Articles intéressants à lire

Cour Supreme Israel  Denver International Airport  Symboles Occultes Bank of America  Georgia Guidestones  Saturne Occulte  Pyramide Blagnac  Le Rockefeller Center  Parlement UE  Symboles dans les logos  Sionisme Rothschild  Le billet d'un dollar  Cherchez l'erreur  Cathedrale Saint Jean le Divin  Le Projet Rivkin  La Fasces  La Nouvelle Aube Nouveau Jour en Image  Feu dans les Esprits des Hommes  Les 1000 points de lumiere  La Pierre de Bethel  La Main Cachee  Systeme Solaire  Aleister Crowley  Ordre des Illumines de Baviere  Qui est Baphomet  Illuminati New World Order  Introduction NWO

L’étrange Cagliostro

L’étrange Cagliostro

De Rome à Londres, de Madrid à Saint-Pétersbourg, de Paris à Amsterdam, Cagliostro s’introduit dans toutes les cours, séduit, fascine, forme des disciples et s’enrichit ! Tout aussi sincère dans son amour de l’argent que dans ses recherches ésotériques, l’étrange comte reste un personnage insaisissable.

C’est à Palerme, sous le dur soleil de Sicile, que Giuseppe Balsamo, fils d’un employé de magasin, voit le jour en 1743. Dés sont plus jeune âge, le petit Giuseppe est turbulent, indiscipliné. Entré au séminaire à douze ans, il s’en fait renvoyer à la suite de menus larcins. Son père le place alors comme apprenti chez l’apothicaire d’un couvent ; la manipulation des poudres et des onguents est une révélation pour Giuseppe. Pour la première fois, il est un élève attentif, passionné par la chimie et la pharmacopée.

Il se fait pourtant de nouveau renvoyer après quelques mois pour une plaisanterie peu appréciée des frères : il récite ses prières en remplaçant les noms des saintes par ceux de prostituées célèbres. A Palerme puis à Naples, Giuseppe devient tour à tour peintre pour les touristes, faussaire en tableaux, fabriquant de papier d’identité, proxénète… Il apprend l’art de la prestidigitation et enrichit ses tours par des manipulations chimiques : devenu « mage », il vit en exploitant la crédulité publique. Une de ses prestations tourne mal : un client, voyant qu’il a été joué, veut récupérer sa mise – soixante onces d’or : Giuseppe Balsamo doit fuir Naples au plus vite.

« Divine Séraphina »…

A Rome, Giuseppe reprend ses activités habituelles : faux tableaux, quêtes pour des ordres religieux imaginaires et tours de charlatan. En 1768, il rencontre et épouse une très belle femme, Lorenza Feliciani.

Fille d’un petit artisan, intelligente et dévorée d’ambition, elle pousse Giuseppe à ne plus se contenter de ses petits tours à la sauvette ; elle le baptise comte de Cagliostro. Elle-même devient Séraphina. Ils investissent dans de beaux atours et partent faire fortune en Espagne, où personne ne les connaît. Leur idée est simple : Lorenza-Séraphina, irrésistiblement belle, se glissera dans le lit des puissants pendant que Balsamo-Cagliostro établira dans les salons en vue sa réputation de mage. Cette perspective ne gêne pas Cagliostro, qui a vécu comme souteneur à Naples. Le plan réussit parfaitement, à peine le couple est-il arrivé en Espagne, que Séraphina séduit le vice-roi. Introduit par son intermédiaire dans la meilleure société, Cagliostro gruge les naïfs.

Les deux filous passent ensuite en Angleterre, où Séraphina soulage un vieux lord d’une partie de sa fortune pendant que son mari fait « maladroitement » s’évaporer une rivière de diamant dans une expérience satanique qui « échoue ». En France, elle réchauffe le lit du cardinal de Rohan. Très vite, Paris ne parle plus que de la « divine Séraphina » et du merveilleux mage qui l’accompagne.

La franc-maçonnerie Egyptienne

De capitale en capitale, Cagliostro comprend que ses tours deviennent dangereux et qu’il peut être facilement démasqué. Il a déjà tâté de la paille humide des cachots londoniens. Il modifie alors le champ de ses activités, s’intéresse à l’alchimie et à l’ésotérisme. Se proclamant alors « Grand Cophte d’Asie et d’Europe », il raconte qu’il est le fils déchu d’un roi Trébizonde, recueilli tout enfant par le calife de la Mecque et initié aux secrets de la Perse, de l’islam et de l’Inde. Il aurait ensuite parfait son éducation chez les derviches tourneurs, puis dans une secte égyptienne, avant d’être instruit en alchimie à Damas puis dans les laboratoires secrets des chevaliers de Malte… Dans les années 1770, la franc-maçonnerie connaît un essor formidable. Cagliostro, initié dans une loge traditionnelle, décide de créer sa propre obédience : la maçonnerie égyptienne, caractérisée par une structure hiérarchique rigide.

Le succès est foudroyant et l’affaire rapporte gros. Mais aussi, pour la première fois sans doute de son existence, Cagliostro semble se passionner réellement pour sa recherche. Avec deux compagnons lyonnais, Magneval et Saint-Costard, il effectue un travail ésotérique sérieux et profond. C’est là que se révèle le second Cagliostro : voulant simplement se documenter en vue d’une nouvelle escroquerie, il se prend au jeu et devient un véritable ésotériste ! Ses systèmes marquent de nombreux disciples, la maçonnerie égyptienne fait école.

La fin de l’aventure

En 1786, Cagliostro est au sommet de sa gloire. Parallèlement à la maçonnerie égyptienne, il n’a pu s’empêcher de reprendre son activité de mage et manifeste son habituel attrait pour les pierres précieuses. De sorte que, lorsqu’éclate l’affaire du Collier, qui compromet la reine Marie-Antoinette, il est accusé d’avoir volé le bijou. Arrêté, il est conduit à la Bastille le 22 août. Dix jours plus tard, le voilà lavé de tout soupçon. Pourtant, il demeure presque un an à la Bastille, ce qui lui permet de devenir, aux yeux des libéraux, un symbole de l’arbitraire royal. Lorsqu’il sort enfin, fêté par les Parisiens, il est frappé d’un décret d’expulsion : il a deux semaines pour quitter la France. Il rentre à Rome, où Séraphina le trahit définitivement. Elle le dénonce au Saint-Office comme « commerçant avec Satan ». Cagliostro est de nouveau jeté en prison ; il y meurt, fou, en 1795. Aujourd’hui encore, les ésotéristes s’interrogent sur Cagliostro. Nul doute qu’il ait été un escroc sans scrupule, mais cela discrédite-t-il ses recherches ésotériques ? Dans bien des lieux, on pratique toujours les rituels de la maçonnerie égyptienne.

La franc-maçonnerie jusqu’au XVIIIè siècle

Les premiers francs-maçons sont les bâtisseurs du Temple de Salomon, nous dit la légende. En réalité, c’est à partir du Moyen Âge que se forment les premières associations. Les francs-maçons (« francs » car libres de servitude) s’organisent alors en corporations au sein desquelles les membres se transmettent des secrets d’ordre strictement professionnel, concernant les modes de construction.

Ces associations corporatives déclinent vers le XVè siècle, pour renaître sous une nouvelle forme au XVIIè : les « loges » initient des personnalités de la noblesse, du clergé ou de la bourgeoisie, sans rapport avec l’art du bâtiment. Les secrets des francs-maçons concernent désormais des axes plus philosophiques que pratiques, mais les anciens rituels sont maintenus.

Aux XVIIIè siècle, les loges se multiplient, les obédiences, ou regroupements de loges en fonction d’un rite, également. C’est à partir de l’Angleterre où la principale loge est la Grande Loge de Londres, protestante, et fondée en 1717, que la franc-maçonnerie se répand en France : on y compte une vingtaine de loges dés 1740, et plus de six cents en 1789. Le Grand Orient de France occupe alors une position dominante, mais plusieurs petits courants, dont la maçonnerie égyptienne de Cagliostro, tentent de percer.


Publié le 27 avril, 2011 dans Franc Maçonnerie, Illuminati, Personnalités Influentes.

Laissez un commentaire