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Les Islandais rejettent l’accord Icesave

Les Islandais rejettent l’accord Icesave

© Challenges / Reuters

par Omar Valdimarsson et Anna Ringstrom

REYKJAVIK (Reuters) – Le « non » l’a emporté pour la deuxième fois en Islande lors d’un référendum sur l’accord conclu par le gouvernement pour rembourser la Grande-Bretagne et les Pays-Bas à la suite de la faillite de la banque en ligne Icesave en 2008.

« La pire option a été choisie. Le vote a coupé le pays en deux », a réagi le Premier ministre, Johanna Sigurdardottir, à l’antenne de la télévision publique, tard samedi soir.

Après dépouillement d’environ 169.000 bulletins de vote, le « non » est en tête avec près de 60% des suffrages, selon les derniers résultats officiels relayés dimanche matin par la télévision islandaise et portant sur cinq des six circonscriptions électorales.

L’Islande compte 230.000 électeurs et on ignore le taux de participation à cette consultation.

Les électeurs de l’île étaient appelés à se prononcer sur un accord portant sur 3,5 milliards d’euros, la somme déboursée par Londres et Amsterdam pour indemniser leurs ressortissants ayant déposé de l’argent sur la banque en ligne gérée par Landsbanki, un des trois établissements du pays emportés par la crise financière.

Le gouvernement islandais assurait que le nouvel accord Icesave avait été mieux négocié qu’un autre arrangement rejeté par un précédent référendum en mars 2010, mais la population refuse d’être mise à contribution pour la faillite de banques jugées irresponsables.

« J’ai conscience que cela va certainement nous affecter sur le plan international mais cela vaut le coup de prendre position », soulignait Thorgerdun Asgeirsdottir, une barmaid de 28 ans, rencontrée à la sortie d’un bureau de vote.

Cette victoire du « non » constitue indubitablement un revers pour la coalition de centre gauche qui gère le pays depuis la crise de 2008.

Johanna Sigurdardottir, qui avait souligné les risques d’une victoire du « non » pour l’économie islandaise, n’a pas dévoilé ses intentions quant à une éventuelle démission de son gouvernement. « Nous devons tout faire pour éviter un chaos politique et économique après ce résultat », a-t-elle dit samedi soir.

DÉCEPTION EN GRANDE-BRETAGNE ET AUX PAYS-BAS

Avec le rejet de l’accord, le dossier Icesave devrait se retrouver devant une cour européenne, une solution qui pourrait coûter davantage au pays, assurent des économistes.

La Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont fait part de leur déception face à un résultat qui, selon le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager, n’est « bon ni pour l’Islande, ni pour les Pays-Bas ».

« Le temps des négociations est terminé, l’Islande demeure dans l’obligation de rembourser, la question relève désormais des tribunaux », a-t-il ajouté dans un communiqué.

« Nous respectons naturellement la volonté du peuple islandais sur ce sujet et nous allons devoir à présenter discuter avec nos partenaires internationaux (…) Il semble désormais que ce processus finira devant les tribunaux », a réagi de son côté le ministre britannique du Budget, Danny Alexander, au micro de la BBC.

Le gouvernement islandais et les économistes faisaient valoir qu’un règlement du dossier Icesave aurait permis à l’Islande de revenir sur les marchés pour financer son économie, après l’expiration cette année du plan de sauvetage accordé par le Fonds monétaire international (FMI).

Le retour sur les marchés est une condition à la levée des contrôles sur les flux de capitaux.

Ces restrictions sur les flux de capitaux, imposées par les autorités pour prévenir une dégringolade de la couronne, la devise nationale, font que 465 milliards de couronnes (2,86 milliards d’euros), soit un quart du PIB islandais, restent entre les mains d’investisseurs étrangers, qui, pour la plupart, semblent vouloir s’en débarrasser le plus vite possible.

Avec Avril Ormsby à Londres; Jean-Stéphane Brosse, Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français


Publié le 12 avril, 2011 dans Crise.

Commentaires (3)

 

  1. Aryana dit :

    ces banksters sont des sangsues sanguinaires qui parasitent les Peuples partout où les Nations ont perdu le bon sens des interets bien compris de la Nation .

  2. admin dit :

    L’élite a peur de la démocratie directe (referendum etc). Quand il y a un référendum et que ça ne leur plait pas, ils vont pas se dire que le peuple a raison, ils vont trouver des moyens pour que le peuple accepte. Et si le peuple n’accepte pas, alors c’est le parlement qui décide, les députés etc… Qui eux roulent pour les lobbies, et les lobbies roulent pour les entreprises, qui elles roulent pour les banquiers, qui eux hésitent pas à foutre un pays dans la merde tout ça pour le posséder par la dette, en faisant des prêts avec un taux d’intérêt abusif.. Bref franchement, les Islandais ont totalement raison de le rejeter. Mais dans le NWO, tot ou tard ils devront obéir à l’ordre en place des banquiers internationaux. Inévitablement ils devront l’accepter. Et s’ils l’acceptent pas ce sera imposé.

  3. Bousine dit :

    Toujours pareil! On demande l’avis au peuple et si il répond pas comme on le voudrait on le sermone, « c’est pas bien! » dès fois on refait même un référendum et pour finir comme pour la constitution Européenne, on ne demande même plus au peuple, ils sont trop con de toute façon!

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