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PÉTROLE CHER ET DÉCLIN DES RÉSERVES

«La fin du monde actuel»

© L’expression DZ

« La principale rareté, ce n’est pas la ressource mais le temps. » Fetih Birol, économiste en chef AIE

« Le pétrole est partout, des transports aux médicaments, des engrais aux textiles…La hausse du prix des hydrocarbures sera plus qu’un choc économique, mais la fin du monde tel que nous le connaissons. Il importe de mettre en oeuvre rapidement une sobriété nouvelle pour sortir de l’état d’ébriété pétrolière qui nous a été imposé depuis une centaine d’années. Pourrons-nous le faire sans drames, sans secousses politiques majeures? Nous dépendons in fine de l’agriculture. L’agriculture est devenue extrêmement dépendante du pétrole, directement ou indirectement. » Ainsi s’exprimait le Dr Hirsch, auteur d’un rapport célèbre, rédigé en 2005 pour le ministère US de l’Energie, qui a mis en lumière les délais très longs et les difficultés qui seront inhérentes à  la mise en place de solutions techniques au problème du Peak Oil, au-delà  de la question de l’approvisionnement.
Dans un contexte de plus en plus marqué par l’incertitude sur le futur de l’approvisionnement en pétrole, les pays industrialisés, par démagogie électoraliste mais aussi par tentation de l’empire ou par nostalgie, coloniale, pensent qu’ils peuvent dicter impunément leur « Ordre » à  un autre monde de plus en plus réticent. On se souvient de l’explication savoureuse de Michel Camdessus qui nous a gentiment mis dans le broyeur de l’ajustement structurel du FMI qu’il dirigeait dans les années 90: « Les Chinois sont responsables de la crise alimentaire car ils ont changé d’habitude culinaire: ils mangent de la viande ». Quel crime abominable, le bol de riz devrait leur suffire! Voilà  comment l’Occident qui pensait qu’il était installé dans l’Olympe jusquà  la fin des temps, découvre brutalement qu’il est vulnérable, les règles qu’il avait mise en pratique pour les imposer aux plus faibles lui reviennent comme un boomerang à  la figure. Alors là , il ne joue plus, il menace de sortir la grosse artillerie tétanisant des roitelets qui tiennent plus à  leur dignité qu’au bien-être de leurs peuples.

Pressions sur l’Opep

Les cours du pétrole brut ont enregistré un bon à  près de 140 dollars le 16 avril. « Il semble que beaucoup d’investisseurs aient utilisé la baisse du dollar comme un prétexte pour retourner sur le marché, après quelques prises de bénéfices. Ont également avivé la tension, les propos du ministre israélien des Transports estimant « inévitable » une attaque d’Israël contre des sites nucléaires iraniens. Malgré ces deux raisons, l’effritement du dollar et la déclaration israélienne, les Etats-Unis veulent rallier à  tout prix, tout le monde à  leur thèse: si le pétrole est trop cher, c’est qu’il n’y en a pas assez sur le marché. Ils n’hésitent pas à  pointer un doigt accusateur sur le responsable de cette situation: les pays producteurs et en particulier l’Opep. Le président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole a reconnu que de grosses pressions sont exercées, notamment par les Etats-Unis d’Amérique, sur l’Opep pour qu’elle augmente sa production. Les pays producteurs de pétrole, membres de l’organisation, crient à  tous ceux qui veulent les entendre que « le marché est bien approvisionné ». Les ministres des Finances du G8 ont sollicité le Fonds monétaire international mais aussi l’Agence internationale de l’Energie (AIE) pour analyser les « facteurs réels et financiers derrière le récent bond des prix du pétrole et leur volatilité ». Un rapport que remettra le FMI au mois d’octobre 2008.(1)
Le marché du pétrole se porterait mieux s’il existait « une plus grande transparence et fiabilité des informations de marché, notamment les stocks (…), et la taille des flux financiers qui font leur entrée sur le marché ». « Nous exhortons tous les pays producteurs à  augmenter leur production et à  investir pour accroître les capacités de raffinage », poursuit ce communiqué pour faire plaisir aux apôtres de la thèse de l’offre insuffisante, à  savoir les Américains et les Britanniques. Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a répété que « toutes les preuves pointent vers l’offre et la demande », et que blâmer exclusivement les spéculateurs est « dangereux ». On l’aura compris, l’Arabie saoudite n’a pas attendu les conclusions de l’enquête: elle va augmenter sa production de pétrole de 200.000 barils par jour en juillet, en réponse à  la demande de ses clients, a affirmé, le 15 juin, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. « Les Saoudiens ont réagi avec responsabilité à  la requête de leurs clients. Ainsi, ils ont augmenté la production de 300.000 barils (par jour) en juin. Il y aura une augmentation de 200.000 barils (par jour) en juillet, soit 500.000 barils par jour sur deux mois mais rien n’y fera. Paradoxalement, le roi Abdallah d’Arabie Saoudite avait auparavant jugé les prix du pétrole « anormalement élevés ». On remarquera au passage que l’Opep se limite à  l’Arabie saoudite qui impose systématiquement son diktat. Celle-çi répond implicitement en  » coupable  » aux sollicitations alors que dans le même temps le secrétaire général de l’Opep, Abdallah el-Badri, n’est pas de cet avis. Selon lui, il « n’y a pas de problème d’offre »: « la principale raison de la hausse des prix est la spéculation ». La faute est à  la spéculation pour environ le 1/3 du prix! Le rapport de BP explique: « Des prix volatils et élevés, reflétant un équilibre serré entre l’offre et la demande, demeurent les caractéristiques marquantes des marchés mondiaux de l’énergie ». A quoi sert en fin de compte, l’Opep si ce n’est à  maintenir une discipline sous l’oeil vigilant du roi qui en définitive, imprime les orientations qui vont dans le sens voulu par les pays industrialisés?
Souvenons-nous, le Sénat américain avait menacé d’introduire une action en justice contre l’Opep, l’accusant de manipuler les prix. L’hypocrisie des pays industrialisés va plus loin: les pays pauvres sont accusés de soutenir les prix des carburants.  » Ils demandent aux pays en développement d’arrêter de subventionner les carburants pour pousser automobilistes ou ménages à  être plus économes en énergie? Pour eux, ces subventions profitent surtout aux classes aisées. Les pauvres, qui n’ont pas de véhicules, pâtissent surtout du renchérissement de l’alimentation qui, selon la Banque mondiale, absorbe 50% de leurs revenus ».(2)
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a tenté de chiffrer l’importance des subventions. Elle arrive à  90 milliards de dollars pour l’ensemble du monde en 2005. Pour l’AIE, seule une forte baisse des subventions en Chine aurait un impact fort sur la demande mondiale, prévient l’AIE. Voilà  qui est clair, c’est la Chine le responsable! Rappelons simplement que la Chine dispose de 30 millions de voitures pour 1,5 milliard d’habitants moins que la France, 35 millions de voitures pour 63 millions d’habitants et loin derrière les Etats-Unis, 250 millions de voitures pour 300 millions d’habitants. La situation est encore plus ridicule pour l’Inde, 7 millions de voitures pour 1 milliard d’habitants. Pourtant, une baisse de 10% de la consommation d’essence des Américains entraînerait une économie de 1 million de barils par jour, plus que la hausse de la demande mondiale en 2008 prévue par l’agence (800.000 barils). Une question qui taraude les Occidentaux est la finalité des excédents en devises des revenus du pétrole.
Où l’argent de la manne est-il placé? Ecoutons avec quel mépris Eric le Boucher du Monde décrit les pays arabes. « Que font les rois du pétrole de leurs milliards de dollars? La hausse du baril de 25 dollars en 2002 à  135 dollars ce mois-ci, est un immense transfert d’argent des pays consommateurs vers les pays producteurs. Plus de 1000 milliards de dollars passent d’une poche à  l’autre. Arabie Saoudite, Russie, Emirats, Angola, Algérie, Venezuela se sont formidablement enrichis. Cette richesse est-elle bien employée? En Arabie Saoudite, comme ailleurs dans le monde arabe, le problème est de profiter du boom pour, enfin, créer des emplois. Le roi est résolu à  en créer un million en construisant six villes économiques pour y attirer des industries diversifiées. Coùt: près de 400 milliards de dollars…Pour les pays arabes, le défi est simple à  énoncer: ils doivent créer de 80 à  100 millions d’emplois d’ici à  2020. Il faut sortir de la politique sociale primaire, la création d’emplois de fonctionnaires. Créer des infrastructures est un début. Mais il faudrait surtout une école moins religieuse et plus professionnelle, une ouverture culturelle, un Etat de droit, des changements politiques. »(3)
Du côté des compagnies pétrolières, on observe  » une hausse des profits pour le court terme. Total fait partie des quatre grands du secteur, avec Exxon, Shell et BP. En 2007, le pétrolier français a enregistré un bénéfice de 12,2 milliards d’euros, contre  » seulement  » 6,3 milliards en 2002. C’est en 2005 que la courbe a connu la progression la plus spectaculaire à  12 milliards d’euros, après 9,1 milliards l’année précédente. Une évolution due à  l’augmentation des marges dans les activités de raffinage…En 2007, le groupe a augmenté de 11% le dividende versé à  chaque actionnaire. (4)
Nous préférons pour notre part les analyses suivantes qui recentrent le vrai débat. Le pétrole bradé: c’est fini, le peak oil est proche, les changements climatiques seront de plus en plus violents et la solution n’est pas dans le fait de tétaniser ou terroriser les autres en évitant d’affronter la réalité: une décroissance énergétique pour les énergies carbonées. « Le temps, écrit Yves Cochet, va nous manquer, pour procéder à  la reconversion de nos sociétés, dont le modèle de croissance est indissociable d’une énergie bon marché toujours plus abondante. L’industrie des transports, aujourd’hui, c’est plus vite, plus loin, plus souvent, moins cher. La décennie 2010-2020, c’est la décennie de tous les dangers. Il va falloir s’habituer à  aller moins vite, moins loin, moins souvent. L’énergie sera beaucoup plus chère, qu’on le veuille ou non. Avec la déplétion pétrolière, l’aviation va avoir beaucoup de mal. En 2015, les compagnies low-cost sont mortes. C’est une rupture de civilisation. Il faut apprendre à  penser l’impensable. A changer totalement notre mode de vie ».(5)
« Pour Michael Klare, l’époque de la croissance occidentale illimitée et sans concurrence autorisée par l’abondance de l’énergie à  bon marché est terminée. Le pouvoir appartiendra désormais aux pays producteurs, et les nations sans ressources vont engager une lutte sans merci pour se garantir un approvisionnement devenu insuffisant pour satisfaire aux besoins de tous. Bienvenue dans le nouveau monde, le nôtre! La combinaison entre l’augmentation de la demande, l’émergence de nouvelles puissances consommatrices d’énergie et la contraction de l’offre énergétique mondiale anéantit le monde d’énergie abondante que nous connaissions et installe à  sa place un nouvel ordre mondial que l’on pourrait définir par ce couple: puissances émergentes/planète rétrécie. Ce nouvel ordre mondial sera caractérisé par une concurrence internationale féroce autour de stocks de pétrole, de gaz naturel, de charbon et d’uranium qui iront diminuant. Il sera également marqué par une redistribution majeure tant des pouvoirs que de la richesse entre des nations déficitaires en énergie comme le sont la Chine, le Japon et les États-Unis et celles qui sont excédentaires comme la Russie, l’Arabie Saoudite et le Venezuela. Voici résumées les cinq forces principales agissantes au sein de ce nouvel ordre international qui va redéfinir notre monde:
1.La concurrence intense entre anciens et nouveaux pouvoirs économiques pour les approvisionnements en ressources disponibles d’énergie
2.L’insuffisance de l’approvisionnement en énergie primaire
3.Le développement douloureusement lent des énergies alternatives, ce qui explique l’inquiétude de Fetih Birol cité plus haut.
4.Le transfert à  un rythme soutenu de la puissance et de la richesse des nations déficitaires en énergie en direction des nations excédentaires
5.Un risque croissant de conflits
« Historiquement, les grands bouleversements de l’équilibre des pouvoirs se sont, en général, accompagnés de violences – et parfois de bouleversements violents prolongés. Cela va-t-il se reproduire aujourd’hui? Les Etats affligés d’un déficit énergétique vont-ils lancer des campagnes pour arracher les réserves pétrolières et gazières des Etats qui contrôlent les surplus? Tout ceci conduit à  tirer une conclusion simple, mais qu’il faut méditer: Il s’agit de la fin du monde tel que vous l’avons connu. Dans le nouveau monde ayant l’énergie pour centre de gravité dans lequel nous sommes tous désormais entrés, le prix du pétrole va dominer nos vies et la puissance sera aux mains de ceux qui contrôlent sa distribution au plan mondial. Dans ce nouvel ordre du monde, l’énergie régira chaque jour nos vies selon de nouveaux modes…(6) »

Le défi du siècle

Paul Kennedy, l’historien de l’université de Yale, observe que lorsque les grandes puissances commencent à  décliner, elles recourent presque invariablement à  la guerre et à  la belligérance, accélérant ainsi leur déchéance alors qu’elles gaspillent leur trésor national en dépenses militaires au détriment de leur économie et de leur peuple. Il décrit ce schéma par le terme de « surexpansion ». Au bout du compte, conclut Paul Kennedy, le choix réside entre ces deux alternatives: s’emparer du pétrole ou alors procéder à  la reconfiguration énergétique. Cette décision a une portée bien plus large que le seul enjeu du pétrole…Dès aujourd’hui, c’est le choix entre la démocratie et l’empire. En termes économiques, c’est le choix entre la prospérité et la pauvreté. En termes techniques, le choix entre l’efficacité et le gâchis. En termes moraux, le choix entre la satiété et la gloutonnerie.
Du point de vue environnemental, c’est la préférence pour la gestion par rapport à  la prédation permanente. Dans ses rapports avec les autres pays, c’est pour le États-Unis le choix entre la coopération et la domination. En termes spirituels, c’est le choix de l’espoir, de la liberté et du sens contre celui de la peur, de la dépendance et du désespoir. En ce sens, c’est la décision qui engage l’avenir des États-Unis et peut-être même celui du monde entier. « Il n’est pas nécessaire d’en arriver là , même si le « Peak Oil » global constitue indiscutablement le  » défi  » qui conditionnera la vie des hommes dans ce nouveau siècle ».

(*) Ecole nationale polytechnique

1.Véronique Dupont et Roland de Courson AFP – Samedi 14 juin 2008,
2.Pays pauvres: le G8 critique les carburants subventionnés – Le Monde du 13.06.2008
3.Eric Le Boucher – Le Monde du 15.06.08.
4.Marie Dancer. Le pétrole cher, une manne pour certains 9/06/2008
5.Yves Cochet: La plus grande épreuve Collectif Parisien pour la Décroissance, Paris, 22/05/2008
6.Michael Klare, Pic Pétrolier Choc économique, Géopolitique Tom Dispatch, 15 avril 2008


Publié le 23 juin, 2008 dans La Bourse & L'Economie.

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