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L’approche de la guerre – 4 Mars 1911

L’approche de la guerre – 4 Mars 1911

via Fortune Desouche

[Texte rédigé il y a plus d’un siècle… – NDLR]

Depuis quarante années, le canon n’a pas tonné en Europe. De temps à autre, quelque alerte a secoué le continent, mais chaque fois le conflit s’est dénoué, l’orage s’est dissipé. Un état d’esprit s’est créé – tout au moins en France – qu’une guerre européenne était désormais impossible. Excepté les journaux militaristes qui annoncent 365 jours par an la guerre comme prochaine, tout le monde croit à la paix.

Cette confiance dans la solidité de la paix est exagérée ; je dirai même que cette confiance ne me semble légitimée par rien. Nous nous trouvons à la veille d’un gigantesque conflit européen. Les nations y marchent à grands pas ; elles s’y préparent fiévreusement. Mais les Guillots de la presse chauvine ont si souvent crié : au loup ! que l’opinion publique ne croit plus au danger et marche les oreilles bouchées, les yeux clos dans un rêve de paix.

Je n’entends pas dire que la guerre va éclater instantanément. Mais, ainsi que le montreront les faits que je vais étaler, elle est une menace suspendue sur l’Europe ; elle peut éclater dans dix ans, dans cinq ans, peut être avant.

Les causes économiques des guerres

S’il est arrivé autrefois – et je n’en suis pas sûr – que des peuples se soient entredéchirés dans des questions d’honneur national, pour des raisons politiques, aujourd’hui ces prétendues causes de guerre se règlent facilement par voie diplomatique.

Ce qui s’arrange moins aisément ce sont les conflits économiques ; l’eau bénite de cour et les simagrées des diplomates ne suffisent pas à les aplanir. Il faut que fléchisse un côté de la balance, que soient supprimer des avantages matériels et alors les résistances sont formidables.

Le monde est un vaste champs où se heurte les compétitions, les appétits capitalistes. Plus même que des appétits : des forces fatales, des nécessités d’expansion commerciale.

L’outillage mécanique de chaque nation oblige à produire, à surproduire. Cette surproduction, il faut l’écouler. On s’élance alors sur les marchés mondiaux, tout en fermant son propre marché par des tarifs prohibitifs.

On se jette sur les pays neufs. Chaque nation s’efforce d’y assurer la prépondérance aux produits de son industrie. Et par une conséquence naturelle, un pays marche à la rencontre d’un autre, se heurte à lui. Qui est-ce qui assurera en définitive la suprématie commerciale de ses nationaux et comment ? Le plus fort, et par la guerre.

Mais à mesure que les pays neufs sont pénétrés, qu’ils sont saturés de produits, la concurrence se fait plus âpre, la situation devient plus tendue. Lentement mais sûrement, l’épée sort du fourreau. Plus d’une nation, aujourd’hui, est prête à se jeter dans la balance.
Il suffit d’examiner les dernières guerres pour se convaincre que des conflits économiques seuls les ont ouvertement provoquées.

[S’en suit une énumération détaillée, mais 100 ans plus tard qui ne parlent plus vraiment à personne. Sont évoquées la guerre de Cuba de 1897-1898, la guerre du Transvaal de 1901-1902, la guerre russo-japonaise de 1904-1905. Le point commun que l’auteur montre dans ses exemples est l’incompatibilité des visées économiques des protagonistes, avec comme seule débouchée possible la guerre.

Afin de ne pas alourdir la lecture, j’ai choisi de ne pas recopier ici ces passages. Cependant ils sont disponibles si vous le souhaitez, il suffit de me contacter par mail : [email protected]]

Existe-t-il un antagonisme franco-allemand ?

L’expansion commerciale de la France est-elle une menace pour l’Allemagne ? Il serait ridicule de le prétendre tant est grande l’infériorité de notre outillage national.

Commercialement, le voyageur allemand l’emporte partout, dans toutes les nations, sur le voyageur français. A lui seul le port d’Hambourg a un trafic supérieur au commerce français, importations et exportations réunies.

L’Allemagne n’a rien à craindre de notre côté. Nulle part la France n’est sa rivale.

Le commerce entre les deux nations justifierait-il une guerre ? Non ! Le rapport de M. A. Picard, président de la commission permanente des valeurs des douanes pour 1909, le prouve. En 1900, la France achetait à l’Allemagne pour 427 millions de francs de marchandises et l’Allemagne achetait à la France pour 465 millions de produits. En 1909 nos achats de produits allemands sont montés à 661.100.000 francs, ceux des Allemands à la France à 725.900.000 francs.

Ainsi les échanges entre les deux pays augmentent avec la même vitesse et se balancent à peu de chose près. Nous vendons aux Allemands principalement des produits de luxe. eux nous envoie surtout de la camelote et des articles à bon marché. On voit qu’il n’y a pas de rivalité commerciale entre les deux pays.

Au point de vue industriel, que voyons nous ? Un phénomène identique. Les industriels allemands s’associent, de plus en plus, avec les industriels français.

[S’en suit de nouveau une énumération détaillée évoquant de grandes firmes allemandes investissant massivement en France, tout en laissant la direction aux Français, et réciproquement. Là aussi, ces passages sont disponibles par mail ([email protected]). Parti pris ou non de l’auteur, l’Alsace Lorraine n’est pas évoquée.]

Les deux rivales.

Ainsi, il n’existe pas de rivalité commerciale entre l’Allemagne et la France. En est-il de même en l’Angleterre et l’Allemagne ? Non !

Un simple examen de la situation va nous montrer la lutte industrielle et commerciale que ce livrent ces deux nations.

Pour bien saisir toute l’importance, il faut nous reporter à quarante ans en arrière : il faut remonter à 1870.

A cette époque, l’Allemagne industrielle n’existait pour ainsi dire pas. L’Angleterre rayonnait sur le monde, grâce à son merveilleux outillage industriel infiniment supérieur à celui des autres nations.

L’Allemagne achetait à l’Angleterre ses fers et ses cotons. La grande majorité des navires qui fréquentaient les ports allemands étaient anglais. La flotte à vapeur de l’Allemagne comprenait seulement 147 navires, dont la plupart sortaient de chantiers anglais.

Les années 1870-80, écrit M. F. Delaisi dans « La Force Allemande », furent, pour la Grande-Bretagne, d’une prospérité inouïe. A ce moment, Albion règne vraiment sur le monde. Birmingham inonde l’univers de ses fers, Manchester de ses cotonnades…
…Sans les coups de canons et sans fracas militaires, par la seule supériorité de son industrie, l’Angleterre est en train d’accaparer le monde.

L’Angleterre pouvait donc se croire – et nous pouvons dire, aujourd’hui, qu’elle a cru pendant trop longtemps – être imbattable sur les marchés et les mers du monde.

La guerre de 1870 modifia, bouleversa l’ancien état de choses. Bismarck réalisa d’abord l’unité allemande.

Par le protectionnisme et par un grand programme de travaux publics, il permit à l’industrie rhénane, saxonne et silésienne de se développer. Par les lois sociales, il assura une tranquillité relative à cette industrie pendant sa période d’expansion.

L’Allemagne traversa ainsi trois grandes périodes : la première, d’organisation politique, de 1871 à 1880 ; la deuxième, d’organisation industrielle, de 1880 à 1893 ; la troisième commerciale, de 1893 à 1900, où nous voyons le nombre annuel d’émigrants décroître dans d’énormes proportions, l’Allemagne retenant tous ses travailleurs.

[S’en suit une liste considérable de comparaisons sur l’évolution de la flotte à vapeur des deux pays, le nombre global de leurs équipages, leur production de houille, de fonte, leur PIB, PBN, leur réseau ferroviaire… Bref une série de données considérables qui rendait cet article complètement indigeste. Il en ressort que l’Angleterre est en perte de vitesse, surtout en Asie et en Europe, alors que l’Allemagne voit son rythme de croissance s’accélérer. Ces passages sont disponibles par mail.]

A vrai dire, il y a longtemps que les Anglais ont jeté le cri d’alarme. Il y a quelques années, sous la pression de l’opinion publique, le gouvernement anglais crut arrêter, en Angleterre même, la marche ascensionnelle des produits allemands. Il obligea les industriels allemands à mettre sur leurs produits une marque indiquant leur provenance, croyant en gêner l’écoulement. Un livre récent Made in Germany a révélé que depuis que cette marque existe, non seulement les entrées de marchandises allemandes n’ont pas diminué, mais qu’elles ont augmenté considérablement.

Ces fait marquent le degré d’acuité des relations anglo-allemandes. Ainsi, en Orient comme en Europe, l’influence anglaise, le développement commercial anglais se heurtent à l’action puissante et continue de l’Allemagne et sont paralysés par elle. Se sachant mieux outillée industriellement et commercialement, l’Allemagne ne perd pas une occasion de l’affirmer, froissant ainsi les susceptibilités de sa rivale.

Les esprits sont tendus en Angleterre comme en Allemagne. La furie du gouvernement anglais pour son armement a gagné le pays : campagnes de presse et discours ministériels ont porté leurs fruits. Qu’on ne s’y trompe pas.

Dernièrement, dans le rapide de Boulogne, le hasard me fit lier conversation avec un ingénieur des constructions navales anglaises qui allait en Italie, à Budapest et à Constantinople.

La discussion vient sur la question de savoir qui avait la supériorité de l’outillage économique. Les Anglais, les Français ou les Allemands ? je soutenais que l’infériorité de l’Angleterre vis-à-vis de l’Allemagne provenait de ce qu’elle n’avait pas su faire neuf et renouveler son outillage.

Il en convint et mis la conversation sur la possibilité d’un conflit anglo-allemand.

– Ce sera une drôle de guerre, disait-il. Que fera l’Autriche ? De quoi est capable la France ? Quoi qu’il en soit, nous aurons la guerre avant cinq ans. Nous serons roulés par les Allemands au début, mais vainqueurs à la fin.

Voilà l’état d’esprit général des Anglais. La guerre leur apparaît comme inévitable.

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