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Les Scandales Politiques sont-ils des Rites Démocratiques?

Les Scandales Politiques sont-ils des Rites Démocratiques?

D’après le livre, Scandale et suicide politiques, par Karine Hamedi, voila ce qui est dit à la page 42,

Scandale de la démocratie ? Démocratie du Scandale ? Une alternative séduisante mais infructueuse

Le lien démocratie/scandale semble s’imposer comme une évidence pour le chercheur. Car cette relation associe spontanément un système politique pluraliste et libéral (la démocratie) avec des dérives qui lui sont intrinsèquement liées puisqu’elles supposent certaines de ses conditions : pour que les affaires parviennent à la connaissance du public, la révélation des scandales présuppose bien sûr la présence de certains paramètres tels que la liberté d’expression, les possibilités d’investigation ainsi que la faculté de polémiquer et de mener controverse à propos des enjeux. Guidés au départ nous aussi par une perspective quelque peu fonctionnaliste, nous avions donc pensé d’abord résumer notre cadre conceptuel dans le chiasme suivant : scandale de la démocratie/ démocratie du scandale. Sous cet angle, les scandales politiques participent du fonctionnement démocratique, ils contribuent à en révéler les dérives dangereuses, mécanisme salvateurs, ils remplissent de fait une fonction « prophylactique » en démocratie, symbole de transparence et de contrôle du système, ils agissent en quelque sorte comme une « soupape de sécurité », et ils alertent dirigeants et citoyens sur les anomalies et dévoiements qui menacent sourdement le système. Le premier mouvement du chiasme « scandale de la démocratie » avait pour mission de refléter le mouvement d’indignation répondant ainsi aux révélations scandaleuses. Selon la célèbre phrase de Lord Acton, « le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument ». Nul ne serait à l’abri de la tentation, de la délégation représentative accordée par les citoyens souffrirait ainsi d’être régulièrement spoliée, bafouée comme les dictons populaires le rappellent amèrement : les hommes politiques seraient-ils donc tous pourris, tous pareils, pas un pour racheter les autres, tous à mettre dans le même sac? Dans les conversations privées, ce « déballage » des turpitudes individuelles est sujet de plaisanteries et s’interprète parfois aussi simplement comme le résultat de luttes intestines. Les citoyens spectateurs sortent confortés dans le préjugé selon lequel la politique reste un mal nécessaire, fait de compromissions et de manipulations diverses, « le scandale politique démontre publiquement de façon exemplaire ce que l’on savait déjà : la politique est une sale affaire ». Paradoxe du scandale : en réaction, il réactive chez le citoyen le désir d’idéalisation du représentant politique modèle, intègre et dévoué, contrastant avec les véreux et maladroits qui auraient eu la bêtise de se faire prendre. L’opinion publique exprime un mélange très ambivalent : dégoût et fascination s’associent à une conception ambiguë du pouvoir. Le citoyen suit le développement des épisodes avec désappointement mais aussi avec amusement. Le scepticisme de l’opinion publique se perçoit notamment après les derniers soubresauts judiciaires d’une affaire, lorsque les micro-trottoirs réalisés par les journaux télévisés enregistrent les ultimes échos où cette phrase représentative surgit généralement : « Finalement la montagne a accouché d’une souris et jamais nous ne saurons le fin mot de l’affaire. ». Le désenchantement politique s’exprime parfois plus concrètement lorsqu’il y a mobilisation autour du cortège des « anti » (antiparlementarisme, antisémitisme, etc.) exacerbés lors de ces conjonctures. On accuse le déclin qui semble mettre en péril les structures du pays, le scandale ne serait que le symptôme le plus criant de cette chute de prestige des valeurs nationales. De tels mouvements traduisent alors fortement le discrédit qui guette à tout instant la classe politique compromise dans son ensemble lorsque l’un des siens a fauté : ici les soubresauts de la IIIè République donnent des exemples particulièrement représentatifs avec un point culminant lors de la violente manifestation du 6 Février 1934 lié à la droite ligne à la mort d’Alexandre Stavisky et au déplacement du préfet Chiappe. Le second mouvement du chiasme « démocratie du scandale » est quant à lui destiné à rendre compte de cette « fonction » remplie par les scandales : celui-ci permet de dénoncer puis de sanctionner les déviances, que celles-ci soient individuelles ou collectives, de purifier le système, de pourvoir à un renouveau des structures politiques et de raviver enfin la confiance des citoyens dans les vertus salvatrices du processus démocratique. Le scandale apparaît donc de prime abord comme une sanction retentissante contre des représentants peu scrupuleux, mais ne se réduit-il pour autant qu’à cette sanction à laquelle l’assimile Pierre Bourdieu? La réponse semble plus complexe. S’il s’agit de leur résultat le plus frappant, il reste qu’a contrario, les scandales politiques symbolisent aussi une des garanties de la démocratie. Il y a tout lieu de s’inquiéter de la totale transparence des institutions en l’absence complète du phénomène puisque »(…) tout scandale est un crime de lèse démocratie ». On aurait donc plus à s’inquiéter des scandales qui demeurent inconnus que de ces rares soubresauts publiquement dénoncés qui masquent une réalité beaucoup plus obscure. […]


Publié le 16 octobre, 2011 dans Livres, Politique & Loi, Réflexions, Symbolisme & Symboles.

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