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Goldman Sachs et les millions libyens

Goldman Sachs et les millions libyens

© Le Monde

Les pertes du fonds souverain Libyan Investment Authority (LIA) dans ses placements auprès de la Société générale ont récemment été évoquées. Sur 1,8 milliard de dollars (1,27 milliard d’euros) confiés à la banque française, plus de la moitié se sont évaporés après avoir été investis par elle dans de très opaques produits financiers dits « structurés ». Depuis que le colonel Kadhafi était redevenu fréquentable en Occident, il n’a pas seulement planté sa tente à Paris ou à Rome. Ses enfants et émissaires y étaient reçus avec beaucoup d’égards dans les salons feutrés des grands établissements financiers. Créé en juin 2007 avec environ 40 milliards de dollars en liquidités et propriétés diverses, LIA détenait, avant le début de l’actuelle crise libyenne, environ 70 milliards d’avoirs, dont 53 en actifs financiers.

En Europe, SocGen ne fut pas seule à accueillir la manne du « Guide » de la Grande Jamahiriya populaire et socialiste. Aux Etats-Unis, le fonds libyen s’est principalement tourné vers le meilleur d’entre les meilleurs : Goldman Sachs (GS). De janvier à juin 2008, il lui versa donc 1,3 milliard de dollars. En février 2010, il n’en restait que 25,1 millions. De la somme initialement apportée, 98 % avaient disparu. Certes, on connaît des entreprises – AIG, General Motors, Lehman Brothers, Fannie Mae et Freddie Mac… – dont l’action, durant la crise financière, a chuté dans des proportions similaires. Mais, pour des placements d’un investissement souverain, il doit s’agir d’un record du monde toutes catégories.

Le Wall Street Journal a mené l’enquête. Le fonds libyen commence par offrir à deux douzaines d’importants financiers occidentaux d’y investir 150 millions de dollars. On y retrouve, hormis SocGen et GS, des banques (HSBC, JP Morgan, Lehman…), des fonds d’investissement et des gestionnaires de fortune (Carlyle, Och-Ziff…) et des fonds spéculatifs. La première réunion GS-LIA se tient à Londres, et la City officiera dès lors comme plaque tournante de leur relation. Côté libyen, les interlocuteurs se nomment Mustafa Zarti, numéro deux de LIA et homme-lige de Saïf Al-Islam, l’un des fils du « Guide », ainsi qu’Hatem Al-Gheriani, chef des investissements du fonds. Côté GS : Michael Sherwood, patron de la banque pour l’Europe, est entouré de Driss Ben-Brahim, chef de sa division marchés émergents, et Youssef Kabbai, chef du secteur Afrique du Nord.

L’affaire semble si prometteuse que LIA y investit directement 350 millions de dollars en janvier 2008 avant de monter en puissance : 1,3 milliard de dollars sont répartis entre neuf fonds de titres à haut risque, un panier de devises de pays émergents et six actions prestigieuses, dont Citigroup (dont le cours va s’effondrer), Banco Santander, l’assureur Allianz et EDF. Dès août, cependant, alors que la faillite de la banque Lehman n’a pas encore fait exploser la crise financière, LIA constate que ses avoirs chez Goldman sont largement essorés. M. Zarti était « comme un taureau enragé », assure un témoin anonyme au quotidien américain de la finance. Des discussions menées à Tripoli échouent dans des circonstances si rocambolesques que Goldman doit y envoyer du personnel de sécurité pour rapatrier ses représentants. Dès lors, son PDG, Lloyd Blankfein, et son directeur financier, David Viniar, cherchent à offrir une compensation aux Libyens.

La banque aurait présenté six propositions, toutes rejetées par Tripoli. En mai 2009, elle offre à LIA d’acquérir 5 milliards d’actions préférentielles de GS bénéficiant de très confortables retours sur investissement sur quarante ans pour seulement 3,7 milliards de dollars. Une dernière « offre généreuse », en juin 2010, n’est pas plus acceptée : Tripoli voulait récupérer son dû sans délai, point. Depuis, la guerre civile a éclaté en Libye, et l’administration Obama a imposé un gel des avoirs liés à Kadhafi. Le montant sur le territoire américain porterait sur 37 milliards de dollars, parmi lesquels les misérables millions restant du fonds créé par Goldman Sachs.

Ces pertes abyssales suscitent de multiples questions. D’abord, LIA n’était-il qu’un fonds « public » ou, plus vraisemblablement, surtout un cache-sexe de détournements financiers organisés au profit de la famille Kadhafi et de quelques affidés – leurs interlocuteurs bancaires se gardant bien de s’interroger sur ce sujet ? Ensuite, pourquoi Goldman n’a-t-il pas prévenu à temps de ses pertes un aussi gros client que l’Etat libyen ? Et où est passé l’argent, qui n’a pas été perdu pour tout le monde ? Comme la Générale, GS refuse de s’exprimer. Enfin, pourquoi les dirigeants libyens ont-ils été si lents à prendre conscience de leurs pertes en Europe et aux Etats-Unis et ne sont-ils pas parvenus à y mettre fin ?

Laurence Pope, un ex-diplomate américain excellent connaisseur de la Libye, pense qu’après des années d’embargo, Mouammar Khadafi n’aurait pas bénéficié d’un personnel qualifié comme en disposent les autres grands fonds souverains arabes (Abou Dhabi, Koweït, Qatar) ; des experts qui auraient su l’avertir des risques et comprendre à temps comment Goldman ou la Générale dilapidaient les sommes qui leur avaient été confiées. Peut-être aussi qu’à force de ne faire confiance à personne – son fils, Saïf Al-Islam, décidant seul à LIA -, Kadhafi a laissé ses propres fonds rouler vers l’abîme, au bonheur des banques qui les ont accueillis.


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