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L’expression «théorie conspirationniste» ne fait plus peur (et n’a jamais fait peur)

L’expression «théorie conspirationniste» ne fait plus peur (et n’a jamais fait peur)

Apposer les termes «théorie du complot» à côté d’une idée ne rend pas les gens plus méfiants.

Quand une personne évoque la piste de «théories du complot», on pourrait s’attendre, en toute logique, à une réaction de méfiance de la part de ses interlocuteurs. Surtout que celles-ci accompagnent désormais chaque évènement médiatisé, à l’image de ceux qui avancent que c’est l’État français lui-même qui se cache derrière l’organisation de l’attentat contre Charlie Hebdo ou que le petit Alyan, retrouvé décédé sur une plage turque, n’était pas réellement un migrant.

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Or, ce n’est visiblement pas le cas: l’expression «théorie conspirationniste», ce n’est plus ce que c’était!, rapporte un article du Pacific Standard, qui résume les recherches effectuées par Michael Wood, le psychologue de l’université de Winchester.

Employée à tout bout de champ

Pour tester l’impact de ces deux mots, l’universitaire a mené deux expériences. La première, menée sur 150 Américains, consistait à présenter aux participants dix évènements, cinq historiques et cinq complètement inventés. Pour la moitié des participants, les dix faits étaient précédés d’une mention «théories conspirationnistes», et pour les soixante-quinze autres, seule la mention «idées» était apposée. Or, la distinction n’a pas eu d’effet significatif sur le jugement des personnes sondées.

La deuxième expérience consistait à faire évaluer un article de journal intitulé «Des théories conspirationnistes se font jour après l’annonce des résultats des élections canadiennes» à un groupe de personnes d’environ 400 personnes, tandis que 400 autres lisaient le même article, mais cette fois avec les mots «soupçons de corruption» à la place de «théories conspirationnistes». Là encore, la différence d’appellation n’a pas entraîné de différences significatives dans l’évaluation des participants.

Pour expliquer ce résultat, le chercheur suggère que le terme a pris une connotation positive à la suite de films et de romans mettant en avant l’existence de véritables conspirations, dont des héros seraient victimes. Ou bien peut-être que le terme a tout simplement perdu de son efficacité à force d’être employé à tout bout de champ.

Slate, le 6 septembre 2015

Publié le 6 septembre, 2015 dans Conspirations & Complots, Psychologie, Société & Culture.

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