains d’un tribunal, nous aurions eu un verdict d’identification positive. Le pharaon Djedkarê Isési a été enterré dans sa pyramide et nous avons les preuves qui le démontrent. Enfin ! Nous tenons une première momie identifiée, et comme nous allons le voir, pas la dernière, puisque bien à l’abri dans la crypte de leurs pyramides respectives, la même équipe tchèque a retrouvé deux nouvelles momies royales de la Vème dynastie. Cela s’est produit dans la nécropole d’Abousir, qui est l’une des plus prolifiques de celles qui sont actuellement fouillées. D’abord a été découverte la momie d’une reine, puis celle d’un pharaon.

Juste au Sud de la pyramide de Néferirkarê se trouvaient deux monticules prometteurs qui furent cartographiés par Lepsius au milieu du XIXème siècle. On les connaît donc actuellement sous les noms de Lepsius XXIV et Lepsius XXV. De nos jours nous savons que le premier est un petit complexe funéraire pour une reine – pour le moment anonyme – alors que le second est une particulière tombe double, chacune d’entre elles avec son temple funéraire (Krejcí et al. 2008). En 1994, l’équipe tchèque commença à étudier la pyramide Lepsius XXIV, et en fouillant la chambre funéraire elle eut l’agréable surprise de découvrir une momie. Le corps était brisé et apparut dans différentes strates. Dans la plus haute on découvrit la partie inférieure (jambes et hanches) d’un seul tenant. Dans une strate inférieure à celle-ci, sur le sol de la crypte, apparurent les deux clavicules, une partie de la colonne vertébrale et le sternum, ainsi que plusieurs fragments du crâne. Joints à cela, il y avait les restes d’un sarcophage de granit, des pièces de toile, des éléments déchirés du trousseau funéraire et des céramiques de la Vème dynastie.

Fig. 4. La momie de la reine Rêpoutnoub (?) découverte dans la pyramide LXXIV. Abousir. Vème dynastie.
Photo d’Eugen Strouhal, avec l’aimable autorisation de l’auteur et de M. Verner/Institut Tchèque d’Égyptologie ©.

Au début, la séparation stratigraphique existant entre les restes fit croire qu’il s’agissait de deux corps différents, mais ce n’est pas le cas. Quand on les étudia plus en détail (Strouhal et al. 2000 ; Strouhal 2003 : 478-480), on vérifia que toutes les parties de la momie s’emboîtaient parfaitement entre elles, comme les pièces d’un puzzle. La connexion anatomique entre elles était parfaite (Fig. 4). De plus, sa chronologie est indiscutable, car les céramiques qui l’accompagnaient sont datées sans erreur possible de cette période. Nous sommes en présence sans aucun doute des restes d’une reine enterrée à l’intérieur de sa pyramide. Il s’agit d’une femme âgée entre 21 et 23 ans qui est morte sans avoir donné la vie et dont les particularités anatomiques confirment l’appartenance à la haute classe de la société égyptienne. Pour affirmer cela, les anthropologues se basent sur l’absence sur ses os de « lignes de Harris », qui indiquent des périodes de stress alimentaire. Quand une personne souffre de malnutrition à un moment de sa vie, les os arrêtent de croître au rythme normal, ce qui laisse une marque visible sur eux. Les os des momies des gens du peuple en ont toujours. Comme cela paraît logique, une reine d’Égypte ne manquait jamais de rien, et avait une alimentation riche et variée. Il est de plus probable que nous connaissions son nom, Rêpoutnoub, qui fut une des épouses de Niouserrê.

Fig. 5. Vue de la paume de la main gauche de la momie du pharaon Néferefrê, découverte à l’intérieur de sa pyramide. Abousir. Vème dynastie.
Photo du Dr Eugen Strouhal, reproduite avec l’aimable autorisation de l’auteur et de Miroslav Verner/Institut Tchèque d’Égyptologie ©.

Plus spectaculaire fut – pour l’importance, pas pour les restes en eux-mêmes – , la découverte qui eut lieu en 1997-1998, également à Abousir, dans la crypte de la pyramide de Néferefrê, située juste à l’Ouest de la pyramide Lepsisus XXIV et de la tombe Lepsius XXV. Là on retrouve, avec les restes d’un sarcophage et d’un vase canope, plusieurs fragments d’une momie (Verner 1999 : 73-74 ; Strouhal 2003 : 480-481 ; Strouhal, Vyhnánek 2000) : la partie centrale de l’os occipital du crâne, la clavicule gauche entière, une partie de l’omoplate de ce même côté, la main gauche entière (sauf la pointe du majeur) (Fig. 5), le péroné droit et un fragment de peau avec du tissu sous-cutané associé à une structure globulaire. Les restes appartenaient à un individu unique, car en plus d’un aspect externe identique – couleur, texture, consistance, etc. – la clavicule et l’omoplate s’emboîtaient entre elles parfaitement. D’autre part, le carbone 14 a daté toutes les pièces de la Vème dynastie, au contraire de ce qui a été déterminé pour d’autres restes retrouvés dans une strate supérieure, qui ont été datés de l’époque des croisades. Si on a encore un doute quant à l’identité du défunt, l’anthropologie vient à l’aide des données historiques et archéologiques. Grâce à différents documents écrits, nous savons que Néferefrê est arrivé jeune sur le trône et mourut après seulement une paire d’années comme pharaon (Verner 2001 : 400-402). La momie découverte dans sa pyramide appartient à un homme âgé entre 21 et 23 ans, exactement comme on pouvait l’attendre de la momie de ce pharaon. En définitive, nous avons un pharaon enterré dans sa pyramide et dont il a été montré par des méthodes scientifiques modernes, comme l’analyse au 14C qui le situe chronologiquement dans la période voulue, ainsi que les données tant écrites qu’archéologiques et anthropologiques, qu’on peut l’identifier indubitablement comme le pharaon Néferefrê de la Vème dynastie.

Une autre découverte moderne et scientifique s’est produite en 2002 dans le complexe funéraire de Djédefrê, le successeur de Khoufou. Elle eut lieu dans la pyramide satellite, appartenant à une reine, dans la crypte de laquelle on découvrit le contenu d’un de ses vases canopes et une inscription avec le nom de Khoufou. Une autre preuve qu’une personne de la famille royale a été enterrée dans une pyramide.

Les pharaons du Moyen Empire ont été également enterrés dans des pyramides, au moins ceux de la XIIème dynastie. Le réunificateur de l’Égypte et premier souverain de cette nouvelle période historique fut Montouhotep II. A mi-chemin entre la monarchie memphite, à laquelle il voulait s’assimiler, et la thébaine, à laquelle il appartenait par son origine, il fut inhumé dans un monument érigé à Deir el-Bahari. Sa tombe put avoir compris une structure pyramidale, bien que plusieurs reconstitutions possibles aient été proposées (Parra 2008 : 387-388). Dans tous les cas, comme une preuve supplémentaire que les pharaons ont été enterrés dans les tombes royales qu’ils ont construites, dans sa crypte on a découvert des restes du crâne et le fémur de ce monarque (Naville 1907-1913). Et ce n’est pas tout, puisque dans son complexe apparurent aussi les momies de deux de ses reines : Ashayet et Henhenet, toutes les deux parfaitement conservées, la première avec les viscères à l’intérieur de la momie et la seconde morte durant un accouchement à cause d’un pelvis trop étroit (Ikram, Doson 1998 : 321).

Des monarques de la XIIème dynastie on ne connaît seulement, cela en l’absence d’une identification positive qui peut être ne viendra jamais, que les restes de Senusret II [NDT : plus connu en France sous le nom de Sésostris II]. Ils furent découverts par Petrie dans la chambre funéraire de sa pyramide, à El-Lahoun. Il s’agit de quelques os de quelqu’un que leur découvreur décrit comme « complètement développé et grand, à en juger par le fémur » (Petrie et al. 1923 : 13). Déposés (soi-disant) à l’University College de Londres depuis leur découverte, ils sont toujours en attente de leur étude complète.

Nous avons plus de chance avec les reines et les princesses de la XIIème dynastie, desquelles on a découvert un bon nombre de momies enterrées dans les pyramides de leurs pharaons. En 1978-1979, Arnold découvrit dans la pyramide d’Amenemhat III à Dahchour les corps intacts de deux reines (Arnold 1987) : une anonyme âgée entre 23 et 27 ans et l’autre appelée Âat, âgée entre 25 et 35 ans, qui sont parmi les premières personnes dont le cerveau a été retiré par le nez après fracturation de l’os ethmoïde (Strouhal, Klír 2006).

On connaît deux autres reines de la XIIème dynastie, toutes deux de la famille de Senusret III [NDT : Sésostris III]. Malgré le fait qu’elle ait été découverte en 1894 par Jéquier, la chronologie de la découverte de l’une d’entre elles permet de la considérer comme une momie authentique du Moyen Empire. Elle appartient à une femme appelée Neferthenut, morte approximativement à l’âge de 40-45 ans (Morgan de 1895 : 151 ; Arnold 2002 : 61). La seconde reine, découverte en 1994 par Arnold lui-même, se nomme Oueret II et est une femme âgée approximativement de 60-70 ans au moment de sa mort (Arnold 2002 : 75-76). C’est la dernière connue des momies enterrées à l’intérieur de pyramides… pour le moment.

En résumé, malgré le fait que certains corps aient été découverts à une époque où l’archéologie et la paléopathologie faisaient leurs premier pas, ne permettant pas de leur offrir toute l’attention qu’ils méritaient, d’autres ont été découverts il y a seulement quelques années, avec toutes les garanties scientifiques. Une petite compilation nous permettra de constater que nous comptons au moins une momie (dans beaucoup de cas seulement quelques restes ou des viscères dans un vase canope) identifiée pour chacune des dynasties durant lesquelles on construisit des pyramides en Égypte : le prince de Sekhemkhet (IIIème dynastie), la reine anonyme de Djédefrê (IVème dynastie), Néferefrê (Vème dynastie), la reine Rêpoutnoub (?) (Vème dynastie), Djedkarê Isési (Vème dynastie), la reine Ipout (VIème dynastie), Pépi Ier (VIème dynastie), la reine Neith (VIème dynastie), Montouhotep II (XIème dynastie), la reine Ashayet (XIème dynastie), la reine Henhenet (XIème dynastie), la reine anonyme d’Amenemhat III (XIIème dynastie), la reine Âat (XIIème dynastie), la reine Neferthenut (XIIème dynastie) et la reine Oueret II (XIIème dynastie). Comme nous le voyons, il est impossible de nier l’évidence : les pyramides ont servi à enterrer les pharaons qui les ont construites. CQFD.

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Source: Le Site d’Irna, le 25 mars 2017


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