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Franc-Maçonnerie au Québec

Franc-Maçonnerie au Québec

La franc-maçonnerie est méconnue au Québec. Historiquement, elle est associée aux anglophones protestants. Mais la franc-maçonnerie n’est pas monolithique. S’il est vrai que le courant traditionnel, implanté en Amérique du Nord depuis le XVIIIe siècle, est surtout anglo-saxon, il comprend aussi des groupes francophones. Depuis une vingtaine d’années, un autre courant, dit libéral, se répand au Québec.

Ces pages expliquent ce qu’est la franc-maçonnerie libérale, et plus particulièrement l’Ordre Maçonnique mixte international, « Le Droit Humain ».

LES PRINCIPES DE LA FRANC-MACONNERIE

L’idéal de la franc-maçonnerie est de parfaire l’être humain en développant sa conscience morale ou sa spiritualité et de travailler au progrès de l’humanité. En marge de toute idéologie politique ou religieuse, la franc-maçonnerie s’oppose au dogmatisme, demandant à ses membres de respecter les différences d’opinion. Elle recherche la vérité, mais ne prétend pas la détenir. Ce n’est donc ni une secte ni une religion, elle n’a pas de « révélations » à faire, puisqu’elle garantit à tous la liberté de pensée. Mais rechercher la vérité c’est aussi chercher à se connaître et à en savoir plus sur le monde qui nous entoure pour le comprendre. Les membres de la franc-maçonnerie sont donc invités à une recherche personnelle et collective sur des sujets divers, car seule la connaissance et la compréhension permettent d’évoluer, ce qui demande l’amour du travail bien fait.

La tolérance : la pierre d’assise de la franc-maçonnerie

De tous temps, elle a lutté contre le fanatisme religieux ou politique qui impose par la force des vérités dites absolues. Tolérer ne veut pas dire être indifférent, mais comprendre et accepter que d’autres puissent avoir des conceptions contraires aux nôtres, et admettre que, dans une société saine, tous ces points de vue puissent s’exprimer, en autant qu’ils n’appellent ni à la haine ni à la violence destructrice.

Le respect de la différence suppose la reconnaissance du droit à l’égalité entre les êtres humains et de la liberté de chacun de choisir sa propre voie, sa propre interprétation des phénomènes qui nous entourent.

La devise de la franc-maçonnerie libérale Liberté, égalité, fraternité résume bien ses principes. L’individu doit être libre dans une société libre, égalitaire et solidaire. La franc-maçonnerie s’oppose aux dictatures et à toute forme de fanatisme, là s’arrête sa tolérance. Entre les individus, quelle que soit leur classe sociale, leur ethnie, leur sexe, leur orientation sexuelle, leur handicap, la franc-maçonnerie prône l’égalité des droits et des chances. Ses membres se doivent donc de s’opposer à tout parti raciste ou sexiste, par exemple. Enfin, la franc-maçonnerie considère que la solidarité entre les êtres humains est ce qui leur permet de mieux travailler et de trouver une solution aux divers problèmes individuels ou collectifs qu’ils peuvent rencontrer.

Ces grands principes, que l’on retrouve aujourd’hui dans les chartes de droits de la personne des pays démocratiques, ont été, dans le passé, des valeurs révolutionnaires, essentiellement soutenues par des esprits progressistes, parmi lesquels il y avait plusieurs franc-maçons.

Dans un groupe maçonnique, on ne fait aucune distinction sociale ou intellectuelle entre les individus et on respecte la liberté de conscience de chacun. On y rassemble des gens très différents, ce qui est une façon de représenter la variété du monde et de permettre un apprentissage pratique de la tolérance. En effet, on y rencontre des gens qu’on n’aurait pas connus dans son milieu familial ou professionnel. On a donc la possibilité de s’enrichir au contact de ces personnalités diverses, réunies sur une base égalitaire et solidaire.

Le désir de justice qui anime les membres de la franc-maçonnerie s’accompagne de la conviction que tout est perfectible: les être humains comme les sociétés et les lois qui les régissent. Donc, il est du devoir de chacun de s’améliorer et de contribuer à l’amélioration de la société, en prenant des moyens concrets pour réaliser ce double idéal. Si une personne choisit d’entrer dans la franc-maçonnerie, elle est prête à faire des efforts pour s’améliorer et pour être utile à son entourage et à la société.

L’art de bâtir demande autant la connaissance de ses matériaux et de ses outils que du terrain sur lequel on veut construire un édifice solide. Avant de construire quelque chose, il faut connaître ses véritables motivations, les aptitudes que l’on possède et le milieu sur lequel on veut agir.

LES BUTS DE LA FRANC-MACONNERIE :

Rassembler des personnes très différentes autour d’un même idéal, leur demander d’être solidaires les unes envers les autres et d’étendre cette solidarité aux autres êtres humains; unir ce qui est épars afin de mieux réfléchir et agir ensemble: voilà les buts de la franc-maçonnerie, un des rares mouvements à miser autant sur le développement individuel, spirituel, psychologique ou moral que sur une réflexion ou une action sur la société.

SES METHODES

Pour assurer le perfectionnement moral et intellectuel de ses membres et l’amélioration de la société, la franc-maçonnerie dispose de méthodes particulières: la méthode initiatique, l’organisation en sociétés fraternelles (ou sororales), le rayonnement individuel de ses membres dans leurs milieux respectifs, et plus rarement (pour respecter la diversité des orientations) des actions de groupe, qui peuvent s’organiser quand des consensus se manifestent autour d’une même cause, en un élan de solidarité.

Le symbolisme maçonnique, concentré surtout autour des bâtisseurs de cathédrales, est très ancien et emprunte des niveaux divers: psychologiques, éthiques, spirituels. Il peut donc convenir aussi bien à une personne croyante qu’à une athée convaincue. Au lieu de dispenser un enseignement dogmatique, on utilise un langage symbolique qui parle à la subjectivité de chacun avec plus de souplesse.

L’initiation est une cérémonie au cours de laquelle on frappe l’imagination par la représentation de symboles qui mettent sur la voie d’une réflexion personnelle. « Initier », en effet, signifie « mettre sur la voie ».

Dans ces ateliers on aborde des questions très différentes selon l’intérêt des membres. À tour de rôle, chacun prépare un exposé sur un problème qui l’intéresse ou qui a été préalablement choisi par le groupe. Ces exposés peuvent porter aussi bien sur les interprétations des symboles maçonniques ou des cérémonies d’initiation que sur des questions sociales. On essaie de faire de ces discussions des « laboratoires d’idées » d’où peuvent surgir des perspectives neuves. Toutefois, la franc-maçonnerie ne s’engage jamais dans une voie partisane ( elle ne soutiendra pas un parti politique précis, par exemple), même si ses membres ont toute la liberté de travailler dans des groupes militants.

Afin de créer un cadre harmonieux pour les discussions, des procédures d’ouverture et de fermeture des travaux assurent un climat différent des autres réunions sociales, une disposition à la concentration, à l’écoute et une discipline. On considère ces procédés comme des rituels (qui n’ont rien à voir avec ceux d’une religion), des méthodes mettant les membres de la loge dans une situation propice à l’ouverture d’esprit.

Lors des discussions, la pratique de la tolérance est de mise et c’est un excellent entraînement que de confronter ses idées avec celles de gens qui viennent de tous les milieux, de professions et origines diverses, souvent d’opinions contraires. C’est là qu’une personne de bonne volonté peut réviser ses propres opinions et avancer dans sa recherche d’une vision plus juste du monde et des réalités qui le traversent. En ce lieu protégé, chaque membre d’un groupe peut s’exprimer en toute sécurité: son opinion sera écoutée avec respect, et, si son raisonnement ne semble pas juste aux autres, cela lui sera dit amicalement, afin qu’il puisse enrichir sa pensée ou étoffer son argumentation.

On appelle « temple » le lieu de réunion maçonnique, en souvenir de ceux que construisaient les franc-maçons opératifs, et aussi parce que toute enceinte « sacrée » (c’est-à-dire porteuse de sens) est un temple. Dans un temple maçonnique, tout est symbole significatif, y compris les paroles du rituel. Le langage symbolique et la présence tangible des symboles maçonniques, s’adressent à la sensibilité autant qu’à la raison.

Il existe des clés générales pour le décodage des symboles et des allégories maçonniques, mais les symboles parlent différemment à chacun, comme les images poétiques: l’emploi du symbolisme va donc de pair avec la volonté de ne pas être dogmatique en imposant une vérité prétendument absolue. Cela peut donner aux lieux maçonniques ou aux propos tenus par ses membres une allure mystérieuse ou ésotérique. Ce n’est pas tant par volonté de « secret » que la franc-maçonnerie a conservé et gardé vivant ces symboles. Elle considère que ce qui est découvert par soi-même, par rêverie, méditation, recherche autour des symboles, a une plus grande répercussion sur l’esprit et l’imagination qu’un long discours didactique.

L’ORGANISATION DE LA FRANC-MACONNERIE

Plusieurs loges, réunies en fédérations, composent une « obédience » – regroupement ayant une même constitution – lui donnant une orientation spécifique. Il y a au Québec, des Obédiences différentes: certaines sont masculines, d’autres féminines, d’autres mixtes. Quelques-unes s’intéressent plus particulièrement à des questions ésotériques ou spiritualistes d’autres à des questions symboliques, humanitaires ou sociales.

L’Obédience « Le Droit Humain » est mixte et internationale. C’est-à-dire qu’elle réunit des loges dans une cinquantaine de pays. Elle s’intéresse autant au symbolisme qu’aux problèmes de société, comme la plupart des Obédiences libérales.

Il existe en effet deux grands courants dans la franc-maçonnerie: traditionnel et libéral. Tous deux ont une même souche, la franc-maçonnerie moderne, issue, au XVIIIe siècle, en Angleterre, des bâtisseurs de cathédrales et d’autres corporations de maçons dits « francs » c’est-à-dire libres.

Qu’est-ce qui différencie ces deux courants?

La franc-maçonnerie traditionnelle fait obligation à ses membres de croire en un principe créateur, appelé « Grand architecte de l’univers », représentant généralement Dieu, mais pouvant aussi être compris comme une énergie génératrice de la vie. Elle ne reconnaît pas l’initiation des femmes. Elle s’engage dans l’amélioration de la société surtout par le perfectionnement de soi et des oeuvres philanthropiques.

La franc-maçonnerie libérale, née en France, au XIXe siècle, de la franc-maçonnerie traditionnelle, respecte le libre arbitre: ses membres sont libres de croire ou non en Dieu. Elle reconnaît l’initiation des femmes. Elle travaille à l’amélioration de la société en favorisant l’abolition des lois injustes et l’avènement de mesure s sociales équitables, sans pour cela négliger des actions philanthropiques individuelles ou collectives.

Ces deux courants sont répandus dans le monde entier, mais la franc-maçonnerie traditionnelle, d’origine anglaise et protestante, est la plus anciennement installée au Québec et dans le reste de l’Amérique du nord. La franc-maçonnerie libérale y est d’implantation plus récente: une vingtaine d’années seulement. Il existe entre tous les franc-maçons et franc-maçonnes une solidarité certaine, et c’est elle qui permet la survie de l’idéal.

La discrétion caractérise les deux courants pour des raisons diverses

D’une part, l’action maçonnique étant désintéressée, on ne veut pas développer l’orgueil des membres en rendant publics les gestes philanthropiques ou sociaux. D’autre part, comme la franc-maçonnerie a été persécutée par différents régimes politiques totalitaires ou influencés par la religion catholique et qu’elle est victime de nombreux préjugés entretenus par la malveillance ou l’ignorance, une certaine prudence s’impose. L’identité de ses membres n’est dévoilée que par ceux qui désirent le faire, car même des sociétés démocratiques, à un moment donné, peuvent devenir intolérantes en périodes de crise.

BREF HISTORIQUE DE LA FRANC-MACONNERIE

On appelle franc-maçonnerie « opérative » celle qui est née des corps de métier de constructeurs, dont les plus connus sont les bâtisseurs de cathédrales du début du Moyen âge. Ces maçons étaient organisés en sociétés fraternelles, dont le compagnonnage est d’ailleurs une survivance moderne. Ces sociétés assuraient la transmission de leurs connaissances techniques et ésotériques.

Les membres de ce corps de métier étaient dits « francs », c’est-à-dire libres. Ils travaillaient là où les grandes constructions les appelaient, de royaume en royaume. Ils avaient donc l’habitude de comparer les lois et les coutumes des diverses régions d’Europe qu’ils traversaient. Ils développaient une plus grande tolérance que des ouvriers sédentaires et disposaient d’un réseau de solidarité et d’entraide. Par exemple, lors des guerres de religion, les franc-maçons ont aidé beaucoup de gens poursuivis par l’Église ou les Rois: alchimistes, cabbalistes, juifs, protestants…

Lorsque ces corps de métier commencèrent à péricliter, lors du déclin des grands travaux architecturaux, les franc-maçons commencèrent à admettre, au sein de leurs loges, des hommes qui, sans être du métier, partageait le même idéal d’entraide et d’amour du travail bien fait.. On les appelait « franc-maçons acceptés ». C’est en Angleterre que certains d’entre-eux eurent l’idée, pour lutter contre le libertinage et la dissipation des moeurs, de transformer la franc-maçonnerie opérative en société qui travailleraient non plus à bâtir des temples et des édifices de pierre, mais à édifier une société meilleure. Ces francs-maçons sont appelés « spéculatifs », par opposition aux « opératifs » de métier.

C’est là que naquit la franc-maçonnerie moderne. Le 24 juin 1717, quatre loges de Londres se réunirent et fondèrent une « Grande loge », qui plus tard sera appelée « Loge mère ». On y admettait tout homme « libre et de bonnes moeurs ». Par libre, il fallait entendre à l’époque tout homme qui pouvait disposer de ses droits civils et cela excluait les esclaves, les serfs, les handicapés et les femmes, qui étaient encore sous la tutelle des hommes.

Sa première constitution, écrite par le pasteur Anderson, en 1723, entendait par « homme de bonnes moeurs » quelqu’un qui croyait en cette « religion naturelle sur laquelle tous les hommes sont d’accord » – notion d’un déisme tolérant- et qui respectait les lois religieuses et civiles de sont pays. La franc-maçonnerie moderne connut un vif succès et proliféra rapidement. À la fin du XVIIIe siècle, le mouvement était répandu dans tous les pays qui avaient un contact colonial ou commercial avec les pays européens. Des échanges privilégiés d’idées avaient lieu entre les franc-maçons voyageant d’un continent à l’autre. À l’intérieur des régiments militaires, se créaient également des loges. Les loges militaires recrutaient des civils qui perpétuaient les coutumes maçonniques une fois les régiments déplacés. C’est ainsi que plusieurs loges furent fondées dans les Amériques.

Le sort de la franc-maçonnerie en Nouvelle France puis au Canada fut tributaire du sort des régiments. À des loges françaises, installées à Québec dès 1727, succédèrent des loges anglaises, vers 1760. Déjà, les anglais avaient installé des loges sur les côtes atlantiques des futurs États-Unis, vers 1730, et c’est ainsi que sur toute la partie « anglo-saxonne » du continent nord-américain se maintint une unité de la franc-maçonnerie. Le sort de la franc-maçonnerie dans les pays protestants et dans les pays catholiques ne fut pas le même. En effet l’Église catholique s’inquiéta très rapidement de ces assemblées qu’elle n’autorisait pas, et, en France, se posa dès le XVIIIe siècle la question du droit de réunion, qui était accordé par l’Église. Les franc-maçons ne possédaient aucun de ces statuts et bien qu’au XVIIIe siècle la franc-maçonnerie fut essentiellement chrétienne et que beaucoup d’homme d’église en faisaient partie, le Pape ne voyait pas d’un bon oeil cette société qui pratiquait des rites et discutait de questions qui lui échappaient. En 1738, le Pape Clément XII voulu excommunier les franc-maçons et ceux qui les fréquentaient. Cette ordonnance fut appliquée en Espagne et au Portugal et dans leurs colonies respectives. La franc-maçonnerie se développa donc en toute liberté dans les pays non catholiques, jouissant même d’une considération particulière, alors que dans les pays catholiques, elle dut vivre sur la corde raide.

Cela n’empêcha pas une solidarité à toute épreuve entre franc-maçons de différents pays. Par exemple, lors de l’indépendance des treize états de l’Union, ils allèrent chercher le concours des Français et obtinrent l’appui du régiment de La Fayette, qui était franc-maçon, comme l’étaient Benjamin Franklin et Georges Washington. Cette solidarité entre maçons se manifesta aussi lors des mouvements d’indépendance des pays d’Amérique latine (Bolivar et San Martin appartenaient à la franc-maçonnerie) et lors de la grande lutte pour l’abolition de l’esclavage.

En 1738, les nouvelles Constitutions D’Anderson précisèrent que les francs-maçons devaient croire en un Dieu personnel et non plus en un vague principe créateur. Le but était évidemment d’éviter la présence grandissante des athées. En 1877, le Grand Orient de France renonça, dans ses constitutions, à l’article faisant obligation à ses membres de croire en Dieu. Cette mesure fut très mal reçue par la Loge Mère d’Angleterre qui décida de ne pas reconnaître pour francs-maçons les membres qui ne respectaient pas cet article. On assiste dès lors à la naissance d’une maçonnerie « libérale ».

LES FEMMES ET LA FRANC-MACONNERIE

Dès 1744, un Ordre dit « de la Félicité » recevait des femmes dans des loges para-maçonniques et cette habitude s’étant propagée, en 1774, le Grand Orient de France se préoccupa de leur donner un statut en créant des loges dites « d’adoption », constituées d’épouses, filles ou autre femmes proches des franc-maçons, placées sous la tutelle et la direction des hommes. Elles ne recevaient pas l’initiation, mais avaient droit à une cérémonie d’adoption: elles donnaient des soirées de bienfaisance, avaient quelques discussions intellectuelles sous la protection des hommes.

En 1780, Cagliostro fonda le Rite égyptien avec des loges dites « androgynes » sous les auspices de la déesse Isis. Les loges d’adoption étaient surtout fréquentées par les dames de la noblesse et les intellectuelles de l’époque.

Dans les Obédiences libérales, les loges féminines d’adoption survécurent après la Révolution française de 1789. En 1805, l’Impératrice Joséphine en aurait été Grande Maîtresse. Mais elles ne se développèrent pas outre mesure au cours du XIXe siècle. Aucune ne semble avoir été créée après 1864.

Tout au long du XIXe siècle, en France, les débats sur les droits des femmes aboutissent à un acte révolutionnaire dans l’ordre des francs-maçons: l’initiation d’une femme selon les mêmes rituels qui procuraient les mêmes droits qu’aux hommes.

C’est en 1882 que Maria Deraismes, féministe et journaliste de grand talent, se fait initier par le Président de la loge des Libres-penseurs du Pec, Georges Martin, et en 1893 que se crée l’Ordre maçonnique mixte international « Le Droit Humain », qui proclame l’égalité des droits des deux sexes et se répand rapidement, au cours de la fin du XIXe et au début du XXe siècle, dans une cinquantaine de pays.

Les loges mixtes ne remportant pas l’unanimité dans les obédiences maçonniques, La Grande Loge de France relance les loges d’adoption en 1901, mais lorsque les femmes obtiennent enfin le droit de vote en 1945, elle reconnaît la pratique désuète et leur donne leur autonomie.

C’est ainsi que se crée l’union Maçonnique féminine de France, qui changea son nom en 1952 pour s’appeler du nom qu’elle a conservé jusqu’à maintenant, Grande Loge féminine de France. Sous son initiative, ou par son exemple, de nombreuses Grandes Loges féminines furent créées dans de nombreux pays.

LA FRANC-MACONNERIE AU QUEBEC ET AU CANADA

Au Canada, ce sont les francs-maçons traditionnels et anglophones qui ont prédominé. Chaque province a sa Grande Loge. Au Québec, sur les 110 Loges qui constituent l’Obédience québécoise, une dizaine sont maintenant francophones. Mais fidèle à ses principes, la Grande Loge du Québec n’accepte ni les athées ni les femmes. Le courant libéral a été représenté au début du XXe siècle par deux loges fondées par le Grand Orient de France, appelées à devenir un Grand Orient du Canada ou du Québec. Le Maire Honoré Beaugrand en a fait partie. Résolument progressistes, les loges Émancipation et Force et Courage travaillèrent à l’obtention d’écoles non-confessionnelles et lutèrent pour une éducation égalitaire des filles, mais elles durent fermer leurs travaux en 1928, sous les persécutions religieuses et civiles. Il fallut attendre les années 70 pour voir la création d’autres loges comme la Grande Loge Mixte du Québec (indépendante), d’autres, libérales, sous les auspices du Grand Orient de France, du Droit Humain, du rite Égyptien de Memphis Misraim, puis vers la fin des années 80, de la Grande Loge féminine de France et de la Grande Loge de France (masculine). La maçonnerie libérale dans son ensemble compte aujourd’hui plusieurs centaines de membres, concentrés surtout à Montréal, mais avec de nouveaux groupes qui se forment à Québec et à Vancouver.

La première loge de l’Ordre Maçonnique mixte internationale « Le Droit Humain », fut fondée à Montréal en 1976 et reconnue par l’obédience en 1980. La juridiction canadienne est actuellement constituée de cinq loges situées à Montréal, Québec et Vancouver et fonctionne selon les loges en anglais, espagnol ou français, les trois langues officielles de l’Ordre. Ces loges entretiennent des rapports amicaux: leurs membres se visitent et entreprennent des actions conjointes. Elles sont enracinées en sol québécois et canadien, et poursuivent leur réflexion dans ce contexte.

LE SENS DE L’ENGAGEMENT MACONNIQUE

On n’entre pas facilement dans la franc-maçonnerie, car son idéal ou ses méthodes particulières ne conviennent pas à tout le monde. C’est pourquoi on n’y fait pas de recrutement à proprement parler. L’engagement maçonnique est sérieux et ne doit pas se prendre à la légère. Il suppose que la personne qui fait sa demande soit prête à faire un effort personnel, sur elle et autour d’elle, qu’elle croie en la possibilité de s’améliorer et de parfaire la société, qu’elle recherche la tolérance et partage l’idéal de liberté, égalité et fraternité, qu’elle soit à l’aise dans un groupe, qu’elle ait une sensibilité s’accordant avec le symbolisme et la démarche initiatique.

Effectivement, on peut être sensible à l’injustice sociale et vouloir y remédier en s’engageant dans un groupe populaire ou un mouvement social, sans pour autant apprécier le symbolisme ou les rituels de la franc-maçonnerie. On peut également vouloir développer sa personnalité sans s’intéresser aux problèmes sociaux qui nous entourent ou sans vouloir comprendre des gens très différents de nous ou sans vouloir s’intégrer à un groupe. La franc-maçonnerie ne s’adresse pas à tout le monde et ses symboles ne « parlent » pas à tout le monde. Ce n’est donc pas par élitisme que les Loges maçonniques sont prudentes à l’égard de ceux et celles qui frappent à leurs portes, mais par conscience de leur singularité et de la complexité de leur démarche qui respecte l’évolution de chaque individualité et la multiplicité des intérêts de ses membres.

Les personnes qui veulent se soumettre à une démarche initiatique doivent savoir qu’elles s’engagent à se transformer. Mais cette transformation doit être le fruit de leur compréhension et de leurs propres efforts. La franc-maçonnerie ne dévoile ni secret ni recette: on les déduit soi-même, en fonction de sa personnalité, de sa réflexion sur le symbolisme et par le contact avec les autres membres de la loge, de la réflexion partagée, qui n’impose pas de doctrines, mais qui est un long apprentissage. D’autres organisations sont plus directives ou axées sur un centre d’intérêt plus spécifique. L’initiation marque symboliquement la naissance à une vie nouvelle en accord avec les idéaux maçonniques et ses méthodes de travail.

Si l’on choisit la franc-maçonnerie mixte, cela suppose que l’on est profondément convaincu que les être humains peuvent travailler ensemble sur un pied de parfaite égalité pour construire un monde plus juste et plus solidaire. Les principes fondamentaux du « Droit Humain » sont définis par les trois premiers articles de sa Constitution:

article 1: L’ordre Maçonnique Mixte International « Le Droit Humain » affirme l’égalité essentielle des deux être humains, l’homme et la femme. En proclamant le Droit Humain, l’Ordre veut qu’ils parviennent sur toute la terre à jouir d’une façon égale de la justice sociale, dans une humanité organisée en sociétés libres et fraternelles.

article 2: Composé de franc-maçons des deux sexes, fraternellement unis, sans distinction de races, philosophies, religions, l’Ordre s’impose, pour atteindre ce but, une méthode rituelle et symbolique, grâce à quoi ses membres édifient leur Temple à la perfection et à la gloire de l’Humanité.

article 3: Respectueux de toutes les croyances relatives à l’éternité ou la non-éternité de la vie spirituelle, ses membres cherchent avant tout à réaliser sur la terre et pour tous les humains le maximum de développement moral et intellectuel, condition première du bonheur qu’il est possible à chaque individu d’atteindre dans une humanité fraternellement organisée.

RENSEIGNEMENTS DIVERS

L’ordre Maçonnique mixte international « Le Droit Humain » admet toute personne « libre et de bonnes moeurs ». Par « libre », on entend qu’elle a sa liberté de conscience et qu’elle n’est pas aveuglée par des dogmes politiques, religieux ou sectaires, qu’elle dispose librement d’elle-même, et de ses décisions, qu’elle est majeure et autonome. Par « bonnes moeurs », on suppose que cette personne est honnête et fiable; cela ne fait pas référence à la vie privée en autant qu’elle ne fasse violence à personne.

Toute personne intéressée doit faire sa demande par écrit, expliquant les raisons qui la pousse à entrer dans la franc-maçonnerie et, si c’est le cas, à cette Obédience en particulier. À la suite de cette demande, le Président ou la Présidente de la Loge la rencontre pour répondre à toutes ses questions et lui fournir l’information jugée pertinente sur la franc-maçonnerie et les différents choix qui se présentent entre les différentes loges ou obédiences existantes. Si après cette rencontre la personne maintient son intérêt, un formulaire lui est remis, dans lequel on lui demande de répondre à un certain nombre de questions et de le retourner avec les documents d’identité requis à l’adresse indiquée ou la personne concernée.

Une procédure d’admission en plusieurs étapes s’ensuit. Tous les membres de la loge en sont partie prenante. Cette procédure peut sembler longue, mais elle permet aux deux parties de vérifier si la franc-maçonnerie convient aux personnes qui en font la demande, si elles sont sincères et persévérantes dans leur démarche, si elles pourront s’y engager avec profit, s’intégrer au sein de la Loge sollicitée, participer aux travaux et respecter l’idéal maçonnique.

Une cotisation d’environ 30$ par mois est nécessaire pour couvrir les frais de loyer et d’activités diverses. Les loges du Droit Humain se réunissent deux soirs par mois, sauf durant les mois de juillet et août. La présence assidue en loge est obligatoire, sauf en des cas exceptionnels.

Sources :
http://www.dhcanada.org/liberte1.htm

Publié le 3 juin, 2011 dans Archive de L'initiateur, Canada, Franc Maçonnerie.

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