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La Rose-Croix

La Rose-Croix

Serge Toussaint, Grand Maître de la Rose-Croix

LA VOIE INTERIEURE

Sa parole essaie de soulever le mystérieux voile qui entoure les sociétés initiatiques. Venu à Maurice pour une série de conférences sur l’ordre des Rosicruciens l’AMORC, Serge Toussaint se défend de faire du prosélytisme. Il insiste sur les notions de spiritualité et de religion et se désole de voir les Rosicruciens être harcelés par l’Eglise dans certains pays. Mais lui continue sa route avec la tranquillité du pèlerin qui marche les yeux ouverts, sans craindre les vérités même si elles doivent déranger.

? La Rose-Croix est-elle un ordre spéculatif ou au contraire opératif ?

-C’est un mouvement philosophique. Mais pour répondre à la deuxième partie de votre question, il faut définir d’abord ce que l’on veut dire par opératif.

? Un mouvement ancré dans la vie civile et intervenant quand le besoin se fait sentir…

-Nous sommes donc à ce moment plus opérative que spéculative. Le but, c’est de transmettre un enseignement qui puisse avoir une application pratique dans la vie quotidienne.

? Avec un regard extérieur, il est quasiment impossible de différencier la Franc-Maçonnerie de la Rose-Croix, cela vous gêne ?

-Je comprends qu’il puisse y avoir une confusion. Au 18e siècle, il y avait des ponts entre la Rose-Croix et la Franc-maçonnerie à tel point que, de nos jours encore, il y a des loges maçonniques qui ont gardé le grade de Chevalier de la Rose-Croix. Ses liens peuvent expliquer certaines confusions. Autrefois, la Rose-Croix était une société secrète pour éviter des persécutions politiques. Vous savez sans doute qu’à une certaine époque avec les autorités politiques et religieuses, il n’était pas opportun de perpétuer certaines connaissances. Mais depuis le début du 20e siècle, ça va mieux. Nous ne sommes donc plus une société secrète, mais une société discrète. Nous ne faisons pas de prosélytisme mais nous ne nous cachons pas non plus. Par exemple, nous faisons des conférences.

? Les conférences que vous organisez ressemblent à s’y méprendre à du prosélytisme…

-Si nous ne le faisons pas, on nous le reproche en disant : “Vous voyez bien que vous êtes une société secrète”. Le but de ces conférences est de permettre au public de mieux nous connaître. Ce n’est pas de recruter.

? Etre un mouvement initiatique, n’est-ce pas d’une certaine manière se condamner, une initiation ne pouvant, par essence, être révélée ?

-Le mouvement par lui-même n’est pas secret puisque le public peut en avoir connaissance. Mais pour y être, il faut s’y intéresser. En revanche, c’est vrai qu’il y a une initiation pour y entrer. Initiation dont on peut dire qu’elle est secrète. Mais cela, je crois que c’est vrai dans beaucoup d’organismes. Quand on est membre d’une association, on va avoir accès à des informations, à des pratiques auxquelles d’autres n’ont pas accès. Si je ne suis pas journaliste, je ne pourrais jamais assister à une conférence de rédaction ni accéder à certaines informations. Je ne suis pas un initié du journalisme, je n’aurais donc pas accès à certaines informations. Je dois préciser que chez les Rose-Croix de l’AMORC, l’initiation n’est pas obligatoire. Il y a plusieurs degrés et chaque degré est précédé d’une initiation symbolique pour permettre d’admettre rituellement le membre, lui confier de nouvelles connaissances ésotériques et lui permettre de communier avec la partie divine qui est en lui, en admettant qu’il croie à cette partie divine.

? Initier, c’est mourir d’une vie et renaître à l’autre : à quelle vie souhaitez-vous voir le Rosicrucien mourir et à quelle autre voulez-vous le voir naître ?

-Toute notre vie est une succession d’initiations. Depuis qu’on est bébé on part sans cesse à la découverte de ce qui est nouveau. Commencer à marcher, à parler, à écrire sont des initiations. Quand on se réveille chaque matin et qu’on voit un nouveau jour, que l’on aurait pu ne pas voir, c’est aussi une forme d’initiation. Pour répondre précisément à votre question, je prends la définition la plus philosophique, celle de Socrate qui est : “Etre initié, c’est mourir à soi-même.” C’est-à-dire mourir à nos imperfections. C’est de faire mourir le vieil homme qui est en nous avec ses imperfections que sont l’ignorance, l’intolérance, la violence. Ce que nous souhaitons, c’est que l’initiation fasse naître l’initié à la sagesse. La Rose-Croix est un mouvement philosophique, et philosophie veut dire amour de la sagesse. Les Rosicruciens ne sont pas des sages, ils aspirent à le devenir.

? Peut-on dire de votre organisation qu’elle se veut être un aiguillon moral ?

-Moral oui, mais pas au sens religieux du terme, mais dans son sens éthique. être moral, c’est se respecter soi-même, respecter autrui et respecter l’environnement. Nous pensons, à tort ou à raison, que le but de tout être humain sur cette planète, quelle que soit sa religion, même s’il est athée aussi, c’est de se parfaire, c’est d’être un meilleur homme dans la société. Pour cela nous pensons qu’il faut qu’il soit donc un adepte de la fameuse alchimie spirituelle. Au Moyen Âge, les alchimistes pratiquaient l’alchimie réelle et transmutaient des métaux vils en or. Les Rosicruciens veulent transformer, par l’alchimie intérieure, leurs défauts en qualité.

? Les Rosicruciens, dont vous êtes le chef, demandent souvent à ce que les religions soient moins dogmatiques. Peut-on demander à une religion de renoncer à ce qui est son fondement même et croire qu’elle va le faire ?

-Vous avez raison, la plupart des religions sont fondées sur un dogme. Ce n’est pas cela qui est gênant. Ce qui gêne, c’est la nature du dogme. S’il est positif, ça va…

? Dire qu’il est positif ou pas relève de la subjectivité personnelle…

-Bien sûr. Mais je pense quand même qu’il y a des pratiques religieuses qu’on peut qualifier de positives sans risque de se tromper. Si un dogme incite ses fidèles à devenir intolérants à l’égard des autres, on peut estimer qu’il est négatif.

? Le dogme est par essence une vérité considérée comme absolue par celui qui y croit. Les Rosicruciens, comme les Francs-Maçons, estiment qu’il n’y a pas de vérité absolue et qu’elle est, en quelque sorte, un diamant à facettes. N’est-ce pas là qu’il faut voir la violence des querelles entre l’Eglise et les mouvements initiatiques ?

-C’est vrai que dans la Rose-Croix nous disons qu’il faut chercher la vérité en soi-même au moyen de la raison et de l’expérimentation. Dans nos enseignements, nous disons à nos membres : soyez toujours vigilants par rapport aux enseignements que nous vous donnons. Soyez un vivant point d’interrogation. Tout peut et doit être remis en question. Et si jamais il y a des propositions qui heurtent vos convictions personnelles, il ne faut pas les accepter. Francis Bacon, l’un des Rosicruciens les plus éminents du 17e siècle, est considéré, de nos jours encore, comme le père de la science expérimentale.

? C’est donc bien une approche radicalement différente du dogme qui ne peut admettre la remise en question… Peut-on dire que vous craignez l’affrontement avec les religions, plus particulièrement avec la religion catholique ?

-Nous n’affrontons pas les religions, par tolérance. Nous ne sommes pas dogmatiques. Donc, il y a parmi nos membres des catholiques, des protestants, des juifs, des bouddhistes, des musulmans, des animistes, des agnostiques, ne serait-ce que par respect à leur égard, nous n’allons pas entrer en conflit avec les religions. Bien sûr que non.

? Quand vous demandez aux religions de renoncer aux dogmes et que vous voyez arriver à la tête de l’Eglise catholique le pape Benoit XVI, vous vous sentez rassuré ?

-Je n’ai pas d’avis sur la question. C’est aux responsables de cette religion de décider. Avant d’émettre un jugement sur lui, il faut le laisser se manifester. Il y a des points avec lesquels je n’étais pas en accord avec le pape précédent et je serais sans doute en désaccord avec le pape actuel sur d’autres points. Sur le plan doctrinal par exemple, je suis dans l’impossibilité d’accepter la notion du paradis et de l’enfer ou de la résurrection de la chair, car moi je suis un adepte de la réincarnation. L’Eglise chrétienne par exemple, pense que pour se rapprocher de Dieu, il faut accepter la souffrance. Je pense exactement l’inverse. Je pense que l’idéal de l’être humain, c’est d’évoluer si possible dans le bien-être.

? La souffrance est toujours une injustice ?

-C’est une autre question. Aux yeux des hommes oui. Mais si je fume quatre paquets de cigarettes et que je boive deux bouteilles de whisky par jour, je ne dois pas m’étonner d’être malade et de souffrir. Par contre, on ne peut pas accepter l’injustice de la souffrance des enfants en raison de la guerre. Mais un Rosicrucien ne peut accepter la souffrance comme étant un moyen d’évolution spirituelle de l’homme. Non, la souffrance infligée aux hommes est une aberration. Je suis toujours étonné de certains dogmes qui laissent entendre que la souffrance permet de se rapprocher du divin dans la mesure où Jésus-Christ lui-même, le pilier de l’Eglise chrétienne a passé sa vie à soigner ceux qui souffraient… Cela veut dire que lui-même en tant que Messie – lorsqu’on admet son existence – a estimé qu’il n’était pas normal de souffrir. Autre point de divergence, la compréhension de Dieu. La plupart des religions le présentent comme un surhomme qui se comporte à l’égard des hommes comme un père avec ses enfants et qui décide seul de la destinée des hommes. Pour nous Dieu, c’est une intelligence et une conscience universelles, et donc, totalement inaccessible à l’intelligence humaine.

? Une abstraction totale ?

-En tant qu’Etre Suprême, une abstraction peut-être, mais on rentre dans le concret avec le Rosicrucien qui pense que si on ne peut étudier Dieu, on peut étudier les lois par lesquelles cette intelligence universelle se manifeste dans l’univers.

? Ramener Dieu à une explication scientifique ?

-En quelque sorte oui. Nous étudions les lois divines, c’est-à-dire les lois universelles, naturelles et spirituelles. Chez nous, il n’y a pas d’opposition entre la science et la philosophie. Ce sont deux voies complémentaires de la connaissance. Les scientifiques expliquent le comment, les philosophes expliquent le pourquoi. Il n’y a pas d’antagonisme.

? L’Eglise catholique considère toujours l’excommunication des Francs-Maçons, mais pas des Rosicruciens. Avez-vous une idée du pourquoi de ces deux positions ?

-Les Rosicruciens ne sont peut-être pas excommuniés, mais dans certains pays, nous sommes l’objet d’un acharnement par des autorités catholiques. Je ne fais pas d’amalgame en disant que toutes les églises chrétiennes sont comme ça, mais c’est vrai que je suis atterré de voir dans certains pays l’intolérance des autorités chrétiennes en général et des catholiques en particulier. Ces personnes pensent que notre manière de voir est à l’opposé de leurs dogmes. Même pendant les offices, il y a des curés qui annoncent qu’on ne peut pas être Rosicrucien parce que c’est incompatible avec le christianisme. Ce qui est, bien sûr, totalement faux.

? Dire que la vérité est à rechercher, c’est obligatoirement se mettre en travers de l’autoroute des certitudes religieuses…

-Vous avez raison. Cela déplait bien sûr. Nous disons que la vérité est une chose que chacun doit rechercher par soi-même. De laisser supposer que l’homme est un dieu en devenir est un concept inacceptable pour les religions.

? Etre dans un ordre initiatique, c’est accepter qu’il y ait des élus, des privilégiés qui ont “reçu la lumière”, le contraire même du concept de l’égalité. En ce sens, je pourrais utiliser les mêmes mots pour décrire une secte.

-Non, pas du tout, pas du tout. Revenons sur le mot secte. Secare en latin qui veut dire suivre quelqu’un et sectare qui veut dire se couper de. Dans l’AMORC, il n’y a rien de tout ça. Nous pensons au contraire qu’il faut impérativement préserver la cellule familiale et s’impliquer pleinement dans la vie de la société. Il n’y a pas, nous ne voulons pas de rupture. Ensuite, chez nous, on ne suit pas un maître à penser. Je suis Grand Maître, c’est un titre traditionnel, j’ai été élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable. C’est vraiment à l’opposé d’une secte. Et puis, très important, on quitte la Rose-Croix quand on veut. De par notre structure, notre histoire, nos traditions, notre philosophie, nous sommes le contraire d’une secte.

? Il y a autour de la Franc-Maçonnerie, une image d’affairisme que l’on ne ressent pas autour de la Rose-Croix, est-ce en raison de votre discrétion plus prononcée que celle des Francs-Maçons ?

-Nous sommes totalement apolitiques et nous ne discutons ni de politique ni de religion. Ce que je trouve beau dans l’AMORC, c’est que, indépendamment, de l’enseignement, il y a une réalité avérée : il y a en notre sein des hommes, des femmes de toutes confessions religieuses, de tout niveau social. Et ça – je ne cherche de bagarre avec personne – on ne le trouve pas forcément chez les Francs-Maçons… Il n’y a pas chez nous de réseaux d’influence de quelque nature que ce soit. C’est interdit. On ne vient pas chez nous pour se faire des relations professionnelles ou d’affaires. Nous sommes un mouvement philosophique qui perpétue un enseignement à quiconque est intéressé. C’est tout.

? Peut-on imaginer un Rosicrucien non-croyant quand on voit la référence sans cesse affirmée du divin dans vos écrits…

-On peut imaginer des Rosicruciens sans religion, il y en a beaucoup. Notre enseignement n’est pas religieux. Même un athée peut s’y retrouver dans l’absolu. Il y a dans notre enseignement une dimension philosophique. On peut adhérer à cette dimension sans adhérer à la dimension spiritualiste. Mais je pense que, fondamentalement, un Rosicrucien est un homme qui aime la spiritualité. Il faut faire la différence entre la spiritualité et la religion. La religiosité, c’est la croyance en Dieu. La croyance en Dieu n’a jamais rendu l’homme meilleur. Alors que la spiritualité, c’est le désir d’étudier les lois divines.

? Quand vous dites “lois divines” vous revenez au concept du dogme que vous dites combattre…?

-On peut les appeler les lois cosmiques ou métaphysiques, si vous voulez. Peut importe le terme. Ce qui me paraît important, c’est savoir que Dieu n’est pas la propriété des religions. Dieu existait bien avant la première des religions. Personne n’en est propriétaire. Dieu est la propriété de quiconque croit en lui. Pour nous, c’est une intelligence universelle qui imprègne la création et c’est une définition, en effet, plus scientifique que divine.

? Dieu, c’est ce qui rend une cohérence à l’univers ?

-Oui, je le pense. Quand on voit la nature et tout le reste, on est obligé de se demander ce qu’il y a derrière tout ça. La vraie question n’est pas: “Est-ce que Dieu existe” ? Je crois que Dieu ne peut pas ne pas exister. S’il y a eu création, c’est qu’il y a eu créateur. Comme selon les scientifiques, les lois qui régissent la nature sont extraordinairement bien construites, ce créateur n’était donc pas tout à fait idiot. La vraie question est de savoir dans quelle mesure ce créateur intervient dans la vie des hommes.

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“Chez nous, il n’y a pas d’opposition entre la science et la philosophie. Ce sont deux voies complémentaires de la connaissance. Les scientifiques expliquent le comment, les philosophes expliquent le pourquoi. “

“Nous disons que la vérité est une chose que chacun doit rechercher par soi-même. De laisser supposer que l’homme est un dieu en devenir est un concept inacceptable pour les religions.”

“ La religiosité, c’est la croyance en Dieu. La croyance en Dieu n’a jamais rendu l’homme meilleur.”

Sources :
http://www.lexpress.mu/display_article_sup.php?news_id=42297


Publié le 2 juin, 2011 dans Archive de L'initiateur, Rose Croix.

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