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Voyants, médiums, guérisseurs: des activités moins taboues?

Voyants, médiums, guérisseurs: des activités moins taboues?

C’est un autre effet de la crise: de plus en plus de Français osent avouer leur fréquentation des voyants, médiums et autres magnétiseurs. Longtemps moqué par notre culture cartésienne, le surnaturel rassure, dans un quotidien lourd d’incertitudes.

Par Estelle Saget

voyants

Entre deux suées sur le rameur, les patients d’un centre de rééducation de Lille s’épanchent. “La douleur rend fou, j’ai tout essayé, les médicaments, le corset, le kiné, l’ostéopathe et même… le magnétiseur”, lâche l’un d’eux, tourmenté par une hernie discale.

Un magnétiseur? “Attention, pas n’importe qui, une personne de confiance, quelqu’un que je connais me l’a recommandé.”

Une seule séance avec ce thérapeute peu orthodoxe et le mal s’est envolé. Pour la première fois, son dos lui a laissé plusieurs semaines de répit. “Un homme étonnant: il ne se fait même pas payer.”

Etabli à Croix, la ville des grandes fortunes du Nord, Emmanuel B. reçoit dans sa superbe villa protégée par deux portails automatiques. Tenue décontractée chic, ce chef d’entreprise de 53 ans a longtemps travaillé quatre-vingt-dix heures par semaine avant de se rendre compte qu’il “[allait] dans le mur”. Désormais, il quitte son bureau dès 17 heures et fait “circuler les énergies”. Voilà bientôt dix ans qu’il pratique l’imposition des mains, et son agenda est rempli plus d’un mois à l’avance.

Qui le sollicite?

“Des clients, des amis d’amis, des gros industriels de la région, des gens de tous les milieux”, affirme-t-il.

On l’appelle pour des vertiges, une boule à l’estomac, un dos bloqué, un claquage, un moral en berne. Bref, pour tous ces maux de la vie moderne que les médecins prennent à la légère.

“Dans mon environnement professionnel, tout le monde est au courant de mon activité, dit-il. Je ne me cache plus.”

De nos jours, un dirigeant d’entreprise peut donc s’afficher comme magnétiseur sans passer pour un dangereux original. Patricia Darré, elle, est journaliste dans une antenne locale de Radio France. Médium, aussi. Son premier livre, paru l’an dernier, s’est vendu à 63 000 exemplaires.

Le prochain, Les Lumières de l’invisible (Michel Lafon), à paraître dans quelques jours, est préfacé par Alexandre Adler en personne. L’historien se dit admiratif de l’”extralucidité” de cette femme qui serait capable d’entrer en contact avec des figures du passé telles que Napoléon ou Jeanne d’Arc.

Quant aux éditions l’Harmattan, peu versées dans la fantaisie, elles publient en mars, dans leur nouvelle collection Antidotes (sous-entendu, à la crise), le plaidoyer d’un voyant en faveur d’une juste reconnaissance de sa discipline.

Chez certains, la séance peut atteindre 2 500 euros

Magnétiseurs, médiums et voyants seraient-ils en passe de sortir du ghetto des pratiques inavouables? A l’évidence, ils séduisent bien au-delà du cercle des fondus d’ésotérisme. Certes, le pays de Descartes se veut toujours très rationnel. Selon un sondage Ipsos-Reuters réalisé l’an dernier, avant que ne s’achève le fameux calendrier maya, les Français n’étaient que 6% à penser “faire l’expérience de la fin du monde de leur vivant“. Mais le paranormal change peu à peu son image sulfureuse pour devenir une option de développement personnel parmi d’autres, en complément de la psychothérapie et de la méditation.

En quatre ans d’existence, le magazine Inexploré a atteint 30 000 exemplaires, en kiosques et sur abonnement, un joli score vu la mauvaise santé de la presse.

Contrairement à une idée reçue, les Français les plus diplômés ne sont pas les derniers à s’intéresser à cet univers étrange. A la question “Etes-vous superstitieux?” 18% acquiescent dans les catégories socioprofessionnelles supérieures, pour seulement 1% chez les plus modestes, selon un sondage réalisé en 2007, en Belgique, par le Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs (Crioc). Ils sont aussi plus nombreux à penser que

“les voyants rassurent, réconfortent les personnes qui les consultent”. De fait, il faut avoir les moyens pour s’offrir les services de ces oracles des temps modernes: chez certains, la séance peut atteindre 2500 euros!

Une révolution tranquille d’ordre spirituel a balayé l’Europe

Cet engouement a conduit les ethnologues à se pencher sur le phénomène.

“Une révolution tranquille d’ordre spirituel a balayé l’Europe et, sans attirer l’attention, s’est infiltrée dans la vie quotidienne”,

écrit la chercheuse allemande Sabine Doering-Manteuffel dans un article de 2011 consacré à la résurgence des pratiques occultes. A ses yeux, les croyances dans le destin, dans la vie après la mort, les anges gardiens et la communication avec les disparus sont autant d’expressions d’un désir de transcendance à l’oeuvre dans le monde occidental.

A ce besoin répond une offre exponentielle de services de voyance et d’astrologie sur Internet, laquelle, à son tour, nourrit la demande. Pour nos contemporains, conclut la spécialiste,

“la raison et la technologie n’entrent plus en contradiction avec le mysticisme mais marchent, au contraire, main dans la main avec lui”.

Un petit test sur Google suffit pour s’en convaincre. Au mot “médium”, 9 millions de résultats apparaissent; celui de “voyant” affiche 17 millions de réponses. Les services Audiotel à 34 centimes la minute foisonnent. Les applications sur smartphone se multiplient, et l’on peut maintenant prendre en photo la paume de sa main pour connaître sa bonne ou mauvaise fortune.

Avec son lot d’incertitudes, la crise économique fait le lit de ce marché florissant.

Vincent Paillez, auteur de Voyance. Dire là-haut ce que tout le monde pense tout bas (l’Harmattan), vit de son activité depuis treize ans et pratique essentiellement par téléphone. “Depuis un an, j’ai moins d’appels sur les questions sentimentales et davantage concernant le domaine professionnel ou les finances”, note le voyant.

L’été dernier, une femme habitant à Paris lui a demandé si elle allait se retrouver à la rue.

Consultante, elle attendait des honoraires qui tardaient à rentre ; au fil des mois, ses loyers impayés s’accumulaient. Divorcée avec de grands enfants, elle se refusait, par fierté, à alerter ses proches. “Là-haut, on m’a dit: “Elle ne sera pas SDF”, raconte Vincent. Alors je l’ai rassurée. Le lendemain, le propriétaire lui a demandé de quitter les lieux. Elle s’est souvenue de ma prédiction, elle a gardé confiance. Le surlendemain, elle a décidé de solliciter des amis, et a trouvé un nouvel appartement.” Une bonne consultation, selon Vincent, est celle qui permet de prendre conscience de sa force intérieure.

Ne prenez pas ce que je vais vous dire pour argent comptant, vous seule décidez de votre destin

D’ailleurs – autre symptôme – ceux qui se laissent tenter ne se dissimulent plus, quel que soit leur milieu. Cathy, 24 ans, diplômée en affaires internationales et, précisons-le, fille d’un prof de maths : “J’y suis allée une fois. Mon mec venait de me plaquer, la boîte qui m’avait prise en apprentissage allait fermer et je devais soutenir mon mémoire de fin d’études. C’est ma colocataire qui a eu l’idée, elle l’avait déjà fait, j’ai hésité, car ça coûtait quand même 40 euros.” Cathy s’est retrouvée dans une ruelle d’Aix-en-Provence, a sonné à la porte d’un vieil appartement bourgeois. “Une mamie soignée m’a conduite à travers son salon rempli d’oeuvres d’art et m’a demandé si je voulais grignoter quelque chose; je me serai crue en visite chez une grand-tante, raconte-t-elle. Puis elle m’a mise en garde:

“Ne prenez pas ce que je vais vous dire pour argent comptant, vous seule décidez de votre destin.”

La suite? “Elle m’a dit que j’allais être très heureuse, se souvient Cathy. Que je n’avais pas à m’inquiéter pour mon mémoire, car j’allais avoir une bonne note; je ne devais pas relâcher mes efforts pour autant.” La jeune femme s’est senti pousser des ailes et a décroché un 14.

Profitant de cette honorabilité, les arnaqueurs sévissent.

Mais les belles histoires existent aussi.

Comme celle de Mireille Darc, qui, grâce à Patricia Darré, a guéri d’une blessure d’enfance. La médium a révélé à l’actrice que l’homme auprès duquel elle avait grandi n’était pas son père biologique. Et, par sa bouche, Mireille Darc a pu parler à son “vrai” père. C’était il y a cinq ans. “Depuis, j’ai trouvé l’apaisement”, confie la blonde icône des années 1970.

Source : Lexpress.fr

Publié le 28 février, 2013 dans Belgique, Psychologie, Religions & Mythologies, Société & Culture.

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