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Sommet de Copenhague, la gouvernance, le financement, les enjeux

Sommet de Copenhague, la gouvernance, le financement, les enjeux

© Le Monde

Barack Obama l’a rappelé avec force le 22 septembre dernier devant des dizaines de dirigeants du monde entier réunis à l’ONU à New York : « La menace représentée par le changement climatique est grave, elle est urgente et elle grandit. » Instruits par les nombreuses études scientifiques des effets catastrophiques du réchauffement sur notre environnement et l’avenir de nos sociétés, ce constat est désormais accepté et partagé par l’ensemble des Etats, des décideurs et des citoyens du monde.

Les solutions aussi sont connues : le développement de sources d’énergie alternatives, un changement de nos modes de vie et de notre modèle de croissance. Toutefois, rien ne bouge vraiment. Au G20, juste après les déclarations faites devant l’ONU, les dirigeants des pays industrialisés ont éludé la seule question déterminante : qui doit payer la facture de la lutte contre le réchauffement ? Le 20 octobre dernier, les ministres des finances de l’Union européenne ont été incapables d’arriver à un accord sur ce sujet. C’est pourtant sur la question du financement que se jouera la réussite de la conférence des Nations unies en décembre prochain à Copenhague. C’est sur cette question qu’il y a aujourd’hui blocage.

D’un côté, des pays qui se sont enrichis et développés au mépris de l’environnement, et qui sont en ce sens collectivement responsables du réchauffement. De l’autre, au Sud, des pays en développement à qui nous demandons de ne pas faire les mêmes erreurs, alors qu’ils sont les premières victimes des nôtres. Selon le rapport annuel de la Banque mondiale, les pays industrialisés ne subiront les conséquences du réchauffement climatique qu’à hauteur de 20 % alors que les pays les plus pauvres, responsables de 2 % seulement des émissions, seront les plus durement touchés. Derrière ces chiffres, ce sont des vies que l’on condamne. Chaque année déjà, selon le Forum humanitaire mondial, 300 000 personnes meurent et 325 millions sont durement affectées par le réchauffement climatique. Où se trouvent ces victimes ? Pour 98 %, dans les pays en développement.

Cette injustice climatique est insoutenable. Tout comme le cynisme d’Etats développés qui aiment à s’afficher solidaires devant les caméras pour se faire bien plus modestes devant le carnet de compte : les pays les plus pauvres ont reçu moins de 10 % des fonds promis par les pays riches ! Nous nous étions engagés à verser plus de 18 milliards de dollars au cours des sept dernières années. Nous n’avons même pas fini de verser le premier milliard, et en traînant des pieds. De surcroît, une bonne partie des sommes consacrées à la lutte contre le réchauffement climatique dans les pays du Sud provient en réalité de l’aide publique au développement, elle-même déjà très insuffisante. Un simple transfert d’écriture, qui coûte cher, puisqu’il compromet définitivement la réalisation des « Objectifs du millénaire pour le développement » en 2015. Si les pays les plus riches maintiennent cette attitude, nous allons tout droit à l’échec ; un échec aux conséquences incalculables pour l’humanité.

De quelles sommes les pays en développement ont-ils besoin pour lutter contre le réchauffement ? Autour, selon les experts, d’une moyenne de 100 à 150 milliards de dollars par an. Une somme colossale. Même pour nos Etats. De nouveaux mécanismes de financement doivent donc être dégagés. Des mécanismes qui ne pèseront pas sur les ménages ou la grande majorité des entreprises, lesquels souffrent déjà suffisamment de la crise économique. C’est pourquoi j’ai proposé, avec d’autres parlementaires européens, d’instaurer une taxation infime sur les transactions financières pour soutenir les efforts d’adaptation et d’atténuation du changement climatique dans les pays en développement : une taxe Tobin « verte ».

Les avantages d’une telle taxe sont multiples. Contrairement à l’aide publique classique, issue des budgets des Etats et donc très fluctuante selon la conjoncture économique, elle fournirait des ressources plus stables et prévisibles. De plus, les montants que l’on peut en attendre seraient à la hauteur des enjeux. Une taxation au taux très faible de 0,01 % rapporterait déjà plus de 100 milliards de dollars. Mais rien ne nous empêcherait par la suite de placer la barre plus haut. L’argent prélevé pourrait être versé à un Fonds mondial pour le climat, dont la gouvernance serait partagée avec les pays du Sud, sous l’égide de l’ONU, qui en assurerait la gestion et l’utilisation.

La crise économique a ouvert une véritable fenêtre d’opportunité idéologique qu’il faut utiliser avant qu’elle ne se referme. Cette vieille idée de taxe Tobin semble avoir trouvé une nouvelle jeunesse. Adair Turner, patron de l’autorité britannique des services financiers, Peer Steinbrück, ministre allemand des finances, même José Manuel Barroso ou encore Nicolas Sarkozy n’affichent plus d’hostilité envers son principe. Certains ralliements peuvent surprendre, mais ce qui importe ici, c’est de prendre les uns et les autres au mot et d’avancer.

L’Union européenne doit jouer un rôle moteur dans les négociations internationales sur le climat. Le 3 septembre dernier, le Parlement européen a déjà montré la voie en se prononçant en faveur de l’idée de taxe Tobin verte par un vote en commission du développement*. Nous avons gagné d’une voix, d’une seule. En octobre, la commission de l’environnement a également demandé d’avancer dans cette direction. La confirmation de ce vote doit maintenant avoir lieu à Strasbourg à la fin du mois. Nous attendons de chaque groupe politique qu’il prenne ses responsabilités et accorde ses actes à ses discours. L’Europe doit imposer à la table des négociations de Copenhague une taxe Tobin verte permettant de faire avancer conjointement les exigences de régulation financière, de solidarité Nord-Sud et de lutte contre le changement climatique.

* Amendements signés par Vincent Peillon, Eva Joly, Marielle de Sarnez, Daniel Cohn-Bendit, Harlem Désir et quinze autres députés européens.


Publié le 26 novembre, 2009 dans Dictature Verte, Le Monde, Nouvel Ordre Mondial.

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