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Les Illuminés et le Prieuré de Sion

Les Illuminés et le Prieuré de Sion

© Serge Caillet, le 11 Juin 2007

A la question « que pensez-vous du Prieuré de Sion ? », désormais immanquablement associée à la question « que pensez-vous des Illuminati ? », que l’on m’a posées bien souvent depuis la publication des romans de Dan Brown et de l’adaptation cinématographique de l’un d’eux, je sais désormais apporter une réponse documentée : lisez l’ouvrage de Massimo Introvigne !

Après tant de commentaires plus ou moins savants et d’explications en tous genres à propos du Da Vinci code, voici enfin le livre que certains, dont je suis, attendaient : Les illuminés et le Prieuré de Sion (Xenia, 2006). Qui mieux que Massimo Introvigne pouvait nous l’offrir ? Car l’auteur connait, sinon mieux que personne du moins mieux que beaucoup d’auteurs les deux questions qui inquiètent les profanes et amusent ou agacent les amateurs de choses cachées. Voici donc, en moins de deux cents pages – et cela suffit – l’affaire, ou plutôt les deux affaires traitées une fois pour toute en les ramenant à leur réalité. Quelle réalité ?

Les Illuminati, c’est-à-dire les Illuminés de Bavière fondés par Adam Weishaupt (1748-1830), ont vu le jour au XVIIIe siècle et n’y ont pas survécu. En l’espèce, rien de meilleur que la thèse de René Le Forestier, Les Illuminés de Bavière et la franc-maçonnerie allemande (1914, nouv. éd., Archè, 2001) à laquelle Massimo Introvigne emprunte l’essentiel. Un réveil des Illuminés, sous l’autorité de Leopold Engel (1858-1931), au début du XXe siècle, rattache la nouvelle lignée à la magie sexuelle templarisante d’un Karl Kellner (1850-1905) et d’un Theodor Reuss (1855-1923), en marge de certains rites de la maçonnerie occultiste. Puis les Illuminés se fondront dans maintes succursales de l’Ordo templi orientis, de Reuss et de Crowley. Tout le reste n’est que mauvaise littérature.

Quant au Prieuré de Sion, l’histoire est plus courte encore : une fondation de Pierre Plantard (1920-2000) escroc ou mythomane, les deux peut-être, en 1956, que celui-ci amendera, pour suivre le sens du vent, au fil des années, en y associant les templiers, Rennes-le-Château et l’abbé Saunière. Des fondations antérieures de Plantard, notamment l’Alpha Galates (où l’on retrouvera quelques grands noms de l’occultisme) marquent les étapes de la préhistoire du soi-disant Prieuré. Des bagarres et des schismes marquent son histoire contemporaine. Des auteurs comme Gérard de Sède et Baigent, Leigh et Lincoln contribueront à leur tour – complices ou naïfs ? – à donner au mythe ses lettres de noblesses, jusqu’à l’apothéose du Da Vinci Code. En bref, point de Prieuré de Sion au moyen-âge (ni même au XVIIIe siècle contrairement à ce que finira pas dire Plantard), mais des faux documents en masse pour accréditer une piteuse légende aujourd’hui transformée en best seller !

Qu’il s’agisse des Illuminés ou du Prieuré, la documentation et la démonstration de Massimo Introvigne sont sans faille. De surcroit, l’auteur ne se prive pas de manier l’ironie comme une arme qui fait mouche, et c’est tant mieux lorsqu’il s’agit de démasquer tant d’escroqueries intellectuelles et morales, en rétablissant des faits qui sont patents. Tout au plus puis-je regretter pour ma part que la plume de l’ami Massimo soit parfois tentée de ranger dans le même panier de parfaits escrocs et de grands occultistes (car Cagliostro ne se réduit pas à la caricature d’un charlatan, et Robert Ambelain n’était pas une « diva du demi-monde des organisations ésotéristes françaises » !), mais il est vrai que ce ne sont là que des détails.

D’aucuns pourraient également reprocher à Massimo Introvigne ses attaches vaticanes, voire sa défiance de l’occultisme. Mais voilà qui est bien son droit, d’autant que celles-ci n’affectent en rien son jugement et sa vision d’une histoire navrante qu’il a su mettre en lumière, en rassemblant et en commentant une documentation inattaquable. Massimo Introvigne reste incontestablement un grand spécialiste du petit monde des nouveaux mouvements religieux et des sociétés initiatiques. Une fois encore, il a fait œuvre utile en mettant un point final – pourquoi ne pas rêver ? – à deux histoires de la plus haute fantaisie.


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