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Vincent Peillon présente sa « Charte de la Laïcité » pour contrer les Communautarismes

Vincent Peillon présente sa « Charte de la Laïcité » pour contrer les Communautarismes

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Il y a tout juste un an, Vincent Peillon avait créé la surprise en lançant l’idée d’un enseignement de « morale laïque » de la maternelle au lycée – rebaptisé depuis, plus modestement, « enseignement moral et civique » et reporté à 2015. L’enthousiasme de l’opinion publique avait pris de court les observateurs de l’école, plus de neuf Français sur dix se disant alors favorables au projet.

En cette rentrée, un deuxième acte se joue : c’est une « charte de la laïcité » que le ministre de l’éducation a présentée au lycée Samuel-Beckett de La Ferté-sous-Jarre et qu’il veut voir affichée dans tous les établissements scolaires. Presque tous : en vertu de leur « caractère propre », les 8 800 établissements privés sous contrat, qui accueillent 2 millions d’élèves, ne devraient pas être concernés.

Qu’en est-il sur le terrain ? Beaucoup d’enseignants semblent d’accord « sur le principe », en attendant de connaître le contenu exact de la charte. Charte qui a été dévoilée lundi 9 septembre lors d’un déplacement du ministre dans l’académie de Créteil, au cours duquel il a affirmé que la laïcité est « un combat non pas pour opposer les uns et les autres, mais un combat contre ceux qui veulent opposer les uns et les autres ». Mais ses grandes lignes et ses visées avaient déjà été divulguées dans un entretien donné à la presse régionale, le 26 août. « La question de la laïcité ne doit pas tourner à l’obsession de l’islam, soulignait Vincent Peillon. La très grande majorité de nos compatriotes musulmans est convaincue des bienfaits de la laïcité. Chacun est libre de ses opinions. Mais pas de contester un enseignement ou de manquer un cours. La charte rappellera les principes. »

« POUR LES COLLÉGIENS, LAÏCITÉ RIME AVEC INTERDICTION »

Ce document d’une quinzaine d’articles se veut un rappel, synthétique, des règles du vivre-ensemble en milieu scolaire. Quelques phrases faciles à lire pour les élèves et leurs familles. « La plupart du temps, les collégiens que j’ai face à moi pensent que laïcité rime avec interdiction, qu’elle est là pour les empêcher d’exprimer leurs croyances, témoigne Benjamin Marol, membre du SNES-FSU, enseignant d’histoire-géographie à Montreuil (Seine-Saint-Denis). S’ils la perçoivent comme liberticide, c’est bien que le contresens est total. Une charte ne peut qu’être bénéfique. Encore faut-il que l’enseignant soit formé pour s’en emparer ! » Ce trentenaire n’a pas le souvenir d’avoir été sensibilisé à ces sujets à l’IUFM. « C’est mon expérience personnelle de citoyen qui me permet d’intervenir au mieux », affirme-t-il.

Pour Iannis Roder, enseignant la même discipline dans le même département, et coauteur il y a dix ans du livre Les Territoires perdus de la République (Mille et une nuits), « cet affichage d’une charte fait sens ». « S’il y a besoin de la placarder, c’est bien qu’il y a des difficultés. On a là une reconnaissance de problèmes dont on ne parle pas. Pour certains élèves, qui se font le relais de ce qu’ils vivent, la loi religieuse prime, à l’école, sur la loi de la République. »

Ces difficultés se nouent surtout autour de certaines disciplines, certains points du programme. L’étude de textes religieux en 6e ou en 5e, l’enseignement de l’histoire de la Shoah en 3e et en 1re, le conflit israélo-palestinien au lycée. En biologie, les cours sur l’évolution, sur la sexualité. En sport, à la piscine, en arts plastiques, mais aussi hors de la classe, à la cantine, dans la cour de récréation, lors de voyages scolaires…

DES RETOURS DU TERRAIN IMPOSSIBLES À QUANTIFIER

« Les remontées au niveau du Haut Conseil à l’intégration [HCI] qu’on a pu avoir en 2012-2013, de la part d’enseignants un peu démunis, sont de deux natures », explique Jean-Louis Auduc, ancien directeur d’IUFM et membre du HCI. Primo, des difficultés sur les contenus enseignés (…) et ce toutes religions confondues. Secundo, des problèmes liés aux revendications individuelles à la cantine – ‘Je mange halal’, mais aussi ‘Je suis végétarien’. » Impossible de quantifier ces « retours du terrain ». La Rue de Grenelle n’avance aucune statistique sur les incidents en lien avec la religion.

« Recrudescence ? Diminution ? Je n’ai pas la réponse, affirme Dominique Borne, doyen honoraire de l’inspection générale de l’éducation nationale. Si les pratiques religieuses continuent de décroître, des extrémismes s’affirment. Mais, à ma connaissance, quand on explique aux élèves ce que recouvre le principe de laïcité, quand on les incite à raisonner leurs croyances, leurs incroyances, on désamorce bien des difficultés. »

Pour y arriver, la charte de la laïcité constitue un nouvel outil à l’adresse des enseignants. Mais il ne saurait leur suffire, sans formation. Le ministère prépare un « kit pédagogique », qui est en cours de finalisation. Les « écoles supérieures du professorat et de l’éducation », qui ouvrent leurs portes ce mois-ci, seront impliquées.

« Qui peut être contre la charte ? Personne ! » s’exclame Philippe Tournier, du syndicat de chefs d’établissements SNPDEN. « Mais il ne suffit pas d’afficher un énième règlement pour changer les pratiques, relève-t-il. Si l’on veut réduire les inégalités, lutter contre les phénomènes communautaristes qu’on a laissés s’amplifier dans certains établissements, il faut s’attaquer au creusement du fossé entre les établissements, réformer une carte scolaire qui accentue les phénomènes communautaristes et ethniques. » La carte scolaire : le vrai chantier, mais un chantier à peine ouvert au ministère.

Le Monde

Publié le 10 septembre, 2013 dans Education, France, Religions & Mythologies, Société & Culture.

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