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La disparition d’une noble profession: celle de journaliste

La disparition d’une noble profession: celle de journaliste

3473543785 Avant l’avènement d’Internet, les journalistes – célèbres et influents – constituaient une caste privilégiée. Le journaliste du XXIe siècle, lui, qui a grandi à l’ère de la tablette et est à la botte des patrons, est médiocre, pense un magazine roumain, qui brosse un portrait au vitriol de la presse actuelle. Article integral, signé Claudiu Sorin, avec l’aimable permission de QMagazine.

Le journalisme était autrefois une profession dont les praticiens jouissaient d’un statut similaire à celui des avocats ou des médecins. Le journaliste du XXIème siècle, en revanche, est fauché, mal aimé, muselé et enclin à la corruption, soutient l’éditorialiste Michael Bird sur le site contributors.ro. Et tout le monde semble croire que pour être journaliste, il suffit d’un clavier, d’un correcteur orthographique et d’un mauvais caractère, lance Bird.

C’est vrai, une vague de médiocrité a submergé la profession. Ce qui affecte forcément la qualité du produit fini. Dans les années 90, quand on se présentait comme journaliste, les gens étaient intéressés. Maintenant, c’est comme si l’on disait que l’on écrit des poèmes. On n’est pris au sérieux que si on est célèbre. Ce qui est encore plus triste, c’est que les journalistes d’aujourd’hui doivent accepter des emplois non-journalistiques pour être capables de continuer d’exercer leur profession. Ainsi, même si un article est une première au niveau mondial, son auteur peut se trouver dans l’incapacité de payer son loyer. Par conséquent, les journalistes doivent soit écrire, en parallèle, du matériel publicitaire ou des publireportages, soit travailler comme attaché de presse.

Les sociétés des médias se métamorphosent et le marché sera bientôt divisé entre entreprises multinationales qui attirent les annonceurs par leur taille, et “associations des médias” fonctionnant selon le principe des ONG. Ainsi, la publicité devient de la “sponsorisation” et l’achat d’espace publicitaire devient une “donation”. De leur côté, les journalistes intègres lutteront pour préserver leur indépendance vis-à-vis des grandes entreprises et leur contrôle sur le produit fini, mais devront leur pitance à la charité.

Il y a dix ans, il y avait plus d’écrivains que de lecteurs. Maintenant, il y a plus de blogueurs que de lecteurs. Certains blogs fonctionnent quand même parce qu’ils sont simples – par exemple The Sartorialist, où un type se promène dans diverses villes et prend des photos dans les rues. Mais la plupart des blogs ne seront jamais rentables. De plus, à cause de la crise et de la migration de la presse écrite vers la presse en ligne, près de la moitié des journalistes d’aujourd’hui travaillent en indépendants. Parmi ces derniers, moins de la moitié peuvent se vanter de ne pas mourir de faim. La vérité est qu’il y a plus de journalistes indépendants que jamais … et très peu de publications qui paient encore leurs articles. Or, comme les journalistes sont plus pauvres qu’il y a dix ans, si une entreprise veut de jolies choses sur un produit ou des choses moins jolies sur la concurrence, de nombreux journalistes s’y conforment sans problème. Moyennant paiement. De même, si un parti politique veut claironner son idéologie, le journaliste peut être acheté par la promesse de nouvelles exclusives. Parfois, il suffit juste de quelques jours de vacances tous frais payés.

Les photojournalistes ont été encore plus gravement touchés, depuis que la démocratisation des médias et la plus grande accessibilité de la haute technologie permettent à n’importe qui de prendre des photos et de les redistribuer sans droits d’auteur. Si, quinze ans auparavant, les professionnels des médias s’inquiétaient de passer trop de temps à parler aux gens au téléphone et non face-à-face, maintenant, c’est infiniment pire. Car les journalistes d’aujourd’hui n’ont même plus le temps de parler au téléphone, et les interviews se déroulent par courrier électronique. Les journalistes ont trop à écrire en trop peu de temps. Le cas est comparable à celui d’un médecin qui doit s’occuper d’un très grand nombre de blessés. Il choisira obligatoirement de ne traiter que ceux ayant de réelles chances de survie.

De même, le journaliste du XXIe siècle choisit de se concentrer seulement sur les informations les plus légères, puisque la plupart des autres nécessitent du temps et une analyse approfondie, et dans le nouvel ordre mondial, régi par la vitesse, ces informations expirent avant même d’être rédigées. Il y a quinze ans, des noms comme Cristian Tudor Popescu, Petre Mihai Bacanu, Ion Cristoiu, étaient, en Roumanie, par exemple, les symboles d’un succès colossal. Les publications qu’ils dirigeaient se vendaient à des centaines de milliers d’exemplaires, et en une ligne, ils avaient le pouvoir de faire ou défaire des carrières. Ils étaient, en pratique, les premières superstars de la Roumanie d’après la Révolution de 1989 [qui a contribué à la chute du communisme et la mort des époux Ceausescu]. Et ces journalistes “exponentiels” ne créaient pas uniquement des journaux et des destins, mais surtout de l’argent, dans un secteur qui n’avait jamais entendu parler de “nouvelles en ligne mises à jour instantanément” ou de “disparition de la presse écrite”.

Que deviennent aujourd’hui tous ces chefs d’orchestre médiatiques d’hier, ces chevaliers à la Triste Figure ? Ils sont devenus des figurants dans une série moderne qui ne leur réserve aucun avenir, livrant des éditoriaux pour divers médias et intervenant çà et là dans les journaux télévisés.

Courrier International

Publié le 12 août, 2013 dans Internet, Monde, Société & Culture.

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