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La guerre en Géorgie permettra d’accélérer la ratification de Lisbonne

La guerre en Géorgie permettra d’accélérer la ratification de Lisbonne

© Alter Info, Solidarité & Progrès

Dans un commentaire paru dans le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, Elmar Brok, président de la Commission de la défense au parti chrétien démocrate allemand CDU, se plaint du faible rôle qu’a pu jouer l’Union européenne dans le conflit caucasien qui a eu lieu ces derniers jours : « Ceux qui ont des positions de responsabilité connaissaient le plan d’aoùt pour le Caucase depuis plusieurs semaines », écrit-il, « mais personne ne s’est montré capable d’éviter le désastre ».

Il continue en montrant comment la Russie fait son retour dans le jeu géostratégique global grâce à  sa richesse en matières premières, et comment l’OTAN est devenue obsolète.

Pour lui, la seule issue serait de progressivement intégrer la Géorgie et l’Ukraine dans l’Union européenne et de ratifier au plus vite le Traité de Lisbonne afin que l’Europe puisse enfin définir une politique claire vis-à -vis de la Russie, et puisse peser sur elle.

Outre-atlantique, l’analyse du professeur de Yale, Bruce Ackerman, va dans la même direction lorsqu’il écrit dans The Guardian du 12 aoùt, que « l’invasion russe va générer une nouvelle dynamique basée sur la sécurité militaire. (…) Soudainement, les nouveaux membres de l’Union européenne, à  l’Est, vont réclamer de la sécurité. Et il deviendra bientôt clair que les Etats-Unis refuseront de reprendre le rôle qu’ils avaient joué lors de la Guerre froide, lorsqu’ils avaient été les garants de l’intégrité militaire de l’Europe. Les Etats-Unis sont déjà  pris en Irak et en Afghanistan, et ne montrent aucune volonté d’ouvrir un troisième front sur la frontière orientale de l’Europe. (…) Les Polonais et les Tchèques vont se montrer beaucoup moins sceptiques quant aux mérites du Traité de Lisbonne ; ils vont devenir les meilleurs avocats d’une ratification rapide. Et les Français et Allemands donneront une bien plus grande valeur à  la plus forte présidence promise par le récent traité. (…) Une Europe plus forte dissuadera l’aventurisme [russe], et cela au plus grand avantage des Britanniques. Mais cette nouvelle dynamique centralisatrice menace aussi d’engager le Royaume Uni dans des conflits éloignés. Les Britanniques voudront-ils mourir pour Kiev ? »

Quand les Irlandais ont voté « non », « la menace militaire russe n’était pas visible sur les radars ». Maintenant, affirme-t-il « une grande responsabilité repose sur les épaules des Irlandais pour qu’ils s’harmonisent au reste de l’Europe ».

A contrario, l’argumentation d’Ackerman donne aussi de bon arguments contre le Traité de Lisbonne en nous faisant nous poser la question : les Français, les Allemands, les Italiens, voudront-ils mourir dans des guerres géopolitique anglaises quand elles se déroulent à  Kiev ?

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Publié le 18 août, 2008 dans Europe & UE.

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