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La Chine s’affirme comme grande puissance mondiale, par Bruno Philip

La Chine s’affirme comme grande puissance mondiale, par Bruno Philip

© Le Monde

L’impressionnante parade militaire organisée à Pékin, jeudi 1er octobre, à l’occasion du 60e anniversaire de la fondation de la République populaire vient de boucler un cycle d’occasions qui ont montré à quel point les dirigeants de la troisième économie mondiale revendiquent désormais sans complexe le statut de grande puissance pour leur pays. « Aujourd’hui, la Chine socialiste se tient solidement debout à l’est, face à l’avenir », a proclamé dans son discours du 1er octobre le président Hu Jintao, vêtu d’un costume similaire à celui que Mao portait soixante ans plus tôt.

En août 2008, les Jeux olympiques de Pékin avaient symbolisé le retour en fanfare de la Chine sur la scène mondiale. En novembre 2008, au G20 de Washington, la Chine était apparue comme un acteur essentiel du sauvetage de l’économie mondiale mise à mal par la crise financière. Au G20 de Londres, au printemps, des commentateurs avaient même avancé que le G20 devrait s’appeler G2, puisqu’il n’y a que deux pays qui comptent vraiment : les Etats-Unis et la Chine !

En juillet, lors du sommet sino-américain de Washington, il était frappant de voir comment de nombreux experts chinois des questions stratégiques et financières analysaient le rapport de force entre Washington et Pékin : le ton de leurs interviews laissait clairement entendre que la Chine était désormais en mesure de dicter certaines de ses conditions.

Un certain professeur Yu Wanli, du Centre des études internationales et stratégiques de l’université de Pékin, se réjouissait à la pensée que, si Washington voulait faire à nouveau pression sur la République populaire afin qu’elle consente à apprécier sa monnaie nationale, fortement sous-évaluée par rapport au dollar, le moment était mal choisi : la Chine finance une partie de la dette des Etats-Unis puisqu’elle a déjà acheté pour quelque 800 milliards de dollars de bons du Trésor américains…

La Chine suscite à l’étranger des réactions complexes : elle est perçue comme une puissance avec laquelle il est nécessaire d’avoir des relations apaisées. Mais son « émergence » – et peut-être la façon dont Pékin se rengorge devant les manifestations de sa nouvelle puissance – est source d’inquiétude. Entre autres exemples, sa compétitivité dans le domaine des échanges commerciaux a, selon des instituts de recherche américains indépendants, fait perdre en moyenne 350 000 emplois par an aux Etats-Unis depuis que la Chine est devenue membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en 2001.

Dans le domaine militaire, en revanche, les menaces que pourrait faire peser sur le nouvel ordre mondial une armée engagée dans un processus de modernisation n’alarment pas – encore – les experts : en termes de « capacité de projection » loin de ses frontières, la Chine est encore en retard de deux décennies par rapport aux Américains si elle voulait soutenir un conflit prolongé.

Si le XXe siècle fut celui des Américains, le XXIe serait-il celui de la Chine ? L’assertion est prématurée, même si ce que les responsables pékinois ont baptisé « ascension pacifique » prouve aujourd’hui, et de manière sans doute durable, que la Chine ne va pas cesser de se hisser sur les barreaux de l’échelle de la diplomatie mondiale. Dans leur livre consacré à la confrontation sino-taïwanaise (La Chine en quête de ses frontières, Presses de Sciences Po, 2005), Jean-Pierre Cabestan et Benoît Vermander ont fait une analyse de la sémantique utilisée par le pouvoir, remarquant que le terme da guo (grande puissance) était utilisé de manière croissante en Chine. Certes, ajoutaient-ils, « ce statut n’est pas considéré (par les Chinois) pleinement acquis encore ». Ils insistaient sur le fait que si sa politique étrangère est en phase « expansionniste » et s’oriente dans un rôle voulu de puissance de premier plan, la Chine estime que son statut de leadership mondial « ne (lui) sera reconnu que si elle prouve sa capacité à jouer avec maîtrise et pondération dans son environnement régional ».

La Chine, grand pays qui fera de plus en plus fair valoir les droits conférés par sa puissance, tout en se comportant comme un « bon citoyen » du village global ? Richard Baum, sinologue et professeur à l’université de Los Angeles, estime que le principe cardinal de la diplomatie chinoise de « non-interférence » dans les affaires intérieures d’autres pays a donné lieu ces derniers temps à « des ajustements pragmatiques de la part de Pékin, mais la plupart du temps en conjonction avec des pressions internationales pour intervenir dans des crises d’ordre humanitaire ». Interventions dans laquelle s’engage de manière croissante l’armée chinoise.

A Pékin, des voix modérées n’hésitent pas à relativiser les limites de la « puissance » de cet empire du Milieu au rôle central. Comme le dit Shi Yinhong, professeur de politique internationale à Pékin : « La Chine a récemment fait de grands progrès mais doit encore surmonter de nombreuses faiblesses : elle n’est pas très avancée en matière technologique, son environnement écologique est dégradé et, dans certaines de ses campagnes, on vit dans un climat d’anarchie partielle. On peut vraiment faire mieux, beaucoup mieux ! »


Publié le 9 octobre, 2009 dans Le Monde.

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