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La pluralité des mondes habités

étude où l’on expose les conditions d’habitabilité des terres célestes discutées au point de vue de l’astronomie, de la physiologie et de la philosophie

Source : Gallica [Pour une version uniquement TEXTE défilez la page vers le bas, après les aperçus du livre]

par Camille Flammarion (1842-1925)

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platon-grecs Pour connaitre l’origine de cette admirable doctrine (la pluralité des mondes), et pour savoir à quel mortel nous sommes redevables de cette merveilleuse conception de l’intelligence humaine, il nous suffira de nous reporter par la pensée à ces nuits splendides où l’âme, seule avec la nature, médite, pensive et silencieuse, sous le dôme immense du ciel étoilé. Là, mille astres perdus dans les régions lointaines de l’étendue versent sur la Terre une douce clarté qui nous montre le véritable lieu que nous occupons dans l’univers ; là, l’idée mystérieuse de l’infini qui nous entoure nous isole de toute agitation terrestre, et nous emporte à notre insu dans ces vastes contrées inaccessibles à la faiblesse de nos sens. Absorbés dans une vague rêverie, nous contemplons ces perles scintillantes qui tremblent dans le mélancolique azur, nous suivons ces étoiles passagères qui sillonnent de temps en temps les plaines éthérées, et, nous éloignant avec elles dans l’immensité, nous errons de monde en monde dans l’infini des cieux. Mais l’admiration qu’excitait en nous la scène la plus émouvante du spectacle de la nature se transforme bientôt en sentiment de tristesse indéfinissable, parce que nous nous croyons étrangers à ces mondes où règne une solitude apparente, et qui ne peuvent faire naitre l’impression immédiate par laquelle la vie nous rattache à la Terre. Ils éveillent une pensée d’infini qui est une source de mélancolie en même temps qu’une source de pures jouissances ; ils planent là-haut comme des séjours qui attendent en silence et roulent loin de nous le cycle de leur vie inconnue ; ils attirent nos pensées comme un abime, mais ils gardent le mot de leur énigme indéchiffrable.

Contemplateurs obscurs d’un univers si grand et si mystérieux, nous sentons en nous le besoin de peupler ces globes en apparence oubliés par la Vie, et sur ces plages éternellement désertes et silencieuses nous cherchons des regards qui répondent aux nôtres. Tel un hardi navigateur explora longtemps en rêve les déserts de l’Océan, cherchant la terre qui lui était révélée, perçant de ses regards d’aigle les plus vastes distances et franchissant audacieusement les limites du monde connu, pour aborder enfin aux plaines immenses où le Nouveau Monde était assis depuis des périodes séculaires. Son rêve se réalisa. Que le nôtre se dégage du mystère qui nous l’enveloppe encore, et, sur le vaisseau de la pensée, nous monterons aux cieux y chercher d’autres terres.

Cette croyance intime qui nous montre dans l’univers un vaste empire où la vie se développe sous les formes les plus variées, où des milliers de nations vivent simultanément dans l’étendue des cieux, parait être contemporaine à l’établissement de l’intelligence humaine sur la Terre. Elle est due au premier songeur, qui s’adonnant avec la bonne foi d’une âme simple et studieuse à la douce contemplation des cieux, mérita de comprendre cet éloquent spectacle. Tous les peuples, et nommément les Indiens, les Chinois et les Arabes, ont conservé jusqu’à nos jours des traditions théogoniques où l’on reconnait, parmi les dogmes anciens, celui de la pluralité des habitations humaines dans les mondes qui rayonnent au-dessus de nos têtes ; et en remontant aux premières pages des annales historiques de l’humanité, on retrouve cette même idée, soit religieuse pour la transmigration des âmes et leur état futur, soit astronomique simplement pour l’habitabilité des astres.

Les livres les plus anciens que nous possédions, les Védas, genèse antique des Hindous, professent la doctrine de la pluralité des séjours de l’âme humaine dans les astres, succédant à l’incarnation terrestre ; selon les propres expressions de ces discours que l’écho séculaire des temps nous a si difficilement conservés, l’âme va dans le monde auquel appartiennent ses œuvres. Le Soleil, la Lune et des astres inconnus sont préparés pour l’habitation et ont donné le jour à des formes vivantes incomprises. Le Code de Manu, les livres Zends, les dogmes de Zoroastre, envisagent l’univers sous le même point de vue. Mais il est difficile, dans ces philosophies anciennes, de faire la part de la physique et de la métaphysique, et nous ne devons les mentionner ici que pour mémoire.

Les Celtes-Gaulois nos ancêtres, et en particulier les Eduens, que certains archéologues de notre race, trop patriotes peut être, ont considérés comme le peuple primitif du globe (habitants de l’Eden), célébraient dans les invocations des druides à Teutatès et dans les chants de bardes à Bélénos, l’infini de l’espace, l’éternité de la durée, l’habitation de la Lune et d’autres régions inconnues, et la migration des âmes dans le Soleil et de là dans les demeures du Ciel. Les druides, qui connaissaient la diminution de l’obliquité de l’écliptique, la longueur des années, longtemps avant les Egyptiens, dont les connaissances astronomiques pourraient bien avoir pour origine l’émigration des colonies celtiques ; les druides, qui édifièrent au culte de l’astronomie les édifices symboliques dont nous retrouvons aujourd’hui les derniers vestiges dans les plaines de Carnac ; les druides, disons-nous, étaient plus avancés dans les sciences physiques et naturelles qu’on ne le croit généralement. Il ne serait pas téméraire d’attribuer à la Gaule une partie des idées saines enseignées par Pythagore sur le système du monde ; l’étude de la cosmogonie des druides montre du moins chez eux des conceptions en harmonie avec celles dont ce sage se fit plus tard le digne interprète.

Les pâles vertiges qui nous restent de ces civilisations disparues soulèvent nos regrets profonds. Il est malheureux, et c’est une grande perte pour notre histoire de France, qu’un des points fondamentaux de la constitution celtique ait été, comme le rapporte Jules César, de n’écrire aucun de leurs travaux, aucun de leurs faits nationaux, ni aucune de leurs croyances. Sur notre doctrine en particulier, nous ne saurions discerner leurs idées religieuses de leurs idées astronomiques ; il en est de même des autres peuples dont l’histoire n’est pas descendue jusqu’à notre âge sans être profondément altérée.

Or, pour nous en tenir à la doctrine de la pluralité des mondes, que nous avons seule à considérer ici, et à l’antiquité historique et classique, qui est la seule que nous puissions étudier avec un quelque fondement de certitude, nous remarquerons d’abord que l’Egypte, berceau de la philosophie asiatique, avait enseigné à ses sages cette ancienne doctrine. Peut-être les Egyptiens ne l’étendaient-ils alors qu’aux sept planètes principales et à la Lune, qu’ils appelaient une terre éthérée ; quoi qu’il en soit, il est notoire qu’ils professaient hautement cette croyance.

La plupart des sectes grecques l’enseignèrent, soit ouvertement à tous les disciples indistinctement, soit en secret aux initiés de la philosophie. Si les poésies attribuées à Orphée sont bien de lui, on peut le compter pour le premier qui ait enseigné la pluralité des mondes. Elle est implicitement renfermée dans les vers orphiques, où il est dit que chaque étoile est un monde, et notamment dans ces paroles conservées par Proclus : « Dieu bâtit une terre immense que les immortels appellent Séléné, et que les hommes appellent la Lune, dans laquelle s’élèvent un grand nombre d’habitations, de montagnes et de cités. »

Les philosophes de la plus ancienne secte grecque, de la secte ionienne, dont l’instituteur Thalès croyait les étoiles formées de la même substance que la Terre, perpétuèrent dans son sein les idées de la tradition égyptienne importées en Grèce. Anaximandre et Anaximène, successeurs immédiats du chef de l’école, enseignèrent la pluralité des mondes, doctrine qui fut plus tard répandue par Empédocle, Aristarque, Leucippe et autres. Anaximandre soutenait, comme le firent plus tard Epicure, Origène et Descartes, que de temps en temps les mondes étaient détruits et se reproduisaient par de nouvelles combinaisons des mêmes éléments. Phérécyde de Syros, Diogène d’Apollonie et Archélaûs de Milet se rangèrent comme les précédents au nombre des adeptes de notre doctrine ; ils pensaient d’ailleurs qu’une Force intelligente, immatérielle, présidait à la composition et à l’arrangement des corps célestes. « Même dès ces temps anciens, disait notre infortuné Bailly, l’opinion de la pluralité des mondes fut adoptée par tous ceux des philosophes qui eurent assez de génie pour comprendre combien elle est grande et digne de l’Auteur de la nature. » Auaxagore enseigna l’habitabilité de la Lune comme article de croyance philosophique, avançant qu’elle renfermait, comme notre globe, des eaux, des montagnes et des vallées. Partisan fameux du mouvement de la Terre, il est à remarquer que son opinion suscita autour de lui des envieux et des fanatiques, et que, pour avoir avancé que le Soleil était plus grand que le Péloponèse, il fut persécuté et faillit être mis à mort ; préludant ainsi à la condamnation de Galilée, comme si réellement la Vérité devait rester dans tous les temps fatalement voilée aux regards des enfants de la Terre.

Le premier des Grecs qui porta le nom de philosophe, Pythagore, enseignait en public l’immobilité de la Terre et le mouvement des astres autour d’elle, tandis qu’il déclarait à ses adeptes privilégiés sa croyance au mouvement de la Terre comme planète et à la pluralité des mondes. L’illustre auteur de la Lyre Céleste avait établi que toutes choses dans le monde sont ordonnées suivant les lois qui règlent la musique, préludant ainsi à l’Harmonice Mundi de Kepler, aux lois empiriques et aux puissances sérielles de la mathématique. Son grand tort est d’avoir considéré la musique conventionnelle étudiée ici-bas, en Grèce et ailleurs, comme la représentation de l’harmonie absolue. Les combinaisons de son heptacorde supposent aux planètes des éléments tout à fait arbitraires, notamment en ce qui concerne leur succession diatonique. Plusieurs de ses déterminations se trouvent vraies cependant : telle est la révolution de Saturne, égale à trente fois celle de la Terre ; tel est aussi le mouvement biennal de Mars. Les biographes du mystérieux philosophe de Crotone, qui se souvenait d’avoir été fils de Mercure ; puis Euphorbe, du siège de Troie ; puis Hermétime ; puis Pyrrhus, pêcheur de Délos, ne disent pas si sa doctrine de la métempsycose s’appliquait à la pluralité des séjours humains dans les cieux ; cependant l’étude des Mystères tend à établir qu’ils enseignaient aux initiés le vrai système et la pluralité des mondes. Après Pythagore, Hipponax de Rhégium, Démocrite, Héraclite et Métrodore de Chio, les plus illustres de ses disciples, propagèrent du haut de la chaire l’opinion de leur maitre, qui devint celle de tous les pythagoriciens et de la plupart des philosophes grecs. Ocellus de Lucanie, Timée de Locres et Archytas de Tarente partagèrent la même croyance. Philolaus et Nicétas de Syracuse, qui enseignaient à l’école pythagorique le système du monde retrouvé vingt siècles plus tard par Copernic dans le livre VII des Questions naturelles de Sénèque, défendirent éloquemment notre croyance, et leur successeur Héraclide la développa jusqu’à avancer que chaque étoile est un petit univers ayant comme le nôtre une terre, une atmosphère, et une immense étendue de substance éthérée.
Le fondateur de l’école D’Elée, Xénophane, enseigna la pluralité des mondes et notamment l’habitabilité de la Lune. CE philosophe est l’un des plus illustres de son siècle ; on ne saurait trop le louer de ses efforts contre ceux qui avilirent la majesté divine par des raisonnements où l’anthropomorphisme avait la plus grande part. « L’anthropomorphisme est un penchant naturel, à ce point que si les bœufs voulaient se créer un Dieu, ils le concevraient sous la forme d’un bœuf, et les lions sous la forme d’un lion, de même que les Ethiopiens qui imaginent des divinités noires et les Thraces qui leur donnent une rude et sauvage physionomie. » Xénophane répudia ces analogies dégradantes et indignes de la conception de l’Être suprême. Parménide et Zénon d’Elée vinrent après Xénophane, et comme lui reconnurent l’intervention d’un Esprit supérieur dans les œuvres de la nature et se rangèrent du côté de la croyance en la pluralité des mondes.
Vers la même époque, où l’école italique et l’école d’Elée s’étaient assises sur les débris de l’école ionique à peu près éteinte, Pétron d’Himère, en Sicile, écrivait un livre dans lequel il soutenait l’existence de cent quatre-vingt-trois mondes habités. S’il faut en croire Plutarque, cette opinion avait depuis des siècles passé jusqu’à la mer des Indes ; un homme miraculeux l’y enseignait. (…)


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