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Les Chemtrails n’existent pas. La conspiration des chemtrails au crible de la science

Les Chemtrails n’existent pas. La conspiration des chemtrails au crible de la science

par Sciences et Avenir,

Une équipe a soumis à un panel de 77 scientifiques les arguments développés par les partisans de cette théorie selon laquelle des avions sont massivement et secrètement utilisés pour disperser des produits chimiques.

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RUMEUR. « Lorsque les gens apprennent que je suis un chercheur qui travaille dans le domaine de l’étude du climat, beaucoup m’interrogent sur ce que je pense des « chemtrails » » explique Ken Caldeira, chercheur au département écologie de l’institution Carnegie pour la science (États-Unis). Le terme chemtrails, mot valise entre les termes anglais chemical (chimique) et trails (traînées), désigne une théorie conspirationniste selon laquelle des avions (de ligne ou militaires) seraient utilisés pour répandre, dans le plus grand secret, des produits chimiques dans l’atmosphère. Dans quel but ? Modifier le climat ou la météo, influencer l’agriculture, ralentir (ou accélérer) le réchauffement climatique, disperser des agents biologiques ou chimiques pour contrôler les populations… Les versions sur le rôle supposé de ces dispersions varient d’un site à l’autre. Une étude conduite en 2011 sur un panel de 3.105 personnes résidant aux Etats-Unis, au Canada et en Grande Bretagne chiffre à 2,6% le nombre de personnes qui sont « persuadées » de l’existence d’un tel programme secret. Et 14% des personnes interrogées pensent que cela est « partiellement vrai ».

La conspiration des chemtrails, de la fumée sans feu

« Lorsque les gens me demandent ce que je pense des chemtrails, je leur répond d’habitude qu’elles me semblent très bancales », poursuit Ken Caldeira dans une vidéo (voir plus bas) « mais je ne suis pas moi-même spécialiste du domaine. » Peu satisfait de cette réponse, le chercheur s’est donc mis en quête d’études scientifiques susceptibles d’apporter une réponse documentée aux arguments avancés par les nombreux sites qui relaient cette théorie. « Je me suis alors aperçu qu’il n’y avait aucune étude scientifique qui s’intéressait réellement aux arguments avancés par les partisans de la théorie des chemtrails », poursuit-il. Qu’à cela ne tienne : avec l’aide de deux autres chercheurs et d’un spécialiste de ces théories conspirationnistes, Ken Caldeira a sollicité les compétences de scientifiques susceptibles d’avoir un avis pertinent sur la question. Des centaines de chercheurs, sélectionnés en fonction du nombre de citations de leurs articles scientifiques durant les 20 dernières années, ont été contactés. 77 d’entre eux ont accepté d’étudier les éléments de preuve avancés par les sites relayant la théorie de la conspiration des chemtrails. À savoir des photographies de traînées laissées par les avions dans le ciel, (jugées suspectes du fait de leur forme, de leur couleur, ou encore de leur persistance), ou des rapports d’analyse d’échantillons prélevés sur le terrain. En l’occurrence, les rapports de trois analyses (que l’on suppose rigoureuses et non trafiquées) effectuées en laboratoire sur des sédiments, des prélèvements d’air contenant des particules atmosphériques, et un échantillon de neige.

En fonction de leur domaine de compétence, les experts ont été séparés en deux groupes : l’un chargé d’analyser les arguments portant sur les anomalies supposées des traînées de condensation des avions, l’autre sur les données relatives à la pollution atmosphérique et la redéposition des particules. Les scientifiques avaient pour mission de répondre à une question simple : « Est-ce que selon vous, cet élément est la preuve d’un programme de chemtrails, ou est-ce qu’il y a possiblement une autre explication plus simple ? »

Un verdict (presque) unanime

Verdict : en ce qui concerne les photos de trainées suspectes, les experts en chimie atmosphérique sont unanimes : l’explication la plus simple – et donc la plus probable selon le principe de raisonnement du Rasoir d’Ockham – à ce qui ressemble à des anomalies sur les photos n’est pas celle d’un vaste programme secret d’épandage. Tous les chercheurs voient une explication plus simple aux « anomalies » dans chacun des clichés qui leur ont été soumis (variation de pression ou d’humidité de l’atmosphère, réfraction de la lumière sur des cristaux de glace, température, particules de kérosène…)

Les réponses du groupe de géochimistes (composée de 28 chercheurs) qui se sont concentrés sur les résultats d’analyse des trois échantillons suspects sont presque aussi unanimes. Pour l’écrasante majorité des chercheurs (82 à 89% d’entre eux) les « étranges » taux d’aluminium, de strontium, de cuivre ou de manganèse dans les échantillons peuvent être expliqués autrement que par un programme d’épandage massif : pollution industrielle, dépôt naturel, ou simplement une valeur certes haute mais pas forcément hors normes…. Une petite portion d’entre eux juge les données insuffisantes pour pouvoir conclure (absence d’information sur la présence d’industries environnantes par exemple). Un seul des 28 chercheurs de ce groupe estime toutefois que l’explication la plus probable à ces résultats est bien liée à un programme secret d’épandage massif.

L’équipe de Ken Caldeira, dont les résultats ont été publiés le 10 août 2016 dans la revue Environmental Research Letters a par ailleurs demandé à chacun de ces 77 experts si, au cours de leurs recherches ou leur vie personnelle, ils avaient eu l’occasion de croiser quelque preuve que ce soit qui puisse accréditer la théorie de la conspiration des chemtrails. Tous ont répondu de manière négative, à l’exception de ce même géochimiste qui raconte avoir eu l’occasion de « mesurer de fortes teneur en baryum dans l’atmosphère, dans des régions reculées, alors que les niveaux de baryum dans le sol étaient faibles ».

En d’autres termes : 98,7% des 77 scientifiques spécialistes des traînées de condensation, de la pollution atmosphériques et de la redéposition des particules estiment que les arguments avancés par les partisans de la théorie des chemtrails sont erronés ou insuffisamment documentés pour constituer une véritable preuve. « L’objectif de cette étude n’est pas de faire changer d’avis les fanatiques de ces théories, mais de rendre accessible à ceux qui doutent, une véritable expertise scientifique sur le sujet », précise Ken Caldeira.

En effet, ces théories ont le vent en poupe. Notamment du fait de l’essor des recherches (essentiellement théoriques, via des modèles informatiques) visant à étudier si la dispersion de particules dans l’atmosphère pourrait, par exemple, freiner le réchauffement climatique. De même, quelques expériences conduites sur le terrain, par exemple pour ensemencer les nuages avec des cristaux de sel pour faire pleuvoir dans certaines régions arides ou encore l’émission de particules d’iodure d’argent par des canons pour prévenir la formation de gros grêlons alimentent la machine à fantasmes. Mais entre ces quelques expériences pas franchement efficaces, et un vaste complot mondial mettant en scène des milliers d’avions réalisant des dispersions massives dans l’atmosphère et sur les populations, il y a un large fossé.

Source: Sciences et Avenir, le 17 août 2016


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