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Le pouvoir afghan et l’OTAN cherchent à consolider leur victoire militaire à Marjah

Le pouvoir afghan et l’OTAN cherchent à consolider leur victoire militaire à Marjah

© Le Monde

Guérilla versus contre-guérilla. La bataille de Marjah, achevée militairement, et qui ne fait que commencer par tous ses autres aspects – humains, politiques, sociaux, économiques – doit devenir le cas d’école de la stratégie afghane du président américain, Barack Obama, et de ses chefs de guerre, les généraux David Petraeus et Stanley McChrystal.

Une fois les canons tus et les talibans partis, le grondement des complaintes peut retentir à Marjah. Car si la victoire militaire fut aisée pour l’OTAN, la réelle prise de contrôle de ce rude district pachtoune de la province du Helmand, dans le sud afghan, par le pouvoir de Kaboul est tout sauf acquise. C’est là et maintenant que l’armée américaine compte déployer tout ce qu’elle a appris en matière de stratégie contre-insurrectionnelle.

Le président afghan, Hamid Karzaï, en a fait l’expérience, dimanche 7 mars, lors de sa première visite à Marjah depuis que le drapeau national y a été hissé, remplaçant le drapeau blanc de l' »Emirat islamique » taliban. Trois cents chefs tribaux et religieux, réunis dans une mosquée, n’ont guère modéré leur langage pour lui dépeindre un tableau désastreux de ce qu’ils voient localement, depuis 2001, de l’Afghanistan post-taliban.

La présence de l’OTAN – l' »occupation étrangère » – fut évidemment pointée du doigt. Les « barbes grises » du Helmand ont dénoncé qu’en douze jours d’offensive, du 13 au 25 février, des civils ont été tués et blessés, des maisons et des marchés ont été détruits.

Le général McChrystal, commandant américain en Afghanistan, était venu écouter les doléances en compagnie de M. Karzaï, mais sans ouvrir la bouche : l' »afghanisation » du conflit passe aussi par le fait de laisser le président afghan en première ligne, afin qu’il affirme son autorité.

MARJAH DOIT DEVENIR UN LABORATOIRE

Car les critiques les plus vives furent dirigées contre son gouvernement et son administration. C’est en fait la quatrième fois que Marjah tombe sous le contrôle gouvernemental (après 2001, 2007 et 2009), et à chaque fois, ce fut une catastrophe.

Corruption criante des policiers et fonctionnaires, violences et détentions arbitraires, absence d’hôpitaux et d’écoles, de projets économiques. Au printemps 2009, les hommes de Marjah n’avaient même pas attendu le retour des talibans pour chasser de leur ville la police de Kaboul. Marjah n’a pas besoin des talibans pour être rebelle…

Hamid Karzaï a donc beaucoup promis : la sécurité, la réouverture d’écoles, la construction de routes et de cliniques. Marjah doit devenir un laboratoire de ce que le gouvernement afghan et ses alliés étrangers peuvent offrir comme alternative au règne taliban, certes synonyme de loi et d’ordre, mais aussi de terreur et de misère.

Marjah doit être « un modèle » pour corriger les erreurs du passé, a indiqué le représentant politique de l’OTAN en Afghanistan, Mark Sedwill. « Modèle » qui doit s’étendre, au fil de l’année 2010 et après des offensives militaires déjà annoncées, à tous les districts des deux berceaux talibans que sont les provinces du Helmand et de Kandahar.

Les talibans, qui n’ont presque pas combattu et se sont évanouis dans la nature face à la puissance militaire déployée pour conquérir Marjah, n’ont pas dit leur dernier mot. L’OTAN s’attend à des actions de harcèlement, des attaques de convois, des attentats. La nouvelle « bataille » de Marjah, celle qui consiste à gagner « le cœur et les esprits » des Afghans, est donc loin d’être gagnée.

« Etes-vous contre moi ou avec moi ? Allez-vous me soutenir ? », a demandé le président Karzaï aux « anciens » réunis à la mosquée de Marjah. « Nous sommes avec vous ! » ont crié les vieux Pachtounes, qui n’ont pas eu un mot, prudence oblige, pour critiquer le règne taliban. Nul n’est dupe. Les armées de l’OTAN et de Kaboul ont conquis la ville : la raison autant que la tradition incitent à être, sans perdre de vue le caractère éminemment volatil de la situation, du côté du plus fort.

Rémy Ourdan


Publié le 8 mars, 2010 dans Le Monde, OTAN.

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