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Les Vérités du Da Vinci Code

Les Vérités du Da Vinci Code

Article qui était originellement sur le site de l’Initiateur (voir l’archive– les quelques articles recopiés qui survivaient grâce au cache de Google et à archive.org)

Le livre Da Vinci Code est au centre d’une grosse polémique savamment entretenue par le Vatican. C’est dire que l’auteur soulève quelques points épineux qui sont loin d’être des mensonges ou des affabulations. Mais bien entendu, on nous fait croire le contraire. Les Illuminati n’existent pas. La Franc-Maçonnerie n’a oeuvré à rien et bien sûr le Nouvel Ordre Mondial n’est qu’un leurre… et tous ceux qui croient le contraire sont des conspirationnistes.

Voici un article trouvé sur un site évangélique qui eux aussi alors sont des conspirationnistes…

FRANC-MACONNERIE : ENQUÊTE SUR LA PLANETE DA VINCI CODE

NDLR: Ci-joint une partie de l’article paru dans le dernier numéro du Nouvel Observateur sur le 2e livre de Dan Brown « Anges & démons ». Dans son 1er roman « Da Vinci code » Dan Brown parlait d’un drôle de Jésus loin de celui que nous connaissons. Dans ce nouveau roman, il nous est parlé d’une conspiration mondiale dont nous chrétiens connaissons bien les tenants et les aboutissants. La journaliste qui nous en parle veux absolument nous faire croire que tout cela n’est qu’une « théorie du complot », que les réunions des fameux Skulls & Bones auquel appartient entre autre le président Bush ne serait qu’une gentille rencontre d’anciens potaches. Rappelons-nous tout de même que cet article provient du même journal qui, récemment, avait publié un article des plus négatifs sur les évangéliques.

Qui sont les Illuminati, ces illuminés qui ont juré de faire sauter le Vatican? Galilée a-t-il appartenu à cette secte? Et pourquoi ces symboles maçonniques sur le billet de 1 dollar? En refermant «Anges & démons», le nouveau best-seller de Dan Brown, les lecteurs s’interrogent. Quelles sont les sources, parfois bien singulières, du romancier? Réponses de Marie-France Etchegoin*

Qui êtes-vous, Mister Dan Brown? Un Nostradamus des temps modernes transformant des polars en nouvelles bibles planétaires? Un romancier habile qui a compris comment profiter de la veine ésotérique? Un dangereux manipulateur? Et si oui, à la solde de qui? De la CIA, d’une société secrète, des extraterrestres? Depuis son succès mondial, Dan Brown refuse les interviews. Il ne donne de lui que des photos où il pose avec son sempiternel petit sourire, sa fossette au menton, ses cheveux blonds bien peignés. Il ressemble à une caricature de professeur d’université américain, un clone de Robin Williams dans «le Cercle des poètes disparus». Sur certaines photos, on le voit avec sa femme, Blythe, «historienne d’art», blonde et bien peignée elle aussi. Elle «accompagne» Dan lors de ses séjours en France ou en Italie et lui sert de «documentaliste».

Ils sont donc au moins deux à faire marcher la machine. On les imagine se répartissant les tâches, peut-être aidés de collaborateurs, à la manière des avocats dans les films américains: «Toi, tu vas à Rome et tu rapportes tout ce que tu peux sur la cantine du Vatican… Je veux un rapport complet sur l’accélérateur de particules pour demain… Toi, tu grattes sur le pape.» Et hop! on les voit rentrer toutes les informations dans un logiciel. Le même, à chaque fois. Car Dan Brown a eu une idée de génie: il a trouvé une recette de base, celle de la pâte à thriller historico-ésotérique. Il change seulement un peu la garniture, roman après roman. La trame romanesque d’«Anges & démons», qui déferle aujourd’hui en librairie, est en effet presque la copie conforme de «Da Vinci Code». Même héros et même scène inaugurale: Robert Langdon, professeur de «symbolique religieuse», est réveillé en pleine nuit parce qu’un meurtre horrible, dont il faut déchiffrer la satanique mise en scène, a eu lieu. Cette fois, la victime n’est pas le conservateur du Musée du Louvre mais un savant du Cern (Centre européen pour la Recherche nucléaire). Une femme, encore, mène l’enquête avec Langdon. Adieu Sophie, la charmante Française de «Da Vinci Code», petite-fille du conservateur assassiné. Voici la bombe italienne Vittoria, fille du savant du Cern, elle-même scientifique et d’une sensualité torride: elle se balade en short dans les appartements du pape. Le couple file en effet vers Rome, qui sert de décor au jeu de piste d’«Anges & démons» comme Paris dans «Da Vinci Code». Encore une fois, les œuvres d’art sont prétexte à devinettes et à digressions culturelles. Encore une fois, l’Eglise catholique en prend pour son grade. Dans «Da Vinci Code», Dan Brown s’attaquait à ses préceptes (le célibat de Jésus, le statut des Evangiles, etc.). Dans «Anges & démons», il massacre impitoyablement les cardinaux. Le sang coule à flots autour de la chapelle Sixtine où se tient un conclave qui élit un nouveau pape (sujet d’actualité). C’est assez iconoclaste, parfois rigolo, souvent un peu ridicule. Qui fait tant de misères à l’Eglise? Une société secrète, encore et toujours. Non plus le Prieuré de Sion de «Da Vinci Code» mais une secte dont le nom promet monts et merveilles: les Illuminati! Et Dan Brown, à son habitude, traficote joyeusement réalité et fiction.

«La confrérie des Illuminati a existé», assure-t-il dans sa préface. Il faisait le même coup dans «Da Vinci Code», affirmant que le Prieuré de Sion avait été fondé au temps des croisades, et compté parmi ses grands maîtres Léonard de Vinci. Fumisterie totale: c’est Pierre Plantard, fondateur de groupuscules pétainistes sous Vichy, qui a créé cette association en 1956. Ce bobard a pourtant semé le trouble chez des millions de lecteurs. Dan Brown apprenti sorcier? Sous un discours très politiquement correct, il utilise des ingrédients troubles pour tricoter ses intrigues. Avec les Illuminati, comme avec le Prieuré de Sion, il s’inspire d’une littérature conspirationniste particulièrement nauséabonde. Certes, il la débarrasse de ses scories les plus visibles et la transforme en polar divertissant. Pourtant le matériau de base demeure. Profondément ambigu.

Les Illuminati

Voici ce que raconte (p. 45) le professeur Langdon, le héros récurrent de Dan Brown, qui fait figure d’érudit: «Au début du xvie siècle, à Rome, quelques-uns des plus grands esprits italiens ont formé un cercle d’initiés» pour faire avancer le savoir scientifique. Son chef? Galilée! Le mathématicien toscan, inventeur de la lunette astronomique, partisan de la théorie copernicienne du mouvement de la Terre et forcé d’abjurer ses «hérésies» par le tribunal de l’Inquisition.
Ces premiers Illuminati furent «impitoyablement traqués par l’Eglise catholique», mis à mort, «brûlés au fer rouge». Puis ils entrèrent dans la clandestinité, «se mêlant à d’autres groupes mystiques, alchimistes, occultistes, musulmans, juifs», donnant naissance à une secte «profondément antichrétienne». «Ils furent adoptés par une autre société secrète, une confrérie de riches tailleurs de pierre bavarois appelés les francs-maçons»! Par la suite, les Illuminati «ont utilisé le réseau planétaire des maçons pour étendre leur influence […]. Ils ont poussé leur avantage dans la jeune démocratie américaine, dont les dirigeants de l’époque – George Washington, Benjamin Franklin – étaient des maçons. […] Ils ont trouvé peu à peu, dans la banque, l’université et l’industrie de l’époque, les soutiens qui devaient leur permettre de financer leur grand dessein. La fondation d’un Etat mondial unifié, une sorte de Nouvel Ordre mondial séculier fondé sur la raison scientifique […] et appelé « doctrine luciférienne »». Car «en latin, Lucifer signifie « le porteur de lumière, l’illuminateur »». Au détour d’une phrase (p. 181), le professeur Langdon fait aussi benoîtement allusion aux «rumeurs sur l’ancienne richesse de la franc-maçonnerie bavaroise, les « Rothschild, les Bilderberger, le légendaire diamant des Illuminati »».

Voici un résumé succinct de la bouillie ésotérico-historique du professeur Langdon. Où est la part de vrai dans tout ce fatras? Les Illuminati sont aussi réels que les Martiens. En revanche, en 1776, à la fin du xviiie siècle donc (et non au xvie comme l’écrit Brown), Adam Weishaupt, un professeur de droit canonique de la faculté d’Ingolstadt, fonde une association paramaçonnique baptisée les Illuminés de Bavière, Illuminaten, en allemand (et non Illuminati). Les Illuminaten, anticléricaux et rationalistes convaincus, vont finalement se fondre quelques années plus tard dans la franc-maçonnerie qui se développe à la même époque (voir l’interview de Jean-Pierre Laurant).

La secte luciférienne antichrétienne

Depuis plus de deux cents ans, les Illuminés de Bavière alimentent toutes sortes de fantasmes. En particulier chez les tenants de l’antimaçonnisme, mouvement qui naît à la fin du xviiie siècle dans les milieux catholiques et contre-révolutionnaires. Ses théoriciens voient la main des maçons partout. Ils les accusent d’avoir fomenté la Révolution française, de vouloir détruire le Vatican ou d’adorer le diable. Le mythe de la «franc-maçonnerie luciférienne» est lancé. Il perdure encore. La preuve par Dan Brown. Au xxe siècle, on sait comment le thème de la maçonnerie «antinationale», puis de la «judéo-maçonnerie», qui «noyaute les banques et les institutions», nourrira les obsessions de l’extrême-droite, des ligues fascistes, puis des nazis… Les Rothschild, que cite Dan Brown comme si de rien n’était, étaient l’une des cibles principales de l’antisémite Edouard Drumond qui dénonçait «la mainmise des juifs sur la finance internationale».

Le «gouvernement mondial» et les francs-maçons

Ce n’est que dans les années 1950 que le terme «Illuminati» est apparu et a remplacé les bons vieux «Illuminés» dans l’imaginaire complotiste. Les Illuminati sont censés se rattacher à leurs lointains ancêtres de Bavière. Mais le délire qu’ils suscitent s’est enrichi, si l’on peut dire. Ainsi, selon William Guy Car, officier de marine canadien, qui publie un ouvrage de référence pour tous les maniaques de la conspiration («Powns in the Game»), en 1954, à la fin du maccarthysme, les Illuminati auraient désormais pris le masque des communistes. Un certain Commandant X, autre auteur prolifique, soutient, lui, que les Illuminati… sont des extraterrestres arrivés sur Terre il y a des millions d’années dans le but de créer le fameux Nouvel Ordre mondial (à travers notamment le Club de Rome!). On voit que les Illuminati sont bien pratiques: ils s’adaptent en fonction des besoins à n’importe quel bouc émissaire. Toutes ces théories démentes continuent de courir dans des publications plus ou moins confidentielles et surtout sur la Toile.

Aujourd’hui, c’est «le Livre jaune», qui date des années 1990, également intitulé «les Sociétés secrètes et leur pouvoir au xxe siècle», qui fait fureur chez certains internautes. «Il a été écrit par un néonazi allemand amateur d’ésotérisme, Jan Udo Holey (dont le pseudonyme est aussi Jan Van Helsing)», explique le philosophe Pierre-André Taguieff, spécialiste de l’antisémitisme. Extrait de la table des matières de ce pensum délirant: il y a tant et tant de loges; la famille Rothschild; les Illuminés de Bavière; les francs-maçons aux Etats-Unis; un plan pour le gouvernement mondial; le FMI; le Vatican; Skulls and Bones; Cecil Rhodes et ses chevaliers de la Table ronde… Dans «Anges & démons», Dan Brown reprend presque tous ces thèmes: les Rothschild, les présidents américains maçons, le Nouvel Ordre mondial. L’un de ses héros explique aussi (p. 279) que le célèbre «financier britannique» Cecil Rhodes (créateur d’une prestigieuse fondation qui existe réellement) est un Illuminatus. Comme Bill Clinton, qui a bénéficié (ce qui est exact) d’une bourse de la fondation pour étudier un an à Oxford! A entendre un autre des personnages du roman de Brown, George Bush senior serait lui aussi membre de la secte. Ainsi page 419 : «Franc-maçon du 33e degré, quand il était à la tête de la CIA, il a refermé le dossier des Illuminati.» Dan Brown fait allusion à l’appartenance (connue) des Bush père et fils à Skulls and Bones (Crânes et Os), une «société secrète» qui fait fantasmer les conspirationnistes de tout poil (et notamment le néonazi auteur du «Livre jaune»). Il s’agit en réalité d’une fraternité d’anciens élèves, créée en 1833 à Yale. John Kerry, qui a fait ses études dans cette université, en est lui aussi l’un des membres.

Billet de 1 dollar et « Protocoles des sages de Sion »

C’est aussi dans «le Livre jaune», et autres analyses du même acabit, que le professeur Robert Langdon puise son ébouriffant décryptage du billet de 1 dollar «couvert de symboles créés par les Illuminati» (voir encadré p. 11). Normal, assure le professeur (p. 131), le vice-président américain Henry Wallace qui a créé ce billet était, tout comme le président Franklin D. Roosevelt, membre de la secte. En réalité, ils étaient francs-maçons. Amalgame encore. Un de plus.
Certains sites internet consacrés aux Illuminati affirment que les « Protocoles des sages de Sion » (le célèbre faux antisémite fabriqué en 1900) ont été écrits «non pas par les juifs mais par la secte luciférienne» ! Dan Brown se garde bien de s’avancer sur ce terrain. En revanche, les auteurs dont il s’inspire pour «Anges & démons» comme pour «Da Vinci Code» ne s’en privent pas (voir aussi «le Nouvel Observateur» n° 2079, du 9 au 15 septembre 2004).

Dan Brown ne s’amuse donc pas avec n’importe quoi quand il jongle avec les Illuminés, Lucifer et le pape. Ou quand il cite les Rothschild ou Franklin Roosevelt. Mais, grâce à d’astucieuses pirouettes, il prend toujours suffisamment de distance pour ne pas se voir accusé d’être le propagateur de thèses antisémites ou antimaçonniques. D’autre part, ses attaques contre l’Eglise ou l’Opus Dei, ses envolées sur la liberté, ses réflexions «modernes» sur Dieu ou son féminisme brouillent les pistes et désamorcent les critiques. A l’arrivée, tout le monde peut y trouver son compte: ceux qui se laissent séduire par sa critique des religions, comme les «initiés» qui savent reconnaître tous les poncifs de la «complomania». Même les amateurs de jeux vidéo sont comblés. Au détour d’une page (p. 118), Brown cite l’une de ses «sources». Un jeu vidéo créé dans les années 1980 par Steve Jackson. «Une sorte de Monopoly ésotérique et conspirationniste qui a lancé la mode des Illuminati sur les campus américains, explique Jean-Jacques Bedu, auteur d’un nouveau livre sur l’univers brownien (« les Sources secrètes du da Vinci Code », Editions du Rocher). Ce jeu met en scène plusieurs sociétés secrètes qui se disputent le pouvoir, parmi lesquelles les Illuminés de Bavière et la Secte des Assassins.» Dans «Anges & Démons» qui endosse le rôle du méchant tueur? Un «Arabe», descendant des hachichin (littéralement, les adeptes du haschisch, secte druze du Moyen Age). Comme dans le jeu vidéo. Décidément, Dan Brown est le roi du recyclage.

Le jackpot ésotérique

Sociétés secrètes, religion et blasphème! Dan Brown a réuni tous les ingrédients. Mais ces éditeurs y ont ajouté une bonne dose de marketing. Décryptage

Les affaires des uns font les regrets des autres. Et les dirigeants de Gaumont digèrent mal d’avoir laissé filer leur chance. Début 2003, on leur avait pourtant proposé d’acquérir les droits de coproduction d’un thriller ésotérique baptisé «Da Vinci Code». Mais – «non, merci» –, ils ont décliné l’offre. Mauvais karma! Six mois plus tard, le pavé de Dan Brown s’est écoulé à quelques millions d’exemplaires dans le monde, et les studios hollywoodiens de la Columbia (Sony Pictures) ont déboursé 6 millions de dollars pour porter à l’écran les aventures ésotériques et parisiennes du professeur Robert Langdon cherchant à percer le secret le mieux gardé de l’Eglise: Jésus et sa compagne Marie Madeleine auraient eu une descendance!

Dans son bureau de la rue Jacob, Isabelle Laffont, elle, n’a pas d’états d’âme. Chaque jour que Dieu fait, la patronne des Editions Jean-Claude Lattès (groupe Hachette) se félicite d’avoir flairé le best-seller de ce début de millénaire. «Nous avions vendu 20000 exemplaires de l’ »Histoire des codes secrets », un livre de cryptographie très compliqué. Alors j’ai pensé que la fiction pleine de symboles de Dan Brown pouvait marcher», répète-t-elle pour expliquer sa bonne fortune. Fine mouche, la pétulante éditrice ne s’est pas arrêtée aux coquilles et aux grossières erreurs que comportait le manuscrit et qui ont rebuté tous ses concurrents français. Dès la fin du mois d’octobre 2002, elle a fait affaire avec l’agent Mary Kling, représentante de l’éditeur américain Doubleday (groupe Random House) et signé un chèque de 30000 euros pour mettre la main sur le thriller. «Au départ, il y avait une petite prise de risque», se remémore-t-elle.

Mais la fille de Robert Laffont, tombée dans le chaudron de l’édition dès l’enfance, fut vite rassurée. Sorti en mars 2003, le quatrième ouvrage de Dan Brown, jeune prof d’université du New Hampshire, est vite devenu un best-seller colossal aux Etats-Unis. «Nous espérions un grand succès, mais nous n’aurions jamais imaginé qu’il s’agirait d’un record historique», a résumé Stephen Rubin, le président de Doubleday. En bon professionnel des page turners – ces livres usinés pour tenir en haleine des millions de lecteurs –, l’éditeur new-yorkais avait repéré le potentiel de l’opus brownien. Dès 2001, lorsque Dan Brown leur avait remis les cent premières pages, les commerciaux de la maison s’étaient enflammés.

Dare-dare ils ont fait circulé des épreuves chez les plus gros libraires des 50 Etats de l’Union afin de créer un buzz, cette rumeur favorable sans laquelle aucun lancement ne saurait réussir. Et bien que le précédent roman conspirationniste de Dan Brown, «Anges & Démons», ne se soit écoulé qu’à 12000 exemplaires, les précommandes des grands réseaux de distribution ont incité Doubleday à effectuer un premier tirage de 85000 exemplaires. Un lancement digne d’un John Grisham ou d’une Danielle Steel! Ajoutez à cela une bonne campagne de pub dans la presse, quelques passages à la télévision de l’auteur et une avalanche de critiques «positives» et vous comprendrez un peu mieux comment l’Amérique fut prise en un été.

Le décollage de ce «Harry Potter pour adultes» n’a pas échappé à Isabelle Laffont: «Je me suis dépêchée d’acheter les droits des trois premiers romans de Dan Brown pour 30000 euros chacun (1).» Et la sortie du livre prodige fut soigneusement orchestrée: «Nous avons choisi de sortir en mars 2004, une période qui nous paraissait la plus favorable et qui nous laissait le temps de nous préparer et d’expédier au libraire un tiré à part des premiers chapitres.» La critique littéraire, plutôt circonspecte, fut vite dépassée par le bouche-à-oreille, le succès populaire et les reportages de la télé sur le «phénomène de société» « Da Vinci Code », qui fait accourir les touristes anglo-saxons à Paris… Résultat: 1,2 million d’exemplaires vendus après un an de présence en tête des ventes, un chiffre d’affaires triplé et des bénéfices stratosphériques pour les Editions Jean-Claude Lattès… Sans compter les retombées collatérales: publication d’une flopée d’ouvrages de décryptage sur les «sources» du livre mystère, devenus eux-mêmes des best-sellers. «Le « Da Vinci Code » explique à lui seul la progression du marché du livre en 2004 [NDLR, +6%]», confie un libraire.

C’est dire si «Anges & Démons», premier volet des aventures du professeur Langdon aujourd’hui traduit en français, est attendu comme un nouveau messie: depuis le 2 mars, pas moins de 300000 exemplaires aguichent le chaland en tête de gondole. Et, comme en Italie ou en Espagne, l’ouvrage s’est directement installé au premier rang des ventes… En attendant, bien sûr, la sortie du prochain Dan Brown – une plongée dans les mystères de Washington et de la franc-maçonnerie américaine – sur lequel transpire déjà le bûcheron du New Hampshire, et dont la parution aux Etats-Unis est annoncée pour l’été ou l’automne prochain. «Celui-là m’a tout de même coûté beaucoup plus cher [NDLR, environ 300000 euros]», concède Isabelle Laffont. D’ici là le film «Da Vinci Code» aura été tourné, en grande partie dans les galeries du Louvre, avec Tom Hanks, Audrey Tautou et Jean Reno dans les premiers rôles. Il sortira dans le monde entier le 19 mai 2006. Les tickets, hélas, ne sont pas encore en vente…
Sylvain Courage

«Dan Brown exploite les poncifs de l’antimaçonnisme»

Jean-Pierre Laurant*, membre du groupe de sociologie des religions au CNRS, répond aux questions du « Nouvel Observateur »

Le Nouvel Observateur. – Les Illuminés de Bavière ont-ils été pourchassés et réprimés, notamment par l’Eglise?
Jean-Pierre Laurant. – Pas comme le raconte Dan Brown. Certes, le pape Clément XII avait condamné la franc-maçonnerie en 1738, à cause de son caractère secret, mais la condamnation restait purement théorique. Fin xviiie siècle, au moment où les loges s’étaient multipliées et répandues dans toute l’Europe, l’Inquisition n’avait plus d’activité importante et l’Eglise ne torturait plus depuis longtemps. Les polices des Etats modernes étaient bien plus redoutables.

N. O. – Galilée et le Bernin, célèbre sculpteur et architecte italien (qui a réalisé les colonnades de la place Saint-Pierre), ont-ils appartenu aux Illuminés, comme l’affirme Dan Brown?
J.-P. Laurant. – Galilée (1564-1642), fervent catholique, n’a jamais appartenu à cet ordre. Pour la bonne raison qu’il a été fondé en 1776… près de cent cinquante ans après la mort du savant. Avant d’être condamné à abjurer ses «hérésies», Galilée a d’ailleurs dialogué pendant des années avec le pape Urbain VIII, son protecteur. Preuve que l’affrontement entre l’Eglise et la science est, dans ces années-là, un peu plus complexe que ce que raconte Dan Brown. Le Bernin lui aussi a vécu entre 1598 et 1680. La franc-maçonnerie n’existait pas à cette époque. Mais Dan Brown utilise une idée très en vogue au xixe siècle dans les milieux ésotériques: la thématique des «sciences occultes», selon laquelle les savants auraient été obligés de cacher leur savoir pour ne pas heurter les pouvoirs en place ou parce que le peuple n’était pas prêt à le recevoir. Ce mythe permettait de justifier l’existence de sociétés secrètes qui protégeaient la «connaissance».
N. O. – Dan Brown met également toujours en scène la lutte entre sociétés secrètes et Vatican.
J.-P. Laurant. – Là encore, il exploite des poncifs de l’antimaçonnisme. L’un de ses théoriciens les plus fameux est l’abbé Barruel, qui explique dans ses «Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme» (1797-1798), que la Révolution française a été fomentée par les Illuminaten et les francs-maçons. Ce fantasme du complot contre le trône et l’autel s’est développé pendant tout le xixe siècle. Il atteint son summum en 1885 avec Léo Taxil, un mystificateur qui décrit dans ses livres les pratiques prétendument «lucifériennes» des loges. Il sera même reçu en audience privée par le pape avant d’avouer qu’il a tout inventé. A la même époque, une certaine presse catholique dénonçait sans relâche le complot de la « secte » des francs-maçons contre le pape, allant jusqu’à décrire avec précision le contre-pouvoir qu’ils avaient infiltré dans l’Etat pontifical afin de placer un des leurs à sa tête.
N. O. – Le Vatican est une source d’inspiration inépuisable.
J.-P. Laurant. – Oui, même Gide, dans «les Caves du Vatican», a imaginé un enlèvement du pape. Dan Brown joue également avec un autre mythe: celui des archives secrètes du Vatican qui renfermeraient des documents interdits, censurés par l’Eglise. En réalité aujourd’hui, si certains documents sont peu accessibles, c’est plus parce la bibliothèque vaticane est l’une des plus mal rangées du monde que parce que l’Eglise fait de la rétention d’information!
N. O. – Dan Brown prétend aussi que le château Saint-Ange à Rome est l’une des places fortes des Illuminati.
J.-P. Laurant. – C’est un non-sens de plus. Mais on peut y voir un clin d’œil, volontaire ou non, à l’histoire. C’est là que le célèbre Cagliostro, fondateur d’une société secrète liée à la franc-maçonnerie, condamné pour hérésie et magie, sera emprisonné en 1789.

La folie des complots

La théorie du complot, sur laquelle est fondé le succès des romans de Dan Brown, ne s’est jamais si bien portée. Pour comprendre cette curieuse fuite collective dans l’irrationnel qui caractérise nos sociétés médiatiques, le journaliste Antoine Vitkine enquête depuis deux ans sur l’après-11 septembre 2001. Il a rencontré ceux qui ont fabriqué et relayé les thèses conspirationnistes censées expliquer le double attentat sur le World Trade Center. Et il publie aujourd’hui un ouvrage vif, salutaire et alarmant (1). «Le succès du livre de Thierry Meyssan attribuant les attentats de New York au gouvernement américain n’était qu’un début, dit-il. Le conspirationnisme a gagné les esprits. Une part croissante de l’opinion croit en l’existence d’un vaste complot visant à conquérir le monde.»

Désormais, surtout l’extrême-droite n’a plus le monopole du mythe. «Des internautes gauchisants vont puiser leur inspiration dans la prose de journaux égyptiens suant la haine», se désole le journaliste.

Car la complomania a trouvé une machine infernale à sa mesure: la Toile où les théories conspirationnistes se propagent comme la peste. Antoine Vitkine dissèque cette nouvelle grammaire qui a pour règles «la simplification, l’amalgame et l’inculture». Il observe sa progression dans les médias, dans les «émissions branchées» (il se livre notamment à une analyse sans concession des «Guignols de l’info»), dans la littérature (les romans de Dan Brown), dans les têtes tout simplement. La théorie du complot «tire sa force de ce qu’elle abolit le hasard, les processus historiques, les imperfections humaines et fait croire que tout est voulu, qu’il y a des responsables uniques aux malheurs du monde». Elle est une forme de mysticisme, une conjuration du réel lorsqu’il fait trop peur ou devient incompréhensible. Bref, elle a de beaux jours devant elle.

(1) «Les Nouveaux Imposteurs», Editions de La Martinière.

Le dollar des initiés

Selon le professeur Langdon, héros d’«Anges & démons», Brown, le verso du billet de 1 dollar serait «couvert de symboles créés par les Illuminati», cette hypothétique «maçonnerie» dans la maçonnerie. Ainsi la pyramide représente une «convergence ascendante vers la source suprême de l’illumination». En réalité, le décor égyptien est fréquent au XVIIIe siècle, dans l’architecture ou dans les arts. L’œil dans le triangle, dit aussi Langdon, «figure sur les emblèmes des loges maçonniques du monde entier». Il représente la «capacité des Illuminati de tout infiltrer et de tout surveiller»! «Avant d’être un symbole maçonnique, explique Jean-Pierre Laurant, du CNRS, cet œil est un symbole chrétien qui représente la Trinité.»

La phrase inscrite sous la pyramide («Novus Ordo Seclorum») «signifie « nouvel ordre séculier », c’est-à-dire non religieux», assure encore Langdon. «Dan Brown, où ceux dont il s’inspire, ne connaissent pas bien le latin, s’amuse Jean-Pierre Laurant. Car il faut traduire cette phrase par « nouvel ordre des siècles ».» Dan Brown n’a repris que quelques éléments de ces analyses délirantes du billet de 1 dollar auxquelles se livrent les passionnés des Illuminati. Certains d’entre eux vont même jusqu’à affirmer que ce n’est pas George Washington qui figure sur la coupure mais… Adam Weishaupt, le fondateur des Illuminés de Bavière.
(Le Nouvel Observateur – Toutes nos sources) ajoutée le 2005-03-17

Sources : http://www.bethel-fr.com/afficher_info.php?id=13047.8


Publié le 2 septembre, 2011 dans Archive de L'initiateur, Illuminati, Satanisme.

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