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Décodage du film de Kubrick Eyes Wide Shut (Partie 2)

Les messages plus ou moins cachés du film de Stanley Kubrick, « Eyes Wide Shut » (partie II)

© Vigilant Citizen, traduction par le Bistro Bar Blog, le 18 Juillet 2013

La deuxième partie de cette série d’articles sur Eyes Wide Shut examine de plus près la société secrète de l’élite découverte par le principal personnage du film, Bill Hartford, et de quelle manière elle ressemble à des organisations de la vie réelle. Stanley Kubrick essayait-il d’attirer l’attention du monde sur l’élite occulte et ses habitudes dépravées ?

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Il est recommandé de lire d’abord la première partie du décodage.

Dans la première partie de cette série sur EWS, nous avons porté notre attention sur les principaux personnages du film et sur le monde symbolique que Kubrick a créé autour d’eux. Nous avons vu que Bill et Alice Hartford sont un couple marié de la haute société non exempt des tentations de l’adultère. Nous avons vu aussi que le couple était en contact avec le « gratin » new yorkais et ses manières décadentes – un monde qui fascine Bill, mais qui possède un côté sombre, caché au public. Dans cet article, j’irai droit à la partie la plus déstabilisante du film : le rituel de la société secrète.

Quand Bill apprend que sa femme a envisagé de le tromper, il s’embarque dans une étrange série de rencontres (que j’analyserai dans la troisième et dernière partie de cette série), et aboutit finalement dans une luxueuse maison de Long Island où il rencontre un rassemblement d’individus masqués partageant un rituel occulte. Comme il n’a jamais été initié dans cette société secrète, Bill ne supposait même pas que cela puisse exister, le laissant seul témoin de l’une de ces « rencontres ». Comment a-t-il donc découvert cette chose ? Hé bien, c’est son petit doigt qui le lui a dit.

Nick Nightingale

À un moment de son étrange nuit, Bill rencontre son vieil ami Nick Nightingale dans un café-jazz. Le joueur professionnel de piano révèle à Bill qu’il est parfois engagé par des gens mystérieux pour jouer, les yeux bandés, dans de mystérieuses soirées remplies de jolies femmes. Ce croustillant élément d’information intrigue Bill au plus haut degré parce que, depuis la conversation avec sa femme, il semble rechercher une certaine …expérience. Nick fait finalement une grosse erreur en acceptant de fournir à Bill toutes les informations nécessaires pour accéder au lieu.

Un nightingale (le rossignol, traduit mot à mot signifie « tempête nocturne », NdT) est un genre d’oiseau connu pour chanter la nuit, juste comme Nick Nightingale « chante » l’information secrète au début de la nuit fatale de Bill.

Le mot de passe pour pénétrer dans le rituel est « Fidélio », ce qui signifie « fidélité », le thème central du film. Plus important, comme le souligne Nightingale, « Fidélio » est le nom d’un opéra écrit par Beethoven (L’unique opéra composé par Beethoven et écrit en 1804, NdT)) qui parle d’une femme qui se sacrifie pour arracher à la mort son mari prisonnier politique. Ce mot de passe annonce en fait ce qui va se passer pendant ce rituel.

Après avoir obtenu les détails par Nightingale, Bill loue un costume dans un magasin du nom de « Arc-en-ciel »(on reparlera du magasin dans l’article suivant) … et ensuite se dirige vers Somerton, la résidence où se passe la soirée.

L’élite occulte

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Le rituel occulte se déroule à Somerton, Long Island. L’édifice qui a servi à filmer la scène extérieure est Mentmore Towers au Royaume-Uni.

L’endroit choisi pour filmer les scènes avec l’élite est tout à fait intéressant. Mentmore Towers a été construit au 19ème siècle comme maison de campagne pour un membre d’une famille de l’élite la plus célèbre au monde : les Rothschild. En choisissant cet endroit, Kubrick voulait-il tenter de montrer à ses spectateurs les équivalents « grandeur nature » de l’ultra-élite montrée dans le film ? Coïncidence, le nom de celui qui met Bill en relation avec l’élite, Victor Ziegler, est d’origine germano-juive, comme les Rothschild.

On sait que les Rothschild prennent part en réalité à des soirées masquées semblables à celles montrées dans EWS. Voici quelques rares photos prises dans une soirée donnée en 1972 par Marie-Hélène de Rothschild.

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La baronne Marie-Hélène de Rothschild et le baron Alexis de Redé pendant une soirée en 1972. Les invitations ont été imprimées avec une écriture inversée. On se demande si cette soirée a « dégénéré » en quelque chose ressemblant à ce qu’on voit dans EWS.

Dans le film, quand Bill entre dans la demeure, il se mêle à une foule de gens masqués observant en silence un rituel. L’une de ces personnes semble reconnaître Bill tout de suite (ou par le fait qu’il n’est pas un habitué).

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Un couple portant des masques vénitiens (plus spécifiquement des masques type « bouffon du roi » et bauta (= qui ne recouvre le visage que du front au nez) se tourne lentement vers Bill et hoche la tête d’une manière très étrange. Est-ce Ziegler et sa femme ? Peut-être. Kubrick aime conserver un certain mystère.

À l’origine, les masques vénitiens se portaient du temps de la Renaissance italienne à Venise et étaient un moyen pour l’élite de l’époque de se livrer à la débauche sans peur des représailles.

« Bien qu’on ne puisse être parfaitement sûr de l’origine précise de la tradition du port d’un masque, la théorie qui prévaut serait celle-ci : au début de la Renaissance italienne, Venise était un empire marchand extrêmement riche et puissant. Sa position sur la mer Méditerranée lui offrait une quantité d’opportunités commerciales en Europe, en Afrique du nord et en Asie mineure, et sa flotte prospère lui permettait d’exercer une force militaire nécessaire à la défense de ses vastes richesses. Dans un état-cité si florissant, il n’est pas étonnant que la société vénitienne soit obsédée par la notion de classe sociale et qu’elle soit structurée en couches très rigides. Le standing de l’individu était immensément important pour la représentation de sa famille toute entière et donc naturellement il existait une pression énorme et étouffante pour se comporter en accord avec les mœurs sociaux gouvernant le statut social. Les vénitiens, selon cette théorie, adoptèrent la coutume de porter des masques et autres déguisements pendant la saison du carnaval comme moyen d’alléger l’ordre social rigide. Sous un masque anonyme, les citoyens de Venise pouvaient lever leurs inhibitions sans peur des représailles. Les masques devinrent si populaires que les mascherari (fabricants de masques) devinrent une confrérie vénérée de la société vénitienne. Cependant, la célébrité du carnaval vénitien s’étant répandue, de plus en plus d’étrangers venaient assister chaque année aux festivités. Les célébrations du carnaval devinrent de plus en plus désordonnées et débauchées au fil des ans jusqu’à leur déclin au 18ème siècle. »
– Geoffrey Stanton, Guide to Venetian Carnival Masks

Depuis lors, les masques vénitiens ont été utilisés dans les cercles de l’élite et sont devenus plus ou moins le symbole de sa philosophie occulte. Même la famille royale britannique semble apprécier ce type de masques et d’événements.

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Le prince Charles et la duchesse Camilla à Clarence House avec des masques bauta.

Cet événement royal particulier montrait des femmes masquées qui n’étaient pas vêtues comme celles du rituel de EWS.

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Mannequins accompagnant la soirée de la famille royale.

Il semble évident que Kubrick a soigneusement choisi une propriété des Rothschild et trié sur le volet les masques portés par les participants du rituel, faisant écho à des familles et événements de la vie réelle.

Le cadre du rituel

Quand Bill entre à Somerton, tout change dans le film. Il n’y a plus d’illuminations de Noël ni de décorations kitsch. Remplaçant les bavardages incessants, tout devient calme et silencieux.

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Regardant fixement la caméra (et les spectateurs du film), des masques effrayants silencieux mais pourtant des rappels perturbants des « vrais visages » de l’élite. Remarquez que le masque multi-face sur la gauche est semblable à celui porté pendant la soirée royale ci-dessus.

La musique du film change aussi radicalement. L’air qu’on entend en bruit de fond (lien) s’appelle « Incantations inversées », elle fait partie d’une liturgie roumaine orthodoxe interprétée à l’envers. L’inversion ou le renversement d’objets sacrés est typique de la magie noire et des rituels sataniques. Avec cette liturgie chrétienne interprétée à l’envers juste avant des fornications est le moyen pour Kubrick de dire que l’élite est rien moins que satanique.

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Nous voyons ici Nick Nightingale interprétant « Incantations inversées », signifiant que les gens du rituel entendent en fait cette musique et que le tout est chorégraphié dans ce but. Nightingale a les yeux bandés parce que le « profane » ne peut être témoin des rituels occultes de l’élite.

Les scènes en intérieur de la soirée ont été filmées à Elveden Hall, une demeure privée au Royaume-Uni conçue comme un palais indien. Quand les « festivités » commencent, un chant tamil appelé « Migration » est joué en musique de fond, ajoutant à l’atmosphère indienne (la version originale de la chanson contenait une récitation des écritures de la Bhagavad Gita, mais le chant a été enlevé dans la version finale du film). Cette atmosphère indienne particulière, combinée aux scènes lascives dont Bill est témoin en parcourant la demeure, met l’accent sur la partie la plus importante mais la plus secrète du film : le yoga tantrique et ses dérivés dans l’occultisme occidental, la sexualité magique. Ce dernier concept a été « importé » par l’occultiste britannique Aleister Crowley et se trouve aujourd’hui au centre des enseignements de diverses sociétés secrètes :

Les liens d’Aleister Crowley avec le yoga et le tantra indiens étaient aussi importants que complexes. Crowley avait une expérience directe de certaines formes de ces pratiques et était un familier de la littérature contemporaine sur ces sujets, il écrivit beaucoup à leur sujet, et – ce qui est peut-être le plus important – il les mit en pratique. Dans son appréciation de la valeur du Tantra, il était en avance sur son temps, qui considérait le Tantra comme une forme dégénérée de l’hindouisme. Il déclarait par contre que « aussi paradoxal que puisse paraître le tantrisme, c’est en réalité le plus évolué de l’hindouisme ». L’influence de Crowley par son apport des traditions ésotériques orientales, particulièrement les traditions indiennes, en occident s’étend aussi à un ajout des éléments de yoga et de tantra dans la structure et le programme de deux ordres magiques influents, le AA (Astrum Argentum en latin = étoile d’argent, NdT) et le OTO (Ordo Templi Orientis) ».
– Martin P. Starr, Aleister Crowley and Western Esotericism

La citation ci-dessus stipule que les concepts du tantrisme ont été ajoutés à deux importantes sociétés secrètes : les AA et l’OTO. L’OTO est toujours extrêmement influent dans les cercles de l’élite et touche les plus hauts niveaux de la politique, du monde des affaires et même de l’industrie du spectacle. Au cœur de ces ordres on trouve Théléma, une philosophie créée par Aleister Crowley qu’il a résumé en disant « Fais ce que tu voudras ». Cette phrase est en fait une traduction du « Fais ce que tu voudras » (en français dans le texte, NdT), devise d’une célèbre société secrète du 18ème siècle, le Hellfire Club (littéralement « club du feu de l’enfer »). On disait des clubs Hellfire qu’ils étaient « des lieux de rencontres de ‘personnes de qualité’ qui souhaitaient prendre part à des actes immoraux et dont les membres étaient souvent impliqués dans la politique ». Selon plusieurs sources, leurs activités comprenaient des imitations de cérémonies religieuses, une adoration du diable et des rituels occultes. Bien que les détails restent vagues concernant ce club élitiste, il était connu pour pratiquer des rituels sataniques élémentaires comme prélude aux nuits de fornication. Ces actes n’étaient pourtant pas juste « pour s’amuser » ou pour « choquer les gens » comme certaines sources pourraient le prétendre, les membres étaient des initiés des mystères occultes et leurs rituels étaient basés sur d’anciens rites impliquant des invocations et d’autres formes de magie noire.

En bref, bien que Kubrick ne nomme jamais réellement la société secrète infiltrée par Bill, il y a suffisamment d’indices pour comprendre à quel genre de club il se réfère. Le plus important est de dire aux spectateurs : ces sociétés existent toujours … et elles sont plus puissantes que jamais.

Le rituel et ses participants

Le rituel commence avec un grand prêtre, habillé de rouge, en train de pratiquer un cérémonial de routine. Il se tient au centre d’un « cercle magique » formé par des jeunes femmes qui ressemblent beaucoup à des esclaves Beta Kitten (chatons). Plus tard, lorsque Bill est démasqué, un autre cercle magique est formé.

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Le cercle magique est un concept utilisé dans les rituels magiques durant les invocations. La position des gens dans cette scène rappelle les cercles magiques. À droite : un cercle magique comme il figure sur d’anciens grimoires.

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La dernière scène du film se passe dans un magasin de jouets – endroit empli d’objets hautement symboliques (j’en dirai plus dans le prochain article). Ici, Héléna Hartford passe à côté d’un jouet dont le nom est Cercle Magique – ce qui montre que des éléments de l’élite occulte s’insinuent par le biais de la culture populaire, mais qu’ils ne sont pas remarqués par ceux qui ont « les yeux grand fermés ».

Amanda

Au début du rituel, l’une des esclaves Beta va vers Bill et le pousse à quitter la maison avant qu’il ne soit pris. Nous apprenons finalement que c’est Amanda, la jeune femme qui s’était évanouie dans la salle de bains de Ziegler. Quand Bill se fait prendre et qu’il est (au sens littéral) démasqué par le grand prêtre, Amanda apparaît à un balcon d’une manière très théâtrale et dit au grand prêtre qu’elle veut prendre sa place, sur un ton qui touche au drame rituel. Le prêtre répond alors « Es-tu sûre de comprendre à quoi tu t’engages en faisant ceci ? » Ce qui implique qu’elle subira à plusieurs reprises des maltraitances et sera ensuite sacrifiée.

Le jour suivant, Bill découvre le réel pouvoir de cette société secrète.

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Bill découvre dans un journal qu’on a trouvé Amanda morte dans une chambre d’hôtel suite à une overdose. Ce meurtre ritualisé déguisé en overdose ressemble beaucoup aux nombreuses morts rituelles de célébrités déguisées en overdose qu’on voit dans la vie réelle.

Si on fait un arrêt sur image pour lire les nouvelles concernant Amanda, nous apprenons d’importants détails sur ce qu’elle a vécu (intégration classique de Kubrick d’une intrigue secondaire cachée). Pour ceux « qui savent », l’article décrit parfaitement la vie d’une esclave de programmation Beta de l’industrie du spectacle (comme Marilyn Monroe). Nous apprenons en fait qu’Amanda était « perturbée émotionnellement » dans son adolescence et qu’elle a subi des « traitements » (mot codé pour programmation MK, peut-être?), qu’elle avait « des amis importants dans le monde de la mode et du spectacle », et qu’elle a eu une « aventure » avec un créateur de mode renommé qui a été embobiné par ses prestations privées provocantes « (comportement typique d’une Beta Kitten). Ce que l’article ne mentionne pas, comme par hasard, est qu’elle vendait son corps aux gens de l’élite et servait pour leurs rituels occultes.

Comme c’est le cas pour les Beta Kittens qui deviennent « décevantes », elle a été éliminée par ceux qui contrôlaient sa vie. L’article raconte qu’elle a été vue pour la dernière fois en train d’être ramenée dans sa chambre d’hôtel par deux hommes et qu’elle « riait bêtement » (droguée et dissociée ?). Comme pour les sacrifices faits dans la vie réelle par l’élite, on cite l’overdose comme cause de la mort.

Le grand prêtre

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Habillé de rouge, le grand prêtre siège sur un trône qui représente un très important symbole : un aigle couronné

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L’aigle à deux têtes (ou aigle bicéphale, NdT) est l’un des plus anciens et des plus célèbres symboles de la Franc-Maçonnerie. Un aigle à deux têtes couronné symbolise le 33ème degré de la Franc-Maçonnerie, le plus haut degré accessible. Kubrick insinue-t-il que le grand prêtre est un franc-maçon du 33ème degré ?

Comme pour les autres participants du rituel, l’identité réelle du grand prêtre n’est jamais révélée. Kubrick a pourtant laissé quelques indices laissant entendre son identité et sa relation avec Amanda.

Dans les crédits à la fin du film (et des sources comme dans l’IMDB) [= Internet Movie Database, références du film sur internet, NdT], on trouve sur la liste que le rôle du grand prêtre est joué par « l’assistant directeur » du film, Leon Vitali. En lisant soigneusement l’article du journal mentionné ci-dessus, Leon Vitali est le nom du créateur de mode londonien avec lequel Amanda a eu une « aventure ». De plus, le grand prêtre a un accent anglais facilement reconnaissable. Nous pouvons donc déduire que le grand prêtre est le créateur de mode.

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Gros plan sur l’article où est mentionné Leon Vitali.

Cette intrigue secondaire cachée est intéressante car elle révèle la vraie nature de l’industrie de la mode et du spectacle. Des individus de haut rang dans ces domaines sont initiés dans des sociétés occultes secrètes et font commerce d’esclaves MK.

Le pouvoir de la société secrète

Quand Bill est découvert par le grand prêtre, il est averti que lui et sa famille paieraient toute transgression. Le jour suivant, il réalise qu’il est suivi par des gens bizarres et il en devient paranoïaque.

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Le gros titre de ce journal est « Heureux d’être resté en vie ». Ce qui s’applique à Bill.

Juste après que Bill ait quitté la morgue pour reconnaître le corps d’Amanda, Ziegler l’appelle et l’invite chez lui.

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Se déroulant dans la salle de billard de Ziegler, les échanges entre les deux hommes sont plus intenses que la partie de billard.

Bien que Bill soit un médecin aisé, il ne fait pas partie de l’élite. L’attitude de Ziegler envers Bill le fait clairement sentir. Alors que Ziegler semble vouloir être honnête et droit envers Bill, nous comprenons qu’il essaie simplement de cacher la laide vérité. Après tout, Bill est un « outsider ». Il dit à Bill :

« Je ne pense pas que vous réalisiez dans quel pétrin vous vous êtes fourré la nuit dernière. Qui pensez-vous avoir vu ? Ce n’était pas de simples gens ordinaires. Si je vous disais leur nom – et je ne le vous dirai pas – mais si je le faisais, je ne pense pas que vous passeriez une bonne nuit ».

Ziegler admet donc que les gens qui ont assisté au rituel étaient de haut niveau, bien connus et influents. Kubrick nous fait ainsi comprendre que les plus riches et les plus puissants décideurs du « monde réel » se rencontrent dans ce genre de rituel … et que ces rituels sont inaccessibles au profane.

Quand Bill mentionne Amanda, Ziegler se met sur la défensive et répond : « C’était une prostituée » – voulant dire qu’elle était une esclave Beta dont on pouvait facilement disposer. Ziegler dit ensuite à Bill que tout ce qui s’est passé pendant le rituel était une farce pour lui faire peur, et Bill réplique :

« Vous dites que c’est une farce. C’est quoi ce genre de farce qui se termine par la mort ? »

Ce qui souligne la différence fondamentale entre ce que perçoit le public des rituels occultes et ce qui se passe réellement. Les gens ordinaires sont amenés à penser que ces rituels de l’élite ne sont rien de plus que des rencontres bizarres entre gens oisifs. En réalité, ces rituels élaborés s’accompagnent souvent de tentatives réelles de magie noire, de réels sacrifices sanglants et d’autres actes horribles.

Puis Ziegler commence à raconter à Bill le même genre de truc diffusé par les médias quand quelqu’un a été sacrifié par l’élite : elle a fait une overdose, elle était droguée, ce n’était qu’une question de temps et la police n’y a rien trouvé de suspect.

Conclusion de la partie II

La deuxième partie de cette analyse s’est concentrée exclusivement sur la société anonyme secrète et ses rituels sur laquelle Bill tombe par hasard. Bien que rien d’explicite ne soit montré aux spectateurs, le symbolisme, les indices visuels et même la musique de EWS trahissent une facette de l’élite occulte rarement montrée aux masses. Non seulement le film dépeint les gens les plus puissants et les plus riches partageant des rituels occultes, il montre aussi comment ce cercle a aussi le pouvoir d’exploiter des esclaves, de traquer les gens et même de s’en sortir impunément avec les meurtres sacrificiels. Encore pire, les médias de masse sont complices en dissimulant leurs crimes.

La société secrète du film ressemble de près à l’infâme club Hellfire, où des figures politiques célèbres se retrouvent pour participer à des soirées sataniques élaborées. De nos jours, l’OTO et autres sociétés secrètes semblables pratiquent toujours des rituels impliquant une énergie physique qui est perçue comme un moyen d’atteindre un état d’illumination. Ce concept, tiré du yoga tantrique, est au cœur de sociétés secrètes modernes et puissantes. Bien qu’aucune ne soit mentionnée réellement dans EWS, le film tout entier peut être interprété comme un grand voyage « magique », caractérisé par un aller-retour entre des forces opposées : la vie et la mort, le désir et la souffrance, le masculin et le féminin, la lumière et les ténèbres, et ainsi de suite …se terminant en une gigantesque manifestation orgasmique conduisant à l’illumination. Cet aspect du film, accompagné d’autres détails cachés, sera analysé dans la troisième et dernière partie de cette série d’articles sur EWS.

Traduction par le Bistro Bar Blog

Lire la suite (3ème partie) ici


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