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«La partie la plus difficile, nous l’avons bien faite»

«La partie la plus difficile, nous l’avons bien faite»

© 24 Heures

CERN | A l’heure où l’accélérateur du CERN reprend du faisceau, Lucio Rossi, responsable des aimants, revient sur l’accident de septembre 2008 et la complexité de la machine.


© PIERRE ABENSUR | «On ne peut pas se passer du facteur humain, celui à qui l’on doit cette machine, mais il nous rappelle nos limites.»

ANNE-MURIEL BROUET | 05.03.2010 | 00:01

«L’important n’est pas de se tromper mais de s’améliorer.» C’est Lucio Rossi, en charge des aimants, supraconducteurs et cryostats au CERN (Organisation européenne de recherche nucléaire) qui le dit. Autant dire qu’il assume pleinement la responsabilité de l’incident qui a fortement endommagé le nouvel accélérateur en septembre 2008.

A l’heure où le Grand Collisionneur de hadrons (LHC) repart, le scientifique explique l’intérêt de comprendre la chaîne d’erreurs qui a mené à l’accident technique (lire 24?heures du 3 mars).

– Quinze mois d’arrêt pour un problème de soudure sur une des machines les plus complexes du monde, c’est idiot, non?
– Nous avons eu une défaillance sur la partie «système». Cela démontre que nous avons maîtrisé les aspects les plus complexes: supraconductivité, cryogénique, accélération, radiofréquences, aimants… Le problème a eu lieu sur la partie relativement low-tech, celle qui dépendait de la main-d’œuvre. C’est bizarre, mais ce n’est pas anormal. Dans des grands projets, l’attention est mise avant tout sur la partie high-tech et les composants.

– Le travail a-t-il été mal fait?
– Il y a eu des failles dans l’exécution. Bien entendu, je ne vais pas chercher l’ouvrier qui l’a faite. Nous nous rendons totalement responsables. Nous étions là pour contrôler.

Nous ne sommes pas des robots, les machines sont faites par des hommes et des femmes. On ne peut pas se passer du facteur humain, celui à qui l’on doit cette machine, mais il nous rappelle nos limites.

– Vous dites qu’il y a aussi un problème de conception.
– Si tout avait été bien fait, le design aurait été parfait. Mais nous n’avions aucune latitude pour l’erreur. Nous devions faire 10?000 connexions de ce type en un an et demi. Or nous n’avons pas tenu compte du fait que l’on ne peut pas tout réussir parfaitement.

De plus, en étudiant cette erreur singulière, on a compris une faiblesse diffuse de la machine qui aurait pu se manifester plus tard: le système de connexion des câbles supraconducteurs entre les aimants. Lors de la conception, nous avons privilégié un système de soudure qui tenait compte de nos contraintes: être compact, pas d’obstacles au flux d’hélium, l’intégration avec le système déjà existant.

– N’aviez-vous pas anticipé un tel accident?
– Dans nos prévisions d’accident, on n’a jamais pensé à un problème de connexion entre les aimants. Il n’empêche qu’en un an, on l’a réparé. On a même fait davantage. Le fait que le LHC marche aujourd’hui, qu’il a repris, qu’il détient le record du monde d’énergie et que dans deux semaines en principe auront lieu les premières collisions, tout cela démontre le succès. D’autant plus que le LHC est son propre prototype!

– L’aspect financier a-t-il compté?
– Le CERN est grand et a la chance d’avoir beaucoup de ressources. Il n’empêche qu’à un certain moment, peut-être entre 1998 et 2005, le projet a souffert d’un manque de personnel, surtout qualifié. Beaucoup de choses ont eu lieu en même temps. Le problème n’est pas facile à gérer, y compris du point de vue humain, car tantôt nous avons besoin de beaucoup de personnel et puis, soudain, de beaucoup moins. Le CERN n’est pas le seul à souffrir de cela: quel projet n’a pas aujourd’hui des ressources limitées?

Et pourtant! C’était un miracle d’être prêts en septembre 2008 avec un surcoût – par rapport à la première estimation de 1993 – de seulement 15-20%!

– Quelles réparations vont être effectuées?
– Nous avons cherché la solution la moins invasive possible mais qui assure la fiabilité de la machine. La faiblesse des connexions est due à un manque d’étain dans l’alliage étain-argent qui emprisonne les câbles dans la soudure. Nous allons donc remédier à cela. Nous voulons aussi ajouter une bande de cuivre latérale sur la connexion car même si la soudure n’est pas parfaite, le cuivre fait le pont et connecte. Nous mettrons aussi une pince mécanique verticale pour soutenir la connexion. Il est prévu d’arrêter le LHC à l’automne 2011 pour effectuer ces travaux qui dureront environ un an.

– Pourquoi avoir publié un article scientifique sur le sujet?
– Je voulais donner un retour à la communauté scientifique. C’est bien de souligner les aspects positifs d’un projet, mais il faut aussi donner les retours d’expérience. Ce que j’ai écrit est sans doute discutable. L’important est de le discuter.


Publié le 8 mars, 2010 dans Grand collisionneur de hadrons (LHC).

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