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Les armes de guerre se sont démocratisées dans les cités

Les armes de guerre se sont démocratisées dans les cités

© France Soir

Brendan Kemmet et Thibaut Chevillard 22/11/10 à 11h45
A Marseille, la fusillade qui a coûté la vie d’un ado de 16 ans, et blessé un enfant de 11 ans, illustre une nouvelle donne : les armes de guerre circulent facilement dans les cités.

Combien de fusils d’assaut, pistolets-mitrailleurs ou autres mitraillettes circulent sous le manteau en France ? C’est un chiffre noir, mais une évidence s’impose : de plus en plus. Longtemps l’apanage du grand banditisme, ces armes et leur plus emblématique représentant, l’AK47 de Kalachnikov, se sont dangereusement démocratisés. Jusqu’à devenir banals entre les mains des trafiquants de cités. A Marseille, les voyous ont tiré en rafales lors de trois règlements de comptes en huit jours.

« La circulation des armes est importante à Marseille, reconnaît un policier de la ville. Le prix d’une “kalach” au marché noir est tombé à quelques centaines d’euros, voire 150 €. Il y a encore deux ans, il était à 1.000 €. Sur des braquages, on sort aussi la “kalach”, c’est complètement banal pour eux. Il n’y a plus de limites. Ils ont des armes surpuissantes mais qu’ils ne maîtrisent pas. »

La cité phocéenne n’est pas un cas isolé. A Lyon, depuis plusieurs mois, des braqueurs de bijouterie emploient systématiquement des « kalachs ». La semaine dernière, en Seine-Saint-Denis, lors de l’arrestation d’un jeune trafiquant de drogue, la police a saisi un AK47. Les émeutes de Grenoble, au mois de juillet dernier, ont été déclenchées par la mort d’un braqueur qui avait attaqué le casino d’Uriage (Isère) au fusil-mitrailleur. A La Courneuve (Seine-Saint-Denis), l’an dernier, un fourgon de police était tombé dans une véritable embuscade, avec des tirs d’armes de guerre pour libérer un petit trafiquant.

Il y a encore une dizaine d’années, un fusil d’assaut était une arme très recherchée donc coûteuse. « Une kalach, c’est un peu comme un peigne, ça ne doit pas se prêter beaucoup », ironisait un avocat lors du procès d’un braqueur de fourgon blindé. Un expert en balistique expliquait alors que les fusils-mitrailleurs réapparaissaient souvent dans plusieurs affaires, attestant qu’on ne les jetait pas entre deux braquages, et donc de la difficulté à s’en procurer.

D’où viennent-ils ?

Principalement des Balkans et particulièrement d’ex-Yougoslavie, où la plupart des anciens pays communistes de la région détiennent d’anciennes licences Kalachnikov et des chaînes de production. Mais aussi des fabricants artisanaux. « Des villages entiers continuent de produire des armes à partir de matrices qui ont été volées dans les usines. Là-bas, le pistolet-mitrailleur revient à 800 € », indique un policier parisien.

Combien coûtent-ils ?

Le prix a chuté ces dernières années. Quelques centaines d’euros à Marseille, souvent parce qu’il s’agit d’armes qui ont déjà « cuisiné » comme disent les minots provençaux. C’est-à-dire qu’elles ont déjà tiré, dans des braquages ou des règlements de comptes. « Forcément, le prix baisse », glisse un enquêteur.
Mais ces armes atteindraient, neuves, 2.000 à 2.500 € l’unité en région parisienne, comme le démontre la saisie de six copies de pistolets-mitrailleurs Ingram par l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), il y a deux mois en région parisienne. Les armes provenaient de Bosnie et de Serbie.

Qui sont les clients ?

Les acheteurs d’armes sont essentiellement les trafiquants de stups. « Tous les mecs s’arment », juge un policier de la direction centrale de la police judiciaire : « parce qu’on essaye de braquer leur stock, ou pour se défendre lors de “go fast”. » La route depuis la Costa del Sol est particulièrement périlleuse avec des gangs qui attendent les remontées de drogue en voiture.
Une fois arrivées, les armes ne disparaissent pas. « Ce sont des caïds qui agissent au niveau d’une cité, avec une famille qui contrôle le trafic, glisse un policier marseillais. Si une autre famille empiète sur le territoire, on tire, quitte à tuer. »

Qui les importent ?

Les véritables arsenaux sont rares. Il y a deux ans, à Toulon, un ancien militaire croate avait amassé une cinquantaine de fusils-mitrailleurs. Mais la principale source d’approvisionnement serait les « touristes » originaires d’ex-Yougoslavie qui rapportent des armes en France en petite quantité lors de leurs vacances. « Nous ne sommes pas face à une importation massive, ce ne sont pas des camions pleins qui déchargent en France », s’exclame un policier spécialisé. « Il y a forcément une filière, mais on est plus sur des “ mules ”, qui aménagent des caches dans des voitures ou dans des bus. C’est un travail de fourmis, mais en augmentation. Il y a une commande, elle est livrée, et ça part aussitôt. Il n’y a pas de stocks, à notre connaissance. »

Enfin, des réseaux à petite échelle fournissent le grand banditisme, comme celui démantelé dans le Val-de-Marne fin 2008. Un des « armuriers » traditionnel du gang de la banlieue sud avait été arrêté avec des complices. Chez lui, un atelier de remilitarisation d’armes de guerre, dont une kalach encore sur un établi.
Règlements de comptes, braquage, drogue : les précédents

Le 15 novembre, la police judiciaire interpelle, à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), quatre individus suspectés notamment de « trafic de stupéfiants ». Au domicile de l’un d’eux, ils découvrent 1,6 kg de cocaïne, 3,5 kg de cannabis et un kalachnikov. Le juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal de Bobigny décide pourtant de remettre ce dernier en liberté.

Le 14 novembre, un homme est grièvement blessé par balles aux Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rhône) par des individus circulant à bord de deux voitures et armés notamment de fusils d’assaut.

Le 12 novembre, un jeune homme est tué, devant plusieurs témoins, d’une rafale de kalachnikov à Marseille (Bouches-du-Rhône), dans la zone pavillonnaire de la Rose.

Le 9 novembre, deux hommes encagoulés et armés d’un fusil d’assaut braquent une bijouterie à Pertuis (Vaucluse). Les voleurs réussissent à s’enfuir avec 3 sacs plein de bijoux. Montant : 250.000 €.

Le 28 juillet, les policiers découvrent, dans un bar grenoblois du quartier de la Villeneuve, un pistolet-mitrailleur de marque Uzi. Il est du même type que celui utilisé par le braqueur Karim Boudouda, décédé le 16 juillet lors d’un échange de tirs avec la police après avoir dérobé la caisse du casino d’Uriage-les-Bains (Isère). En perquisitionnant le domicile du propriétaire du bar, les enquêteurs découvrent un kalachnikov ainsi que des munitions.

Le 8 juin, les policiers interpellent, dans l’un des quartiers populaire d’Avignon (Vaucluse), quatre jeunes hommes suspectés d’avoir participé, le 15 avril dernier, à un règlement de comptes sur fond de trafic de drogue. Durant la perquisition, les inspecteurs découvrent un fusil d’assaut.

Le 1er juin, cinq individus encagoulés, vêtus d’uniformes de la police nationale, armés de 2 kalachnikovs et d’un pistolet semi-automatique de type Makarov, s’attaquent à un horloger suisse de luxe, en plein centre de Lyon (Rhône). Deux d’entre eux seront interpellés par la police judiciaire lyonnaise.

Le 21 mai, à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), la policière municipale Aurélie Fouquet est tuée à l’arme de guerre après avoir croisé la route d’un commando de braqueurs poursuivi par la police sur l’autoroute.


Publié le 27 novembre, 2010 dans Cannabis, Conflits & Guerres, France, Société & Culture.

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