Articles intéressants à lire

Cour Supreme Israel  Denver International Airport  Symboles Occultes Bank of America  Georgia Guidestones  Saturne Occulte  Pyramide Blagnac  Le Rockefeller Center  Parlement UE  Symboles dans les logos  Sionisme Rothschild  Le billet d'un dollar  Cherchez l'erreur  Cathedrale Saint Jean le Divin  Le Projet Rivkin  La Fasces  La Nouvelle Aube Nouveau Jour en Image  Feu dans les Esprits des Hommes  Les 1000 points de lumiere  La Pierre de Bethel  La Main Cachee  Systeme Solaire  Aleister Crowley  Ordre des Illumines de Baviere  Qui est Baphomet  Illuminati New World Order  Introduction NWO

Publicité

Tyrannosaurus rex : vérités et conjectures

Vérités et conjectures sur le ‘formidable’ T. rex

Brian Switek
Nature
Mercredi 23 Oct 2013

t-rex Bien qu’il soit l’un des dinosaures les mieux connus, il nous cache encore bien des secrets. Voici ce que les paléontologues aimeraient par-dessus tout connaître sur ce célèbre tyran.

En fin d’année 1905, les journalistes se sont extasiés sur les os d’un monstre préhistorique que des paléontologues avaient déterrés dans les badlands du Montana. Quand le New York Times fit la description du nouveau « saurien tyran », l’article parla « du plus formidable prédateur au sujet duquel n’existe aucune donnée ». Un siècle plus tard, le Tyrannosaurus rex exerce toujours son emprise sur l’imagination des gens ou des paléontologues.

Dépassant plus de 12 mètres du « museau » au bout de la queue et arborant des douzaines de dents acérées de la taille d’une dague (jusqu’à 30cm, NdT), le T. rex qui vivait il y a 66 millions d’années reste l’ultime exemple du prédateur préhistorique – à un point tel qu’une frénésie médiatique s’est emparée cette année d’un article qui débattait d’un T. rex majoritairement chasseur ou se nourrissant de charognes. Ce qui rendit furieux plusieurs paléontologues, qui disent avoir résolu la question il y a longtemps par d’amples preuves montrant que T. rex pouvait abattre une proie et mettre une charogne en pièce. Ce qui a particulièrement vexé les chercheurs était que ce non-problème éclipsait d’autres questions plus importantes sur le T. rex.

Les origines évolutives du dinosaure, par exemple, sont encore un mystère. Les chercheurs sont impatients de tenter de déterminer comment ces rois du Crétacé (période démarrée à -145 millions d’années jusqu’à – 66 millions d’années, qui a précédé le Jurassique). Le débat porte aussi sur l’apparence qu’avait un T. rex juvénile, et si les paléontologues avaient passé des dizaines d’années à prendre à tort les spécimens jeunes pour une espèce séparée. L’apparence basique des T. rex est même sujette à dispute : de nombreux chercheurs prétendent que le géant était couvert de duvet à la place d’écailles. Et il y a ensuite la question qui vexe sur la raison de la tête et des jambes massives du T. rex comparés à ses membres antérieurs relativement chétifs.

Le bon côté est que les paléontologues ont du matériel sur lequel travailler. « Nous avons beaucoup de fossiles de T. rex », dit Stephen Brusatte, paléontologue à l’université d’Édimbourg en Grande-Bretagne. « Il est rare d’avoir autant de fossiles de dinosaures en bon état, nous pouvons donc lancer une recherche sur le T. rex – comme sa croissance, son alimentation et son mode de déplacement – ce que nous ne pouvons faire pour d’autres dinosaures ».

Dans cet article, Nature examine le mode d’investigation des paléontologues et autres sujets sur la sellette à propos du carnivore le plus charismatique.

Des origines confuses

Au cours des quelques décennies qui ont suivi la dénomination et la description du T. rex par Henry Fairfield Osborn, les chercheurs ont envisagé ce dinosaure géant comme la culmination d’une orientation vers des prédateurs de plus grande taille. De ce point de vue, le T. rex serait le descendant de l’Allosaurus, prédateur de 9 mètres de long qui vivait plus de 80 millions d’années auparavant. Ce dernier et d’autres énormes dinosaures carnivores étaient rassemblés dans une même catégorie nommée Carnosauria, le T. rex étant le dernier et le plus grand de la famille. Mais les paléontologues ont divisé cet arbre d’évolution grâce à une forme d’analyse plus rigoureuse, la cladistique (mode de classification phylogénétique, NdT), dans les années 1990. Ils réexaminèrent le lien entre les groupes de dinosaures et ont découvert que le T. rex prenait ses racines dans une lignée de petites créatures avec du duvet qui vivaient dans l’ombre de l’Allosaurus et d’autres prédateurs de la période du Jurassique.

Le nouveau point de vue plaçait le T. rex et ses proches parents – tous nommés tyrannosaurides – au sommet d’une branche d’un arbre d’évolution plus large appelé Tyrannosauroidea, qui émergea il y a environ 165 millions d’années. Parmi les membres les plus anciens connus de ce groupe il y avait Stokesosaurus clevelandi, un carnivore bipède de 2 à 3 mètres de long qui vivait il y a 150 millions d’années. On en sait peu sur cette créature, mais il est prouvé d’après d’autres tyrannosauroïdes primitifs que le Stokesaurus possédait un crâne allongé et bas et des membres minces. Les premiers tyrannosauroïdes étaient petits, d’agiles prédateurs, mais leur taille les situait en bas de la hiérarchie de la période jurassique. « C’étaient plus des chiens de compagnie que de grands prédateurs », dit Brusatte.

La question qui se pose aux paléontologues est comment les tyrannosaures ont pris le pouvoir après des débuts aussi humbles et pourquoi ils se sont appropriés la place de prédateurs en chef en Amérique du nord et en Asie. Pour l’instant, les éléments-clé de cette histoire sont manquants. Il n’existe que peu de formations rocheuses riches en dinosaures pour la période allant de – 145 millions d’années à – 90 millions d’années, quand les tyrannosaures auraient pris le pouvoir, les paléontologues doivent encore finir de cartographier les communautés qui existaient à l’époque. Des changements du niveau des mers ou du climat auraient pu déclencher des événements qui auraient conduit à la domination des tyrannosaures, dit Brusatte, mais il admet que cette hypothèse n’est que spéculative. « Il nous faut vraiment plus de fossiles du milieu du Crétacé pour résoudre ce mystère ».

Ces dernières années, les chercheurs ont commencé à s’orienter vers la Chine, où des formations rocheuses montrent des éléments de cet intervalle-clé. En 2009, Peter Makovicky et ses collègues du musée de Chicago ont fait la description d’un tyrannosaure à gros museau appelé Xiongguanlong baimoensis d’après des roches de l’ouest de la Chine remontant à – 100 millions d’années. Cet animal atteignait environ quatre mètres de long, un cran au-dessus des tyrannosaures du Jurassique. Et en 2012, Xu Xing de l’institut de Paléontologie des vertébrés à Pékin a décrit avec ses collègues un tyrannosaure de 9 mètres de long sous le nom de Yutyrannus huali provenant d’une époque similaire.

C’est peut-être la transition décisive durant laquelle les tyrannosaures ont supplanté les allosaures, avant que ces derniers ne disparaissent des mêmes habitats. Des études de roches du nord de la Chine ont permis à Brusatte de découvrir un allosaure long de 5 à 6 mètres appelé Shaochilong marotuensis, qui vivait il y a environ 90 millions d’années. « Il semble donc que les allosauroïdes et les tyrannosauroïdes se trouvaient tous deux en Asie à ce moment-là, et qu’ils avaient une taille relativement semblable, » dit-il. Il espère que de nouvelles découvertes de fossiles aideront à étoffer les réponses sur la manière et l’époque où les tyrannosaures sont devenus les principaux prédateurs de leur écosystème.

Crise d’adolescence

De même que les origines évolutionnaires du T. rex restent obscures, celles de sa jeunesse le sont aussi. Dans ce cas, le grand débat se centre sur une créature nommée Nanotyrannus lancensis, un tyrannosaure découvert dans les mêmes dépôts nord-américains que le T. rex qui peut avoir atteint plus de 6 mètres de long. Lors de sa première découverte, on a pensé que cette créature était une espèce séparée, mais certains chercheurs prétendent maintenant que Nanotyrannus n’est en fait qu’un T. rex juvénile.

Selon Thomas Holtz Jr, paléontologue à l’université du Maryland, les spécimens de Nanotyrannus ressemblent remarquablement au T. rex, et les différences entre les deux font penser aux différences entre des individus immatures et matures d’autres espèces de tyrannosaures. Le fait que tous les spécimens de Nanotyrannus semblent être des animaux juvéniles et tous les spécimens reconnus comme des T. rex sont adolescents ou adultes, dit Holtz, indique que les deux ne font en réalité qu’un.

Lawrence Witmer, paléobiologiste à l’université Ohio d’Athènes, n’en est pas sûr. En 2010, lui et son collègue Ryan Ridgely ont étudié des scans de tomographies assistées par ordinateur d’un crâne provenant du musée d’histoire naturelle de Cleveland considéré comme le spécimen de définition, ou holotype, du N. lancensis.

« Nous sommes arrivés dans le projet avec l’a priori ou la supposition que le crâne de Cleveland était celui d’un T. rex juvénile », dit Witmer. Mais ils ont découvert des échancrures inhabituelles dans la boîte crânienne et les sinus, où du vivant de l’animal, l’arrière du crâne était rempli de sacs d’air. Ces caractéristiques sont très différentes de celles du T. rex et peuvent identifier le crâne comme appartenant à une espèce différente, dit Witmer.

Le clan Nanotyrannus n’a pas d’avocat plus fervent que Peter Larson, président de l’institut Black Hills de recherche géologique, société de Hill City, au sud-Dakota, qui réunit, prépare et redistribue les fossiles. L’argument de Larson est que les dents du Nanotyrannus sont trop bien implantées et trop compactes pour être celles d’un jeune T. rex. Il souligne aussi des différences entre les deux espèces par l’anatomie de la cavité de l’omoplate et les ouvertures du crâne.

Mais certaines de ces conclusions ont été récoltées à partir de fossiles pas encore décrits dans une quelconque publication et les scientifiques peuvent n’avoir jamais la chance de les étudier. Un squelette identifié comme celui d’un Nanotyrannnus qui pourrait offrir des indices sera mis aux enchères le mois prochain à New York. Le battage autour de ce spécimen et sa référence au débat sur le Nanotyrannus a permis d’élever son prix ; il est estimé qu’il pourrait atteindre 9 millions de dollars. Mais la plupart des paléontologues refusent d’étudier de tels spécimens sauf s’ils sont placés dans un musée réputé. Un acheteur privé pourrait priver les chercheurs de cette opportunité.

« La solution réside peut-être dans une demande d’un supplément de fossiles », dit Witmer. Pour que le Nanotyrannus ait une chance d’être une espèce séparée, les paléontologues aimeraient voir l’une ou l’autre découverte : soit un jeune tyrannosaure ressemblant plus à un T. rex adulte que tout autre spécimen de Nanotyrannus, soit un animal qui est clairement un Nanotyrannus adulte, différent du T. rex. Mais quand un animal aussi charismatique que le T. rex est concerné, il est peut-être impossible aux chercheurs d’abandonner des points de vue enracinés et de résoudre des décennies de discussions. « Je n’ose pas penser au nombre de données qu’il faudrait pour s’en sortir », dit Witmer.

Agitation autour de plumes

Les artistes ont dépeint pendant des générations un T. rex couvert d’écailles, ressemblant plus aux reptiles modernes dont ils ne sont que de lointains parents. Mais depuis vingt ans, des chercheurs chinois ont découvert des spécimens de nombreux groupes de dinosaures qui portaient des plumes ou une peau duveteuse. Certaines découvertes comprennent des espèces très proches du T. rex.

En 2004, Xu décrivit le Dilong paradoxus – un petit tyrannosaure primitif. Le fossile de cet animal montrait comme des filaments implantées autour de la queue, sur la cuisse et sur d’autres parties du corps, suggérant que l’animal possédait une couche de « dino-duvet ». Le Yutirannus huali géant de Chine portait aussi un plumage. Les plumes de ces tyrannosaures n’étaient pas comme celles des oiseaux actuels, mais leurs simplistes précurseurs. Xu suggère que les dinosaures primitifs à plumes pouvaient avoir utilisé leur plumage pour un effet visuel. Les animaux suivants qui étaient entièrement recouverts de plumes auraient pu s’en servir d’isolant. En raison du lien d’évolution proche entre les tyrannosaures, il suggère que « le T. rex aurait pu porter un genre de protoplumes ».

D’autres chercheurs penchent aussi pour l’idée d’un tyrannosaure à plumes. « Il devient de plus en plus difficile de rejeter sans sourciller un Tyrannosaure sans duvet », dit Holtz. Ce qui ne veut pas dire que le T. rex ressemblait à un poulet du Crétacé. Brusatte dit qu’il aurait pu être couvert de fibres comme un genre de poils qui passaient assez inaperçues, comme chez de nombreux autres dinosaures à plumes.

Jusqu’à maintenant, aucune trace de peau n’a été trouvée pour le T. rex, les chercheurs ne peuvent donc dire avec certitude quel genre de revêtement corporel il possédait. Et certains ne sont pas prêts à abandonner le point de vue plus traditionnel. Thomas Carr, paléontologue au collège Carthage de Kenosha dans le Wisconsin, affirme, par exemple, que des fossiles non publiés avec des traces de peau, proches parents du T. rex présentent une peau écailleuse. Ces découvertes suggèrent que malgré la présence de plumes chez les tyrannosauroïdes primitifs, un sous-groupe nommé tyrannosauridae (qui inclut le T. rex), semble avoir subi une inversion d’évolution en passant du duvet aux écailles.

« Il n’y a pas de preuve empirique que les tyrannosauroïdes avaient des plumes, » dit Carr, « et il n’est pas nécessaire d’en faire des représentations artistiques avec un plumage tant que l’on ne trouvera pas de tyrannosaure à plumes ».

Cet argument va bien au-delà de l’apparence que pouvait avoir ces créatures. Si le T. rex avait des plumes, cela inciterait les chercheurs à reconstruire la vie de ce dinosaure, depuis de possibles comportements de parade jusqu’au contrôle de sa température corporelle.

L’obstacle des bras

L’un des plus grands mystères à turlupiner depuis plus d’un siècle les paléontologues au sujet du T. rex est l’usage que le géant pouvait faire de membres supérieurs si courts qu’ils ne pouvaient même pas atteindre sa bouche ? D’anciennes idées, abandonnées depuis, suggéraient que les pattes antérieures à deux griffes aidaient le T. rex à agripper un partenaire durant l’accouplement ou à se relever. La paléontologie récente argumentait que les bras étaient des vestiges – une idée adorée par les créateurs de dessins animés, qui ne se sont jamais lassés de montrer un T. rex embarrassé par ses chétifs bras inutiles.

Mais une recherche de la paléobiologiste Sara Burch de l’université Ohio suggère que de telles blagues sont injustes. Elle a étudié la musculature de crocodiles ainsi que celle des seuls membres vivants de la lignée des dinosaures, les oiseaux. Si les bras du T. rex étaient des vestiges, ils auraient perdu les divers repères anatomiques qui indiquent des attaches musculaires, mais les fossiles « témoignent d’une musculature substantielle », dit-elle.

Mais sachant que le T. rex utilisait ses bras ne révèle à quoi ils leur servaient. Pour Carr, les bras faisaient partie de l’arsenal du dinosaure. « Les tyrannosaurides utilisaient leurs bras à la manière de tous les théropodes, pour attraper et stabiliser des objets » – à savoir une proie, explique-t-il.

Holtz visualise un rôle moins rigoureux pour les pattes antérieures. Sur la base de précédentes estimations de force musculaire, il affirme que T. rex avait des bras faiblards. Et parce que de nombreux tyrannosaures présentent des bras avec des fractures consolidées, dit-il, « leurs habitudes de vie pouvait ne pas nécessiter un usage constant de ces bras ». Holtz suggère qu’ils servaient en premier lieu à parader, peut-être pendant l’accouplement ou une compétition – possibilité qui semble plus probable si ces membres étaient recouverts de plumes.

Holtz et d’autres paléontologues ont l’intention de continuer à découvrir les secrets de cet animal exceptionnel, l’un des plus puissants ambassadeurs du passé pour la science. « De nombreux aspects du T. rex, surtout sur le plan de son comportement ou de sa physiologie, sont toujours inconnus, » dit Holtz. Mais peut-être pas éternellement. « Avec le développement de nouvelles méthodes d’investigation, nous aurons de nouvelles pistes d’exploration de leur biologie ». Et en le faisant, les points de vue des chercheurs sur le roi tyran continueront à évoluer.

Source : Le Bistro Bar Blog

Publié le 17 novembre, 2013 dans Animaux, Archéologie, Histoire, Monde.

Publicité

Laissez un commentaire

*