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[INTERVIEW] « 2014 va marquer l’avènement d’un nouveau monde »

[INTERVIEW] « 2014 va marquer l’avènement d’un nouveau monde »

© Nouvel Obs

Nicholas Boyle, professeur à Cambridge, publie un essai « 2014 – How to Survive the Next World Crisis » (Continuum Books, 2010). Il montre en quoi l’année 2014 pourrait s’avérer déterminante pour le siècle à venir.

Dans votre nouveau livre, vous affirmez qu’un « Grand événement » de nature cataclysmique va survenir en 2014 – ou autour de cette date-là – et qu’il sera de nature à changer le cours du siècle. Pourquoi 2014 ?

– Ma réflexion se fonde d’abord sur une spéculation numérologique, avec ce qu’elle comporte de fantaisiste… Il n’empêche que lorsque l’on étudie attentivement chacun des cinq derniers siècles, on remarque qu’il s’est toujours produit un événement déterminant autour du milieu de la seconde décennie. Pensez par exemple à 1815, avec Waterloo et le Congrès de Vienne. Regardez bien évidemment 1914-18. La question est donc la suivante : l’année 2014 – ou ses alentours – va-t-elle constituer un nouveau 1815, inaugurant un siècle de globalisation pacifique et de développement économique ? Ou, au contraire, cette année nous mènera-t-elle vers un nouveau désastre comme en 1914, ouvrant la porte à une ère de guerres et de nationalismes qui nous empêcheraient de relever l’immense défi environnemental ? Ceci n’est pas une question posée en l’air ni une simple spéculation. Ce que l’on nomme pudiquement « crise financière mondiale » est en fait le début d’une crise politique mondiale.

Que faire pour l’endiguer ?

– Au milieu de la décennie, justement, les Etats-Unis auront à affirmer leur position face aux pouvoirs grandissants des pays asiatiques. Tout dépendra finalement de la façon dont les Américains réagiront face au déclin relatif de leur pouvoir économique. Accepteront-ils de partager avec d’autres les ressources du monde et leur propre standard de vie ? En 1914, l’incapacité des Américains et des Européens à créer une structure politique globale capable de maîtriser les variations du pouvoir économique mondial a été horriblement punie. Cette impossibilité à s’entendre sera-t-elle punie de la même façon en 2014 ? Ou sera-t-il possible de construire un nouvel ordre politique international sans passer par les décombres ?

L’une de vos thèses est d’affirmer qu’aucune nation ne peut être autonome dans un monde incluant l’hyperpouvoir américain. N’est-ce pas un peu exagéré ?

– Je ne pense pas. C’est aujourd’hui le domaine international qui régit les plus importantes structures qui conditionnent nos propres vies : le commerce, le capital, l’information, voire le travail. Les nations apparaissent aujourd’hui comme les interlocuteurs privilégiés parce qu’elles constituent les interfaces entre les individus consommateurs-producteurs et le marché global. Les Etats prétendent définir notre identité, mais, en réalité, nous sommes de plus en plus construits par l’ordre économique global. C’est pourquoi nous ne devons pas tomber dans l’erreur du repli, à savoir penser que c’est en exacerbant nos identités nationales que nous allons retrouver la réalité de notre condition. Nous devons au contraire concentrer notre attention sur la réalité des relations internationales, qui est en fait impériale. La crise qui a commencé en 2007 a au moins le mérite de démontrer l’interdépendance entre les géants économiques du vingt-et-unième siècle. La Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie ayant rejoint l’économie mondiale, un jour viendra où la moitié de la population mondiale, tout en constituant une partie substantielle du marché, sera régulée par une seule autorité impériale : les Etats-Unis. La seule route pacifique qui évitera un nouveau 1914 se situe dans la continuation de cette pax Americana, à condition que la perception de l’Amérique par le monde change et que la perception américaine d’elle-même change aussi.

En quoi consisterait cette mutation?

– La plupart des pays développent une vision mythifiée de leur passé, mais le mythe construit par les Etats-Unis pose problème au monde, parce qu’il pose le postulat de l’exceptionnalité divine américaine. L’évènement qui décidera du siècle à venir sera donc la décision américaine, face à la crise globale, de maintenir ou d’abandonner sa foi en sa « destinée manifeste ». Pour l’instant, la situation reste ambiguë. Cette incertitude a son pendant dans l’esprit des non-Américains : souhaitent-ils voir les Etats-Unis comme les chefs de file de l’intégration économique globale ou veulent-ils leur rejet parmi les nations ?

Vous appelez, pour votre part, à un système de gouvernance globale.

– Oui. Mais je ne parle pas de la construction d’un Etat-monde. Je défends le développement et la mise en relation des institutions globales que nous avons déjà. Je crois qu’il s’agirait de la meilleure réponse qui soit. Puisque le défi environnemental, par exemple, est lui-même global par définition, la réponse politique se doit d’être globale également. Cet objectif de globalisation politique n’est pas utopique. La société civile globale constitue déjà le précurseur de l’ordre politique global à venir, dont un FMI réformé pourrait être le premier instrument supranational. N’oublions pas que la société civile globale n’est pas peuplée que de banquiers. Quelque soient les institutions à travers lesquelles elle s’exprime, la voix de la conscience humaine est celle qui a le plus besoin d’être entendue à l’approche du Grand Evénement de 2014. Elle doit dire quelles sont ses valeurs et ses biens communs. Parce que ces derniers appartiennent à l’ensemble de l’humanité, seule une gouvernance globale sera ensuite capable de les protéger.

Propos recueillis par Clara Bamberger


Publié le 27 juin, 2010 dans Nouvel Ordre Mondial.

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