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[ARCHIVES] Le dernier coup de Bush – 10/12/1992

Le dernier coup de Bush – 10/12/1992

© L’Express

Désavoué pour s’être plus occupé de la planète que de son propre pays, le président sortant pourra partir la tête haute. Car, en décidant d’intervenir en Somalie, il restaure l’idée de nouvel ordre mondial. Et crée un précédent.

Il y a, dans cette jolie révérence, tout le panache et toute l’ambiguïté du mandat d’un président qui partira, le 20 janvier, mal compris. Voilà quelques semaines, le peuple signifia son congé à George Bush parce qu’il le jugeait coupable d’avoir trop vagabondé hors de ses frontières, négligeant les maux d’une Amérique en pleine déprime. Humilié, l’homme se retira dans sa Maison-Blanche, confiant qu’il ne s’occuperait plus, dorénavant, que de son épouse, de son chien, de ses petits-enfants. Et, le 17 novembre, il assure qu’il transmettra désormais «tous les appels à Bill Clinton».

Or le voici qui resurgit, déboulant à l’aube, chaque matin, dans son bureau ovale, téléphonant de par le monde pour bâtir ce que Ronald Reagan, son prédécesseur, appelle «une armée de la conscience». Objectif: ressusciter l’espoir de l’avènement d’un nouvel ordre mondial fondé sur quelques forts principes qui ont fait la grandeur de l’Amérique.

«C’est magnifique de le retrouver ainsi», confie à «Newsweek» un proche collaborateur de George Bush. Comme si ce dernier avait soudain décidé qu’il ne pouvait laisser pour ultime témoignage de sa présidence le discours de beau perdant qu’il fit au soir du 3 novembre. Il lui fallait une salve finale, celle d’un «maître du monde», certes déchu, mais vainqueur pacifique, ce qui n’est pas rien, de la guerre froide. Alors, quand il constate, à sa relative surprise, que les chefs du Pentagone ne rechignent pas à l’idée d’envoyer des soldats en Somalie, Bush n’hésite pas. Il a vu comme tout le monde les images de la famine. Et il sait que la machine mise en branle par lui dans le Golfe, au nom du droit international et de la morale, doit être remise en marche. Au risque d’engager son pays, et son successeur, dans un engrenage qui dictera à l’Amérique l’obligation d’intervenir partout. George Bush place donc la barre très haut. Prend-il pour autant des engagements trop ambitieux? Ils ne sont en tout cas pas nouveaux.

Par trop globalisante dans sa formulation, l’idée d’un nouvel ordre mondial fut souvent raillée pour son caractère un peu vague et son application malcommode. Bush le pragmatique, parfois moqué pour son absence de «grand dessein», n’a pourtant jamais prétendu en faire un dogme de plus. Quand il cherche à l’expliquer, son inventeur, Brent Scowcroft, général et homme prudent, avance à pas comptés. «Le nouvel ordre mondial ne ressemble pas à une carte routière qu’il suffirait de suivre pour s’y retrouver, dit-il. C’est, beaucoup plus modestement, l’idée qu’il existe de nouvelles opportunités à saisir.» Dans un pays historiquement déchiré entre ses pôles isolationnistes et idéalistes, ces occasions ne sont pas toujours faciles à repérer. Ainsi, sous Reagan, de cet engagement généreux au Liban, conclu par un piteux retrait après un attentat meurtrier contre les marines. Ainsi, sous le règne du président sortant, de ces encouragements lancés aux Kurdes à se soulever contre Saddam Hussein, appels suivis d’une indifférence coupable à leur tragique destin, puis d’une assistance courageuse qui mobilise encore des militaires américains en Irak. Ainsi, l’année dernière, de ces invites à une certaine retenue à l’adresse des républiques soviétiques, louées plus tard pour leurs envies d’indépendance. Ainsi, enfin, de cette réserve à l’égard des martyrs yougoslaves fustigée par Ronald Reagan lui-même lors d’un discours à Oxford, l’autre jour. «La position actuelle de l’Otan envers la Bosnie, demande-t-il, est-elle si différente de celle d’un policier qui ne traverserait pas la rue pour empêcher un meurtre, simplement parce que celui-ci ne se déroule pas dans sa juridiction?» Et Haïti, le Liberia, le Soudan, le Mozambique, et tant d’autres pays opprimés? Le nouvel ordre mondial peut-il s’accommoder de leur malheur? Oui, répond George Bush, sans véritable cynisme, en définissant simplement le cadre et les limites des droits et des devoirs de son ingérence. «Les Américains ne peuvent pas corriger seuls les maux du monde, dit-il. Mais il est des crises qui ne peuvent être résolues sans l’engagement de l’Amérique.» En fonction de quels critères faut-il intervenir? La morale, les conditions d’efficacité sur le terrain et les intérêts stratégiques. Avec la Somalie, et pour la première fois, ces derniers passent au second plan.
Incroyable paradoxe! Président défait, George Bush va léguer au monde un précédent historique, suivi peut-être, dans peu de temps, d’un deuxième coup de semonce. Car, sous l’égide américaine, le ton monte, aux Nations unies, contre la Serbie. Les seigneurs de la guerre ont-ils encore de l’avenir?

Publié le 12 septembre, 2009 dans Nouvel Ordre Mondial.

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