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Le printemps arabe, un investissement américain

Le printemps arabe, un investissement américain

Article paru dans l’édition du 23 Avril du journal Le Figaro, par Ron Nixon (pour le New York Times)

WASHINGTON – Pendant que les Etats-Unis injectaient des milliards de dollars dans des programmes militaires étrangers et des campagnes antiterrorisme, un petit noyau d’organisations financées par le gouvernement américain tentait de promouvoir la démocratie dans les Etats arabes autoritaires.

L’argent alloué à ces programmes ne représentait qu’une goutte d’eau par rapport aux sommes mobilisées par le Pentagone. Mais, au moment où ils reviennent sur les révolutions du « printemps arabe », des responsables américains et d’autres se rendent compte que ces campagnes en faveur de la démocratie ont nettement plus contribué à fomenter des manifestations qu’on ne l’imaginait auparavant – les principaux leaders des mouvements ayant été formés par les Etats-Unis à mener campagne, mobiliser leurs troupes grâce aux nouveaux médias et surveiller les élections.

Selon des entretiens récents et des câbles diplomatiques américains que s’est procuré le site WikiLeaks, un certain nombre de groupes et d’individus directement impliqués dans les révoltes et les réformes qui balaient la région – dont le Mouvement de la jeunesse du 6 avril en Egypte, le Centre bahreïni des droits de l’homme ou des militants de base comme Entsar Qadhi, un des leaders des jeunes au Yémen – ont bénéficié de formations et de financements de la part d’organisations comme l’International Republican Institute, le National Democratic Institute et Freedom House, un organisme à but non lucratif de défense des droits de l’homme à Washington.

L’activité de ces groupes a souvent provoqué des tensions entre les Etats-Unis et de nombreux dirigeants du Moyen-Orient qui, selon ces documents, déploraient de voir leur autorité ainsi sapée.

Les deux instituts cités sont plus ou moins affiliés aux deux grands partis politiques américains. Créés par le Congrès, ils sont financés par le biais du National Endowment for Democracy (NED), une association fondée en 1983 pour redistribuer des fonds pour la promotion de la démocratie dans les pays en développement. Le NED reçoit environ 100 millions de dollars par an du Congrès. Freedom House est elle aussi financée en grande partie par le gouvernement américain, notamment le département d’Etat.

Personne ne conteste le fait que les révoltes arabes sont le résultat de mouvements locaux et non d’une quelconque « influence étrangère », comme se plaisent à le répéter certains dirigeants de la région. « Nous ne les avons pas financés pour lancer ces manifestations, mais nous les avons aidés à acquérir des compétences et à développer leurs réseaux », affirme Stephen MacInerney, directeur exécutif du Project on Middle East Democracy, un groupe de recherche et de défense des droits de Washington. « La formation a joué un rôle dans les évènements, mais c’est bien leur révolution. Nous ne l’avons pas déclenchée. »

Certains leaders égyptiens des mouvements de jeunesse avaient assisté en 2008, à New York, à une réunion consacrée aux TIC, où ils ont appris à mettre les réseaux sociaux et les technologies mobiles au service de la démocratie. Parmi les parrains de la réunion, Facebook, Google, MTV, la faculté de droit de Columbia et le département d’Etat.

« Nous avons appris à nous organiser et à construire des alliances », explique Bashem Fathy, l’un des fondateurs du mouvement qui s’est retrouvé aux avant-postes de la révolte égyptienne. Il reconnaît que la formation dispensée par Freedom House « a été incontestablement utile pendant la révolution ».

Entsar Qadhi, la jeune militante yéménite, avait suivi la formation américaine dans son pays. « Cela m’a bien servi, parce qu’avant, je croyais que seules la force et les armes pouvaient faire bouger les choses. Aujourd’hui, je vois bien que l’on parvient à obtenir des résultats avec des manifestations pacifiques et d’autres moyens non violents. »

Pourtant, certains militant se sont plaints, lors d’interviews, de l’hypocrisie des Etats-Unis qui les aident tout en soutenant les régimes qu’eux veulent renverser. « Si nous avons apprécié la formation des ONG financées par le gouvernement américain, car elle nous a vraiment aidés pendant la lutte, nous savons bien aussi que les Etats-Unis avaient formé les agents de renseignements et de sécurité du pays, qui nous ont harcelés et ont emprisonné bon nombre d’entre nous », rappelle Bashem Fathy, le militant égyptien.

Les câbles diplomatiques montrent que des responsables américains ont souvent garanti à des autorités locales sceptiques que la formation portait sur la promotion de réformes et non de révolutions. Selon un document de septembre 2006, un fonctionnaire du ministère égyptien des Affaires étrangères s’est plaint des « tactiques arrogantes [des Etats-Unis] pour promouvoir des réformes en Egypte ».

Cette affiliation à des organisations américaines pourrait avoir entaché l’image de certains leaders au sein même de leurs groupes. Toujours selon un câble, des dirigeants du Mouvement de la jeunesse du 6 avril, en Egypte, ont indiqué à l’ambassade des Etats-Unis en 2009 que certains de leurs membres avaient – au cours d’un procès fictif au sujet de leurs liens avec Freedom House – accusé de « trahison » Ahmed Maher, une des figures de la révolte de janvier, et d’autres leaders. Un éminent blogueur aurait, selon ces mêmes sources, menacé de poster sur son blog l’information concernant les liens entre Freedom House et les dirigeants du mouvement. Rien n’indique qu’il l’a fait, d’autant qu’un câble ultérieur montre que ceux qui avaient incriminé M.Maher et d’autres ont finalement été chassés.


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