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Crise financière : où en est-on un an après le G20 de Londres ?

Crise financière : où en est-on un an après le G20 de Londres ?

© NouvelObs.com

Ebranlés par une crise sans précédent, les pays du G20 tentaient, le 2 avril 2009, de mettre de l’ordre dans l’économie mondiale. Nouvelobs.com fait le point sur les décisions prises à Londres.

Un « nouvel ordre mondial » va émerger de la crise économique débutée en septembre 2008, avait lancé le 2 avril 2009 le Premier ministre britannique Gordon Brown, à l’issue du sommet du G20 à Londres. La rencontre est allée « au-delà de ce que nous pouvions imaginer », proclamait quant à lui Nicolas Sarkozy. Déprimés par des mois de mauvaises nouvelles sur le front économique, les Etats et organisations rassemblées dans la capitale britannique semblaient enfin apercevoir une lueur d’espoir.

Un an après ces déclarations pleines d’optimisme, quel bilan tirer des décisions prises lors du sommet ?

« L’économie mondiale a clairement changé », estime Philippe Waechter, directeur de recherche économique de Natixis Asset management. « Auparavant, il y avait de vraies interrogations sur la manière dont l’économie allait rebondir. A part en Grèce, les signes de progression de l’activité sont favorables. Les inquiétudes sur les marchés sont derrière nous. Au plus fort de la crise, les banques alimentaient en liquidités les marchés, qui ne fonctionnaient plus. Aujourd’hui, elles cherchent à sortir de cet environnement, ce qui est bon signe », juge-t-il.

Tour d’horizon des décisions prises lors du G20 et de leur application.

Le rôle du FMI

A Londres, les dirigeants mondiaux réunis se sont mis d’accord pour renforcer les rôles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, en leur allouant un total de 1.000 milliards de dollars. Le FMI devait voir ses moyens triplés avec 500 milliards de dollars supplémentaires. Ces fonds devaient être constitués par de « l’argent nouveau » et par des droits de tirages spéciaux (DTS) du FMI. Le Fonds devait également pouvoir vendre de l’or pour financer son aide aux pays les plus pauvres. Depuis le début de la crise, de nombreux pays ont reçu une aide du FMI : Islande, Pakistan, Ukraine, Hongrie, Antigua-et-Barbuda, Lettonie, Roumanie, Turquie. Le FMI dispose en tout d’une enveloppe de 200 milliards de dollars pour aider ces pays.

Concernant la Grèce, l’ensemble des pays de la zone euro ont entériné, en mars , un plan « préventif » d’aide. Conçu principalement par la France et l’Allemagne, ce plan sera en mis en place en dernier ressort et permettra à la Grèce –ou à tout pays de l’Eurogroupe qui se trouverait en difficulté- d’emprunter à des taux « raisonnables ». Les deux tiers des prêts seront accordés par les membres de la zone euro dans le cadre de prêts bilatéraux et le tiers restant par le FMI. Pour Philippe Waechter , « le FMI a joué un rôle important » dans les mois qui ont suivi le G20. « Il a été une force de propositions. Dans tous les débats sur l’activité des pays, il a été très présent. » « Le FMI a aidé les pays baltes, les pays d’Europe centrale et a stabilisé la situation en Grèce », explique-t-il.

La crise a donc définitivement consolidé le pouvoir de l’institution. Pour preuve, le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn a annoncé en février que l’institution allait demander à ses Etats membres de lui accorder un rôle de supervision et d’intervention mondiales élargi.

Les paradis fiscaux

« L’ère du secret bancaire est révolue » chantaient en cœur les dirigeants à la fin du sommet. Le G20 s’était conclu par la publication de la liste des paradis fiscaux par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Décision vivement appuyée par l’Allemagne et la France. Des vœux renouvelés à la veille du sommet de Pittsburg en septembre par Nicolas Sarkozy : « Il n’y a plus de paradis fiscaux et à Pittsburgh, l’un des enjeux, c’est que dès le premier trimestre de l’année prochaine, des sanctions soient appliquées sur des places, sur des pays qui ne respecteraient pas les règles en la matière ». Pour l’OCDE, chaque « territoire non coopératif » qui conclut des conventions d’échange d’informations fiscales avec douze autres Etats est blanchi même si ce sont des accords avec d’autres paradis fiscaux. Le Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales composé de 91 Etats membres et placé sous l’égide de l’OCDE, vient d’engager, le 1er mars, une vaste opération de « contrôle de conformité » des accords de coopération fiscale en vigueur. Cette première vague de contrôles concerne vingt pays. Le Forum souhaite, par ailleurs, s’assurer que dans chaque pays la loi ait bien été modifiée pour rendre les nouveaux accords de coopération applicables. Selon les chiffres de l’OCDE, en 2009, 195 accords ont été signés dont 164 conclus entre le sommet du G20 de Londres en avril et celui de Pittsburgh en septembre. Selon l’OCDE, 87% l’ont été avec des « pays sérieux ». Ce qui n’est pas le cas de Monaco par exemple qui a signé 12 accords dont 10 avec d’autres paradis fiscaux.

En France, s’appuyant sur les règles de l’OCDE, les ministres du Budget, Éric Woerth, et de l’Économie, Christine Lagarde, ont signé mi-février un arrêté fixant la liste des territoires jugés « non coopératifs » au plan fiscal. Cette liste de 18 pays est valable jusqu’au 1er janvier 2011, date à laquelle Bercy la révisera en fonction des avancées des pays concernés. Les « États ou territoires non coopératif » sont les pays non membres de l’Union européenne n’ayant pas conclu avec au moins douze États une convention d’assistance administrative permettant l’échange de renseignements fiscaux. Les entreprises qui sont implantées dans les pays de cette liste noire seront lourdement taxées. Les taux de retenue à la source sur les revenus passifs (dividendes, intérêts, redevances) seront relevés à 50 % dès lors qu’ils sont versés dans une entité présente sur le territoire non coopératif. Entré en application le 1er mars.

L’absence de sanctions à l’échelle mondiale est régulièrement critiquée. Pour l’économiste Philippe Waechter, « des blocages persistent. » « Tous les pays se disent prêts à jouer collectif, mais dès qu’un Etat est touché en particulier, il se cache derrière une neutralité. Dans 20 ans, il est probable que la question des paradis fiscaux se pose encore », déplore-t-il.

Gouvernance des marchés financiers

Les pays du G20 se sont accordés pour mettre en œuvre de nouvelles règles sur les salaires et les bonus au niveau mondial.

« Nous avons tous la responsabilité mutuelle de respecter nos engagements » : plusieurs dirigeants du G20, dont le président américain Barack Obama et Nicolas Sarkozy, ont publié le 30 mars dernier une lettre ouverte pour exhorter les gouvernements à redoubler d’efforts.

Barack Obama a annoncé le 14 janvier un projet de taxation d’une cinquantaine de grandes banques devant permettre à l’Etat de récupérer jusqu’à 117 milliards de dollars. La France a instauré de son côté une taxe sur les bonus des traders dont le gouvernement voulait affecter la majeure partie du produit au fonds de garantie des dépôts. Il sera finalement affecté au financement des PME.

Selon Philippe Waechter, « les banques ont retrouvé de la profitabilité parce que les salles de marché ont été efficaces. On se focalise sur les bonus des traders, mais une question est plus importante : celle de la régulation bancaire. Les banques ont une autonomie très forte. L’augmentation des revenus dans les banques est avant tout liée au manque de régulation. »

« Aux Etats-Unis, la situation bancaire est très critiquée. Barack Obama a souligné qu’aujourd’hui, les banques américaines sont plus grosses qu’avant, alors que les règles n’ont pas changé », met-il en avant.

Conclusion : « La crise a été gérée de telle façon qu’elle n’a pas duré trop longtemps », affirme Philippe Waechter. La perspective d’un séisme financier comparable à celui de 2008 est-elle envisageable ? « En 2008, les banques ont modifié leur perception », explique l’économiste. « Avant, elles pensaient que les gouvernements interviendraient pour sauver les établissements bancaires, quoi qu’il arrive. Avec la chute de Lehman Brothers, elles ont compris que ce n’était plus le cas. Pour qu’une crise identique à celle de 2008 arrive, il faudrait un choc similaire, qui paralyse tous les comportements. C’est peu probable », analyse-t-il. « Mais maintenant se pose la question de l’accroissement des déficits budgétaires », met-il en garde.

(Nouvelobs.com – Estelle Gross et Bérénice Rocfort-Giovanni)


Publié le 6 avril, 2010 dans La Bourse & L'Economie, Nouvel Ordre Mondial.

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