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La 4ème Flotte américaine dans les eaux vénézuéliennes

De la 2ème Guerre Mondiale à  aujourd’hui

© Mondialisation.ca

Avec les rodomontades des Etats-Unis en direction du Venezuela qui ont désormais atteint un sommet, le Pentagone a décidé de réactiver la quatrième flotte de la Navy dans les Caraïbes, l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud.

C’est une manœuvre audacieuse et elle a déjà  fait naître la controverse au sein de la région au sens large.

Cette flotte, qui commencera à  patrouiller en juillet, sera basée à  la Station Navale de Mayport, à  Jacksonville en Floride, et répondra au Commandement méridional des Etats-Unis à  Miami. Le contre-amiral Joseph Keran, chef actuel du Commandement Naval des Conflits Spéciaux [Naval Special Warfare Command], supervisera les opérations. 11 vaisseaux sont actuellement placés sous le Southern Command, un chiffre qui pourrait augmenter dans le futur. La Navy prévoit d’assigner un porte-avions à  propulsion nucléaire, le USS George Washington, à  cette force.

Il est difficile de voir comment la restauration de la quatrième flotte est actuellement justifiée. Cette manœuvre n’a servi qu’à  s’opposer un peu plus au président du Venezuela Hugo Chavez, déjà  énervé par la violation de l’espace aérien vénézuélien ce week-end par des avions de l’US Navy. Sur le long-terme, les rodomontades du Pentagone pourraient encourager les armées sud-américaines à  affirmer une plus grande indépendance vis-à -vis de Washington, une tendance qui est déjà  bien avancée.

Réagissant avec colère à  l’annonce de la Navy, Chavez a déclaré : « Ils ne nous font pas peur le moins du monde ». Chavez a fait remarquer « en compagnie du Brésil, nous étudions la création d’un Conseil de Défense Sud-Américain » qui défendrait l’Amérique du Sud contre les interventions étrangères. « Si une Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) existe », a posé comme postulat le dirigeant vénézuélien, « pourquoi l’OTAS, l’organisation du Traité de l’Atlantique Sud, ne pourrait-elle pas exister ? »

Bien que la résurrection de la Quatrième Flotte ait conduit beaucoup de personnes à  penser que les Etats-Unis suivent dans la région un cap de diplomatie de canonnière, il y eut une époque où cette force servait sans doute un besoin réel. Quelle est l’histoire de la Quatrième Flotte dans les eaux vénézuéliennes ?

Le Venezuela pendant la Deuxième Guerre Mondiale

A la veille de la 2ème G.M., le Venezuela était le premier exportateur de pétrole du monde et, durant le conflit, les riches champs pétroliers de Maracaibo, situés dans l’Etat de Zulia, à  l’extrême ouest du Venezuela, étaient considérés comme une ressource cruciale, tant par les puissances de l’Axe que les puissances alliées.

Les filiales pétrolières britanniques et américaines de Royal Dutch Shell, Standard Oil et Gulf opéraient en fait depuis longtemps dans le Bassin de Maracaibo, avant le déclenchement des hostilités européennes. Le transport du brut depuis les champs de production de Jersey Standard dans le Lac de Maracaibo se faisait par bateaux-citernes à  faible tirant d’eau. La raffinerie de la Royal Dutch Shell située sur l’île d’Aruba, qui transformait le brut de Maracaibo, avait une importance stratégique puisqu’elle fournissait sa production, non seulement à  la Grande-Bretagne, mais aussi à  la France.

En 1940, la Grande-Bretagne recevait du Venezuela au moins 40% de ses importations totales de pétrole et, durant les premières années de la guerre, ce total a bondi jusqu’à  80%. Le pétrole vénézuélien représentait aussi une denrée vitale pour les Nazis et la capacité de l’Etat allemand à  faire la guerre en Europe. Aussi tard que 1938, le pétrole produit à  Aruba, Curaçao et au Venezuela comptait pour 44% des importations allemandes de pétrole. L’Allemagne n’achetait pas directement le pétrole du Venezuela, mais auprès de compagnies pétrolières américaines et anglo-néerlandaises qui acheminaient le brut vénézuélien vers les raffineries d’Aruba et de Curaçao et qui vendaient ensuite le produit fini en Europe. Le commerce entre le Venezuela et l’Allemagne est resté à  des niveaux normaux mais il a brusquement pris fin en septembre 1939 avec le début du blocus naval britannique de l’Allemagne.

Dès 1940, avec la Grande-Bretagne qui était de plus en plus isolée en conséquence de l’attaque allemande et avant l’entrée des Etats-Unis dans la guerre, le sentiment vénézuélien était profondément anti-allemand. Pendant ce temps, le Venezuela s’est déplacé vers l’orbite américaine et est devenu le principal bénéficiaire de l’aide économique américaine. Les officiels militaires américains préféraient que le Venezuela restât publiquement neutre, dans un effort de prévenir tout mouvement allemand pour pilonner la côte vénézuélienne.

Cependant, la neutralité du Venezuela n’était qu’une fiction légale : en réalité, cette nation sud-américaine avait accordé aux vaisseaux et aux avions américains un accès spécial à  ses ports et à  ses pistes aériennes. Deux jours après l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais, le Venezuela déclara sa solidarité avec les Etats-Unis et, le 31 décembre 1941, cette nation andine rompit ses relations avec les puissances de l’Axe.

Opération « Roulement de Tambour »

Il ne fallut pas longtemps au Nazis, après la décision du gouvernement vénézuélien de vendre du pétrole aux alliés, pour prendre des contre-mesures. Le 12 décembre 1941, Hitler rencontra ses conseillers navals et approuva PAUKENSCHLAG ou « Roulement de Tambour », une opération sous-marine dans les eaux caribéennes de l’Atlantique Nord. En février 1942, les sous-marins allemands sillonnèrent les Caraïbes et firent couler 25 bateaux-citernes en un mois.

Les Nazis étaient principalement concernés par les îles néerlandaises de Curaçao et d’Aruba, des colonies néerlandaises, où les forces étasuniennes avaient érigé des fortifications défensives pour protéger les raffineries qui transformaient le brut de Maracaibo. (Avec une capacité estimée de 480.000 barils/jour de brut, la raffinerie d’Aruba, possédée par Standard Oil of New Jersey, et la raffinerie de Curaçao, possédée par Royal Dutch Shell, dépassaient Abadan en Iran et ses 250.000 barils, le complexe de Bakou en URSS avec environ 230.000 barrels, et les usines les plus grosses aux Etats-Unis, à  Baytown, Port Arthur, Bayonne, Baton Rouge et Whiting, avec plus de 100.000 barils chacune).

Le 15 février 1942, un convoi de bateaux-citernes et de navires quittèrent la Barre de Maracaibo. Les premiers bateaux en ligne étaient le « Monagas », de Mene Grande Oil Company, suivi par le « Tia Juana » et le « Pedernales », appartenant tous deux à  la Lago Petroleum Corporation. Ces bateaux-citernes étaient suivis par le « Rafaela », qui appartenait à  Shell, et le « San Nicolas » et l’ « Orangestad », appartenant à  la Lago Oil and Transport Co, dont le siège se trouvait à  Aruba. Une quantité d’autres bateaux-citernes rejoignirent la colonne.

L’attaque des sous-marins allemands et la création de la Quatrième Flotte

Soudain, un sous-marin allemand torpilla le « Monagas », qui coula immédiatement. Les bateaux-citernes « Tia Juana », « Pedernales », « Rafaela », « San Nicolas » et « Orangestad » furent aussi touchés et essuyèrent des pertes. Le même jour, la raffinerie d’Aruba fut attaquée par un missile tiré d’un sous-marin allemand. Les retombées politiques de l’attaque étaient prévisibles : bientôt, des manifestants en colère descendirent dans les rues de Caracas pour dénoncer l’agression allemande.

En réponse à  l’escalade allemande accélérée dans les Caraïbes, l’US Navy créa la Quatrième Flotte pour pourchasser les sous-marins dans l’Atlantique sud. L’action des Etats-Unis est loin d’être arrivée trop tôt : tandis que la guerre navale faisait rage dans les Caraïbes, le Venezuela subit d’énormes pertes économiques. En conséquence de la perte des bateaux-citernes, la production dans le Bassin du Lac Maracaibo a dù être réduite de près de 100.000 tonnes de brut par jour. En juillet 1942, la situation était encore rude, avec des bateaux-citernes opérant à  seulement un-tiers de leur capacité moyenne de 30.000 barils.

Les attaques allemandes contre la raffinerie d’Aruba marquèrent le début de la Bataille des Caraïbes. Ce ne fut pas avant aoùt 1943 que la Quatrième Flotte fut capable de renverser les rôles dans les eaux vénézuéliennes aux dépens de la menace sous-marine. En 1950, avec les sous-marins qui étaient partis depuis longtemps, l’US Navy a dissout la Quatrième Flotte.

La restauration de la Quatrième Flotte

La Navy soutient qu’elle a besoin de ressusciter maintenant la Quatrième Flotte pour combattre le terrorisme, maintenir les voies maritimes économiques de communication libres et ouvertes, contrer le trafic illicite et pour apporter l’aide humanitaire et les secours contre les catastrophes naturelles.

Toutefois, cette manœuvre arrive à  un moment particulièrement sensible au sein de la région. La Colombie, alliée aux Etats-Unis, a lancé une attaque meurtrière de l’autre côté de la frontière équatorienne, tuant 16 membres de l’insurrection de guérilla des FARC, incluant le numéro deux de l’organisation, Raul Reyes. Le week-end dernier, Chavez a accusé la Colombie de lancer une incursion trans-frontalière, tandis que le Pentagone vilipende régulièrement le Venezuela pour son accumulation d’armes, dont l’acquisition d’avions de chasse de haute performance, d’hélicoptères d’attaque et de sous-marins propulsés au gazole.

Contrairement à  la 2ème G.M., alors que beaucoup de Sud-Américains accueillirent chaleureusement la Quatrième Flotte dans les eaux caribéennes, certains voient la présence navale actuelle des Etats-Unis comme une menace voilée dirigée contre les pays de la « Vague Rose » de la région. Dans une interview donnée à  la télévision cubaine, le président bolivien Evo Morales a fait remarquer que la force navale des Etats-Unis constituait « la Quatrième Flotte d’intervention ».

L’ancien dirigeant cubain, Fidel Castro, a demandé pourquoi les Etats-Unis ont cherché à  faire revivre la Quatrième Flotte à  ce moment précis. Ecrivant dans le quotidien cubain Granma, Castro a suggéré que cette manœuvre constituait un retour à  la diplomatie étasunienne de la canonnière. Castro, dont la nation insulaire a été confrontée à  un blocus naval des Etats-Unis lors de la crise des missiles cubains de 1962, a fait remarquer : « Les porte-avions et les bombes nucléaires qui menacent nos pays servent à  semer la terreur et la mort et non à  combattre le terrorisme et les activités illégales ».


Publié le 31 mai, 2008 dans Conflits & Guerres.

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