Articles intéressants à lire

Cour Supreme Israel  Denver International Airport  Symboles Occultes Bank of America  Georgia Guidestones  Saturne Occulte  Pyramide Blagnac  Le Rockefeller Center  Parlement UE  Symboles dans les logos  Sionisme Rothschild  Le billet d'un dollar  Cherchez l'erreur  Cathedrale Saint Jean le Divin  Le Projet Rivkin  La Fasces  La Nouvelle Aube Nouveau Jour en Image  Feu dans les Esprits des Hommes  Les 1000 points de lumiere  La Pierre de Bethel  La Main Cachee  Systeme Solaire  Aleister Crowley  Ordre des Illumines de Baviere  Qui est Baphomet  Illuminati New World Order  Introduction NWO

Publicité

Ébola : Les chiffres qui font peur

Ébola : Les chiffres qui font peur

Le nombre de cas d’infection par le virus Ébola pourrait exploser dans les prochaines semaines, et atteindre des centaines de milliers d’ici quelques mois, selon une modélisation mathématique basée sur les tendances actuelles.

ebola

Le bilan de l’épidémie est évalué aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à 3.069 cas et 1.552 morts, la mortalité globale de l’infection étant estimée à 52 %. On ne voit jusqu’ici aucun signe de ralentissement de l’épidémie : plus de 40 % des cas actuels sont survenus pendant les trois dernières semaines, la majorité au Libéria.

D’ici le 24 septembre prochain, le nombre de personnes touchées par le virus Ébola en Afrique de l’Ouest pourrait dépasser 10.000, et pourrait atteindre plusieurs centaines de milliers dans les prochains mois, selon une modélisation réalisée par Alessandro Vespignani, professeur de physique à l’université Northeastern, à Boston.

courbe-ebola

Courbe de progression de l’épidémie modélisée par Alessandro Vespignani

« Les chiffres sont vraiment effrayants, dit Vespignani, interrogés par la revue Science. Nous espérons tous que ces projections ne se réaliseront pas. » Le physicien souligne que son modèle, qui extrapole les tendances depuis juillet, est basé sur l’hypothèse que les moyens mis en œuvre pour contenir l’épidémie ne sont pas augmentés.

« Si l’épidémie au Libéria continue au rythme actuel jusqu’au 1er décembre, le nombre total de cas dépassera 100 000 », confirme l’épidémiologue Christian Althaus, de l’université de Berne, qui a lui aussi modélisé la progression du virus en Afrique de l’Ouest.

Moins pessimiste, l’OMS a estimé que l’épidémie pourrait être contenue d’ici six à neuf mois et que le nombre final de cas se situerait autour de 20.000. L’OMS a présenté le 28 août une feuille de route pour intensifier la lutte contre le virus, prévoyant un budget de 490 millions de dollars pour les six prochains mois.

L’organisation a également indiqué qu’elle considère comme une « priorité absolue » le suivi de l’épidémie au Sénégal, où un premier cas vient d’apparaître (un étudiant de 21 ans venu de Guinée). Le Sénégal est le cinquième pays d’Afrique de l’Ouest touché après la Guinée, le Libéria, le Nigéria et la Sierra Leone.

Une deuxième épidémie à virus Ébola se développe en République démocratique du Congo, et a tué 13 personnes depuis fin juillet, mais elle est due à une autre souche de virus et ne semble pas reliée à l’épidémie principale.

Si l’OMS reste relativement optimiste, les scientifiques qui cherchent à modéliser la progression du virus jugent que les efforts actuels sont insuffisants pour contrôler l’épidémie. La situation reste critique au Libéria, où le nombre de cas a triplé depuis début août, et gravissime en Sierra Leone, où il a été multiplié par 1,6 – alors même que l’on estime que jusqu’à trois cas sur quatre ne sont pas détectés. Par ailleurs, on ne sait pas exactement à combien de personnes en moyenne un sujet infecté transmet le virus.

Les modélisations sont donc établies avec des données incomplètes, mais l’opinion majoritaire des spécialistes est que l’estimation de l’OMS est « conservatrice » – autrement dit qu’elle risque d’être plutôt en-dessous de la réalité. Aujourd’hui, les moyens humains disponibles ne suffisent pas à ralentir significativement la diffusion du virus. Même imparfaits, les modèles pourraient rendre service.

Ils pourraient notamment indiquer s’il est important de surveiller tous les contacts d’un patient infecté, ce qui est difficilement réalisable dans l’immédiat, ou s’il pourrait suffire de se concentrer sur le nombre plus limité de personnes très proches du sujet, par exemple celles qui ont partagé sa chambre.

En tout état de cause, l’intensification des efforts pour contenir le virus, souhaitée par l’OMS, se heurte à la faiblesse des systèmes de santé des pays touchés et aux difficultés d’accès à ces pays, délaissés par les compagnies aériennes et les transports maritimes.

Qui plus est, le virus a causé une véritable hécatombe parmi le personnel médical : plus de 240 travailleurs sanitaires ont été infectés, dont la moitié sont morts. Symbole de ce lourd tribut payé à l’épidémie, une étude pionnière sur la génétique du virus vient d’être publiée dans Science, alors que 5 de ses 58 co-auteurs sont morts de l’infection à Ébola, avant que l’article ne paraisse.

Tous les cinq travaillaient à l’hôpital de Kenema, en Sierra Leone, où a été collectée une grande partie des échantillons utilisés pour analyser les gènes du virus.

Cette étude dont le coût humain a été élevé a apporté de précieuses informations sur l’origine du virus et sa diffusion en Sierra Leone. L’équipe internationale de 58 co-auteurs, dirigée par Stephen Gire de l’université Harvard, a séquencé des échantillons de virus prélevés sur 78 personnes testées positives entre fin mai et mi-juin en Sierra Leone. Parmi ces patients, une jeune femme entrée à l’hôpital de Kenema fin mai 2014, alors qu’elle souffrait d’une forte fièvre et venait de faire une fausse couche.

Le virus a probablement été transporté d’Afrique centrale à l’ouest au cours de la dernière décennie

Cette jeune femme est le premier cas de fièvre Ébola identifié en Sierra Leone. Lorsqu’elle est entrée à l’hôpital, le virus Ébola était déjà présent en Guinée depuis des mois. Des médecins se sont rendus dans le village où habitait la patiente. Ils ont découvert qu’elle avait assisté aux funérailles d’un guérisseur traditionnel, lequel avait soigné des patients de Guinée – le village se trouve près de la frontière entre les deux pays. Les auteurs de l’étude ont retrouvé la trace de 13 autres femmes qui avaient assisté à l’enterrement et ont été infectées.

victimes-ebola

Mohammed Fullah, Alice Kovoma, Sheik Humarr Khan, Sidiki Saffa, Mbalu Fonnie, co-auteurs d’une étude de Science, tués par Ébola

Cette jeune femme est le premier cas de fièvre Ébola identifié en Sierra Leone. Lorsqu’elle est entrée à l’hôpital, le virus Ébola était déjà présent en Guinée depuis des mois. Des médecins se sont rendus dans le village où habitait la patiente.

Ils ont découvert qu’elle avait assisté aux funérailles d’un guérisseur traditionnel, lequel avait soigné des patients de Guinée – le village se trouve près de la frontière entre les deux pays. Les auteurs de l’étude ont retrouvé la trace de 13 autres femmes qui avaient assisté à l’enterrement et ont été infectées.
L’analyse génétique confirme que ces patientes sont à l’origine de l’épidémie en Sierra Leone. Elle montre aussi que deux souches différentes de virus ont été introduites de Guinée en Sierra Leone à peu près en même temps. Il se peut que le guérisseur ait été infecté par les deux, ou bien qu’une personne présente à ses funérailles ait été infectée indépendamment.

Quoi qu’il en soit, les deux souches venues de Guinée se sont ensuite propagées en Sierra Leone. Les chercheurs n’ont pas encore eu le temps d’étudier des échantillons du Libéria pour les comparer à ceux du Sierra Leone. Mais celui-ci a aussi des frontières communes avec la Guinée, d’où le virus s’est probablement propagé au Libéria à la fin mars 2014.

L’étude génétique apporte aussi un éclairage sur l’origine de l’épidémie. Le virus s’est transmis de l’animal à l’homme, en Guinée, probablement une seule fois, avant de se diffuser chez l’homme. Il n’y a sans doute pas eu de transmissions répétées du réservoir animal à notre espèce. Ce réservoir animal n’est pas connu avec certitude, mais l’hypothèse la plus plausible est qu’il s’agit d’une espèce de chauve-souris frugivore.

Les précédentes épidémies de virus Ébola se sont produites en Afrique centrale, et son apparition en Guinée a constitué une surprise. Certains spécialistes ont avancé l’idée que le virus était également présent depuis des décennies en Afrique de l’Ouest dans son réservoir animal, mais n’avait pas été détecté.

L’analyse des séquences de virus de Sierra Leone conduit à écarter cette hypothèse : il apparaît plus probable que le transport du virus, venu d’Afrique centrale par une chauve-souris frugivore, se soit produit au cours de la dernière décennie. On connaît au moins une espèce de chauve-souris présente dans les deux régions africaines. Il n’y a cependant pas encore de certitude, du fait que l’on n’a pas encore réussi à isoler le virus sur une chauve-souris, mais seulement à détecter des signes indirects de son passage.

L’analyse réalisée par Stephen Gire et ses collègues montre aussi que le virus a muté au cours du développement de l’épidémie. « C’est la première fois que l’on peut observer l’évolution réelle du virus Ébola chez les humains », dit Sylvain Baize, de l’Institut Pasteur de Lyon, dont l’équipe a séquencé les premiers échantillons de virus de Guinée, en mars dernier. Le taux de mutation du virus est double de ce que l’on a mesuré dans les précédentes épidémies.

Cela pourrait permettre au virus de s’adapter pour continuer à se propager. Mais on n’a pas encore pu étudier suffisamment les mutations pour savoir si elles constituent un motif supplémentaire d’inquiétude. Elles doivent cependant être surveillées, notamment parce qu’elles peuvent affecter les régions du génome utilisée pour les tests de diagnostic.

De nouvelles études du même type devraient être menées sur des échantillons de virus Ébola prélevées en Guinée et au Libéria. Mais quel que soit l’apport de l’analyse génétique, l’urgence est de ralentir la progression dramatique du virus par des mesures de santé publique appropriées.

Lourde tâche, alors que les systèmes de santé du Libéria et de la Sierra Leone sont à bout de souffle, et que certaines actions comme les quarantaines et les couvre-feux sont si impopulaires qu’elles se révèlent contre-productives. Ainsi, la tentative d’isoler le quartier de West Point, un bidonville de Monrovia, la capitale du Libéria, a suscité des réactions très négatives et a accru la méfiance vis-à-vis du personnel sanitaire.

En dernière analyse, stopper l’épidémie nécessitera aussi un changement d’attitude des communautés touchées par l’épidémie. Comme l’observe Alessandro Vespignani, un tel changement est facile à modéliser: il suffit de modifier une ligne de code dans un modèle informatique pour faire baisser de 40 % le taux de transmission du virus lors des funérailles. Mais sur le terrain, c’est une autre affaire.

L’épidémie devient incontrôlable

Mediapart via Fortune

Publié le 6 septembre, 2014 dans Ebola, Monde, Santé.

Publicité

Laissez un commentaire

*