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Manuel Valls : « Il y a urgence à aider l’islam de France »

Manuel Valls : « Il y a urgence à aider l’islam de France »

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Dans une tribune publiée dans Le Journal du Dimanche, Manuel Valls estime que « l’islam a trouvé sa place dans la République », mais que, « face à la montée du djihadisme », il y a « urgence » à « bâtir un véritable pacte » avec la deuxième religion de France, via la Fondation pour l’islam de France. « L’islam a trouvé sa place dans la République (…), contrairement aux attaques répétées des populismes, à droite et à l’extrême droite », qui ont mis cette religion au « coeur de leur rhétorique du bouc émissaire », déclare le Premier ministre. « Ce rejet insupportable de l’islam et des musulmans, ces paroles, ces actes, tout comme les paroles et les actes antisémites, anti-chrétiens, doivent être combattus – et ils le sont – avec la plus grande force », assure-t-il.

Pour autant, après les récents attentats de Nice et Saint-Étienne-du-Rouvray, l’ancien maire d’Évry appelle à « un devoir de lucidité face à la montée de l’islamisme et du djihadisme mondialisé avec sa vision apocalyptique », qui prend « en otage de nombreux musulmans de France ». Soulignant la « mobilisation sans précédent des pouvoirs publics » dans la lutte contre « la radicalisation », il juge que la France « doit faire au monde entier la démonstration éclatante que l’islam est compatible avec la démocratie ».

« Nous, Français et musulmans, sommes prêts à assumer nos responsabilités »

Manuel Valls, qui s’est dit vendredi dans le journal Le Monde « favorable » à une interdiction temporaire du financement étranger des mosquées, rappelle qu’il « y a plus de dix ans une fondation (la Fondation pour l’islam de France, NDLR) a été créée pour réunir en toute transparence les fonds nécessaires ». « Son échec est total. Il ne doit pas nous décourager. Il faut reconstruire une capacité de financement française », insiste-t-il.

« Il y a urgence à aider l’islam de France à se débarrasser de ceux qui le minent de l’intérieur. Pour cela, il nous appartient de bâtir un véritable pacte avec l’islam de France, donnant à la fondation une place centrale », ajoute le chef du gouvernement, dans le droit fil de ce qui a été fait en 1905 avec la loi de séparation des Églises et de l’État.

Dans un appel à « agir » contre « l’islamisme radical », intitulé « Nous, Français et musulmans, sommes prêts à assumer nos responsabilités » et également publié dans le JDD, une quarantaine de personnalités – dont le philosophe Abdennour Bidar, l’essayiste Hakim El Karoui et la sénatrice PS Bariza Khiari – se disent « concernées par l’impuissance de l’organisation actuelle de l’islam de France, qui n’a aucune prise sur les événements ». Préconisant de « changer de générations » et de mener « la bataille culturelle contre l’islamisme radical auprès des jeunes et des moins jeunes », ils soulignent eux aussi qu’« il est temps » de « réactiver » la Fondation pour l’islam de France, qui « n’a jamais fonctionné », et de « lui donner la capacité de collecter des ressources ».

« Formules creuses »

De fait, insiste Manuel Valls, tout en refusant « toute tentation néoconcordataire », qui « serait une insulte à la laïcité », il va falloir « revoir certaines règles pour tarir les financements extérieurs et accroître en compensation les possibilités de levées de fonds en France ». « Tout devra être mis sur la table, avec les musulmans de France et leurs instances représentatives », précise-t-il.
Dans un communiqué, le député LR Éric Ciotti s’est dit « totalement opposé » à cette vision culpabilisatrice du Premier ministre qui, « ouvrant la voie à un financement public des lieux de culte, renie à demi-mot la loi de 1905 ». « Qu’il s’agisse de la formation des imams ou du financement de l’islam en France, le Premier ministre ne peut se contenter de formules creuses », a déploré de son côté la candidate à la primaire Nathalie Kosciusko-Morizet dans un communiqué.


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Publié le 31 juillet, 2016 dans France, Islam, Politique & Loi.

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