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Canard Enchaîné : Sissi « Imperator » d’Egypte

Canard Enchaîné : Sissi « Imperator » d’Egypte

Source : Le canard enchaîné version papier (à 1€20 tous les mardis/mercredis), édition du 21 août 2013

Alors que les Frères musulmans égyptiens comptent leurs morts, un prétendu observatoire islamique de lutte contre les manipulations médiatiques révèle au pays une nouvelle fracassante : Abdel Fattah Khalil al-Sissi, président du Conseil suprême des forces armées et ministre de la Défense, serait juif. « Un Juif derrière les massacres », s’étranglent en boucle les réseaux sociaux de plusieurs pays arabes, affirmant même que la mère du « bourreau » est une Juive marocaine. Tout s’explique !

En fait, musulman pieux marié à une femme voilée, Al-Sissi avait été choisi en 2012 par le président Mohamed Morsi pour sa loyauté à toute épreuve. « Un inconnu aux bataillons », titrait alors « Jeune Afrique, expliquant que le nouveau chef des armées, « proche des Frères », avait du monde la « vision d’un musulman très conservateur ». Un peu comme Allende offrant à Pinochet – « une militarisation sans ambition » – le poste de commandant en chef de l’armée chilienne pour rétablir l’ordre.

Après quelque 800 morts en cinq jours, voilà Al-Sissi promu « pharaon inflexible », qui se félicite de voir les frères marquer le pas et annuler provisoirement leurs manifestations. Pour autant, l’hécatombe et la chasse continuent. 36 détenus islamistes ont été asphyxiés à mort par les lacrymogènes. Le lendemain, 27 policiers étaient tués dans le Sinaï. Et, mardi matin, le guide suprême des Frères musulmans a été arrêté, quatre jours après que son fils a été tué par la police. Inflexible.

« Il n’y a que 3 millions de Frères. Il nous faut six mois pour les liquider ou les emprisonner tous. Ce n’est pas un problème nous l’avons fait dans les années 90 », a tranquillement déclaré au « Monde » (20/8) le général Amr, chef de la police égyptienne. Pour lui le mot « islamiste » a disparu, remplacé par celui de « terroriste », terme officiel employé contre les partisans d’un président déchu soupçonné du pire. Mohamed Morsi ? « Un espion du Hamas, explique encore le chef flic, halluciné, dans cette interview. Il avait prévu d’interdire le tourisme, de louer les pyramides au Qatar et de vendre 40% du Sinaï pour le rattacher à la bande de Gaza… » Rien de moins.

Profitant des points marqués dans le sang, les militaires font mine de rééquilibrer la terreur. Les « comités populaires » qui patrouillaient dans les rues pour corriger les barbus ont été officiellement dissous par la justice. Et la mesure fait illusion. A l’image du recteur de la Mission copte catholique de Paris, cité par « L’Alsace » (19/8), ces chrétiens d’Orient estiment que l’assaut contre les Frères « n’était pas un massacre mais une attaque logique après une négociation de plus d’un mois ». Des Coptes avaient pourtant été écrasés sous les chenilles des chars en octobre 2011, mais, à l’heure où les églises brûlent, leur marge de manoeuvre tient de la peau de chagrin.

Pour leur part, les libéraux de Tamarrod (« rébellion ») offrent à l’armée un soutien sans faille, estimant que « la répression est le prix élevé à payer pour libérer l’Egypte de l’organisation fasciste des Frères musulmans ». Ajouté à cela le soutien d’une population rêvant à Nasser, la volonté de revanche des nostalgiques de Moubarak, le soulagement de milieux économiques pas fâchés d’en finir avec les barbus et les intérêts d’une armée jalouse de ses richesses, notamment dans l’industrie, les zones touristiques et les réserves pétrolières, Al-Sissi est encore loin d’être isolé.

Reste à savoir si « l’homme providentiel » a toujours l’intention de remettre les clés du pouvoir aux civils ou s’il a décidé de les garder planquées dans sa cartouchière…

Sorj Chalandon

Publié le 21 août, 2013 dans Actualité, Conflits & Guerres, Egypte, Islam, Monde, Société & Culture.

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