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La Chine face à  la menace islamiste

La Chine face à  la menace islamiste

© Le Figaro, Par Didier Chaudet, chercheur à  l’Ifri, spécialiste de l’Asie centrale.

Beaucoup d’encre a déjà  coulé concernant les JO de Pékin. Mais ce qu’on entend depuis peu est plutôt inhabituel : la Chine serait menacée par le terrorisme islamiste. Un attentat contre la police chinoise, dans l’ouest du pays, a fait lundi matin plusieurs morts et blessés. Ce danger vient plus précisément du Xinjiang ou Turkestan oriental, territoire à  la fois chinois et centre asiatique, encore peuplé en majorité par des peuples de langue turque, notamment les Ouïgours.

Ces populations, comme le reste de l’Asie centrale, sont historiquement musulmanes. Au Tibet comme au Xinjiang, on retrouve les mêmes sources de tensions : une «colonisation» de fait, menée par les Han (ethnie majoritaire en Chine), une menace pour la survie de la culture locale, une répression très violente contre toute expression de nationalisme ou de sentiment religieux indépendant, ainsi qu’un manque de libertés politiques et une réelle discrimination économique. Pour autant, peut-on prendre la menace d’un djihad contre la Chine au sérieux ?

Tout a commencé avec une vidéo : fin juillet, un commandant Seyfullah, du Parti islamique du Turkestan, revendique des attentats dans la province du Yunnan (au sud-ouest de la Chine) et à  Shanghaï (explosion dans un bus). Il promet également de frapper les Jeux. Mais, une fois la vidéo visionnée, on reste dubitatif. Ce n’est pas la première fois qu’on trouve un film douteux associé à  un supposé groupe ouïgour sur Internet. Le 9 avril dernier, une vidéo, présentant des islamistes «ouïgours» tuant trois Chinois au Pakistan, avait été postée sur le Net. Depuis, un certain nombre d’analystes ont montré l’inconsistance de cette vidéo : on y parle uniquement ourdou (y compris un des otages chinois), et le film est diffusé bien en retard, l’assassinat ayant eu lieu en juillet 2007.

Certaines questions se posent également quant à  cette nouvelle vidéo. Certes, cette fois, la langue est le dialecte ouïgour. Mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour revendiquer l’attentat à  Shanghaï, qui a eu lieu le 5 mai ? Qu’est-ce que le Parti islamique du Turkestan, totalement inconnu jusqu’à  aujourd’hui ? Un mouvement terroriste naissant ne peut pas avoir la structure nécessaire pour frapper hors du Xinjiang aussi facilement. Les attentats à  la bombe dans des bus ne sont pas nouveaux en Chine, mais n’ont pas été attribués à  l’islamisme ou au nationalisme ouïgour, pas même par le gouvernement chinois. Il y a toujours eu des tensions au Xinjiang, mais l’islamisme y est pour le moins limité. En 1995, certes, une grande manifestation a eu lieu à  Khotan contre l’emprisonnement d’un imam. Mais ce dernier avait été arrêté par les autorités chinoises pour avoir soutenu dans ses sermons les droits des femmes.

Malgré tout, la menace est loin d’être inexistante. On sait que des islamistes ouïgours sont entrés en contact avec la résistance afghane contre les Soviétiques, dans les années 1980. Certains ont combattu pour les talibans. Et, ici, ce ne sont pas des sources chinoises qui nous l’affirment, mais Abou Mus’ab al-Suri, un islamiste très influent dans les milieux radicaux, au service des talibans à  l’époque, dans son ouvrage publié en arabe et intitulé L’Appel à  une résistance islamique globale. Il a vécu en Afghanistan et y a côtoyé le camp d’entraînement des islamistes ouïgours. Certes, comme il l’avoue lui-même, ils n’ont jamais été très nombreux. Par ailleurs, les talibans leur ont vite interdit de mener des actions terroristes au Xinjiang, car ils souhaitaient se concilier la Chine contre l’ennemi commun américain.

Mais ils ont pu garder leur programme de formation militaire et ont entraîné des recrues venant du Turkestan. De même, l’un des groupes islamistes centre asiatiques les plus violents, proche d’al-Qaida, le Mouvement islamique d’Ouzbékistan (MIO), a également accueilli en son sein des militants ouïgours. Le MIO a été affaibli, mais pas détruit, par la campagne américaine contre les talibans fin 2001. Une partie significative des combattants ouïgours ont trouvé refuge dans les zones tribales pakistanaises et se seraient fédérés autour du Mouvement islamique du Turkestan oriental (Mito). Il existe donc bien un noyau dur d’Ouïgours radicalisés et proches du terrorisme islamiste. Cette base extrémiste pourrait trouver des sympathisants dans un peuple ouïgour qui se sent oublié par la communauté internationale et réprimé de façon disproportionnée.

Si le pouvoir chinois réussit à  se gagner la majorité de la population ouïgoure en prenant en compte un certain nombre de demandes locales, les tensions s’apaiseront. Mais si la répression et la discrimination l’emportent, les terroristes trouveront chez les Ouïgours des nationalistes en colère et prêts à  les suivre faute de mieux.


Publié le 5 août, 2008 dans Islam, Terrorisme.

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