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Le management sécuritaire

Le management sécuritaire

© Le Monde

On parle beaucoup, depuis cet été surtout, de « sécurité » ou de politique « sécuritaire ». J’aimerais proposer ici quelques réflexions à la fois historiques et politiques, en reprenant brièvement l’histoire même de ce concept.

Le terme « sécurité » n’a pas toujours eu le sens politique que nous lui connaissons aujourd’hui. A l’origine, durant toute l’Antiquité gréco-romaine, la securitas c’était surtout la tranquillité d’esprit, la sérénité, l’état d’âme de celui qui est sans inquiétudes, sans troubles. Sénèque ainsi, dans une lettre à Lucilius, pouvait écrire : « La sécurité est le bien propre du sage » (« securitas autem proprium bonum sapientis est »). Le terme grec correspondant était ataraxia.

La sécurité, au premier sens, est un idéal de vie philosophique. C’était pour parvenir à cette stabilité spirituelle qu’on entreprenait de devenir sage. Ce qui a pu s’appeler « sécurité » dans l’Antiquité gréco-romaine, c’était ce qu’aujourd’hui on appellerait « sérénité ». Ce sens a actuellement disparu, même s’il faut noter qu’il est resté particulièrement longtemps en français. Ce qui demeure en revanche très actuel et reste fascinant aujourd’hui – dans notre monde obsédé par la vitesse, la réactivité, la perméabilité aux flux d’images, d’informations, de marchandises -, c’est cet idéal d’une âme reposant en elle-même, c’est cette promesse d’une tranquillité heureuse.

On peut évoquer un deuxième idéal de la sécurité, moins philosophique que politico-social, et qui aura nourri un certain nombre de mouvements politiques et sociaux au Moyen Age : c’est l’idée d’une sécurité cette fois comme extinction définitive de toute source possible de dangers, comme absence totale de menaces. La croyance chrétienne millénariste (assez tôt condamnée comme hérétique) avait promis une période durant mille ans sur terre de sécurité définitive, de prospérité générale, de bonheur partagé, juste avant le Jugement dernier et la destruction des mondes.

Fin des malheurs et des souffrances, disparition de la peur et de l’inquiétude : pax et securitas, pour reprendre l’expression de saint Paul. Les sagesses hellénistiques et romaines promettaient à tout individu une complète sécurité spirituelle en présence des dangers les plus graves – c’est l’image du sage tranquille au milieu des tempêtes.

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Publié le 21 novembre, 2010 dans Le Monde, Philosophie, Société & Culture.

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