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L’entretien télévisé de Sarkozy cherche à  rassurer l’élite patronale française

L’entretien télévisé de Sarkozy cherche à  rassurer l’élite patronale française

© Wsws, 30 Avril 2008

Le président français Nicolas Sarkozy a accordé un entretien télévisé de 100 minutes sur les chaînes nationales le 24 avril, qui a couvert un grand éventail de sujets de politique intérieure et étrangère.

Dans un entretien ostensiblement conçu pour consolider le soutien fléchissant du public pour son gouvernement, Sarkozy a cherché à  apaiser les inquiétudes de l’élite dirigeante française confrontée à  des nouvelles économiques négatives et à  l’opposition grandissante de la classe ouvrière. Il a cherché à  rassurer le patronat en affirmant qu’il poursuivrait résolument son programme de « réformes » économiques qui prend pour cible les prestations sociales et les conditions de vie et de travail des travailleurs, et qu’une collaboration étroite avec les syndicats lui permettrait de mener à  terme les attaques désirées.

La cote de popularité de Sarkozy ne s’est pas remise de la première vague de grèves majeures contre ses coupes claires dans les acquis sociaux, les grèves des cheminots, gaziers et électriciens d’octobre et novembre 2007 pour la défense de leurs régimes spéciaux de retraite. Déjà  écoeurés par le message pro- patronal de son slogan de campagne, « travailler plus pour gagner plus » et un taux de chômage qui reste élevé, combiné à  une inflation des prix galopante, les travailleurs ont été indignés par l’étalage de son style de vie luxueux et son mariage avec l’ancienne top-modèle italienne Carla Bruni.

Les excentricités personnelles de Sarkozy ont largement été vues comme une provocation dans une situation de croissance économique ralentie du fait de la crise américaine des subprimes.

Cette année a vu une augmentation inhabituelle des mouvements de grève dans le secteur privé, les travailleurs exigeant des hausses de salaire pour contrecarrer les effets de l’inflation. Les grèves ont touché la grande distribution tels les magasins Carrefour et Virgin Megastore, Coca-Cola, les principaux ports français et les restaurants dont le personnel est composé d’immigrés sans-papiers.

Les lycéens sont en grève depuis des semaines contre la suppression annoncée de postes d’enseignants et un mot d’ordre de grève est lancé pour les travailleurs du secteur public le 15 mai prochain. Malgré la défaite des grèves du secteur public et des cheminots en 2007, du fait de la trahison de la bureaucratie syndicale, plus d’un million de ces travailleurs avaient participé à  des manifestations à  la fin du mois de janvier.

La cote de popularité de Sarkozy dans les sondages, qui était tombée à  moins de 40 pour cent le mois dernier, a encore récemment baissé. Selon un sondage Ifop publié dans Paris Match, 72 pour cent des personnes interrogées désapprouvent la politique de Sarkozy, 65 pour cent disent qu’il n’a pas réussi à  tenir ses promesses de campagne et 53 pour cent disent que ses mesures ont un effet négatif sur leur pouvoir d’achat. Commentant ce sondage, Le Monde fait remarquer que de tous les présidents de la cinquantenaire Cinquième République, Sarkozy est le plus impopulaire après une année passée à  l’Elysée.

Les cercles politiques bourgeois s’inquiètent qu’avec la montée des tensions de classes et les annonces par Sarkozy de coupes claires dans les acquis sociaux, la situation politique échappe à  tout contrôle. Le 17 avril, l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin a appelé à  un ralentissement des réformes et demandé à  Sarkozy une « hiérarchisation des réformes » afin que la population comprenne mieux ses objectifs. L’actuel premier ministre François Fillon a dit qu’il attendait « une feuille de route pour les prochaines semaines et les prochains mois, qui donne le cap des réformes qui doivent être conduites. »

L’interview de Sarkozy le 24 avril a commencé par ces inquiétudes. Reconnaissant ouvertement l’impopularité de ses réformes, Sarkozy a dit, « mon souci n’est pas tant de commenter telle ou telle étude, même si je la prends en compte ».

Lançant une pique à  Raffarin dont le gouvernement avait abandonné des projets de coupes budgétaires dans les hôpitaux et la sécurité sociale en 2003, après avoir été déstabilisé par l’opposition à  ses attaques sur les retraites et sa manière de gérer la canicule de l’été 2003, Sarkozy s’est opposé à  tout ralentissement ou explication plus poussée des réformes. Il a dit, « àƒ”¡a fait des années que les gouvernements successifs hiérarchisent les réformes, et à  l’arrivée ne font rien ou presque…J’ai lancé 55 réformes parce que nous sommes dans une société complexe, et chaque réforme tient l’autre. »

Il a déclaré toujours soutenir toute une série de mesures droitières et de coupes claires dans les acquis sociaux. Il a appelé à  l’allongement à  41 annuités de la période de cotisation pour la retraite, mesure qui sera discutée avec les syndicats lors d’une réunion avec le ministre du Travail, Xavier Bertrand le 28 avril. Il a réitéré son soutien à  la franchise médicale, ainsi qu’à  une loi réduisant de façon draconienne les allocations chômage pour les travailleurs qui refuseraient deux propositions d’emploi, sans que soient pris en compte la distance par rapport au domicile, le salaire ou les conditions de travail.

Il a carrément déclaré qu’il ne reviendrait pas sur les suppressions de postes dans l’Education nationale, ou sur son opposition à  la demande des sans-papiers d’une régularisation générale de leur situation.

Quand on lui a demandé pourquoi la « relance économique » qu’il avait promise lors de sa campagne électorale ne s’était pas matérialisée, Sarkozy a cité quatre facteurs économiques internationaux : le prix du pétrole qui a été multiplié par deux, la crise américaine des subprimes, l’augmentation de la valeur de l’euro par rapport au dollar et les augmentations massives des prix de l’alimentaire et des matières premières. Ces facteurs, a-t-il dit, ne dépendaient pas de lui et il a conclu que la seule réponse possible était d’accélérer le rythme des attaques sur les acquis sociaux.

Sarkozy a tenté d’expliquer la crise économique en dénonçant de façon démagogique le « capitalisme financier » qui « marche sur la tête. » De telles paroles sonnent particulièrement faux dans la bouche d’un homme qui entretient des liens étroits avec les plus grands financiers français comme Arnaud Lagardère et Vincent Bolloré. Sarkozy avait emprunté le jet privé de ce dernier, un financier milliardaire, pour emmener Carla Bruni en vacances de Noël à  Louxor en Egypte.

Sarkozy a dit qu’il n’était pas sùr de croire la version de la Société générale selon laquelle les pertes de plusieurs milliards d’euros annoncées en janvier dernier étaient uniquement la conséquence des opérations d’un trader individuel en bas de l’échelle hiérarchique. Il n’a pas dit pourquoi on gouvernement, y compris Fillon, avait soutenu à  l’époque la version de la Société générale.

Le reste de l’interview a consisté en grande partie pour Sarkozy à  se présenter avec hypocrisie comme un démocrate qui se soucie des petites gens. Il a promis qu’il mettrait en place le programme du Revenu de solidarité active (RSA) qui incite les travailleurs au chômage à  accepter des emplois extrêmement mal rémunérés et compense financièrement la perte de revenus subie par les travailleurs lorsqu’ils prennent un emploi et perdent l’allocation chômage. Néanmoins, reconnaissant que ce programme était coùteux, il a fait remarquer qu’il ne serait pas mis en place avant 2009.

Sur la question de politique étrangère, Sarkozy a de nouveau cherché à  se présenter en démocrate. Il a largement passé sous silence deux aspects essentiels de sa politique étrangère, à  savoir sa négociation avec les pays du tiers-monde pour obtenir des contrats pour les entreprises françaises d’énergie, d’infrastructure des transports et d’armement et son alignement avec l’administration Bush.

Faisant référence aux récentes manifestations et émeutes au Tibet juste avant les Jeux olympiques de cette année qui se tiennent à  Pékin, il a reconnu que le Tibet « fait partie de la Chine », mais a déclaré qu’il avait été « choqué par ce qui s’est passé » au Tibet. Il a promis de continuer à  œuvrer pour la libération d’Ingrid Betancourt, ressortissante franco-colombienne actuellement otage des guérillas rebelles du FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie.) Il a réitéré sa politique d’envoi de soldats français en Afghanistan pour renforcer l’occupation américaine, au motif que les taliban sont contre les « valeurs françaises ».

Cette tromperie pseudo-démocratique est démasquée par la tentative de Sarkozy de réhabiliter le colonialisme français. L’année dernière, alors qu’il avançait les projets d’une Union méditerranéenne, Sarkozy avait dit que les relations entre la France et son ancienne colonie, l’Algérie, avaient toujours été « une histoire d’amour ».

Il est aussi devenu le premier président de la Cinquième République à  accueillir à  l’Elysée le dirigeant néo-fasciste Jean-Marie Le Pen, qui, en qualité de lieutenant des parachutistes, avait contribué à  la torture de prisonniers à  Alger durant la guerre d’indépendance de l’Algérie.

La gaucherie de Sarkozy à  essayer de se présenter en démocrate devant les masses et le caractère purement symbolique des concessions économiques qu’il propose aux travailleurs, soulignent que son objectif principal est de consolider le soutien de la bourgeoisie à  son gouvernement. En ce qui concerne la classe ouvrière, comme il l’a brièvement, mais clairement indiqué dans l’interview, son but est de faire cesser toute opposition grâce à  sa collaboration avec la bureaucratie syndicale.

Lorsque s’achevait le volet de l’interview consacré aux questions économiques, Sarkozy a dit, « Je veux rendre hommage aux syndicats: la démocratie sociale est en train de bouger de façon exceptionnelle, on n’avait jamais vu cela depuis la Libération […] on ne peut pas gouverner un pays sans de forces syndicales responsables. »

Cette remarque de Sarkozy était soigneusement formulée, mais elle était très claire. Les syndicats sont en train de reprendre le rôle qu’ils avaient à  la fin de la guerre, quand en collaboration avec les forces armées américaines et le Parti communiste français stalinien, ils supervisaient un accord de non recours à  la grève, dont le but était d’empêcher les conseils d’usines et les unités de résistance des ouvriers, qui s’étaient formés pendant la Libération, d’entreprendre la lutte pour le pouvoir. Le slogan des staliniens à  l’époque était « La grève c’est l’arme des trusts. »

Les syndicats, notamment la CGT (Confédération générale du travail) dominée par les staliniens, ont fait l’an dernier la démonstration au gouvernement que celui-ci pouvait compter sur eux lorsqu’ils ont complètement étouffé la grève des cheminots en octobre 2007, puis se sont opposés à  toute lutte politique contre les « réformes » du gouvernement durant les grèves de novembre.

Avec l’effondrement de sa cote de popularité et l’éruption de davantage de grèves contre sa politique, Sarkozy compte sur la collaboration étroite et assidue des syndicats pour contenir politiquement la classe ouvrière.

Sarkozy l’a reconnu lui-même dans un éditorial du Monde daté du 18 avril et intitulé « Pour des syndicats forts. » Il avait écrit : « Le dialogue social n’a jamais été aussi dense ni aussi constructif en France qu’au cours des derniers mois. Juste après l’élection présidentielle et avant même de rejoindre l’Elysée, j’ai tenu à  recevoir les organisations syndicales et patronales pour les écouter et recueillir leurs positions sur les premières actions que je comptais entreprendre. Depuis, je continue à  recevoir très régulièrement chacun de leurs représentants. Je les connais bien, nous avons parfois des divergences, mais notre dialogue est toujours franc…

« Je pense enfin à  la réforme des régimes spéciaux de retraite, qui a pu être menée à  bien à  l’automne grâce à  une intense période de concertation au niveau national et des négociations dans chacune des entreprises concernées. »

(Article original paru le 28 avril 2008)


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Publié le 8 mai, 2008 dans Sarkozy.

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