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À la mémoire de la liberté d’informer, les regrets éternels de Denis Robert

À la mémoire de la liberté d’informer, les regrets éternels de Denis Robert

© Plume de Presse

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Une petite phrase lâchée par le journaliste écrivain Denis Robert le 4 juin dernier, au sortir du tribunal de Bordeaux qui venait de le condamner à  payer 12500 euros pour diffamation envers la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream, laissait craindre le pire : « On a jugé l’écume sans s’intéresser au fond de cette affaire. La censure a gagné : je me tais« . Elle préparait le terrain au communiqué du 10 juin, que Robert a titré Jet de l’éponge au seizième round : « Ce texte est ma dernière intervention publique à  propos de Clearstream. J’ai pris la décision de refuser toute interview liée à  la chambre de compensation luxembourgeoise et de ne plus l’évoquer sur Internet, dans les journaux, à  la radio, à  la télévision. Cette décision est douloureuse mais réfléchie. Je la prends après ma lourde et incroyable condamnation pour diffamation (pour un montant de 12500 euros) par le tribunal de Bordeaux suite à  des propos vieux de deux ans et plutôt modérés sur le fonctionnement de cette multinationale qui officie dans plus de cent pays, dont quarante paradis fiscaux. Cette condamnation pour laquelle j’ai fait appel intervient le jour de la dernière audience civile du tribunal de Luxembourg où Cleastream me réclame 100 000 euros en réparation des 421 exemplaires vendus de Clearstream l’enquête dans le Grand Duché. Plus de 237 ”šÂ¬ par livre. C’est aussi le jour où le Parquet de Paris demande, dans son réquisitoire supplétif, mon renvoi en correctionnelle pour recel d’abus de confiance et recel de vol de documents bancaires en déformant d’une manière particulièrement malhonnête la réalité de mes enquêtes. Je jette l’éponge. C’est une victoire de Clearstream, de ses avocats, de ses juristes, de ses dirigeants, des banquiers de son conseil d’administration. Une victoire de la censure. En écrivant « Révélation$ » ou « La Boîte noire«  (…), je ne pensais pas en arriver à  cette extrémité. À ce K.O. Je n’imaginais pas subir ce harcèlement et cette entreprise de déstabilisation. (…) Ma confiance envers la justice et les hommes qui ont à  juger de mes écrits s’est émoussée. Les tribunaux sont plus sensibles à  l’air du temps et au harcèlement juridique d’une société aux moyens inépuisables, qu’à  l’examen des faits. Je suis condamné par des magistrats qui, la plupart du temps, ne connaissent des mécanismes financiers que leur livret de Caisse d’Epargne. (…) Aujourd’hui en expliquant que des clients douteux se servent de Clearstream comme « d’un poumon à  la finance parallèle« , je prends le risque d’être poursuivi. Et condamné. Alors que je peux prouver que des milliers de comptes sont ouverts chez Clearstream dans des paradis fiscaux qui abritent des milliards d’euros. C’est injuste. C’est ainsi. J’ai le sentiment d’être plus poursuivi et sanctionné en écrivant sur la délinquance financière que si je faisais une apologie du nazisme ou du viol de la vie privée. Au bout d’un moment, cela n’a plus de sens, sinon, celui de donner du travail à  l’avocat et aux juristes de Clearstream. Mon blog est surveillé. (…) Chaque jour, le chargé de communication de la firme s’y connecte et fait son compte rendu aux avocats de Clearstream. Ce dernier message est donc d’abord pour eux. Vous ciblez vos attaques sur moi, en évitant de poursuivre les auteurs qui publient des livres tout aussi accusateurs, les articles qui s’étonnent de la réputation de vos clients et de certaines de vos pratiques ou même l’Autorité des Marchés Financiers qui met en cause votre opacité. Il vaut mieux s’en prendre à  un seul. Je suis celui qui a révélé votre existence. Je dois payer. Voilà , messieurs, vous allez gagner du temps. (…) Vous voulez me détruire et me ruiner. Vous vous servez de tout ce qui traîne pour me faire une sale réputation. Peut-être y parviendrez-vous. Peut-être pas. Vous vouliez que je me taise. Je me tais. (…) De nombreux procès restent en suspens et une commission d’enquête parlementaire européenne est toujours possible. A tous ceux qui m’accompagnent dans ce travail, aux centaines de journalistes qui envoient un message et leur carte de presse pour ma défense, aux magistrats spécialisés qui écrivent des attestations en ma faveur, aux députés français et européens qui me soutiennent, à  mes avocats, aux 300 000 internautes qui suivent ce blog, au comité qui m’aide à  payer les frais de justice, je dis « merci et persévérerez« . Le combat continue, même si je dois me taire. »

Denis Robert


C’est fini, ils l’ont eu. La technique du harcèlement judiciaire a porté un coup mortel à  la liberté d’informer. Tout ce que nous dénoncions dans un billet du 31 octobre 2006, que nous republions ci-dessous.

Soutien à  Denis Robert

Si les professionnels de la presse doivent être poursuivis chaque fois qu’ils sont amenés à  entrer en possession ou à  prendre connaissance de documents qui n’étaient pas destinés à  être rendus publics, c’est tout le travail du journalisme d’investigation qui pourrait être compromis » : la phrase est de l’organisation Reporters sans frontières, dans son communiqué de soutien à  Denis Robert. Il est l’homme qui a révélé l’affaire Clearstream, la vraie. L’histoire d’une gigantesque lessiveuse d’argent sale, politiquement protégée par un Etat membre de l’Union Européenne, le Luxembourg, et qui implique la BNP Paribas, la Société Générale, Le Crédit Lyonnais, la Chase Manhattan, la Barclay’s, la Deutch Bank… Le coeur du système capitaliste. Evidemment, ce genre de combines, impliquant le gratin, s’accommode mal du grand jour et Denis Robert n’en est pas à  ses premiers ennuis face à  la justice. Qu’il ait eu maille à  partir, à  une fréquence frôlant la persécution, avec les tribunaux luxembourgeois, on le comprend (hélas). Mais là , trop c’est trop ! C’est le parquet de Paris – téléguidé par l’Elysée – qui réclame sa mise en examen pour « recel » d’une pièce obtenue par « abus de confiance« . De quoi est-il question ? Florian Bourges, stagiaire dans un cabinet d’audit, « tombe » sur des listings suspects de Clearstream, s’adresse alors à  celui qui a publié un livre dénonçant les agissements de la chambre de compensation, Denis Robert, et lui transmet les documents. Voilà  ce qui est reproché à  l’enquêteur : avoir accepté d’entrer en possession de pièces normalement secrètes. Mais qui donc permet à  cet impudent imprudent de fouiner ainsi ? Mettre en examen Denis Robert pour ce motif reviendrait à  envoyer un signal fort à  ce qu’il reste de journalistes essayant encore de faire leur métier dans un pays où le premier ministre attaque en justice les livres qui le dérangent : circulez, allez informer ailleurs, ou sinon gare à  vous. La demande de mise en examen de Denis Robert est purement scandaleuse. Liberté d’informer !

Mise à  jour : une pétition de soutien est en ligne (le lien ne fonctionne plus aujourd’hui, NdA). Voici son texte : « Nous sommes tous des receleurs. En demandant la mise en examen de Denis Robert, pour recel d’abus de confiance, c’est-à -dire pour avoir récupéré et utilisé pour ses livres et ses films des documents bancaires, le Procureur de Paris, le Ministère de la Justice et ce gouvernement s’en prennent à  la liberté d’information. Si une mise en examen devait être prononcée par les juges, ce serait une catastrophe pour l’ensemble des écrivains, des réalisateurs et des journalistes tentant d’exercer leur métier, notamment sur les terrains sensibles de la politique et de la finance. Sans vouloir prendre position sur le fond des affaires Clearstream, nous affirmons qu’en utilisant les listings de la Banque des banques luxembourgeoise, Denis Robert n’a fait que son travail d’information, révélant le fonctionnement jusqu’alors caché des mécanismes bancaires internationaux visant à  l’évasion des capitaux. Sa mise en examen serait un scandale et ne pourrait être comprise que comme une tentative d’intimidation de toute une profession. Et donc une attaque très grave contre la liberté d’écrire et d’informer.« 


Publié le 13 juin, 2008 dans Politique & Loi.

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