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La lettre d’un prêtre constitutionnel au commissaire sur le clergé réfractaire toulousain (1796)

La lettre d’un prêtre constitutionnel au commissaire sur le clergé réfractaire toulousain (1796)

Source : Fdesouche Histoire

Document inédit

En 1796, Grauces, curé constitutionnel de Cugnaux, écrit au commissaire général du pouvoir exécutif au département de la Haute-Garonne afin de l’informer de l’activité de plusieurs prêtres réfractaires dans la région et pour notamment demander l’arrestation du curé insermenté d’Aussonne.

Première page de la lettre en question (transcription intégrale de la lettre ci-dessous) :

Transcription de la lettre :

« Toulouse 19e janvier V.S. l’an 4e de la république françoise.

Citoyen,

Une république naissante ne fut jamais sans dangers parce qu’elle ne fut jamais assez administrée ; il est l’état de nôtre république ; beaucoup de loix et très peu d’exécutions. Aussi ses dangers se multiplient-ils, à mesure que ses administrateurs devenus infidèles la laissent en proie à l’animosité de ses ennemis.
Les plus nombreux et les plus redoutables de nos ennemis sont sans contredis les prêtres réfractaires parce que leur ministère les rent à même de dominer sur les consciences timorées et sur les esprits ignorants : on ne peut décrire le mal qu’ils ont opéré dans toute la France : la Vendée seule en est un témoignage infaillible. Je me borne ici au seul territoire toulousain jusqu’à la distance de six ou sept lieues. Combien penserié vous, citoyen, que les gens y ont changé de façon d’agir ? Depuis l’enfant jusqu’au vieillard de l’un et l’autre sexe, il ne règne plus aucune vertu sociale : la plupart sont devenus cochinchinois, et le plus petit nombre exhale un air toutafait impolitique et gênant. On déteste le fléau de la guerre, et l’on chérit ceux qui l’ont causée, et qui l’allument encore, en persuadant la jeunesse de ne pas revenir sous le drapeau, pour donner plus de forces aux tyrans coalisés contre nous. C’est une vérité dont j’ay été averti plusieurs fois par un élu fidèle. Ce même élu m’a répété que ces prêtres les uns prêchent, les autres insinuent le retour de la dîme, et de l’ancien régime. Leur enseignement est généralement adoptet : en attendant une contre-révolution, ils obligent ceux de leur parti qui est dominant, à leur faire une rente considérable en grains, vin, foin, argent, et leur casuel qui est une seconde contribution n’ajoute pas peu à leur première taxe : enfin sous le voile de la piété, ils causent un agiotage capable de pomper l’aisance d’un peuple grossier et superstitieux.
Mais l’ambition n’est pas le seul vice dont ils donnent le funeste exemple ; ils donnent encore celui d’un despotisme, et d’une domination tyrannique sur les consciences ; ils déclament perpétuellement contre la foy des prêtres constitutionnels quoi qu’elle soit la même que la leur, en mettant à part les abus crians, et le cades préjugés. Ils invalident et réhabilitent tous les actes ministériels de ces prêtres. Ils font faire des amandes honorables à ceux qui ont communiqué avec eux, et leur font prometre avec serment avant de les déchismer qu’ils n’assisteront plus à la messe constitutionelle et qu’ils reconaitront leurs anciens évêques et curés. Je passe sous silence bien d’autres singularités qui aigrissent la raison. Je suis passé trois fois chez vous pour vous parler là-dessus, vous avez été absent les deux dernières fois : à peine pus-je la première fois vous préluder mon dessein. Vous me promettez d’écrire au commissaire particulier du canton de Blagnac pour faire arêter le prêtre réfractaire de la commune d’Aussonne qui plus longuement que tous les autres prêtres de son voisinage foule sous les pieds toutes les loix de la république, il renchérit même sur celles de l’Eglise, néanmoins il est encore en vogue, il extravague avec la même hardiesse, il fait des mécontens, et aucun n’ose l’aller dénoncer par la crainte de déplaire aux riches et à la municipalité qui le protège.
Son impunité est plus fatale que vous ne pensés au bon ordre et au bien public. Elle est cause que les communes voisines sont desservies par des prêtres réfractaires : telles sont Cornebarrieu, Mondonville, Selh et Merville.
Je pense, citoyen, qu’il est tems de purger le païs de cette vermine qui l’acervit tous les jours, et qui ne peus manquer d’engager à rétracter leurs sermens plusieurs prêtres assermentés qui s’aperçoivent que les faveurs et l’estime des peuples sont reservés aux prêtres réfractaires.
Il est très aisé de faire arrêter le prêtre d’Aussonne dimanche prochain il doit déchismer et faire jurer les individus qu’il a disposés [à] cette cérémonie fanatique et contre-révolutionnaire. [Il] peut être encore arrêté le mardi d’après 26e du courant, où il doit bénir un mariage.
Il y a aujourd’hui huit jours que je taisai [?] dans votre bureau cette lettre relative à ce prêtre, à celui de Blagnac, et aux autres prêtres des communes cy-dessus. Je vous demandais le secret : je vous le demande encore.
Le nom de l’agent municipal d’Aussonne est le citoyen Dubois et celui de l’adjoint Jacques la Birou grands aristocrates.
J’ay l’honneur d’être avec des sentiments respectueux, citoyen, votre très humble et très obéissant serviteur.

Grauces prêtre résidant à Cugnaux.

Le prêtre d’Aussonne exerce depuis la fin du mois de mars dernier. »

Publié le 8 décembre, 2012 dans Christianisme, Europe & UE, France, Histoire, Société & Culture.

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