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Irlande : le camp du non récuse une Europe intrusive et menace le traité de Lisbonne

Irlande : le camp du non récuse une Europe intrusive et menace le traité de Lisbonne

© Le Monde

Le ministre irlandais des affaires européennes est comme Hillary Clinton : il veut y croire jusqu’au bout. Jusqu’au 12 juin, date du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, Dick Roche veut croire que l’Irlande, seul des 27 pays membres de l’Union européenne (UE) à  devoir voter par référendum et non par voie parlementaire, ratifiera le traité. « Le contraire serait catastrophique et je ne l’envisage pas », dit-il, sans tout à  fait dissimuler son inquiétude.

Les Irlandais, grands bénéficiaires de l’UE depuis leur adhésion en 1973, ne semblent pourtant pas encore décidés à  se prononcer majoritairement en faveur du traité – censé permettre le fonctionnement de l’Union à  27.

Selon le dernier sondage du Sunday Business Post (25 mai), les Irlandais tentés par le non sont en augmentation depuis deux semaines. 41 % se disent favorables au traité (+ 3 points), 33 % contre (+ 5 points). La part importante des indécis (26 %) et l’hypothèse probable d’un fort taux d’abstention laissent redouter le pire aux partisans du traité. Sur Internet, les parieurs ne s’y trompent pas : la cote du non a largement baissé.

L’hypothèse d’un non irlandais au traité de Lisbonne est chuchotée dans les coulisses de l’UE et des gouvernements des Etats membres. Dans ce cas, trois scénarios sont possibles : l’abandon définitif du traité, l’isolement de l’Irlande au sein d’une Union européenne réduite dans son fonctionnement à  26 membres, ou enfin un deuxième vote des Irlandais (comme cela avait déjà  été le cas lors du traité de Nice en 2001), après que leur seraient accordées des dérogations sur quelques points qui leur conviendraient. Cette dernière hypothèse d’un éventuel « plan B » est agitée en Irlande par les opposants au traité.

MACHINE À ENGLOUTIR

« L’idée d’un plan B est totalement loufoque, s’énerve Dick Roche. Le traité de Lisbonne est lui-même un plan B, après le rejet du traité constitutionnel par la France et les Pays-Bas. C’est un traité extrêmement équilibré entre les Etats membres, égalitaire entre petites et grandes nations, conçu pendant près de huit ans par des milliers de personnes, au terme de millions d’heures de réflexion. L’idée que 27 gouvernements se remettent au travail pour la seule Irlande est absurde. »

Le oui au traité est défendu par la quasi-totalité des grandes forces politiques et syndicales. Il est défendu par le premier ministre, Brian Cowen, et par la coalition gouvernementale menée par son parti de centre-droit, le Fianna Fail ; par le syndicat des employeurs comme par l’Union des syndicats ouvriers ; par les travaillistes comme par l’ensemble des partis représentés au Parlement – à  l’exception du Sinn Fein (parti nationaliste de gauche radicale) et des Verts, trop divisés pour avoir établi une ligne officielle malgré deux ministres dans l’équipe gouvernementale.

La réalité est plus complexe. Les électeurs des partis comme les syndiqués sont plus sceptiques que leurs dirigeants. Pêcheurs et agriculteurs utilisent le traité comme moyen de pression, sur fond d’attributions de quotas et de négociations à  l’Organisation mondiale du commerce. Le camp du non est fait d’une myriade de groupes et d’arguments hétéroclites : une influente association menée par des hommes d’affaires (Libertas) s’est engagée dans la bataille, parallèlement au Sinn Fein, au Parti socialiste ou à  des tenants de l’extrême droite catholique, pour dénoncer le traité. Insuffisamment libéral pour la droite, trop libéral pour la gauche, dangereusement libertaire pour certains gardiens radicaux des valeurs chrétiennes : bref, une machine à  engloutir la petite nation irlandaise.

Les slogans sur la prétendue perte de la neutralité diplomatico-militaire et de l’indépendance en matière de fiscalité sont efficaces. « Les opposants au traité fabriquent des mythes et créent des peurs, commente Dick Roche. Le traité dit clairement, par exemple, que la spécificité de chaque Etat membre en matière de défense est respectée. Il dit aussi que chaque Etat garde un droit de veto dans le domaine de la fiscalité. Mais il est plus compliqué de démonter un mensonge que de l’insinuer en quelques mots. » Il répète, comme pour s’en convaincre : « Je ne suis pas inquiet »

Marion Van Renterghem


Publié le 3 juin, 2008 dans Europe & UE, Le Monde.

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