Articles intéressants à lire

Cour Supreme Israel  Denver International Airport  Symboles Occultes Bank of America  Georgia Guidestones  Saturne Occulte  Pyramide Blagnac  Le Rockefeller Center  Parlement UE  Symboles dans les logos  Sionisme Rothschild  Le billet d'un dollar  Cherchez l'erreur  Cathedrale Saint Jean le Divin  Le Projet Rivkin  La Fasces  La Nouvelle Aube Nouveau Jour en Image  Feu dans les Esprits des Hommes  Les 1000 points de lumiere  La Pierre de Bethel  La Main Cachee  Systeme Solaire  Aleister Crowley  Ordre des Illumines de Baviere  Qui est Baphomet  Illuminati New World Order  Introduction NWO

Publicité

La fin de l’Internet américain

La fin de l’Internet américain

Il n’était pas peu fier d’avoir trouvé la parade dans la tempête, Richard Allan, lorsqu’il s’est présenté, lundi 11 novembre, devant la commission des libertés civiles du Parlement européen.

nsa-web-am

Le directeur régional des affaires publiques de Facebook y était convoqué dans le cadre des auditions sur le vaste programme de surveillance électronique américain révélé par l’affaire Snowden, et il a sorti son arme secrète : les autorités américaines ne sont pas les seules à saisir Facebook pour obtenir des données personnelles sur ses utilisateurs, a-t-il annoncé. Les pays européens sont aussi curieux.

Ou presque. Durant les six premiers mois de 2013, Facebook, numéro un américain des réseaux sociaux, a reçu entre 11.000 et 12.000 requêtes de l’administration américaine, portant sur 20.000 à 21.000 comptes individuels. Dans le même temps, les pays de l’Union européenne ont formulé 8.500 requêtes, concernant environ 10.000 comptes.

INTRUSIONS LÉGALES

En livrant ces chiffres, Richard Allan ne voulait pas seulement montrer que ces intrusions légales, motivées en principe par des enquêtes judiciaires, n’affectent qu’« une toute petite fraction de 1 % » du 1,2 milliard d’utilisateurs du réseau social dans le monde ; il entendait apporter de l’eau au moulin du « tout le monde le fait », argument massue de Washington depuis que les fuites provoquées par l’ex-agent Edward Snowden ont mis en lumière l’ampleur de l’espionnage et du pillage des données électroniques par le renseignement américain.

Trois jours plus tard, Google a repris l’argument, révélant que les demandes de données personnelles formulées par les Etats ont doublé depuis 2010, mais que moins de la moitié de ces demandes émanent des Etats-Unis.

Les champions américains de l’Internet sentent le vent du boulet. Ces efforts désespérés pour détourner l’attention du fond du problème en sont un signe, car si l’on parle beaucoup des retombées politiques et diplomatiques de l’affaire Snowden, une autre dimension du scandale préoccupe bien plus ces géants de la high-tech : les conséquences désastreuses, pour leur image et leur crédibilité, du pillage de centaines de millions de données privées par la National Security Agency (NSA) et autres grandes oreilles, bien au-delà des quelques milliers de requêtes sagement formulées dans le respect des procédures.

Sans compter la révélation, par le New York Times, que l’opérateur américain de télécoms AT & T touche 10 millions de dollars (7,4 millions d’euros) par an pour fournir des données téléphoniques aux autorités ; son projet d’acquisition de Vodafone en Europe risque de s’en trouver compromis.

Chez Google, on affirme « respirer beaucoup mieux » depuis que, le 1er novembre, il a été révélé que la NSA se servait allègrement dans les tuyaux de Google et Yahoo!, en interceptant, à leur insu, les données lors de leur transfert d’un centre à l’autre. Des dispositions ont aussitôt été prises pour encrypter les données afin que leur transfert soit protégé, nous assurent les responsables de Google, et tout devrait rentrer dans l’ordre : de complice de l’agression, Google, « scandalisé », selon l’expression de son vice-président, David Drummond, devenait victime.

BALKANISATION

En réalité, les dégâts vont beaucoup plus loin.

C’est désormais tout le postulat du contrôle américain du Web qui est remis en question. Cette fabuleuse invention, partie des Etats-Unis, symbolisait l’innovation perpétuelle, la liberté, le progrès technologique, l’abolition des frontières. La NSA en a fait une arme ultrapuissante de la guerre antiterroriste, soustraite au contrôle des institutions démocratiques, violant l’espace privé des citoyens du monde entier.

Aux Etats-Unis, les experts du cyberespace dénoncent aujourd’hui, un peu tard, cette « militarisation d’Internet ». Que d’autres Etats y participent, finalement, importe peu. Le mal est fait.

Les patrons des sociétés américaines qui se partagent le marché mondial, à l’exception de la Chine et de l’Iran, ont pris conscience de l’étendue du désastre et du risque de backlash qu’il entraîne. Ce retour de bâton a déjà un nom : balkanisation. Et il a commencé. Non pas dans les Balkans mais, bien plus grave, au Brésil, énorme marché.

Furieuse d’apprendre à quel point son pays, et elle-même, ont été la cible de la NSA, la présidente, Dilma Rousseff, a fait ajouter à un projet de loi sur Internet un article qui contraindrait les sociétés de services en ligne à stocker au Brésil toutes les données électroniques des Brésiliens.

En Allemagne, selon Der Spiegel, Deutsche Telekom étudie aussi la possibilité d’un « Internetz » allemand, voire à l’échelle de l’espace Schengen, avec stockage dans des centres de données locaux. En jargon géopolitique de l’Internet, cela s’appelle « data relocalization », ou relocalisation des données, et ces deux mots mis ensemble font dresser les cheveux sur la tête des apôtres du cyberespace libre et mondialisé. « C’est tout le contraire de l’objectif d’Internet ! », se lamente un vieux routier de Google.

Anxieux de ne pas perdre leur monopole, les géants de l’Internet cherchent donc la contre-attaque. Aux Etats-Unis, ils vont s’associer pour demander à l’administration Obama une réforme du Patriot Act. Au niveau mondial, ils planchent sur une proposition de réforme de la gouvernance d’Internet, pour éviter une mainmise de l’ONU qui, à leurs yeux, serait aussi nuisible que la balkanisation.

Une gouvernance où la société civile, par le biais d’ONG, et les entreprises privées seraient représentées aux côtés des gouvernements. Pour eux, rompre le lien avec le pouvoir américain est devenu une urgence.

Le Monde via Fortune

Publié le 20 novembre, 2013 dans Big Brother, Etats-Unis, Internet, Le Monde, PRISM.

Publicité

Laissez un commentaire

*