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La guerre contre l’Iran peut être plus proche que ce qu’on pense

La guerre contre l’Iran peut être plus proche que ce qu’on pense

© Mondialisation.ca, par Lucio Manisco

iran carte

Silence assourdissant dans notre pays (Italie) sur les perspectives d’une grande guerre moyen-orientale amorcée par une attaque balistique et aérienne étasunienne et israélienne contre une présumée base iranienne d’entraînement des terroristes qui tuent les soldats américains en Irak. Silence du gouvernement Berlusconi, silence de la majorité et de la minorité parlementaire, silence des politologues et experts militaires, silence des mas medias. On en parle et on en écrit aux Etats-Unis et en Europe, pas en Italie. La dernière, et la plus alarmante, annonce d’une apocalypse éminente a été donnée par le périodique de droite The American Conservative : sous le titre « La guerre avec l’Iran peut être plus proche qu’on ne l’imagine » Philip Giraldi, ex fonctionnaire de la CIA, se réfère à  une réunion du Conseil de la Sécurité Nationale qui a approuvé les plans d’attaque par missiles Cruise contre une base Al Qods (la Garde Révolutionnaire Iranienne) où seraient entraînés les militants irakiens engagés dans la guérilla contre les troupes d’occupation. Le Secrétaire d’Etat Condoleeza Rice, le Secrétaire au Trésor Henry Paulson, le Conseiller pour la Sécurité Nationale Stephen Hadley, le Président Georges Bush et le Vice Président Dick Cheney ont approuvé le plan opérationnel, tandis que le Secrétaire à  la Défense Robert Gates s’est exprimé en faveur d’un renvoi de l’opération. Deux jours avant, le 7 mai, la Maison Blanche, par l’intermédiaire des dirigeants de la région kurde en Irak, avait envoyé une communication officielle au gouvernement iranien, demandant à  ce dernier d’admettre ses interférences dans le pays voisin et l’engagement formel d’interrompre son appui aux différents groupes de militants qui se battent contre les troupes d’occupation. Réponse immédiate de Téhéran : aucune discussion n’est possible tant que les Etats-Unis ne suspendront pas les infiltrations d’agents et le soutien qu’ils fournissent aux dissidents iraniens. D’où la décision de l’Administration Bush d’envoyer un signal « non équivoque », c’est-à -dire balistique, à  la direction iranienne. On peut présumer – conclut la note informative de The American Conservative- qu’il s’agira d’une attaque de précision ciblée contre les dispositifs al-Qods d’une base aux environs de Téhéran, qui évitera des pertes chez les civils : il reviendra au Président de donner l’ordre de mission dès que les préparatifs seront au point.

Le 10 mai, la Maison Blanche a admis officieusement qu’une réunion du Conseil de la Sécurité Nationale avait eu lieu et qu’elle avait eu pour thème la visite du Président à  Jérusalem cette semaine, pour participer aux célébrations du 60ème anniversaire de l’Etat d’Israël, ainsi que pour relancer les négociations de paix, argument repris ensuite par Georges Bush le 12 mai.

Non moins alarmants sont les développements de ces dernières semaines : un second porte-avions avec chasseurs bombardiers et navires d’appui a rejoint l’imposant déploiement aéronaval étasunien dans le Golfe Persique ; on voit croître de jour en jour le barrage de dénonciations contre le gouvernement de Téhéran, de la part du Département d’Etat, pour de présumées interférences militaires en Irak, alors que se montent désormais à  5 les interceptions d’unités légères iraniennes dans les eaux territoriales par des unités de la marine Usa ; de vastes champs de mines ont été installés aux frontières ; et malgré les démentis de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA) et de seize services de contrespionnage étasuniens, le Vice-Président Cheney et le Secrétaire d’Etat Rice ont continué, de concert avec le gouvernement israélien, à  dénoncer la potentielle menace nucléaire de Téhéran ; la tentative manquée au Liban de neutraliser le Hezbollah, prélude probable d’une seconde offensive israélienne, peut avoir induit Washington à  accélérer le calendrier de l’offensive contre l’Iran.

Gary Leupp, professeur d’histoire à  la Tufts University, orientaliste et expert de questions moyen-orientales, a tracé, à  partir des révélations publiées par The American Conservative, les profils des conséquences catastrophiques de l’attaque étasunienne prévue : d’une réaction militaire iranienne spasmodique et généralisée, à  l’engagement dans la guerre de la Syrie et du Liban ; des insurrections armées chiites au renversement des régimes pro-occidentaux jusqu’à  de nouvelles alliances, impensables aujourd’hui, comme celle de Téhéran et des Talibans sunnites. Gary Leupp est on ne peut plus pessimiste sur l’éventuelle opposition de l’opinion publique étasunienne qui serait prise dans une grande flambée patriotique de soutien à  « nos boys au front » ; quant aux deux candidats démocrates à  la présidence, tant Hillary Clinton que Barak Obama ont déjà  assuré que, contre l’Iran, « toute option est valable » ; sans parler du républicain McCain, qui a même été décrit par un de ses partisans comme « un Bush aux stéroïdes ». Une grande guerre moyen-orientale rendrait certaine sa déjà  probable victoire en novembre ; elle aiderait les Etats-Unis à  dépasser leur plus grave crise économique depuis celle des années Trente ; et dans le projet insensé des neocons, l’interruption des flux énergétiques moyen-orientaux vers la Chine, l’Inde et l’Europe, ainsi qu’une utilisation possible d’armes nucléaires tactiques contre l’Iran, renforcerait l’hégémonie politique militaire du grand empire d’occident sur le monde entier.

Et l’Italie ? « L’Italie fera sa part » comme l’a anticipé l’ex ministre de la Défense et ultra pro-américain Martino, avec sa proposition de changer les règles d’engagement au Liban, et d’employer directement nos valeureuses troupes sur les champs de bataille afghans. Tous les autres, opposition et gouvernement, journaux et télé journaux préfèrent ignorer le drame imminent qui va s’abattre sur l’humanité. C’est ainsi que nous ne savons pas si nous avons augmenté –comme tous les autres pays européens- nos réserves stratégiques de pétrole, si le Ministère de la Défense a déjà  préparé de plans d’évacuation pour nos soldats dépourvus de tous moyens militaires propres à  combattre dans une guerre ouverte, en Afghanistan et au Liban, et de ces centaines de Carabiniers et forces spéciales employées à  l’entraînement de l’armée et de la police en Irak.

Le gouvernement du bel paese et l’opposition de sa majesté préfèrent s’occuper de la nécessité urgente de bâillonner Travaglio1, de réduire à  néant Anno Zero2 et d’actualiser les diktats contre les femmes de Joseph Ratzinger3.

Ainsi, la flamme olympique poursuit la route qui l’amènera jusqu’à  Pékin, où les XXIXes Jeux olympiques d’été se dérouleront comme prévu et, espérons-le, avec succès.

Mais on peut d’ores et déjà  tirer des conclusions sur ce qui est permis et ce qui ne l’est pas dans notre monde, à  une époque de changement des joueurs clés sur l’Olympe des grandes puissances.

Les gouvernements des grands Etats du monde actuel ne peuvent plus et ne veulent plus se faire la guerre les uns les autres, ni même lutter pour les places de demain sur l’Olympe: plus près ou plus loin de son sommet. C’est pourquoi le président américain George W. Bush ou encore le premier ministre britannique Gordon Brown ont, au jour d’aujourd’hui, l’intention de se rendre en aoùt à  Pékin pour assister à  l’ouverture des Jeux olympiques (même si le président français Nicolas Sarkozy a déjà  laissé entendre que le boycott de la cérémonie d’ouverture des Jeux était envisageable en fonction de la situation autour du Tibet).

Mais cela ne concerne que les gouvernements. En revanche, les organisations soi-disant non gouvernementales sapent considérablement les positions des puissances concurrentes. La guerre pour le monde de demain se présente comme suit: la plus puissante arme des prétendants au leadership mondial – comme par exemple la Chine – est l’économie. Puisqu’elle est maintenant mondialisée, une crise en Chine, mais même en Thaïlande, par exemple, peut toucher les Etats-Unis et l’Europe. L’information est l’arme préférée des puissances qui perdent le leadership mondial, ce que prouvent les tentatives de mettre des bâtons dans les roues à  la Chine, organisatrice des Jeux olympiques, et de pousser Pékin à  la faute.

D’ailleurs, de semblables phénomènes ont déjà  eu lieu, par exemple, à  la veille et au cours de la guerre en Yougoslavie en 1999, lorsque la liberté de la presse a, de façon inattendue, uniformisé le tableau informationnel: les terroristes du Kosovo, assassins et voleurs de terres, se sont avérés être des combattants pour la liberté, et les Serbes, l’exact opposé, etc. Voilà  qui fut une bonne leçon pour tous ceux qui avaient alors foi dans la présentation honnête des faits et la libre concurrence des opinions.

L’arme informationnelle n’est pas moins sale et amorale que le terrorisme, parce que, dans les deux cas, on se sert de gens qui ne comprennent pas ce qu’ils font ni ce qui se produit effectivement. Que peut-on faire à  une fragile Européenne ignare qui exige « la liberté pour le Tibet » et qui tente d’éteindre la flamme olympique? On ne peut tout de même pas la matraquer. Elle croit sincèrement que les autorités chinoises ne réagissent pas aux « souffrances du peuple tibétain ». C’est le résultat d’une propagande sale et stupide d’autres organisations non gouvernementales, propagande destinée à  des ignorants qui sont enclins à  le rester.

La civilisation euro-américaine a porté à  la perfection cet art cynique de se servir des citoyens indignés qui fondent bénévolement des organisations non gouvernementales à  leurs frais. S’ils ne soutiennent pas ceux qui « souffrent » dans telle ou telle région du monde, Européens ou Américains auront tout simplement l’impression que quelque chose leur manque. Leur noble énergie est habilement utilisée dans une « guerre alternative » contre les concurrents globaux. Parfois, c’est une guerre réelle, qui apporte la mort et cause des souffrances qui n’ont rien de virtuel. Il est temps d’élaborer une convention sur l’interdiction des guerres informationnelles, comme contre les mines antipersonnel.

Une question se pose: pourquoi les organisateurs de ces campagnes n’ont-ils pas peur? Le fait est qu’il y a dans le monde environ 170 « Tibets », c’est-à -dire des régions où il est possible de créer artificiellement un mouvement ethnique pour la séparation d’avec tel ou tel Etat. Une partie de ces « Tibets » se trouve même en Europe et aux Etats-Unis.

La réponse est très simple. Si la civilisation occidentale a fait des jeux informationnels un grand art, en revanche, pour la civilisation chinoise et plusieurs autres, l’information fait partie d’un rituel confucianiste ennuyeux supposant la prononciation de paroles justes au bon moment. Ces paroles prononcées à  l’occasion de tel ou tel événement ennuient profondément les Occidentaux: « la clique du dalaï-lama », « l’exercice normal des rites religieux »… A quel siècle vivons-nous?

Les Chinois auraient pu créer il y a longtemps un réseau d’ONG dans le monde entier qui auraient fait savoir que Pékin ne perçoit pas d’impôts sur le Tibet, que la croissance économique y est de 12% depuis plusieurs années et que le niveau de vie y dépasse la moyenne de la Chine, ou encore que 200 supermarchés ruraux y sont en construction. Mais qui les entendra aujourd’hui? Pourtant, c’est la vérité, à  la différence des propos sur un « génocide au Tibet ».

Enfin, il est inconcevable qu’un groupe d’organisations non gouvernementales chinoises créées à  l’avance lance une campagne sous le mot d’ordre « Libérez le Texas, boycottez les Jeux olympiques aux Etats-Unis ». Et ce n’est pas qu’une telle provocation soit impossible à  orchestrer, cela est bel et bien possible, et même, avec des désordres à  Houston. Mais le fait est que les Chinois ne savent pas le faire.


Publié le 15 mai, 2008 dans Personnalités Influentes.

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