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Hongkong : 150 000 personnes commémorent le massacre de Tiananmen

Hongkong : 150 000 personnes commémorent le massacre de Tiananmen

© Le Monde

Une fois par an, et pour quelques heures seulement dans la soirée du 4 juin, le parc Victoria, qui, de jour, accueille amateurs de jogging et poussettes en promenade, se pare de solennité.

A la tombée de la nuit, des dizaines de milliers de petites bougies blanches cintrées d’un cône en papier s’allument. Dans un calme presque religieux la foule s’assoit, alors que défilent sur l’estrade des témoins, des « dissidents » et des anciens, les vétérans de la lutte pour la démocratie en Chine et à Hongkong, comme Szeto Wah, président de « l’Alliance de soutien aux mouvements démocratiques et patriotiques en Chine », organisateur de l’événement. Intermèdes musicaux.

Puis les haut-parleurs diffusent un message poignant du mouvement des mères de Tiananmen. On annonce aussi la mise en ligne du livre « N’oublions pas », une compilation d’écrits de journalistes qui étaient présents à Tiananmen dans la nuit du 3 au 4 juin. Le message est très clair : Hongkong se doit de perpétuer le souvenir de cette nuit sanglante, au moins jusqu’à ce qu’elle trouve la place qui lui est due dans les livres d’histoire et dans la mémoire collective chinoise. Car pour un bon nombre des 8 000 étudiants de Chine continentale qui font leurs études à Hongkong, l’événement est une révélation.

La plupart admettent ne quasiment rien savoir sur « l’incident de 1989 ». D’autres affirment en parler sur internet en Chine mais en utilisant des noms de code qui changent régulièrement pour échapper aux contrôles. Dans les rues avoisinantes du quartier commerçant de Causeway bay c’est la cohue. Le parc est plein. Depuis la première veillée de commémoration, en 1990, la Police n’a jamais fait une estimation aussi élevée de la foule : 113 000 personnes. Les organisateurs, eux, ont affirmé que 150 000 personnes avaient participé, le même chiffre que l’an dernier.

« MILITANTS DU SOUVENIR »

Hongkong est le seul endroit de Chine où le massacre de Tiananmen est commémoré ouvertement et légalement. Même la rétrocession de Hongkong à la Chine en 1997 n’a pas permis d’interrompre cette manifestation, devenue rituelle d’année en année. Et les récentes tentatives des autorités de Hongkong d’en entraver le bon déroulement se sont révélées tellement maladroites qu’elles ont eu l’effet inverse en motivant davantage les foules à participer.

Une semaine auparavant en effet, treize « militants du souvenir » ont été brièvement arrêtés pour avoir érigé sur le parvis de Times square, un grand centre commercial, des œuvres apparemment jugées subversives, dont une statue de la liberté inspirée de la  » Déesse de la démocratie  » en papier mâché faite à l’époque par les étudiants de la place Tiananmen. Et l’auteur de la statue, Chen Weiming, a été refoulé en arrivant à Hongkong pour la veillée. Mais cette attitude répressive des autorités a suscité un tollé et la déesse confisquée a finalement été rendue par la police aux étudiants qui avaient annoncé leur intention de l’ériger sur le campus de l’université chinoise, l’une des principales universités du territoire.

Cette initiative avait à son tour été interdite par le vice-recteur de l’université. Lau Juen-yee, dont les affinités avec le camp loyaliste (pro-Pékin) sont de notoriété publique, avait invoqué le principe de  » neutralité politique « . Mais face à la détermination des étudiants hongkongais et afin d’éviter une confrontation qui aurait pu mal tourner, l’université a choisi de laisser faire, en disant que des pourparlers auraient lieu plus tard.

Quelques centaines d’étudiants ont donc pu installer la symbolique statue au sein de leur campus, dans la nuit de vendredi à samedi. En 1997, un épisode semblable avait eu lieu sur le campus de l’Université de Hongkong, autour d’une autre œuvre symbolique, le « pilier de la honte » (du sculpteur danois Jens Galschiot). Après nombre de péripéties, la sculpture y fut officiellement installée.

Florence de Changy


Publié le 5 juin, 2010 dans Monde.

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